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Malgré le rapport Alloncle, Ernotte réélue à la tête de l’Union européenne de radiotélévision

1 juillet 2026 | Temps de lecture : 3 minutes

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Moins de deux mois après la pub­li­ca­tion du rap­port Allon­cle sur la neu­tral­ité, le fonc­tion­nement et le finance­ment de l’audiovisuel pub­lic, qui remet­tait en cause son bilan à France TV, Del­phine Ernotte a obtenu un qua­trième man­dat à la tête de l’UER, l’Union européenne de radio-télévi­sion. Une con­sécra­tion européenne qui ne referme pour­tant aucun des dossiers ouverts à Paris.

À Prague, ses pairs lui ont renou­velé leur con­fi­ance, un peu comme les eurodéputés réélisent Ursu­la von der Leyen à la tête de la Com­mis­sion européenne. Le 25 juin, Del­phine Ernotte a été recon­duite à la majorité absolue lors de la 96ᵉ assem­blée générale de l’Union européenne de radiotélévision.

En dépit d’un bilan très con­testable à la tête de France Télévi­sions. À l’Assem­blée nationale, en effet, le rap­port Allon­cle a, lui, dressé un tableau sévère de l’audiovisuel pub­lic français. Le con­traste est sai­sis­sant : recon­nais­sance inter­na­tionale d’un côté, deman­des de comptes de l’autre.

Un quatrième mandat pour défendre la citadelle

Le man­dat de Del­phine, qui cou­vri­ra 2027 et 2028, sera exer­cé avec la vice-prési­dente Cil­la Benkö, direc­trice générale de la Radio sué­doise, et con­siste à diriger le Con­seil exé­cu­tif, représen­ter les médias de ser­vice pub­lic européens et défendre leurs intérêts (régu­la­tion, finance­ment, plu­ral­isme, numérique).

La prési­dente de France Télévi­sions a remer­cié les mem­bres pour leur « con­fi­ance renou­velée », esti­mant que les médias de ser­vice pub­lic font face à de « graves men­aces ». Elle entend défendre leur « con­tri­bu­tion essen­tielle » à la vie démoc­ra­tique et cul­turelle, ain­si que la « sou­veraineté nationale et européenne ».

Le vocab­u­laire de la forter­esse assiégée est désor­mais bien rodé. Pour­tant les cri­tiques adressées au ser­vice pub­lic ne relèvent pas toutes d’une volon­té de destruc­tion mais por­tent plutôt sur ses dépens­es, sa gou­ver­nance, ses choix édi­to­ri­aux et sa capac­ité à ren­dre des comptes aux contribuables.

L’Europe ne dispense pas de rendre des comptes

La réélec­tion de Del­phine Ernotte prou­ve qu’elle con­serve une solide légitim­ité auprès des dirigeants des médias publics européens. Elle ne vaut cepen­dant ni qui­tus financier ni cer­ti­fi­cat d’impartialité pour France Télévi­sions.

Le rapport en travers de la gorge

Le député Charles Allon­cle a, au cours de la com­mis­sion d’en­quête sur l’au­dio­vi­suel pub­lic, dénon­cé la mau­vaise ges­tion finan­cière de Del­phine Ernotte, ce que celle-ci a sys­té­ma­tique­ment contesté.

Adop­té le 27 avril par 12 voix con­tre 10 et pub­lié le 5 mai, le rap­port rassem­ble 69 recom­man­da­tions. Son auteur affirme vouloir « sauver l’audiovisuel pub­lic », non le sup­primer. Il dénonce une « cul­ture de l’irresponsabilité » dans laque­lle « l’exigence de red­di­tion des comptes sem­ble s’être éclip­sée des consciences ».

Par­mi ses propo­si­tions : fusion­ner France 2 et France 5, rap­procher France 3 du réseau ICI, réu­nir Fran­ce­in­fo et France 24, sup­primer France 4 et France TV Slash, ou encore auditer les nom­breux postes com­por­tant les titres de « directeur » et de « secré­taire général ».

Le rap­port demande aus­si une mise en con­cur­rence effec­tive des con­trats de pro­duc­tion supérieurs à un mil­lion d’euros et l’internalisation des émis­sions de débat, d’opinion ou d’information.

Depuis 2015, sa prési­dente a fait du numérique, de la diver­sité et de la coopéra­tion européenne les mar­queurs de son action. Le rap­port Allon­cle rap­pelle qu’un autre impératif demeure : jus­ti­fi­er l’usage de l’argent pub­lic et démon­tr­er que le plu­ral­isme ne se résume pas à l’entre-soi.

À Prague, Del­phine Ernotte a été con­fortée. À Paris, le débat reste ouvert.

Olivi­er Frèrejacques

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