Accueil E Veille médias E Enquêtes médiatiques sur le « clan Trump » : quand la géopolitique devient un business familial

Enquêtes médiatiques sur le « clan Trump » : quand la géopolitique devient un business familial

5 juillet 2026 | Temps de lecture : 15 minutes

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Les enquêtes médi­a­tiques s’accumulent, scru­tant les intérêts financiers du clan Trump. André Archim­baud en déduit que les déci­sions de poli­tique étrangère sous Trump relèveraient moins d’une vision stratégique que d’une vaste opéra­tion de max­imi­sa­tion des intérêts financiers du « clan » famil­ial. Explications.

La prési­dence Trump a déjà ses zones d’ombres : erre­ments depuis l’assassinat de Char­lie Kirk, affaire Epstein minorée… autant d’ailleurs que l’enquête sur les deux ten­ta­tives d’assassinat dont Don­ald Trump a été la cible. Mais elles ne s’arrêtent pas là : serait-il notam­ment pos­si­ble que les poli­tiques améri­caines, de paix comme de guerre, soient essen­tielle­ment alignées sur les intérêts financiers du clan Trump, quitte à con­trevenir à ceux des Améri­cains ou même de Ben­jamin Netanyahou ?

Pour les opposants au prési­dent, la cor­rup­tion est déjà fla­grante. Les médias améri­cains ont com­mencé à creuser, pour appréci­er l’enrichissement du « clan » trumpi­en et son modus operan­di, en par­ti­c­uli­er depuis la dernière élec­tion. Faute de vérité absolue, une mul­ti­tude d’indices ou de pistes se sont ouvertes.

Un enrichissement sans précédent pour une famille présidentielle en exercice

De 2024 à cette année, le pat­ri­moine net de Don­ald Trump est passé de 2,3 à 6,5 mil­liards de dol­lars, indi­quait ain­si le mag­a­zine Forbes en mars 2026. Des chiffres ana­logues à ceux du Wall Street Jour­nal en décem­bre 2025, et du New York­er au début 2026, qui évo­quent eux aus­si qua­tre mil­liards de dol­lars de gains nets en valeur sur papi­er générés par les seules struc­tures lancées par Trump depuis l’élection de 2024. « Son sec­ond man­dat, en revanche, s’an­nonce mar­qué par une soif de pou­voir insa­tiable », écrit David K. Kirk­patrick dans le New-York­er. Et il n’est vis­i­ble­ment pas le seul.

On con­state égale­ment depuis l’élection un enrichisse­ment de la fratrie : encore selon Forbes, mais en sep­tem­bre 2025 cette fois, la for­tune de Don­ald Trump Jr. est passée de 50 à 300 mil­lions de dol­lars, et celle d’Éric Trump a été mul­ti­pliée par dix pour attein­dre env­i­ron 400 mil­lions de dollars.

De son côté, Bar­ron Trump (le jeune fils de Mela­nia et du prési­dent) déte­nait à l’automne dernier une part estimée à 150 mil­lions de dol­lars, notam­ment grâce aux cryp­tomon­naies, tou­jours selon le même mag­a­zine. Ce levi­er a été d’ailleurs pro­duc­tif : l’é­cosys­tème cryp­to famil­ial (World Lib­er­ty Finan­cial et son sta­ble­coin USD) a ain­si attiré des investisse­ments mas­sifs, dont l’achat de 2 mil­liards de dol­lars de jetons par des entités liées aux Émi­rats arabes unis. Les enquêtes d’Axios en jan­vi­er 2026 indiquent que si les petits investis­seurs ont subi des pertes sur les « Meme coins » pro-Trump, les struc­tures de la famille ont généré plus de 2,3 mil­liards de dol­lars de béné­fices nets.

Les activités du « business clan » de Trump tracées

Retrac­er l’écosystème Trump est pour le moins com­plexe. Plusieurs médias l’ont fait :

  • « L’empire com­mer­cial de la famille Trump s’accroit, nous avons car­tographié ses 268 pièces », indi­quait le Wall Street Jour­nal en décem­bre 2025, mod­élisant ain­si plusieurs cen­taines d’entités com­mer­ciales actives gérées par Don­ald Trump et ses enfants.

  •  « L’écheveau com­plexe des accords, des poli­tiques et des richess­es de Trump » : L’in­fo­gra­phie inter­ac­tive du New York Times, aus­si en décem­bre 2025, illus­tre par des sché­mas de syn­thèse et des cartes les con­nex­ions « explicites » entre les déci­sions de poli­tique étrangère des États-Unis et les intérêts financiers de la famille.

  • Plus mil­i­tant, le groupe de pres­sion CREW (Citoyens pour la respon­s­abil­ité et l’éthique à Wash­ing­ton) ne craint pas d’évoquer des soupçons de « cor­rup­tion » et pro­pose depuis févri­er 2026 plusieurs graphes pour suiv­re les pro­jets immo­biliers inter­na­tionaux de la mar­que Trump depuis 2014. « Les revenus de Trump issus de ses pro­priétés à l’é­tranger devraient explos­er durant son sec­ond man­dat », com­mente l’organisation, les esti­mant pour l’heure à 430 mil­lions de dol­lars depuis 2024.

  • L’opposition n’est pas en reste, puisque la Cham­bre des représen­tants pub­lie aus­si un traçage : les démoc­rates de la com­mis­sion de sur­veil­lance ont mis en ligne un tableau de bord visuel qui compt­abilise l’évo­lu­tion des gains de la famille. Ils accusent le prési­dent de prof­its issus d’« escro­queries numériques », de porte­feuilles cryp­to et de faveurs accordées aux plus offrants, notam­ment des grâces prési­den­tielles. Selon leur analyse, ces pra­tiques auraient généré 2,25 mil­liards de dol­lars de prof­its directs au 1ᵉʳ jan­vi­er 2026, et 9,7 mil­liards de dol­lars avec la val­ori­sa­tion des act­ifs numériques, dont jusqu’à 600 mil­lions provenant d’intérêts étrangers. Il est toute­fois dom­mage qu’ils n’aient point songé à suiv­re la for­tune des parlementaires.

L’Empire Trump : 540 entités… pour l’instant ?

Depuis le pre­mier man­dat de Trump, le « busi­ness clan » trumpi­en s’est con­sid­érable­ment diver­si­fié. De nom­breuses sources évo­quaient déjà début 2025 « plus de 540 entités liées à son empire », dont l’immobilier tra­di­tion­nel représen­terait seule­ment la moitié d’entre elles.

Cette diver­si­fi­ca­tion est notable dans les hautes tech­nolo­gies. Trump a inté­gré ses plate­formes numériques (Trump Media/Truth Social) au sein d’entités spé­cial­isées dans la finance décen­tral­isée, puis en fusion­nant fin 2025 ce Trump Media & Tech­nol­o­gy Group avec une entre­prise du secteur de l’én­ergie nucléaire spé­cial­isée dans l’alimentation des cen­tres de don­nées au ser­vice de l’intelligence arti­fi­cielle. Une fusion alors éval­uée à 6 mil­liards de dollars.

Les fils Don­ald Jr. et Eric Trump ont aus­si des par­tic­i­pa­tions finan­cières directes dans des entre­pris­es de drones de défense mil­i­taire cher­chant des con­trats avec le Pen­tagone, ce qui n’est pas sans provo­quer des cri­tiques.

Les USA, « capitale mondiale des actifs numériques »

Le lance­ment par le clan Trump, en sep­tem­bre 2024, de la plate­forme de finance World Lib­er­ty Finan­cial accom­pa­g­nait une véri­ta­ble vision géopoli­tique visant à faire des États-Unis « la cap­i­tale mon­di­ale des act­ifs numériques ». C’est donc en pleine cam­pagne élec­torale que ce pro­jet famil­ial (avec Don­ald Trump Jr., Eric Trump et Bar­ron Trump impliqués) a été lancé. WLF s’inscrivait dans un virage, à la croisée de la tech et des enjeux de puis­sance : dérégu­la­tion du secteur cryp­to, con­sti­tu­tion d’une réserve stratégique de bit­coins, et posi­tion­nement des États-Unis comme leader mon­di­al face à la Chine et à l’Europe.

Or, en vue de val­oris­er les plate­formes du clan Trump, les médias et réseaux soci­aux du Trump Media & Tech­nol­o­gy Group (Truth Social), dont le compte X du prési­dent lui-même, sont essen­tielle­ment util­isés comme un out­il mon­di­al de com­mu­ni­ca­tion poli­tique, ce qui peut avoir un impact sur les cap­i­tal­i­sa­tions bour­sières en général et la val­ori­sa­tion des entre­pris­es du clan en par­ti­c­uli­er. Souf­flant sou­vent le chaud et le froid, les déc­la­ra­tions géopoli­tiques de Trump ont pu par­fois provo­quer une volatil­ité bour­sière déter­mi­nante. « C’EST UN GRAND MOMENT POUR ACHETER !!! DJT », avait-il notam­ment tweeté le 9 avril, 4 heures avant d’annoncer une pause de 90 jours sur la majorité des tar­ifs douaniers qu’il voulait impos­er, provo­quant un fort rebond des marchés, dont un gain de 10 % pour le Dow Jones. De quoi provo­quer des accu­sa­tions de délit d’initié et de manip­u­la­tion de marché. Depuis, la guerre avec l’Iran a con­fir­mé l’importance pour les marchés de la parole (numérique) du prési­dent américain.

« Drill, baby drill ! » : Trump a sécurisé le sou­tien financier des géants de l’énergie

Bien sûr, val­oris­er des act­ifs per­met de con­stru­ire ou d’entretenir des ami­tiés. Le clan Trump a ain­si explicite­ment lié la promesse d’une dérégu­la­tion envi­ron­nemen­tale mas­sive à des con­tri­bu­tions finan­cières élec­torales. Notam­ment le mil­liard de dol­lars demandé aux dirigeants du secteur pétroli­er en sep­tem­bre 2024. La libéra­tion des for­ages sur les ter­res fédérales et le sou­tien aux infra­struc­tures fos­siles favorisent directe­ment les dona­teurs et parte­naires com­mer­ci­aux du réseau Trump.

La confrontation commerciale avec Pékin a permis des exceptions « transactionnelles »

Les intérêts financiers de la famille Trump ser­vent aus­si de levi­er aux puis­sances étrangères. Pen­dant les ten­sions douanières entre 2017 et 2020, le gou­verne­ment chi­nois avait déjà habile­ment accordé plus de 40 mar­ques com­mer­ciales exclu­sives à Ivan­ka Trump et à la Trump Orga­ni­za­tion, pro­tégeant ain­si leurs lignes de pro­duits sur le marché asiatique.

Par ailleurs, la poli­tique ciblée de sanc­tions con­tre de grandes entre­pris­es tech­nologiques chi­nois­es (comme ZTE en juil­let 2018 ou Tik­Tok entre 2020–25) a sou­vent été mod­ulée en fonc­tion de con­ces­sions com­mer­ciales ou de con­trepar­ties indi­rectes (tar­ifs, achats agri­coles améri­cains, etc.).

Le clan Trump, passerelle avec Israël, les pétromonarchies du Golfe et bientôt l’Iran ?

Au Moyen-Ori­ent, tout a com­mencé avec les accords d’Abraham, en sep­tem­bre 2020 lors du pre­mier man­dat de Trump. Ce pro­jet de nor­mal­i­sa­tion des rela­tions entre Israël et les pétromonar­chies (Émi­rats arabes unis, Bahreïn, mais aus­si le Maroc) a jeté les bases finan­cières d’un nou­veau modus operan­di. Ces accords ont fait naître l’espoir d’un marché économique région­al sans précédent.

En pre­mière ligne se trou­ve le gen­dre du Prési­dent, Jared Kush­n­er. Grâce à son fonds d’investissement, Affin­i­ty Part­ners, lancé offi­cielle­ment en jan­vi­er 2021, le mari d’Ivanka avait ain­si levé 2 mil­liards de dol­lars auprès du fonds sou­verain saou­di­en (PIF), ain­si que des cen­taines de mil­lions auprès des Émi­rats arabes unis et du Qatar. Cepen­dant que la Trump Orga­ni­za­tion se lançait dans des pro­jets immo­biliers haut de gamme dans la région. La com­pag­nie a par exem­ple négo­cié des con­trats majeurs pour le développe­ment de com­plex­es hôte­liers et de golf à Oman et en Ara­bie saou­dite, directe­ment soutenus par des pro­mo­teurs éta­tiques locaux.

Usant de l’approche finan­cière, Jared Kush­n­er a donc démon­tré sa capac­ité à tiss­er des liens « solides » entre Israël et les pays du Golfe. Affin­i­ty Part­ners, son fonds, gère désor­mais plus de six mil­liards de dol­lars provenant prin­ci­pale­ment de fonds sou­verains d’Ara­bie saou­dite et du Qatar, selon des chiffres de Bloomberg de mars 2026. Une part de ces cap­i­taux est explicite­ment des­tinée à financer et acquérir des par­tic­i­pa­tions dans des entre­pris­es tech­nologiques et des pro­jets d’in­fra­struc­ture en Israël. L’ob­jec­tif affiché est d’u­tilis­er ces inci­ta­tions économiques pour soud­er les pays sig­nataires des Accords d’Abraham.

Sur le front immo­bili­er, La Kush­n­er Com­pa­nies a levé en 2020 100 mil­lions de dol­lars auprès de géants de la finance israéli­enne (comme l’as­sureur Meno­ra Miv­tachim) pour financer des com­plex­es immo­biliers aux États-Unis. La famille a depuis longtemps sécurisé d’im­por­tants finance­ments auprès de la Bank Leu­mi, l’une des prin­ci­pales insti­tu­tions ban­caires d’Israël.

300 milliards pour l’Iran, et combien pour Jared ?

La mécanique des accords pour­rait en effet être inter­prétée comme un sys­tème que les juristes nom­ment « pay-to-play ». Il s’agit juridique­ment d’une zone grise qui ressem­blerait à du traf­ic d’influence. Par exem­ple, le fait que des monar­chies arabes finan­cent le fonds Kush­n­er (Affin­i­ty) qui investit ensuite en Israël et qui lève aus­si des fonds dans les pays arabes pour pou­voir financer des plans de recon­struc­tion d’infrastructures dans les zones rasées par les guer­res, sus­cite de vifs débats sur l’achat d’in­flu­ence poli­tique à Washington.

La guerre d’Iran pour­rait bien accélér­er la ten­dance. Le 21 juin 2026, le vice-prési­dent JD Vance a déclaré à la presse que l’idée d’inclure dans le mémoran­dum signé avec Téhéran 300 mil­liards d’investissements régionaux pour la recon­struc­tion du pays prove­nait de Kush­n­er, l’un des négo­ci­a­teurs améri­cains sur ce dossier (comme sur celui de l’Ukraine) avec Steve Witkoff.

Déjà en mai, le New York Times dénonçait le con­flit d’intérêt ou le « busi­ness prof­itable de la paix » mené par ces deux entre­pre­neurs. Les choses se con­fir­ment : ce fonds serait a pri­ori financé par les pétromonar­chies qui désor­mais font par­tie d’un cor­ri­dor coor­don­né par le fonds de Jared Kush­n­er, Affin­i­ty Part­ners, lui-même mas­sive­ment financé par leurs fonds souverains.

Une stratégie de l’après-guerre (avec l’Iran) émerge donc : bien que la Trump Orga­ni­za­tion n’ait aucun pro­jet offi­ciel en Iran à ce jour (ce qui reste encore formelle­ment inter­dit par les sanc­tions améri­caines), la paci­fi­ca­tion et la réor­gan­i­sa­tion économique du Moyen-Ori­ent prof­i­tent directe­ment à la val­ori­sa­tion de l’empire Trump, présent dans l’ensem­ble de la pénin­sule arabique.

Ukraine et Russie : un contexte différent, mais toujours des intérêts financiers

Les plans de paix de l’ad­min­is­tra­tion Trump pour l’Ukraine et l’I­ran dif­fèrent par leur nature, mais pour­raient bien con­verg­er vers un même objec­tif d’accords trans­ac­tion­nels. D’ailleurs, il se réalise selon la même philoso­phie : celle du « syn­dic de fail­lite », chargé d’administrer l’insolvabilité. Kush­n­er et Witkoff envis­agent la lev­ée des sanc­tions, la créa­tion de zones économiques spé­ciales et l’ex­ploita­tion des ressources locales.

Si, en Iran, le plan a inclus des négo­ci­a­tions sur le pro­gramme nucléaire et l’ou­ver­ture de fonds d’in­vestisse­ment mas­sifs pour relancer l’é­conomie irani­enne, en Ukraine il s’agirait d’abord (pour les émis­saires de Trump) de gel­er les lignes de front. Kiev aban­don­nerait cer­taines reven­di­ca­tions ter­ri­to­ri­ales et renon­cerait à rejoin­dre l’OTAN. Le clan Trump pos­tulerait que la recon­struc­tion de l’Ukraine et la ges­tion de ses vastes ressources gaz­ières, pétrolières ou minières seraient con­fiées à des coen­tre­pris­es et des investis­seurs améri­cains. Les fonds russ­es gelés en Occi­dent seraient d’ailleurs au cœur de ces mécan­ismes d’in­vestisse­ment. Le dossier ukrainien n’est donc pas traité par le clan Trump comme une crise de sécu­rité inter­na­tionale clas­sique, mais comme une restruc­tura­tion d’en­tre­prise dont il faut extraire les act­ifs avant de la remodeler.

Retenons la for­mule mag­ique, désor­mais omniprésente dans la presse : Kush­n­er des­sine les con­tours poli­tiques et la stratégie de redresse­ment, les fonds bilatéraux captent les ressources physiques, et les cryp­tomon­naies ser­vent de struc­ture finan­cière hors con­traintes afin de max­imiser les ren­de­ments des investis­seurs privés.

Les con­tours de la solu­tion qui se des­sine en Ukraine sem­blent se résumer ain­si : Bien qu’il n’y ait pas de man­dat offi­ciel attribuant des con­trats à la Trump Orga­ni­za­tion, car il faut éviter des con­flits d’in­térêts frontaux, la struc­ture de l’ac­cord de recon­struc­tion sert directe­ment le clan.

L’ad­min­is­tra­tion a offi­cial­isé la créa­tion en mai 2025 du Unit­ed States-Ukraine Recon­struc­tion Invest­ment Fund. Ce parte­nar­i­at bilatéral se con­cen­tre sur l’ex­ploita­tion des ressources naturelles (minéraux cri­tiques, hydro­car­bu­res) grâce à la par­tic­i­pa­tion d’acteurs insti­tu­tion­nels et privés. La direc­tion de ces pro­jets serait con­fiée à de grands fonds améri­cains. Le NY Times en jan­vi­er 2026 rap­por­tait que Black­Rock était « au cen­tre » de la vision du prési­dent améri­cain, par son impli­ca­tion dans le plan de relance. L’é­cosys­tème de la Trump Orga­ni­za­tion et de ses parte­naires immo­biliers (comme Witkoff) pour­rait indi­recte­ment béné­fici­er de cette ouver­ture des marchés ukrainiens aux cap­i­taux privés améri­cains. « Faites de l’argent, pas la guerre », titrait le WSJ en novem­bre 2025, soulig­nant l’origine russe de l’idée.

Les annonces diplomatiques ont aussi un effet sur les cryptos

Rap­pelons aus­si que le secteur cryp­to est devenu un out­il de spécu­la­tion et un vecteur de trans­fert de cap­i­taux priv­ilégié par l’é­cosys­tème Trump (notam­ment via leur pro­jet famil­ial World Lib­er­ty Finan­cial). Non seule­ment vecteur, mais aus­si baromètre des per­cées diplo­ma­tiques, le marché des cryp­tomon­naies réag­it désor­mais instan­ta­né­ment aux annonces de paix de l’ad­min­is­tra­tion. Par exem­ple, le dénoue­ment des accords par­al­lèles (comme le cadre de paix avec l’I­ran) a provo­qué une envolée immé­di­ate du Bit­coin au-delà des 63 000 $. Sans oubli­er la « flu­id­ité » d’un sys­tème qui per­me­t­trait le con­tourne­ment des sanc­tions afin de procéder hors des blocages struc­turels ou règle­men­taires. Ain­si, dans l’éventualité du gel du con­flit, et d’une lev­ée pro­gres­sive des sanc­tions con­tre la Russie, les cryp­to-act­ifs sont com­pris par le clan d’affaires Trump comme une infra­struc­ture finan­cière flu­ide qui per­me­t­trait de déplac­er des cap­i­taux à l’est, sans s’en­com­br­er de la lour­deur des régu­la­tions ban­caires traditionnelles.

De plus les­dites cryp­tos per­me­t­tent une cer­taine inté­gra­tion com­mer­ciale : l’u­til­i­sa­tion de jetons liés à la galax­ie Trump pour des trans­ac­tions ou des bonus est déjà testée dans d’autres sphères d’in­flu­ence de la Mai­son-Blanche, pré­fig­u­rant leur usage poten­tiel dans les zones économiques spé­ciales prévues en Europe de l’Est.

Conclusion : la géopolitique « transactionnelle » d’une oligarchie

Si Trump, l’homme d’État, ne mérite pas les félic­i­ta­tions du jury, la diplo­matie trans­ac­tion­nelle du « busi­ness clan » trumpi­en ne manque cepen­dant pas de cohérence. Par­tant du principe que les élites occi­den­tales sont la cause du chaos mon­di­al et non sa solu­tion, le syn­dic de fail­lite Trump choisit de les ignor­er et de s’enrichir sans retenue, réglant les ques­tions entre tours de passe-passe et passe-droits. Avec lui la géopoli­tique devient un immense chantier de restruc­tura­tion d’entreprise. Ce qui d’ailleurs n’est pas sans provo­quer cer­taines fis­sures entre son clan, prag­ma­tique, et le gou­verne­ment, mes­sian­ique, actuelle­ment au pou­voir en Israël.

Or la sit­u­a­tion du clan est pour­tant dou­ble­ment frag­ile. Elle est géo­graphique­ment « fixée » dans cer­tains espaces économiques qui sont aus­si des zones de guerre (pénin­sule ara­bique, Iran, Ukraine, Russie) ; elle dépend de nou­veaux secteurs économiques car­ac­térisés par une grande volatil­ité. Il serait donc aisé, pour une puis­sance étrangère hos­tile, d’éradiquer la for­tune per­son­nelle du « clan » trumpi­en, bien plus que de ruin­er une pop­u­la­tion entière. Ceci explique peut-être la récente effi­cac­ité de la guerre asymétrique menée par les Iraniens. Car elle frappe aus­si au portefeuille.

André Archim­baud

 

Voir aus­si : Sab­o­tage du Nord Stream : la débâ­cle des experts de plateau

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