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Comment Médiapart tisse sa toile

24 octobre 2014

Temps de lecture : 2 minutes
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Comment Médiapart tisse sa toile

Le pure player Mediapart.fr, dirigé par l’ancien trotskyste, Edwy Plenel, est en train de devenir l’un des supports les plus rentables de la presse française. Le site devrait ainsi réaliser près de neuf millions d’euros (8,8 millions) de chiffre d’affaires et 1,5 million de résultat net. Mediapart.fr, malgré la crise qui frappe tout particulièrement le secteur des médias, compte bien maintenir ce cap à l’horizon de trois ans. Tout en consolidant les fondamentaux de son écosystème –investigation-communauté‑, le site mise en 2015 sur la production audiovisuelle et la vidéo pour se développer.

Les fon­da­men­taux en pre­mier lieu. Avec une équipe réduite d’une trentaine de jour­nal­istes aguer­ris (10 fois moins que Le Monde !), Medi­a­part a fait du scoop et des affaires son ADN jour­nal­is­tique. En six années d’ex­is­tence, il en a sor­ti une bonne cen­taine, con­cer­nant les ventes d’armes (Karachi) et la poli­tique (Cahuzac) notam­ment. Ce ter­rain de chas­se, Medi­a­part le revendique au point de damer le pion au Canard enchainé. Pour la pre­mière fois depuis 32 ans, l’heb­do­madaire satirique a per­du 16% de ses ventes, qui restent tout de même imposantes (450 000 exem­plaires en 2013). Les coups jour­nal­is­tiques de Medi­a­part, au même titre que la pho­bie numérique du volatile, explique en par­tie de recul his­torique. De son côté, le pure play­er de Plenel a franchi fin sep­tem­bre la barre des 100 000 abon­nés. Il escompte attein­dre le chiffre de 120 000 en 2015. L’émer­gence d’une com­mu­nauté, valeur chère à la gauche de la gauche qui inspire Medi­a­part, est l’autre facette de son écosys­tème. Afin de la fidélis­er, l’e­space Club sera com­plète­ment refor­maté d’i­ci fin 2014., tant au niveau du graphisme que des fonc­tion­nal­ités tech­niques. L’ob­jec­tif est de faire fonc­tion­ner le Club comme un mini réseau social.

Mais la vraie étape suiv­ante du développe­ment de Medi­a­part passe par la vidéo. Le pure play­er pro­duit déjà plusieurs émis­sions (la boîte à idée) et de chroniques (Didi­er Porte, La Parisi­enne libérée). Il organ­ise une fois par mois un “live” de six heures dans ses locaux. Medi­a­part souhaite dès la fin de l’an­née enrichir cette pro­gram­ma­tion avec une nou­velle émis­sion de débats toutes les semaines. Grâce au nou­veau stu­dio, dont il achève la con­struc­tion, le pure play­er se donne des airs de chaîne de télévi­sion. Cette pro­duc­tion ren­for­cée se ver­ra pro­posée aux inter­nautes dans un espace mul­ti­mé­dia bien iden­ti­fié qui tranchera avec le côté fourre-tout actuel. Medi­a­part aura investi 200 000 euros dans le nou­v­el équipement et les ressources humaines qui y sont attachée. L’équipe tech­nique, en par­tie sous-traitée, passera de qua­tre à huit per­son­nes au print­emps 2015.

Seul ombre au tableau pour Medi­a­part, un redresse­ment fis­cal de 4,2 mil­lions d’eu­ros pronon­cé en octo­bre pour non-paiement de la TVA de 19,6%. Le site s’est auto-appliqué depuis 2008 le taux minoré de 2,10% réservé à la presse écrite. Si son exten­sion aux pure play­ers a finale­ment été acquise auprès des pou­voirs publics (mais pas de la Com­mis­sion européenne) en 2013, la rétroac­tiv­ité de cette mesure est loin d’être acquise. Medi­a­part doit en principe au fisc le dif­féren­tiel sur cinq ans. Au-delà du droit, Medi­a­part dénonce une vengeance de Bercy suite à la mise en cause de l’ex min­istre des finances Jérôme Cahuzac. Pass­er pour une vic­time, et faire mon­tre d’une médi­ati­sa­tion habile, est l’un des autres “points forts” d’Ed­wy Plenel.

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