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Articles truffés de fautes : la presse dépassée ?

13 février 2026

Temps de lecture : 4 minutes
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Articles truffés de fautes : la presse dépassée ?

Temps de lecture : 4 minutes

Articles truffés de fautes : la presse dépassée ?

Dans un monde hyper­rapi­de, où tout est exposé au grand pub­lic en temps réel, grâce aux réseaux soci­aux, la presse peine à s’y adapter. En témoigne cette baisse de vig­i­lance con­statée chez de plus en plus de jour­naux de la presse écrite ou en ligne, lais­sant pass­er des coquilles, par­fois grossières, sans même avoir le réflexe d’y remédi­er. Car ce sont sou­vent de sim­ples lecteurs, en com­men­taires, qui les dénichent, tout en s’en moquant au passage.

Écrits ou mis en ligne sous pres­sion, de nom­breux textes jour­nal­is­tiques sont pub­liés sans une véri­ta­ble relec­ture préal­able. Cela va d’une sim­ple faute de frappe ou d’inattention à de lour­des erreurs d’orthographe ou de grammaire.

« Ni pensez même pas ! »

Aucune presse, aucun pays n’y échap­pent. Et ce qui est le plus frap­pant, c’est quand cela vient des grands titres qui ont, a pri­ori, une tra­di­tion et, surtout, des moyens pour s’en prémunir.

Petit flo­rilège de coquilles relevées dans la presse parisi­enne de ces dernières semaines.

Le Figaro s’est dis­tin­gué par une série de petites mal­adress­es, par­fois assez graves. Comme cette erreur homo­phonique parue dans son édi­tion du 27 jan­vi­er 2026, sur un « chapo » d’article : « ni pensez même pas » au lieu de « n’y pensez même pas », lais­sée sans cor­rec­tion pen­dant plusieurs jours.

Dans l’édition du 2 févri­er : « Ils m’ont détru­it ma car­rière. Volon­taire­ment. » Si on peut tolér­er ce genre de fautes à l’oral, il est dif­fi­cile de ne pas y faire atten­tion à l’écrit. Trop de monts, trop d’inattention.

Une baisse de vigilance croissante

On ne compte pas le nom­bre de fautes typographiques, comme l’absence d’espace, les ter­mi­naisons incom­plètes (exem­ple : « villes clef » au lieu de « villes clés ou clefs »), et ce sem­piter­nel prob­lème de traits d’union qui revient : (« a‑t-il » au lieu de « a‑t-il »).

Un autre grand quo­ti­di­en parisien, Le Monde, a lais­sé gliss­er une véri­ta­ble petite bévue, dans une de ses édi­tions de jan­vi­er : « le messie » devient « le Mes­si ». On imag­ine la con­fu­sion que cela peut créer chez le lecteur, à moins que l’on n’admette que celui-ci ait la capac­ité de cor­riger par soi-même, où qu’il soit vrai­ment ama­teur de la vedette argen­tine du bal­lon rond. Le lien avait cir­culé pen­dant plusieurs jours, puis a disparu.

Le Cour­ri­er inter­na­tion­al, du groupe Le Monde, qui présente chaque semaine un digest de la presse inter­na­tionale, est cen­sé être plus vig­i­lant. Sur sa ver­sion en ligne du 29 jan­vi­er, on a pu lire cette phrase : « Par défi, les Iraniens trans­for­ment en fête les funérailles des man­i­fes­tants tués par le réfime. » Erreur de frappe, diri­ons-nous, mais quand on tarde à y remédi­er, cela dénote une baisse de vig­i­lance plutôt structurelle.

Les médias audio­vi­suels ne sont pas en reste. Il est des erreurs séman­tiques ou gram­mat­i­cales qui sont courantes à l’antenne. Trois exem­ples de fautes récur­rentes repérées sur Radio France de jan­vi­er 2026 : « C’é­tait sans compter sur… » La forme cor­recte est « c’é­tait sans compter », sans la pré­po­si­tion « sur ».

« Pal­li­er au prob­lème » : le verbe « pal­li­er » est tran­si­tif direct. On dit « pal­li­er le prob­lème ». « Deux jumeaux » : pléonasme fréquent dans les médias audio­vi­suels, puisque « jumeau » implique déjà la dualité.

Publier vite, puis corriger et étoffer après !

Autres types de fautes très courantes dans la presse d’expression française, et pas seule­ment dans l’Hexagone, mais atti­rant rarement l’attention : « sous les hos­pices de la Con­sti­tu­tion… » (Le Monde du 22 décem­bre 2017), pau­vres aus­pices mis à la retraite ; « les plus hauts placés » (Le Figaro Mag­a­zine du 20 mars 2015) ; « ils se fit aux mirages » (Libéra­tion du 5 jan­vi­er 2017).

La mul­ti­pli­ca­tion des coquilles dans la presse reste incom­préhen­si­ble à l’ère du numérique qui per­met la rec­ti­fi­ca­tion rapi­de. Mais le souci de « pub­li­er vite puis cor­riger et/ou étof­fer » rend les fautes plus prob­a­bles à l’instant T, tout en ren­dant la rec­ti­fi­ca­tion moins vis­i­ble pour ceux qui ont vu la pre­mière ver­sion com­por­tant une éventuelle erreur.

Avec la pos­si­bil­ité d’obtenir des cap­tures d’écran qu’offrent les moyens mod­ernes, de plus en plus de lecteurs (qui ne sont pas tous mal­in­ten­tion­nés) n’hésitent pas à relay­er – et ampli­fi­er – le moin­dre écart de lan­gage com­mis par tel ou tel organe de presse.

Moral­ité : on par­donne les gaffes mon­u­men­tales qui infes­tent les comptes per­son­nels sur les réseaux soci­aux ; mais pas les petites coquilles qui glis­sent dans la presse. Petite coquille mais gros esquif !

Mus­sa A.