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Émeutes à Belfast : l’agression barbare que les médias voudraient occulter

11 juin 2026 | Temps de lecture : 5 minutes

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Un homme presque décapité, un œil poignardé, des voisins oblig­és d’intervenir pour empêch­er un migrant soudanais de com­met­tre un meurtre en pleine rue. Pour­tant, dans les grands médias français, l’affaire de Belfast a rapi­de­ment bas­culé. Une ten­ta­tive de meurtre ultra-vio­lente impli­quant un réfugié soudanais est dev­enue un réc­it sur « les vio­lences anti-immi­grés » de « l’extrême droite ». Encore une fois, le traite­ment médi­a­tique s’est déplacé du crime ini­tial vers les réac­tions qu’il a provo­quées. Décryptage.

Une tentative de meurtre d’une violence extrême

Lun­di 8 juin, à Belfast : Stephen Ogilvie est agressé dans la rue par Hadi Alo­did, un Soudanais de 30 ans. Selon les élé­ments présen­tés devant le tri­bunal, l’homme l’aurait main­tenu au sol avant de le poignarder à plusieurs repris­es à la tête, au cou, au dos et aux yeux. La vic­time, tou­jours hos­pi­tal­isée dans un état grave, a per­du son œil gauche.

Ini­tiale­ment, la scène aurait pu se ter­min­er en décap­i­ta­tion sans l’intervention de riverains, dont Matt McK­ier­nan, courageux Nord-Irlandais qui a frap­pé l’agresseur avec une crosse de hurl­ing afin de l’immobiliser. Mer­cre­di matin, le sus­pect a com­paru devant le tri­bunal de Belfast. Il a été inculpé pour ten­ta­tive de meurtre, port d’arme blanche et men­aces de mort con­tre du per­son­nel hospitalier.

L’affaire a provo­qué un choc immense en Irlande du Nord. La vidéo de cette agres­sion a cir­culé mas­sive­ment en ligne sur les réseaux soci­aux, engen­drant une vague de colère et des man­i­fes­ta­tions con­tre l’immigration dans plusieurs quartiers de Belfast, le mar­di 9 juin.

Effet loupe

Face aux bus incendiés, aux immeubles en feu, aux affron­te­ments avec la police, l’angle des médias et des agences de presse a bas­culé vers « les vio­lences anti-immi­grés » et les « ten­sions ali­men­tées par l’extrême-droite » à Belfast. Bien sûr, il répond à une réal­ité factuelle. Le 9 juin, la dépêche main­tient l’équilibre entre l’agression sauvage et les émeutes. Mais plusieurs médias vont éclipser le fait généra­teur ou regret­ter « une instrumentalisation ».

Émeutes à BelfastÉmeutes à Belfast

TF1 va même jusqu’à pub­li­er une vidéo appelée : « Ten­sions à Belfast : com­ment la vio­lence anti-immi­grés s’enracine en Irlande du Nord », qui rel­a­tivise sim­ple­ment l’« attaque au couteau imputée à un réfugié soudanais ».

Émeutes à Belfast

La Croix titre : « En Irlande du Nord, la main de l’extrême droite der­rière les émeutes à Belfast », tout en n’évoquant qu’une sim­ple « attaque au couteau ». La réal­ité travestie.

Émeutes à Belfast

Le fait social devient fait divers

Le sché­ma rap­pelle celui déjà observé dans l’affaire Hen­ry Nowak en Angleterre la semaine passée : le fait de société devient un fait divers, par nature sec­ondaire. La ten­ta­tive de meurtre d’un Irlandais par un Soudanais n’est évo­quée qu’en arrière-plan. Elle est euphémisée, comme de nom­breuses affaires impli­quant une per­son­ne immi­grée (Hen­ry Nowak, Groom­ing gangs, Crépol, Lola, Philippine…).

Puis la réac­tion au fait divers devient le véri­ta­ble sujet. La focale médi­a­tique se déplace rapi­de­ment vers « l’instrumentalisation par l’extrême droite », « la récupéra­tion poli­tique » et les débor­de­ments des man­i­fes­ta­tions. Ces médias insis­tent aus­si sur les « ten­sions attisées par les réseaux soci­aux » et les appels à man­i­fester relayés par Tom­my Robin­son ou Elon Musk. La con­damna­tion morale des réac­tions pop­u­laires s’impose en quelques heures.

Ain­si la ques­tion pre­mière dis­paraît-elle : « Pourquoi et com­ment un réfugié soudanais arrivé il y a trois ans à Belfast via Paris puis Dublin a‑t-il pu com­met­tre un tel acte de bar­barie ? », devient une affir­ma­tion : « L’ex­trême droite » exploite poli­tique­ment une attaque au couteau.

Une hiérar­chie édi­to­ri­ale qui trahit le nar­ratif dom­i­nant. D’autant plus que cette affaire de Belfast n’a en effet pas don­né lieu en France à une émo­tion com­pa­ra­ble à celles observées pen­dant d’autres affaires forte­ment poli­tisées (George Floyd, Nahel Merzouk).

À qui la récupération ?

Sans sur­prise, côté poli­tique, la gauche rad­i­cale n’a pas été en reste. La palme de la dés­in­for­ma­tion revient au député insoumis Thomas Portes, qui évoque des néon­azis et des supré­macistes blancs. Le mes­sage est clair : si vous réagis­sez quand un migrant soudanais vous agresse au couteau, vous êtes un raciste.

Émeutes à Belfast

Il faut recadrer l’analyse

La donne a toute­fois changé. Les médias alter­nat­ifs et iden­ti­taires (Fdes­ouche, Breizh-Info, Fron­tières) ouvrent une brèche dans laque­lle des médias comme CNews, Europe 1 ou Valeurs actuelles s’engagent.

De ce côté, la focale est autre : la parole est don­née aux Irlandais. Ce qui se joue à Belfast, c’est un soulève­ment dés­espéré mais légitime d’un peu­ple qui refuse de se laiss­er égorg­er, un mou­ve­ment d’autodéfense pop­u­laire con­tre l’oppression de l’État et con­tre l’immigration de masse que ce dernier lui impose. Car s’il est per­ti­nent de qual­i­fi­er les man­i­fes­ta­tions de Belfast de « vio­lences con­tre les immi­grés », il l’est tout autant d’appréhender les vio­lences struc­turelles et sys­témiques con­tre les autochtones. L’empathie peut-elle être à géométrie variable ?

Antho­ny Marinier

 

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