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Affaire Nahel : quand les médias veulent la peau d’un policier

14 mars 2026 | Temps de lecture : 5 minutes

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Flo­ri­an M. sera finale­ment jugé pour « vio­lences ayant entraîné la mort sans inten­tion de la don­ner » et non pour meurtre. Le polici­er ayant tiré sur Nahel pour met­tre fin à sa con­duite dan­gereuse, tir qui avait entraîné sa mort. Une déci­sion qui mène le procès à la cour crim­inelle départe­men­tale plutôt qu’aux assis­es, et peut débouch­er sur une peine de 15 ans de prison au lieu de 30. Cette évo­lu­tion n’est pas du goût de la plu­part des médias, notam­ment ceux que l’on classe à gauche.

La parole est à l’accusation

Pour éviter des arti­cles trop édi­to­ri­al­istes, c’est plutôt sim­ple : il faut citer les par­ties prenantes. Ici, cela peut être le polici­er, la famille de Nahel, les avo­cats ou les mag­is­trats. Le par­ti pris se cache évidem­ment dans les per­son­nes que l’on cite et les pro­pos que l’on met en avant. Ain­si, RTL choisit de titr­er que la famille de Nahel dénonce « une déci­sion “hon­teuse” » et cite son avo­cat selon qui « les vio­lences poli­cières se règ­lent à l’ami­able et pas devant une jus­tice pop­u­laire ». BFM TV reprend la même cita­tion. France Info cite égale­ment longue­ment la mère de Nahel, qui estime qu’« ils le tuent une deux­ième fois », phrase reprise dans d’autres médias, et son avo­cat, Me Franck Berton, qui regrette que le procès échappe aux assis­es. Le fait que le polici­er n’aille pas devant les assis­es est par­ti­c­ulière­ment insup­port­able pour plusieurs médias. La Dépêche cite ain­si Me Berton qui « estime que cette requal­i­fi­ca­tion équiv­aut à “met­tre en place des bar­rières de pro­tec­tion pour le policier”. »

Les maux qu’aiment les médias

D’autres médias choi­sis­sent égale­ment de main­tenir des mots forts, comme Le Parisien qui rap­pelle que Flo­ri­an M. a « abat­tu » Nahel « après un refus d’obtempérer ». Que ce soit dans les cita­tions repris­es du côté de la famille de Nahel ou dans les mots util­isés par cer­tains médias, on recon­naît les élé­ments de lan­gage de la gauche. Celle-ci affirme notam­ment que l’affaire Nahel risque de rétablir une peine de mort de fait pour des refus d’obtempérer. En somme, ils élu­dent la con­duite dan­gereuse de Nahel, dont il est très rarement fait men­tion. On a ain­si l’impression que Flo­ri­an M. a tué Nahel sim­ple­ment parce qu’il a refusé de don­ner son per­mis de con­duire lors d’un con­trôle de rou­tine. RTL écrit ain­si que Nahel a été tué par balle « lors d’un con­trôle routi­er ». Libéra­tion titre quant à lui que la jus­tice « aban­donne la qual­i­fi­ca­tion de meurtre », ce qui a pour résul­tat que les pour­suites « ne tien­nent plus qu’à un fil ».

Le portrait familial

La mère de Nahel a pour ain­si dire fait le tour des médias. Si, lorsqu’un enfant ou un ado­les­cent blanc meurt sous les coups de l’immigration ou de l’extrême-gauche, ses par­ents restent faire leur deuil chez eux, ce qu’on ne peut guère leur reprocher, pen­dant que les jour­nal­istes et per­son­nal­ités de gauche accusent leurs sou­tiens de récupéra­tion, la mère de Nahel a choisi de réclamer la con­damna­tion du polici­er. Les médias ont donc pu faire de nom­breux por­traits d’elles, et utilis­er ses pho­tos pour illus­tr­er leurs arti­cles. C’est le cas encore aujourd’hui, avec BFM TV qui affirme que la déci­sion de jus­tice est pour elle « un coup de massue ».

Comment la droite défend la police

De son côté, CNews brosse un por­trait adouci de Flo­ri­an M. qui « fai­sait “beau­coup de sport et de lec­ture” en déten­tion », et le cite lorsqu’il racon­te le « bruit des autres détenus » dif­fi­cile à sup­port­er et qu’il a « réus­si à rester fort » « même si ce n’était pas facile. » L’article abor­de son suivi psy­chi­a­trique, l’évolution dans son tra­vail – il a été muté au Pays basque, les mes­sages de sou­tien. L’enjeu est de mon­tr­er com­ment une action con­sid­érée par la droite comme légitime a détru­it la vie et la san­té d’un homme qui se trou­vait face à un garçon dan­gereux. Au reste, la rubrique mal-nom­mée « faits divers » est sou­vent émail­lée de pas­sants tués par des chauffards.

Ce qu’implique la requalification des faits

La cour a établi que l’on ne pou­vait reprocher à Flo­ri­an M. d’avoir porté une arme, puisqu’il s’agissait de son arme de ser­vice, ni d’avoir tiré à 16 cm de dis­tance. En effet, il a pu vouloir éviter de bless­er les pas­sagers de la voiture, à l’arrière et sur le siège pas­sager. Or, cette dis­tance est très sou­vent retenue par les médias pour fustiger le polici­er, avec des arti­cles qui évo­quent « une balle tirée à bout por­tant », par exem­ple sur BFM TV ou La Dépêche.

Comment certains médias évitent de se positionner

Le vent tourne dans les urnes, avec plus d’un Français sur trois votant à ce que les médias appel­lent l’extrême droite, et cette évo­lu­tion se ressent par­fois, quoique rarement, dans les arti­cles de presse. Cer­tains jour­nal­istes trou­vent de moins en moins facile de laiss­er libre cours aux idées de gauche que l’on perçoit dans les sondages faits dans cer­taines rédac­tions à l’approche des élec­tions nationales. Ain­si, Le Monde cite large­ment la défense et l’accusation dans le traite­ment du procès de Flo­ri­an M., polici­er accusé de vio­lences ayant entraîné la mort sans inten­tion de la don­ner dans l’affaire Nahel. Il va même jusqu’à écrire qu’à Nan­terre, « famille et sou­tiens con­tin­u­ent de deman­der “jus­tice” », avec des guillemets.

Adélaïde Motte

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