Ojim.fr

Je fais un don

En soutenant aujourd’hui l’OJIM, vous nous aidez à vous informer sur ceux qui vous informent et vous maintenez un espace de liberté sur la toile. Vous avez besoin de l'OJIM ? Nous avons besoin de votre soutien ! Ensemble "on les aura !"

Je fais un don

En soutenant aujourd’hui l’OJIM, vous nous aidez à vous informer sur ceux qui vous informent et vous maintenez un espace de liberté sur la toile. Vous avez besoin de l'OJIM ? Nous avons besoin de votre soutien ! Ensemble "on les aura !"

Municipales 2026 : l’ARCOM ressort la règle du pluralisme et muscle (encore) le contrôle

30 janvier 2026

Temps de lecture : 4 minutes
Accueil | Veille médias | Municipales 2026 : l’ARCOM ressort la règle du pluralisme et muscle (encore) le contrôle

Municipales 2026 : l’ARCOM ressort la règle du pluralisme et muscle (encore) le contrôle

Temps de lecture : 4 minutes

Municipales 2026 : l’ARCOM ressort la règle du pluralisme et muscle (encore) le contrôle

À six semaines des munic­i­pales des 15 et 22 mars 2026, l’ARCOM met en place un dis­posi­tif ren­for­cé : relevés de temps de parole dès le 2 févri­er, trans­mis­sions heb­do­madaires, et sur­veil­lance revendiquée de la « fia­bil­ité » de l’information. Un zèle qui cible surtout l’audiovisuel… tan­dis que les plate­formes sont surtout « accompagnées ».

Dès le lun­di 2 févri­er 2026, les radios et télévi­sions entrent dans une péri­ode élec­torale encadrée par la recom­man­da­tion pub­liée par l’ARCOM : tous les pro­grammes sont con­cernés, et les édi­teurs doivent relever puis trans­met­tre des décomptes de temps de parole selon un cal­en­dri­er ser­ré avec une pre­mière échéance le 16 février.

Une mécanique lourde : compter, transmettre, publier

Le cœur du sys­tème reste le « principe d’équité » : l’exposition médi­a­tique doit être pro­por­tion­née à la représen­ta­tiv­ité (résul­tats antérieurs, sondages) et à la « con­tri­bu­tion » au débat, notion pour le moins subjective.

La recom­man­da­tion liste pré­cisé­ment les péri­odes de cumul et les dates de trans­mis­sion, avec remise à zéro après le pre­mier tour (péri­odes dis­tinctes avant et après le 15 mars). L’ARCOM pub­liera ensuite les relevés alors que le con­trôle du « plu­ral­isme » a été pré­cisé par le Con­seil d’État en juil­let 2024, met­tant en avant le fait que c’est à tra­vers un « fais­ceau d’indices » que le régu­la­teur peut « appréci­er l’existence éventuelle d’un déséquili­bre man­i­feste et durable dans l’expression des courants de pen­sée et d’opinion ».

Le régu­la­teur assume le car­ac­tère con­traig­nant du cadre, présen­té comme une pro­tec­tion « con­tre les désor­dres infor­ma­tion­nels » sans atteinte à la lib­erté édi­to­ri­ale. Dans les faits, l’équilibre est déli­cat : plus le con­trôle se den­si­fie, plus la rédac­tion doit gér­er une compt­abil­ité poli­tique qui pèse sur l’antenne et sur l’organisation interne.

« Qualité » de l’info : le glissement du pluralisme au contenu

Depuis 2024, l’ARCOM a élar­gi sa doc­trine : au-delà des temps de parole, elle revendique la capac­ité de sanc­tion­ner un « déséquili­bre man­i­feste et durable » dans l’expression des courants d’opinion. C’est un change­ment de philoso­phie : on passe de la mesure à l’appréciation, donc à une zone plus interprétative.

Cette évo­lu­tion nour­rit un reproche récur­rent : celui d’un régu­la­teur plus offen­sif sur les chaînes linéaires, en par­ti­c­uli­er les chaînes du groupe Canal+ (ex-C8/CNews), très sou­vent rap­pelées à l’ordre ou sanc­tion­nées tan­dis que le ser­vice pub­lic, dont le manque d’impartialité a été rap­pelé par le prési­dent de l’ARCOM, s’en sort bien.

Ingérences : l’ennemi extérieur… et le « coaching » des plateformes

Sur l’ingérence, l’ARCOM met en avant les risques d’attaques étrangères et cite notam­ment le précé­dent roumain, pour lequel la France est aus­si accusée d’ingérence, et les mécan­ismes pub­lic­i­taires sur Tik­Tok, en lien avec des échanges avec les plate­formes et avec Vig­inum, le ser­vice de vig­i­lance et de pro­tec­tion con­tre les ingérences numériques étrangères, créé en 2021.

Reste ici à voir dans quelle mesure l’ARCOM fera la police de l’ingérence alors que le réc­it d’une men­ace russe, voire trumpi­enne, est sou­vent avancé sans que jamais les inter­férences de la gauche améri­caine ou de la Com­mis­sion européenne ne soient évoquées…

Mais un fait demeure : les réseaux soci­aux ne sont pas soumis au plu­ral­isme, et l’ARCOM par­le surtout de « pré­con­i­sa­tions » et d’« accom­pa­g­ne­ment », là où l’audiovisuel hérite de la con­trainte et de la men­ace de sanc­tion. Un traite­ment com­plète­ment asymétrique s’opère donc entre les médias en ligne qui vivent prin­ci­pale­ment de la dif­fu­sion de leurs con­tenus sur les réseaux soci­aux et les médias sou­vent qual­i­fiés de clas­siques comme la télévi­sion ou la radio.

À l’approche des munic­i­pales, l’« ordre de bataille » de l’ARCOM révèle donc une ligne : cadr­er stricte­ment les médias tra­di­tion­nels, tout en espérant influer sur les plate­formes par coopéra­tion… Au risque d’un acharne­ment sur cer­tains d’un côté et d’une impres­sion de déséquili­bre selon que l’on con­sul­tera un type de média ou un autre…

Alexan­dre Grosbois

Faire un don

Mots-clefs :