Après le décès du jeune Quentin D., militant identitaire tué par des antifas à Lyon, le procureur de la République s’est exprimé, alors que médias et politiques commentent largement.
Conférence de presse du procureur de la République de Lyon
Le procureur s’est exprimé brièvement lundi 16, verbatim :
« Vers 17 h 30, en marge d’une conférence de la députée européenne Rima Hassan, un petit groupe de cette jeune femme du collectif Némésis organisait une démonstration devant l’Institut politique de Lyon pour dénoncer cette venue en déployant une banderole. Il avait au préalable demandé à un certain nombre de leurs amis de venir les aider en cas de violences. Néanmoins, ces derniers restaient à l’écart. »
Vers 18 heures, les jeunes hommes chargés d’aider le collectif Némésis étaient « pris à partie violemment par un groupe d’une vingtaine d’individus masqués, cagoulés. La plupart parvenaient à s’enfuir, mais trois personnes se retrouvaient isolées et étaient immédiatement frappées par plusieurs individus. »
« Ces trois jeunes hommes, dont Quentin D., étaient alors jetés au sol puis frappés à de très nombreuses reprises par plusieurs individus, au moins six. » […] « Deux des victimes parvenaient tout de même à fuir et tandis que Quentin [restait] au sol, le groupe des personnes les ayant frappés se retirait. »
Un ami de Quentin arrivé sur les lieux a retrouvé ce dernier « encore conscient » et qui « pouvait même s’exprimer » bien qu’il ait « oublié le déroulé des faits ». En le ramenant chez lui, son ami voit que l’état de santé de Quentin se dégrade. Avec d’autres amis, ils appellent les secours. Son pronostic vital est par la suite engagé, avant qu’il ne meure à l’hôpital le 14 février.
L’autopsie a permis de déterminer « qu’il présentait essentiellement des lésions à la tête, un traumatisme crânien encéphalique majeur ».
Une enquête criminelle des chefs d’homicide volontaire et une enquête délictuelle pour violences aggravées par trois circonstances (réunion, masqué et porteur d’arme) et du chef d’association de malfaiteurs en vue de commettre un délit puni de cinq ans d’emprisonnement sont en cours. L’enquête est en cours pour identifier les auteurs directs des faits. Aucune interpellation n’avait eu lieu au moment de la conférence de presse.
Déclaration de la famille
Après l’annonce de la mort de Quentin par le parquet de Lyon, l’avocat de la famille, Me Fabien Rajon, a publié un communiqué de presse.
« Appelant au calme et à la retenue, la famille de Quentin fait confiance aux enquêteurs et à la Justice afin que les responsables de sa mort soient rapidement interpellés et qu’ils aient à en répondre », déclare l’avocat. « La famille souhaite dénoncer, en conscience, non seulement des violences volontaires aggravées mais un meurtre, visiblement en bande organisée. »
« En effet, un guet-apens, méthodiquement préparé, semblerait bien avoir été tendu à Quentin par des individus organisés et entraînés, en très large surnombre et armés, pour certains le visage masqué, ayant effectué des repérages préalables et disposant a priori de complicités. Ces faits, s’ils sont confirmés par l’enquête, seraient donc éloignés du scénario d’une simple rixe qui aurait mal tourné et ils constituent un crime. Quentin aurait d’ailleurs reçu des coups à la tête et ce, alors même qu’il gisait au sol inanimé, les individus s’acharnant sur lui agissant avec une volonté de tuer difficilement discutable, qu’il conviendra néanmoins d’approfondir durant les investigations. »
Réaction du curé de la paroisse
L’abbé Laurent Spriet, recteur de la paroisse de l’église Saint-Georges à Lyon, Quentin s’est exprimé avant la messe du dimanche 15. Il connaissait très bien Quentin, qui « était investi dans l’accueil Saint-Martin, qui s’occupe de servir des soupes populaires aux plus pauvres. Il venait régulièrement dans l’équipe » et « venait habituellement à la messe tous les dimanches, mais n’en dira pas plus par respect, ajoutant « Toute la paroisse, ici, est en deuil, évidemment. Quentin a reçu les derniers sacrements. Il a été accompagné par un prêtre, mais il était déjà en état de mort cérébrale… Maintenant c’est la compassion, le respect, la prière et laisser faire la police et la justice.
L’office du dimanche à Saint-Georges a été suivi par de nombreux Lyonnais venus rendre hommage à Quentin.
Nombreuses réactions dans le Figaro
Fabrice Balanche, maître de conférences en géographie à Lyon II, a été ciblé par des militants d’extrême gauche pour l’intimider et mettre fin à ses cours. Dans une tribune, il déclare : « Quentin est mort car il s’opposait à l’entreprise de destruction de l’université menée par l’extrême gauche. » Il continue :
« L’impunité règne pour les militants d’extrême gauche. Les murs de l’université sont couverts de graffitis et de tags, et les plaintes déposées s’empilent sans aucune conséquence. Les enseignants s’autocensurent pour éviter de se voir attaquer par la meute, la plupart des étudiants subissent en silence ou cherchent une autre voie, en s’inscrivant dans des établissements privés par exemple. L’université publique se délite au profit de l’enseignement supérieur privé, qui, désormais, reçoit près d’un tiers des étudiants. Beaucoup de chercheurs se désinvestissent de ces établissements gangrenés par le clientélisme politique et le terrorisme intellectuel. Les adeptes de la « recherche-action », qu’on peut résumer comme du militantisme, y prennent davantage de place, absorbant ainsi les maigres ressources restantes. Le mal est profond et exige du ministère de l’Enseignement supérieur une mise sous tutelle de ces établissements à la dérive. Il ne faut pas se contenter de reprendre en main seulement Sciences Po Paris. Pour la plupart des familles françaises, l’université publique demeure la seule voie de promotion sociale pour leurs enfants. Or, cette extrême gauche nihiliste s’est engagée dans sa destruction. Quentin est mort parce qu’il s’opposait à cette entreprise de destruction ».
De son côté, l’éditorialiste Guillaume Tabard constate : « Voilà des années que les méthodes agressives, y compris physiquement, des “antifas” sont connues mais que la gauche radicale absout. »
« Pourchassé. lynché. Assassiné. Le « crime » de Quentin fut d’avoir voulu protéger de jeunes militantes féministes identitaires manifestant pacifiquement contre le militantisme au sein de Sciences Po Lyon de la députée insoumise Rima Hassan. Son « tort » fut-il d’appartenir à un camp politique dont la haine et la violence qu’il subit ne sont pas condamnées avec la même vigueur que pour d’autres ? Et d’avoir été tué par une ultragauche qui continue de bénéficier d’une mansuétude insupportable ? …
L’enquête devra statuer sur l’éventuelle implication du mouvement Jeune Garde, dont la dissolution, en raison de la violence de ses méthodes, avait été prononcée il y a un an, et que Jean-Luc Mélenchon a présenté comme « nos jeunes camarades ». Voilà des années que les méthodes agressives, y compris physiquement, des « antifas » sont connues mais que la gauche radicale absout au nom de leur combat contre le fascisme – donc à leurs yeux « l’extrême droite » –, et qu’une grande partie du reste de la classe politique a trop longtemps choisi d’ignorer ».
Condamnation des Républicains et de l’UDR
Le maire de Cannes David Lisnard interroge :
« Ce n’est pas une rixe. Ce n’est pas un ‘affrontement’. C’est une chasse à l’homme. C’est un acharnement contre un jeune homme au sol. C’est un meurtre, a minima… Nous attendons toujours les réponses de l’Exécutif… Quelles investigations concernant Raphaël Arnault ? »
Pour Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes et chef des députés LR, « une certaine jeunesse tue ceux qui ne pensent pas comme elle. Quentin est tombé sous les coups de monstres guidés par la haine, aveuglés par l’intolérance. Son rival Bruno Retailleau précise : « Jean-Luc Mélenchon, la mort atroce de Quentin ne doit rien au hasard : contrairement à ce que vous prétendez, ce n’est pas la police qui tue en France, c’est l’extrême gauche. »
De son côté, l’ancien député UMP Bernard Carayon a demandé que le Parquet national antiterroriste soit saisi et Rachida Dati, ministre de la Culture et candidate à la mairie de Paris, prend position :
« Le déferlement de haine et de violence dont a été victime Quentin à Lyon de la part de l’extrême gauche est inqualifiable, inadmissible, intolérable. Ses auteurs se sont mis au ban de la République. La justice devra être rendue avec fermeté. Je pense à sa famille avec émotion. »
Eric Ciotti, président de l’UDR, a déploré sur X :
« Quentin est décédé. Un jeune Français, tabassé, massacré, lynché, par les milices d’extrême gauche, dans le quasi-silence médiatique. « Terrible reflet d’une époque devenue barbare »,
Marine Le Pen rend hommage à Quentin
« Après s’être accroché à la vie, Quentin a rendu son dernier souffle. À sa famille et à ses proches éprouvés par cette terrible épreuve, j’adresse mes pensées émues et ma profonde compassion ».
« À la douleur insondable de la perte d’un enfant ne doit pas succéder l’insupportable impunité des barbares responsables de ce lynchage. Il appartiendra à la justice de juger et de condamner avec la plus grande rigueur cet acte criminel d’une violence inouïe ».
Le gouvernement condamne
La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, sur BFMTV/RMC, a pointé « la responsabilité morale de LFI dans ce climat de violence exacerbée… La France insoumise encourage depuis des années un climat de violence. LFI a des liens avérés et assumés avec des groupes d’ultragauche extrêmement violents ».
Du côté du Sénat, son président Gérard Larcher a appelé au calme et a demandé que toute la lumière soit faite sur le drame. Le chef de l’État a adressé ses pensées et le soutien de la nation à la famille de Quentin, affirmant :
« En République, aucune cause, aucune idéologie ne justifieront jamais que l’on tue. Au contraire, tout le sens de nos institutions est de civiliser les débats et de protéger la libre expression d’arguments. Poursuivre, traduire devant la justice et condamner les auteurs de cette ignominie est indispensable. La haine qui assassine n’a pas sa place chez nous. »
LFI dans la tempête
Alors que Jean-Luc Mélenchon, dans un meeting à Auxerre en avril 2025, avait célébré avec passion ses « jeunes camarades » de la Jeune Garde, « une organisation liée avec la France insoumise », qui « ont protégé nos meetings quand on vient nous taper dessus », alors que LFI a investi avec succès en 2024 à Avignon le fondateur de la Jeune Garde Raphaël Arnault, fiché S, condamné en première instance en 2022 pour violence en réunion, il tente de prendre ses distances.
Dans une déclaration grandiloquente à Montpellier lors d’un meeting, il a évoqué la sidération, l’empathie et la compassion :
« Nous savons quelle est la douleur d’un parent qui perd un enfant, quelles que soient les opinions portées. Pour nous, la non-violence est un choix philosophique fondamental. La violence rabougrit nos mouvements et amène la peur qui contamine. »
Il continue par inversion accusatoire, indiquant « c’est nous qui sommes agressés réunion après réunion », et accusant Nous vivrons, un collectif de lutte contre l’antisémitisme, et Nemesis d’interrompre les meetings de LFI. Rappelons que Nemesis à Lyon s’était contenté d’arborer une banderole devant l’université où s’exprimait Rima Hassan, dont la conférence s’est déroulée normalement.
Le député de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière, dissident LFI, précisait sur France Info : « On n’est pas dans quelque chose dont le but est de défendre ou de réagir à une attaque, c’est quelque chose de très grave, j’ai vu un homme au sol tabassé par d’autres. Je demande à voir qui est capable de faire ça. »
Jacques-Elie Favrot et la Jeune Garde mis en cause
L’assistant parlementaire de Raphaël Arnault, l’antifa Jacques-Elie Favrot, a été reconnu formellement parmi les agresseurs sans qu’il soit possible d’identifier à ce stade de l’enquête s’il est l’auteur des coups mortels. Ce dernier a démenti sa présence par l’intermédiaire de son avocat. Son badge d’accès à l’Assemblée nationale lui a été retiré et il a annoncé se mettre en retrait de sa fonction d’attaché parlementaire le temps de l’enquête. Le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, n’a ni affirmé ni infirmé la présence de Jacques-Elie Favrot, précisant que « si un collaborateur parlementaire devait avoir une responsabilité dans ce drame », il ne pouvait « plus être collaborateur parlementaire ».
Dans un communiqué à l’AFP, la Jeune Garde a affirmé qu’ayant cessé toutes ses activités, elle « ne saurait être tenue pour responsable » de la mort de Quentin à Lyon.
Le député du Vaucluse LFI et fondateur de la Jeune Garde s’est défaussé :
« Ce que je redoute depuis des années à Lyon se perpétue. J’adresse mes condoléances à la famille de ce jeune homme et je souhaite que toute la lumière soit faite sur ce drame. »
S’attirant une réponse cinglante d’Agnès Marion, ancienne candidate à la mairie de Lyon sur X :
« Ce soir, je lis votre tweet avec écœurement… La tête de liste que j’étais dans le 7ᵉ arrondissement en 2014 se souvient aussi de vous, place Jean Macé : vos menaces, vos sbires autour de vous, la pression sur nos jeunes militants, contraints de reculer jusque sous la circulation de l’avenue Jean Jaurès ».
Rima Hassan devait venir soutenir la candidate LFI Sophia Chikirou, candidate à la mairie de Paris, sa venue a été annulée.
Nouvelle agression antifa le lendemain de la mort de Quentin
Vincent Lapierre, journaliste indépendant de droite, a été attaqué le jour même de la mort de Quentin à Lyon. Son agression a été filmée par TF1 et diffusée lors du JT. Il déclare :
« Je viens de me faire charger par des antifas, sur le lieu même où Quentin a été lynché à mort. Je réalisais simplement un reportage, accompagné de ses amis proches. Ils ont lancé des mortiers sur nous. Leur intention était de nous blesser. »
Claude Lenormand
Voir aussi : Assassinat à Lyon de Quentin, militant identitaire : revue de presse

