La Tribune, propriété du milliardaire Rodolphe Saadé, la rédaction s’est massivement prononcée pour une grève reconductible dès le 13 avril. En dépit de pertes colossales, les journalistes protestent contre un plan de sauvegarde de l’emploi qui menace dans le cadre du rapprochement avec BFM Business.
Quand on est milliardaire comme Rodolphe Saadé (l’armateur de CMA CGM), on s’achète des médias, La Provence, BFMTV, La Tribune. Mais les journalistes sont moins disciplinés que les marins et, après avoir voté des motions de défiance contre leurs dirigeants, ils annoncent même une grève pour le 13 avril comme à la Tribune.
Des pertes représentant les 2/3 du chiffre d’affaires
Quelle entreprise – média ou hors média – pourrait se permettre de perdre (source : La Lettre) 12 M€ pour 18 M€ de revenus ? Le groupe La Tribune l’a fait en 2024. Les perspectives sont à peine meilleures pour 2025, où on annonce « seulement » 10 M€ de pertes.
Un rapprochement BFM/La Tribune
Le plan de Jean-Christophe Tortora, président du groupe et porte-parole de l’actionnaire, est clair : faire jouer les synergies entre BFMTV, déjà bien positionné sur le segment télévisuel de l’information économique, et La Tribune qui se trouve sur le même segment côté papier et numérique.
Comme nous l’avions annoncé en mars, fatalement il y a des doublons, enclenchant le déclenchement d’un PSE (plan de sauvegarde de l’emploi, dénomination polie d’un plan de licenciements). Certains journalistes licenciés de La Tribune pourraient être accueillis dans une autre structure du groupe, mais sur 56 journalistes, une petite moitié se retrouverait sur le carreau.
Absorption par BFMTV ?
C’est à plus de 90% que la rédaction s’est prononcée pour la grève reconductible. Ils réclament la création d’au moins cinq postes et – à titre de précaution – des conditions de départ plus favorables.
Les journalistes soulignent que leur titre perd moins que La Provence ou Corse Matin, autres propriétés de Rodolphe Saadé. C’est vrai, mais le raisonnement « c’est pire chez les autres » ne paraît pas susceptible d’émouvoir l’armateur, un milliardaire qui, s’il est prêt à accepter des pertes, ne semble pas enclin à en faire une habitude.
Voir aussi : Locales de BFM en révolte
Claude Lenormand

