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Les Corbeaux font de la résistance : les médias face au FN en campagne

19 juillet 2017

Temps de lecture : 9 minutes
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Les Corbeaux font de la résistance : les médias face au FN en campagne

[Red­if­fu­sions esti­vales 2017 – arti­cle pub­lié ini­tiale­ment le 27/03/2017]

Il semble que dans le cadre de ces élections présidentielles, le rôle des médias officiels, plutôt que de relayer des idées, fournir des arguments et élargir le débat, se cantonne toujours plus à empêcher que celui-ci ait lieu, en délégitimant en amont et par tous les moyens les candidats qui dévient de la doxa. Si face à Fillon, il faut jouer les ingénus et faire mine de découvrir les casseroles opportunes, face au Front National, nul gant nécessaire : tout est permis. Retour sur une semaine de propagande en roue libre.

Durant l’ère arti­sanale du total­i­tarisme, on met­tait en prison les opposants poli­tiques. À notre époque autrement plus sophis­tiquée, on se con­tente de les met­tre en quar­an­taine sym­bol­ique, au nom, bien sûr, de la ver­tu, afin qu’ils se retrou­vent dans l’impossibilité de défendre des opin­ions diver­gentes. Fil­lon sort des urnes à la place de Jup­pé, plus proche de la « Manif pour tous » que de Pierre Bergé ? Qu’à cela ne tienne ! Une rib­am­belle de casseroles assez com­munes au monde poli­tique est soudain désignée dans son dos et Macron sur­git, tous les spots braqués sur lui. Marine Le Pen men­ace pour la pre­mière fois l’indiscutable hégé­monie en place depuis une trentaine d’années ? La reduc­tio ad hitlerum, bien qu’usée jusqu’à la corde, va être employée à plein régime de manière à détru­ire morale­ment l’adversaire, non pour fraude mais pour pen­sées démo­ni­aques, et qu’importent que celles-ci ne soient jamais for­mulées dans les propo­si­tions de la can­di­date, qu’elles n’entrent nulle­ment en compte dans le débat rationnel, qu’aucun de ses représen­tants ne s’en pré­va­lent : on ira chercher l’inconscient fas­ciste du par­ti « jusque dans les chiottes », pour para­phras­er Vladimir Pou­tine, par tous les moyens, et même si c’est un vague mil­i­tant tout juste encar­té ivre sur le zinc, un same­di soir, poussé à la con­fi­dence : ça prou­vera que le scé­nario pré-mon­té n’est pas totale­ment faux, serait-ce à l’encontre de toute déon­tolo­gie jour­nal­is­tique et même du moin­dre rudi­ment de la démarche critique.

Culture de haine

Imag­i­nons un jour­nal­iste sincère qui s’inquiéterait hon­nête­ment des recrude­s­cences pos­si­bles du racisme en France, en 2017, notam­ment chez les jeunes. Sans même se déplac­er de son salon, en cher­chant seule­ment à écouter la musique rap en vogue dans les « quartiers » et au-delà, chez les ado­les­cents et post-ado­les­cents, afin de s’intéresser aux valeurs véhiculées par­mi ces adultes de demain encore très influ­ençables, il entendrait ceci, rédigé par le char­mant Salif : « Faut que Paris crame (…), on redé­marre la guil­lo­tine pire qu’à Dji­bouti, Poitiers brûle et cette fois-ci, pas de Charles Mar­tel, on vous élim­ine puisque c’est trop tard… » C’est-à-dire un appel au géno­cide tout à fait décom­plexé. « Vingt-qua­tre heures par jour et sept jours par semaine, j’ai envie de dégain­er sur des faces de Noirs. » Ah, non, des « faces de craies », c’est-à-dire blanch­es : voici un poème de Min­istère Amer. « Flippe pour ta femme, tes enfants, pour ta race ! On s’est instal­lés ici, c’est vous qu’on va met­tre dehors ! » s’exclame Smala, de son côté. « Les Arabes et les Noirs vont tout niquer ! » renchérit Expres­sion Direkt. « Eh, Négro !, inter­pel­lent les rappeurs de Lunatic, dont la future vedette Boo­ba, c’est l’heure de manger, brûler leur sperme en échan­til­lons, soud­er leurs chattes (…) Quand je vois la France les jambes écartées, je l’encule sans huile. » Bref, ce jour­nal­iste décou­vri­rait effaré non pas des reli­quats de racisme d’un autre âge, mais bien une ému­la­tion toute neuve dans l’incitation à l’extermination ethnique…

On aurait pu par­ler, bien que l’argument soit tout à fait spé­cieux, d’outrances juvéniles sans con­séquence, mais depuis jan­vi­er 2015, 238 cadavres sig­nent de leur sang les ambi­tions de cette ter­reur anti-française sur le ter­ri­toire national.

Valeurs divergentes

Ces appels à la haine du Blanc, ain­si que du Juif, appar­ti­en­nent telle­ment à un bain cul­turel com­mun dans les ban­lieues à forte immi­gra­tion maghrébine et africaine, que la plu­part de ceux qui en sont issus, même inté­grés, val­orisés, voire vénérés en haut lieu, con­tin­u­ent de pra­ti­quer, presque « ingénu­ment », serait-on ten­té de dire, cette invraisem­blable vir­u­lence raciste – bruit de fond de leur milieu d’origine socio-cul­turel. L’affaire Meh­di Meklat, comme les tweets d’Oulama Amam­ra, récom­pen­sée lors de la dernière céré­monie des Césars (et dont le ressen­ti­ment social con­tre le peu­ple autochtone pour­rait paraître tout de même un rien déplacé) en ont été les derniers reten­tis­sants indices. Les indices, donc, de l’extraordinaire banal­ité de cette haine, dans nos ban­lieues, lis­i­ble en deux clics sur Inter­net, auraient sans doute forte­ment impres­sion­né notre jour­nal­iste honnête.

Au-delà des expres­sions ver­bales de ce racisme, les vio­lences divers­es qu’il entraîne peu­vent elles aus­si être décou­vertes en une seule requête sur YouTube. Pourquoi ? Parce que non seule­ment ce racisme est encour­agé par la sous-cul­ture musi­cale des quartiers immi­grés que les médias s’obstinent à qual­i­fi­er de « pop­u­laires » comme si « peu­ple » cor­re­spondait à une couleur de peau, non seule­ment il est for­mulé sans com­plexe, mais encore, il est pub­li­cisé par ceux-là mêmes qui le pra­tiquent ! Quand un acte raciste anti-noir est repéré, cela donne lieu automa­tique­ment à des man­i­fes­ta­tions, comme lorsque cette mil­i­tante FN, Anne-Sophie Leclère avait car­i­caturé Chris­tiane Taubi­ra alors garde des Sceaux, il y a qua­tre ans, avant d’écoper de neuf mois de prison ferme. Un sim­ple tweet raciste, par la suite, rédigé par un sou­tien de Madame Leclère, avait été sanc­tion­né de deux mois fer­mes pour son auteur. Voilà donc pour les tweets anti-Noirs. En revanche, les humil­i­a­tions publiques, les gifles, les lyn­chages, qu’entraîne néces­saire­ment la haine anti-Blanc, non seule­ment ne sont pas des faits sanc­tion­nés, mais ils sont filmés et dif­fusés par ceux qui les com­met­tent en toute impunité, cela révélant bien à quel point, loin d’être pro­hibés et conçus comme hon­teux, ces actes sont, au con­traire, val­orisés et des motifs de fierté au sein de quartiers immi­grés mono-cul­turels, en grande par­tie islamisés, et com­mu­ni­ant dans le racisme anti-Blanc et l’antisémitisme.

Zones de non-France

Si notre jour­nal­iste hon­nête enquê­tait sur le racisme, voilà donc la réal­ité effarante qu’il décou­vri­rait sans même sor­tir de chez lui ni avoir à se livr­er à d’épuisantes recherch­es. Mais s’il fai­sait le sim­ple effort de sor­tir pour enquêter sur le ter­rain, en vingt min­utes de RER, à con­di­tion, bien sûr, qu’il ne soit pas trop blanc, trop « frag­ile », trop incon­scient, trop effron­té, au point de se faire agress­er durant le tra­jet, il pour­ra se faire moles­ter devant la mosquée comme Bernard de la Vil­lardière, ou con­stater la ségré­ga­tion misog­y­ne « comme au bled », qui s’exerce dans les bars de Sevran. Bref subir instan­ta­né­ment et physique­ment les expres­sions du racisme com­mun qui sévis­sent dans ces ban­lieues qui sont moins des zones de non-droit que des zones de non-France, où un autre droit que le droit français règne, lequel n’a pas les mêmes visées human­istes uni­verselles que le droit nation­al. Notre jour­nal­iste veut du bon racisme dégouli­nant de haine ? Il veut du scan­dale à bon compte ? Du har­cèle­ment de rue ? Du buzz, du clash, du retour de l’antisémitisme aus­si furieux que lors des années 30 en Alle­magne ? Rien de plus facile. Il suf­fit de tra­vers­er le périphérique.

Recherche raciste, jeune, blanc, militant FN

L’ennui, c’est que notre hypothé­tique jour­nal­iste sincère­ment préoc­cupé de la recrude­s­cence de la haine raciale dans notre pays n’existe pas. Du moins dans les médias dom­i­nants. Au sein de ces derniers, on trou­ve surtout inquié­tante la pos­si­bil­ité de per­dre ses prérog­a­tives en rai­son d’un raz-de-marée élec­toral pop­uliste en Europe, dont la défer­lante s’abattrait pré­cisé­ment à revers de tout ce qu’une élite prône depuis trente ans et qui a don­né lieu à la sit­u­a­tion décrite plus haut. Du coup, l’obsession n’est pas le racisme, mais d’empêcher une telle vague. Pour cela, il faut re-dia­bolis­er ceux qui la man­i­fes­tent. On va donc chercher du racisme, certes, mais pas n’importe où. Pas là où il débor­de, où il jubile, où il s’auto-promeut et où il frappe, non, mais par­mi cette jeunesse de 2017 qui a fait du Front Nation­al son pre­mier par­ti, comme une réplique ironique à Béruri­er Noir qui chan­tait, en 85 : « La jeunesse emmerde le Front Nation­al ! », bien inca­pable de s’imaginer alors que la jeunesse de 2015, née peu après que soit proféré un tel slo­gan, emmerderait surtout Béruri­er Noir et choisir­ait le bleu Marine. Et c’est donc par­mi ces jeunes Blancs insultés, harcelés, men­acés, humil­iés, agressés, sur leur pro­pre terre, parce que blancs, en rai­son des expéri­men­ta­tions mul­ti­cul­tur­al­istes de leurs par­ents, que notre jour­nal­iste va chercher du racisme. Et que décou­vre-t-il alors, ce jour­nal­iste ? Qu’en dépit de la somme de ressen­ti­ment bien légitime emma­gas­inée par ces jeunes, il est néces­saire de les infil­tr­er trois mois pour par­venir à récolter de-ci de-là quelques vagues asser­tions qu’on puisse rapi­de­ment qual­i­fi­er de « racistes ». Et c’est donc for­cés d’employer les méth­odes les plus bass­es que puisse envis­ager leur pro­fes­sion que ces jour­nal­istes vont réalis­er des reportages vides et fas­ti­dieux, n’ayant d’autre objec­tif que de démon­tr­er pénible­ment le préjugé ini­tial, le préjugé néces­saire, n’ayant d’autre voca­tion que de désign­er à la vin­dicte publique des gens dupés et filmés à leur insu, et côtoyés des semaines entières grâce à l’endurance et l’abnégation que peut fournir, quand elle est suff­isam­ment intense, la pas­sion de la délation.

C8 : double attaque

Voilà à quoi se sont donc employés les jour­nal­istes de C8, afin que la chaîne puisse, le 15 mars dernier, con­sacr­er une soirée entière à brouiller le débat démoc­ra­tique en pré­ten­dant délégitimer en amont tout un mou­ve­ment après en avoir traqué les « déra­pages » en couliss­es. Un « doc­u­men­taire édi­fi­ant », une « acca­blante immer­sion en caméra cachée », annon­cera le jour-même L’Obs, à rebours de toute évi­dence, les médias dom­i­nants se trou­vant de plus en plus claire­ment ligués ensem­ble pour martel­er, non des infor­ma­tions, mais des prophéties auto-réal­isatri­ces, c’est-à-dire une pro­pa­gande oblique, con­va­in­cus qu’à force de répéter l’adjectif « choquant » ou « nauséabond », on fini­ra par ren­dre objec­tive­ment choquants des pro­pos tout au plus triv­i­aux ou som­maires, la plu­part du temps. L’attaque anti-FN de la chaîne se décline en deux reportages com­bi­nant deux objec­tifs par­al­lèles : dans le pre­mier, délégitimer par le bas, en dénonçant les com­porte­ments ou pro­pos des mil­i­tants de base. Le sec­ond reportage cherche à délégitimer par le haut, en dénonçant les col­lab­o­ra­teurs de Marine Le Pen, essen­tielle­ment en fonc­tion de leur passé politique.

Contaminations

Sur ce pre­mier reportage, son ridicule, sa vacuité, Ingrid Riocre­ux, ana­lyste des médias qui com­mit l’an dernier un ouvrage remar­qué (La Langue des médias, l’Artilleur), a déjà dit l’essentiel sur son blog : « Pour décou­vrir quelque chose dans le reportage de C8, il faut vrai­ment vivre dans un autre monde, celui des jour­nal­istes par exem­ple. » L’essayiste remar­que le piège posé par une télévi­sion alle­mande avec l’arrivée inopinée d’un nou­veau mil­i­tant très caricatural :

« Il arrive quelques heures avant les caméras des Japon­ais et des Alle­mands ! Quelques heures ! Mais évidem­ment, les téléspec­ta­teurs alle­mands ne sont pas cen­sés savoir qu’il est arrivé quelques heures avant. Comme le dira la voix off : “la séquence est cen­sée n’être dif­fusée qu’à l’étranger”. La “séquence” en ques­tion ne con­te­nait pas l’arrivée du facho puisque les caméras étrangères n’étaient pas encore là. Les jour­nal­istes alle­mands ne pou­vaient pas se douter qu’un autre jour­nal­iste était déjà dans la place, lequel allait, sans inten­tion maligne, révéler la supercherie. Les Japon­ais acceptent de retir­er la séquence, pas les Alle­mands, la dame expli­quant même que “c’est ça qui nous intéresse”. Ben tiens ! » Par ailleurs, Ingrid Riocre­ux fait très juste­ment remar­quer cet indice de la bêtise insigne du jour­nal­iste dénonçant la méfi­ance des gens du Front Nation­al vis-à-vis des médias, comme si elle était dépourvue de fonde­ments, alors même qu’il est par­mi eux en infil­tré, occu­per à les filmer secrète­ment afin de détru­ire leur répu­ta­tion ! Comme il ne trou­ve man­i­feste­ment pas de fortes dos­es de racisme et de fas­cisme durant ces trois mois passés pour­tant dans les entrailles de la bête, notre ingénu va utilis­er la rhé­torique de la con­t­a­m­i­na­tion. Si ce n’est pas eux, ce sont leurs frères ! Les jeunes du FNJ ne sont pas franche­ment racistes, certes, mais ils fréquentent les jeunes Iden­ti­taires, dans les soirées « sul­fureuses » desquels, on peut enten­dre des dis­cours qui… font l’éloge de l’identité française. Et donc ?

Contaminations / 2

Dans le sec­ond reportage, on assiste à cette sit­u­a­tion pour le moins étrange : les jour­nal­istes inter­viewent com­plaisam­ment des anciens du FN en général évincés par Marine Le Pen en rai­son de la stratégie de dédi­a­boli­sa­tion, donc des « vrais fachos », selon, du moins, la ter­mi­nolo­gie des enquê­teurs, plus ou moins « virés », qui sont cen­sés alors que leur sit­u­a­tion démon­tre élo­quem­ment l’inverse, prou­ver le fas­cisme du FN. On dénonce le passé de mil­i­tants d’extrême-droite de cer­tains col­lab­o­ra­teurs de Marine Le Pen, ce dont à peu près tout le monde est au courant, et qui n’éclaire pas davan­tage que par des sus­pi­cions martelées le fas­cisme actuel du par­ti dont le pro­gramme se mon­tre pour­tant stricte­ment répub­li­cain. En out­re, la plu­part des poli­tiques ont mil­ité dans leur jeunesse au sein de for­ma­tions rad­i­cales, ce qui est sans doute une fatal­ité de l’âge. François Mit­ter­rand fut, jeune, mil­i­tant d’extrême-droite, Lionel Jospin a un passé trot­skiste, Patrick Deved­jian, Gérard Longuet ou Alain Madelin, ont tous mil­ité à Occi­dent. Encore une fois, au lieu de se con­fron­ter à des argu­ments rationnels, on préfère faire feu de tout bois pour jeter la sus­pi­cion sur le par­ti de Marine Le Pen, par insin­u­a­tions, rap­proche­ments, con­t­a­m­i­na­tions. Les médias ne cherchent ni l’information, ni le débat, mais à pour­rir une réputation.

Artistocrates et radicaux de gauche

Après une soirée entière con­sacrée à la cible par C8, c’est, le lende­main, France 2 qui en remet une couche dans « Envoyé Spé­cial », un dossier mené avec l’aide de Médi­a­part et de Mar­i­anne, le « par­ti des médias » s’affichant ouverte­ment au moment de men­er son offen­sive lourde con­tre le par­ti qui men­ace leur hégé­monie, et tou­jours selon les mêmes procédés, cher­chant essen­tielle­ment la délégiti­ma­tion morale de l’ennemi. Le 18, enfin, Flo­ri­an Philip­pot était l’invité d’ « On n’est pas couchés », encore sur France 2, devant affron­ter seul l’hostilité affichée de tous les invités sur le plateau. Daoud Bougheza­la, dans Causeur, livre une excel­lente analyse de la séquence en mon­trant tout le piquant para­doxe. D’un côté, les « stars » redou­blent d’anti-fascisme d’apparat, à l’heure où, comme l’affirme le soci­o­logue Christophe Guil­luy, « la dia­boli­sa­tion du FN est un révéla­teur de classe sociale », au point, même, que la comtesse Célar­ié refuse de ser­rer la main souil­lée du représen­tant des man­ants. Mais d’un autre côté, Philip­pot délivre une heure de marx­isme cul­turel ! Un obser­va­teur un rien au fait de l’histoire des idées, ne peut que con­stater que le numéro 2 du FN, tient un dis­cours rad­i­cal, oui, mais rad­i­cal de gauche ! Répub­li­can­iste, jacobin, laï­card, allant jusqu’à nier toute pos­si­bil­ité d’en appel­er à un sub­strat eth­no-cul­turel min­i­mum du peu­ple français, comme le fai­sait de Gaulle ! Entre la reven­di­ca­tion de ce sub­strat et l’appel au géno­cide, il y a tout de même une marge de manœu­vre intel­lectuelle et morale qu’on pour­rait voir exploiter par des politi­ciens patri­otes sans blêmir ! Le souci de la dédi­a­boli­sa­tion sem­blait, ce soir-là, s’être con­fon­du avec une « dé-droiti­sa­tion », et des artis­to­crates vom­is­saient leur haine des pau­vres maquil­lée en un fal­lac­i­eux et val­orisant antifas­cisme sur un jacobin anti-raciste. Ain­si, totale­ment absurde du point de vue de la con­fronta­tion des idées, cette cam­pagne prési­den­tielle n’en est pas moins extra­or­di­naire­ment révéla­trice des rap­ports de force, des rôles, des monopoles, des tyran­nies, qui s’exercent aujourd’hui en France.

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