La Maison Blanche accentue sa confrontation avec certains médias américains accusés de relayer des informations « déformées » sur le conflit au Proche-Orient. Le régulateur fédéral des communications évoque désormais la possibilité de sanctions contre les diffuseurs qui ne respecteraient pas leur obligation d’agir « dans l’intérêt public ».
La nouvelle séquence de tensions entre Donald Trump et une partie de la presse américaine se joue sur fond d’escalade militaire au Proche-Orient. Depuis les frappes menées fin février contre l’Iran par Israël et les États-Unis, l’administration américaine critique régulièrement la couverture médiatique du conflit. Dans ce contexte, les propos du président et l’avertissement du régulateur fédéral ont ravivé le débat sur les relations entre pouvoir politique, régulation audiovisuelle et liberté de la presse.
Le régulateur évoque des sanctions possibles
Brendan Carr, président de la Federal Communications Commission (FCC), a mis en garde les médias audiovisuels accusés de diffuser des informations « déformées » sur la guerre au Proche-Orient. Dans un message publié sur le réseau social X, il a rappelé que « les diffuseurs doivent agir dans l’intérêt public », ajoutant que ceux qui ne respecteraient pas cette obligation pourraient « perdre leur licence ».
Broadcasters that are running hoaxes and news distortions — also known as the fake news — have a chance now to correct course before their license renewals come up.
The law is clear. Broadcasters must operate in the public interest, and they will lose their licenses if they… https://t.co/7bBgnsbalw
— Brendan Carr (@BrendanCarrFCC) March 14, 2026
La FCC supervise notamment les licences de diffusion des chaînes de radio et de télévision aux États-Unis. Si Brendan Carr n’a pas cité de média en particulier, sa déclaration intervient peu après une série de critiques publiques formulées par Donald Trump contre des titres jugés hostiles à son administration.
Le président américain avait notamment dénoncé sur sa plateforme Truth Social « un titre intentionnellement trompeur des Fake News Médias » à propos d’informations concernant des avions ravitailleurs touchés lors de frappes iraniennes en Arabie saoudite. Ce n’est pas la première fois que Trump s’en prend à un titre de presse, il avait déjà intenté une action contre la BBC en décembre 2025.
La Maison Blanche s’en prend à certaines chaînes
Depuis le début de l’attaque américaine, plusieurs responsables de l’administration ont contesté des reportages jugés inexacts. La chaîne CNN a notamment été interpellée après la diffusion d’un sujet suggérant que Washington aurait sous-estimé la capacité de l’Iran à perturber le trafic pétrolier dans le détroit d’Ormuz.
Le porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a ainsi affirmé sur X que ce reportage constituait « 100 % une FAKE NEWS ». De son côté, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a lui aussi dénoncé ce qu’il considère comme une couverture biaisée du conflit. Cette stratégie de confrontation avec certains médias s’inscrit dans la continuité du premier mandat et des campagnes de Donald Trump, durant lequel il avait régulièrement qualifié les publications critiques de « fake news ».
Les déclarations du régulateur ont suscité des réactions immédiates d’organisations de défense des libertés publiques. La Foundation for Individual Rights in Education (FIRE) a par exemple jugé l’avertissement « scandaleux », estimant que « lorsque le gouvernement exige que la presse devienne le porte-parole de l’État sous la menace de sanctions, quelque chose ne va vraiment pas ».
La mise au pas de la presse intervient dans une séquence compliquée pour le président américain qui doit lutter, en plus d’une partie de la presse qui lui a toujours été hostile, également contre une partie de son propre camp majoritairement hostile à l’attaque menée avec Israël contre l’Iran.
Édouard Coudrier

