Meurtre de Quentin, conférence du magistrat, réaction des médias et des politiques

17 février 2026 | Temps de lecture : 12 minutes

Après le décès du jeune Quentin D., mil­i­tant iden­ti­taire tué par des antifas à Lyon, le pro­cureur de la République s’est exprimé, alors que médias et poli­tiques com­mentent largement.

Conférence de presse du procureur de la République de Lyon

Le pro­cureur s’est exprimé briève­ment lun­di 16, verbatim :

« Vers 17 h 30, en marge d’une con­férence de la députée européenne Rima Has­san, un petit groupe de cette jeune femme du col­lec­tif Némé­sis organ­i­sait une démon­stra­tion devant l’Institut poli­tique de Lyon pour dénon­cer cette venue en déploy­ant une ban­de­role. Il avait au préal­able demandé à un cer­tain nom­bre de leurs amis de venir les aider en cas de vio­lences. Néan­moins, ces derniers restaient à l’écart. »

Vers 18 heures, les jeunes hommes chargés d’aider le col­lec­tif Némé­sis étaient « pris à par­tie vio­lem­ment par un groupe d’une ving­taine d’individus masqués, cagoulés. La plu­part par­ve­naient à s’enfuir, mais trois per­son­nes se retrou­vaient isolées et étaient immé­di­ate­ment frap­pées par plusieurs individus. »

« Ces trois jeunes hommes, dont Quentin D., étaient alors jetés au sol puis frap­pés à de très nom­breuses repris­es par plusieurs indi­vidus, au moins six. » […] « Deux des vic­times par­ve­naient tout de même à fuir et tan­dis que Quentin [restait] au sol, le groupe des per­son­nes les ayant frap­pés se retirait. »

Un ami de Quentin arrivé sur les lieux a retrou­vé ce dernier « encore con­scient » et qui « pou­vait même s’exprimer » bien qu’il ait « oublié le déroulé des faits ». En le ramenant chez lui, son ami voit que l’état de san­té de Quentin se dégrade. Avec d’autres amis, ils appel­lent les sec­ours. Son pronos­tic vital est par la suite engagé, avant qu’il ne meure à l’hôpital le 14 février.

L’autopsie a per­mis de déter­min­er « qu’il présen­tait essen­tielle­ment des lésions à la tête, un trau­ma­tisme crânien encéphalique majeur ».

Une enquête crim­inelle des chefs d’homicide volon­taire et une enquête délictuelle pour vio­lences aggravées par trois cir­con­stances (réu­nion, masqué et por­teur d’arme) et du chef d’association de mal­fai­teurs en vue de com­met­tre un délit puni de cinq ans d’emprisonnement sont en cours. L’enquête est en cours pour iden­ti­fi­er les auteurs directs des faits. Aucune inter­pel­la­tion n’avait eu lieu au moment de la con­férence de presse.

Déclaration de la famille

Après l’annonce de la mort de Quentin par le par­quet de Lyon, l’avocat de la famille, Me Fabi­en Rajon, a pub­lié un com­mu­niqué de presse.

« Appelant au calme et à la retenue, la famille de Quentin fait con­fi­ance aux enquê­teurs et à la Jus­tice afin que les respon­s­ables de sa mort soient rapi­de­ment inter­pel­lés et qu’ils aient à en répon­dre », déclare l’avocat. « La famille souhaite dénon­cer, en con­science, non seule­ment des vio­lences volon­taires aggravées mais un meurtre, vis­i­ble­ment en bande organisée. »

« En effet, un guet-apens, méthodique­ment pré­paré, sem­blerait bien avoir été ten­du à Quentin par des indi­vidus organ­isés et entraînés, en très large surnom­bre et armés, pour cer­tains le vis­age masqué, ayant effec­tué des repérages préal­ables et dis­posant a pri­ori de com­plic­ités. Ces faits, s’ils sont con­fir­més par l’enquête, seraient donc éloignés du scé­nario d’une sim­ple rixe qui aurait mal tourné et ils con­stituent un crime. Quentin aurait d’ailleurs reçu des coups à la tête et ce, alors même qu’il gisait au sol inan­imé, les indi­vidus s’acharnant sur lui agis­sant avec une volon­té de tuer dif­fi­cile­ment dis­cutable, qu’il con­vien­dra néan­moins d’approfondir durant les investigations. »

Réaction du curé de la paroisse

L’abbé Lau­rent Spri­et, recteur de la paroisse de l’église Saint-Georges à Lyon, Quentin s’est exprimé avant la messe du dimanche 15. Il con­nais­sait très bien Quentin, qui « était investi dans l’accueil Saint-Mar­tin, qui s’occupe de servir des soupes pop­u­laires aux plus pau­vres. Il venait régulière­ment dans l’équipe » et « venait habituelle­ment à la messe tous les dimanch­es, mais n’en dira pas plus par respect, ajoutant « Toute la paroisse, ici, est en deuil, évidem­ment. Quentin a reçu les derniers sacre­ments. Il a été accom­pa­g­né par un prêtre, mais il était déjà en état de mort cérébrale… Main­tenant c’est la com­pas­sion, le respect, la prière et laiss­er faire la police et la jus­tice.

L’office du dimanche à Saint-Georges a été suivi par de nom­breux Lyon­nais venus ren­dre hom­mage à Quentin.

Nombreuses réactions dans le Figaro

Fab­rice Bal­anche, maître de con­férences en géo­gra­phie à Lyon II, a été ciblé par des mil­i­tants d’extrême gauche pour l’intimider et met­tre fin à ses cours. Dans une tri­bune, il déclare : « Quentin est mort car il s’opposait à l’entreprise de destruc­tion de l’université menée par l’extrême gauche. » Il con­tin­ue :

« L’impunité règne pour les mil­i­tants d’extrême gauche. Les murs de l’université sont cou­verts de graf­fi­tis et de tags, et les plaintes déposées s’empilent sans aucune con­séquence. Les enseignants s’autocensurent pour éviter de se voir atta­quer par la meute, la plu­part des étu­di­ants subis­sent en silence ou cherchent une autre voie, en s’inscrivant dans des étab­lisse­ments privés par exem­ple. L’université publique se délite au prof­it de l’enseignement supérieur privé, qui, désor­mais, reçoit près d’un tiers des étu­di­ants. Beau­coup de chercheurs se dés­in­vestis­sent de ces étab­lisse­ments gan­grenés par le clien­télisme poli­tique et le ter­ror­isme intel­lectuel. Les adeptes de la « recherche-action », qu’on peut résumer comme du mil­i­tan­tisme, y pren­nent davan­tage de place, absorbant ain­si les mai­gres ressources restantes. Le mal est pro­fond et exige du min­istère de l’Enseignement supérieur une mise sous tutelle de ces étab­lisse­ments à la dérive. Il ne faut pas se con­tenter de repren­dre en main seule­ment Sci­ences Po Paris. Pour la plu­part des familles français­es, l’université publique demeure la seule voie de pro­mo­tion sociale pour leurs enfants. Or, cette extrême gauche nihiliste s’est engagée dans sa destruc­tion. Quentin est mort parce qu’il s’opposait à cette entre­prise de destruc­tion ».

De son côté, l’éditorialiste Guil­laume Tabard con­state : « Voilà des années que les méth­odes agres­sives, y com­pris physique­ment, des “antifas” sont con­nues mais que la gauche rad­i­cale absout. »

« Pour­chas­sé. lynché. Assas­s­iné. Le « crime » de Quentin fut d’avoir voulu pro­téger de jeunes mil­i­tantes fémin­istes iden­ti­taires man­i­fes­tant paci­fique­ment con­tre le mil­i­tan­tisme au sein de Sci­ences Po Lyon de la députée insoumise Rima Has­san. Son « tort » fut-il d’appartenir à un camp poli­tique dont la haine et la vio­lence qu’il subit ne sont pas con­damnées avec la même vigueur que pour d’autres ? Et d’avoir été tué par une ultra­gauche qui con­tin­ue de béné­fici­er d’une man­sué­tude insupportable ? …

L’enquête devra stat­uer sur l’éventuelle impli­ca­tion du mou­ve­ment Jeune Garde, dont la dis­so­lu­tion, en rai­son de la vio­lence de ses méth­odes, avait été pronon­cée il y a un an, et que Jean-Luc Mélen­chon a présen­té comme « nos jeunes cama­rades ». Voilà des années que les méth­odes agres­sives, y com­pris physique­ment, des « antifas » sont con­nues mais que la gauche rad­i­cale absout au nom de leur com­bat con­tre le fas­cisme – donc à leurs yeux « l’extrême droite » –, et qu’une grande par­tie du reste de la classe poli­tique a trop longtemps choisi d’ignorer ».

Condamnation des Républicains et de l’UDR

Le maire de Cannes David Lis­nard interroge :

« Ce n’est pas une rixe. Ce n’est pas un ‘affron­te­ment’. C’est une chas­se à l’homme. C’est un acharne­ment con­tre un jeune homme au sol. C’est un meurtre, a min­i­ma… Nous atten­dons tou­jours les répons­es de l’ExécutifQuelles inves­ti­ga­tions con­cer­nant Raphaël Arnault ? » 

Pour Lau­rent Wauquiez, prési­dent de la région Auvergne-Rhône-Alpes et chef des députés LR, « une cer­taine jeunesse tue ceux qui ne pensent pas comme elle. Quentin est tombé sous les coups de mon­stres guidés par la haine, aveuglés par l’intolérance. Son rival Bruno Retail­leau pré­cise : « Jean-Luc Mélen­chon, la mort atroce de Quentin ne doit rien au hasard : con­traire­ment à ce que vous pré­ten­dez, ce n’est pas la police qui tue en France, c’est l’extrême gauche. »

De son côté, l’ancien député UMP Bernard Caray­on a demandé que le Par­quet nation­al antiter­ror­iste soit saisi et Rachi­da Dati, min­istre de la Cul­ture et can­di­date à la mairie de Paris, prend position :

« Le défer­lement de haine et de vio­lence dont a été vic­time Quentin à Lyon de la part de l’extrême gauche est inqual­i­fi­able, inad­mis­si­ble, intolérable. Ses auteurs se sont mis au ban de la République. La jus­tice devra être ren­due avec fer­meté. Je pense à sa famille avec émotion. »

Eric Ciot­ti, prési­dent de l’UDR, a déploré sur X :

« Quentin est décédé. Un jeune Français, tabassé, mas­sacré, lynché, par les mil­ices d’extrême gauche, dans le qua­si-silence médi­a­tique. « Ter­ri­ble reflet d’une époque dev­enue bar­bare »,

Marine Le Pen rend hommage à Quentin

« Après s’être accroché à la vie, Quentin a ren­du son dernier souf­fle. À sa famille et à ses proches éprou­vés par cette ter­ri­ble épreuve, j’adresse mes pen­sées émues et ma pro­fonde compassion ».

« À la douleur insond­able de la perte d’un enfant ne doit pas suc­céder l’insupportable impunité des bar­bares respon­s­ables de ce lyn­chage. Il appar­tien­dra à la jus­tice de juger et de con­damn­er avec la plus grande rigueur cet acte crim­inel d’une vio­lence inouïe ».

Le gouvernement condamne

La porte-parole du gou­verne­ment, Maud Bre­geon, sur BFMTV/RMC, a pointé « la respon­s­abil­ité morale de LFI dans ce cli­mat de vio­lence exac­er­bée… La France insoumise encour­age depuis des années un cli­mat de vio­lence. LFI a des liens avérés et assumés avec des groupes d’ultragauche extrême­ment violents ».

Du côté du Sénat, son prési­dent Gérard Larcher a appelé au calme et a demandé que toute la lumière soit faite sur le drame. Le chef de l’État a adressé ses pen­sées et le sou­tien de la nation à la famille de Quentin, affirmant :

« En République, aucune cause, aucune idéolo­gie ne jus­ti­fieront jamais que l’on tue. Au con­traire, tout le sens de nos insti­tu­tions est de civilis­er les débats et de pro­téger la libre expres­sion d’arguments. Pour­suiv­re, traduire devant la jus­tice et con­damn­er les auteurs de cette igno­minie est indis­pens­able. La haine qui assas­sine n’a pas sa place chez nous. »

LFI dans la tempête

Alors que Jean-Luc Mélen­chon, dans un meet­ing à Aux­erre en avril 2025, avait célébré avec pas­sion ses « jeunes cama­rades » de la Jeune Garde, « une organ­i­sa­tion liée avec la France insoumise », qui « ont pro­tégé nos meet­ings quand on vient nous taper dessus », alors que LFI a investi avec suc­cès en 2024 à Avi­gnon le fon­da­teur de la Jeune Garde Raphaël Arnault, fiché S, con­damné en pre­mière instance en 2022 pour vio­lence en réu­nion, il tente de pren­dre ses distances.

Dans une déc­la­ra­tion grandil­o­quente à Mont­pel­li­er lors d’un meet­ing, il a évo­qué la sidéra­tion, l’empathie et la compassion :

« Nous savons quelle est la douleur d’un par­ent qui perd un enfant, quelles que soient les opin­ions portées. Pour nous, la non-vio­lence est un choix philosophique fon­da­men­tal. La vio­lence rabougrit nos mou­ve­ments et amène la peur qui con­t­a­mine. »

Il con­tin­ue par inver­sion accusatoire, indi­quant « c’est nous qui sommes agressés réu­nion après réu­nion », et accu­sant Nous vivrons, un col­lec­tif de lutte con­tre l’antisémitisme, et Neme­sis d’interrompre les meet­ings de LFI. Rap­pelons que Neme­sis à Lyon s’était con­tenté d’arborer une ban­de­role devant l’université où s’exprimait Rima Has­san, dont la con­férence s’est déroulée normalement.

Le député de Seine-Saint-Denis Alex­is Cor­bière, dis­si­dent LFI, pré­ci­sait sur France Info : « On n’est pas dans quelque chose dont le but est de défendre ou de réa­gir à une attaque, c’est quelque chose de très grave, j’ai vu un homme au sol tabassé par d’autres. Je demande à voir qui est capa­ble de faire ça. »

Jacques-Elie Favrot et la Jeune Garde mis en cause

L’assistant par­lemen­taire de Raphaël Arnault, l’antifa Jacques-Elie Favrot, a été recon­nu formelle­ment par­mi les agresseurs sans qu’il soit pos­si­ble d’i­den­ti­fi­er à ce stade de l’enquête s’il est l’auteur des coups mor­tels. Ce dernier a démen­ti sa présence par l’intermédiaire de son avo­cat. Son badge d’accès à l’Assemblée nationale lui a été retiré et il a annon­cé se met­tre en retrait de sa fonc­tion d’attaché par­lemen­taire le temps de l’enquête. Le coor­di­na­teur de LFI, Manuel Bom­pard, n’a ni affir­mé ni infir­mé la présence de Jacques-Elie Favrot, pré­cisant que « si un col­lab­o­ra­teur par­lemen­taire devait avoir une respon­s­abil­ité dans ce drame », il ne pou­vait « plus être col­lab­o­ra­teur parlementaire ».

Dans un com­mu­niqué à l’AFP, la Jeune Garde a affir­mé qu’ayant cessé toutes ses activ­ités, elle « ne saurait être tenue pour respon­s­able » de la mort de Quentin à Lyon.

Le député du Vau­cluse LFI et fon­da­teur de la Jeune Garde s’est défaussé :

« Ce que je red­oute depuis des années à Lyon se per­pétue. J’adresse mes con­doléances à la famille de ce jeune homme et je souhaite que toute la lumière soit faite sur ce drame. »

S’attirant une réponse cinglante d’Agnès Mar­i­on, anci­enne can­di­date à la mairie de Lyon sur X :

« Ce soir, je lis votre tweet avec écœure­ment… La tête de liste que j’étais dans le 7ᵉ arrondisse­ment en 2014 se sou­vient aus­si de vous, place Jean Macé : vos men­aces, vos sbires autour de vous, la pres­sion sur nos jeunes mil­i­tants, con­traints de reculer jusque sous la cir­cu­la­tion de l’avenue Jean Jau­rès ».

Rima Has­san devait venir soutenir la can­di­date LFI Sophia Chikirou, can­di­date à la mairie de Paris, sa venue a été annulée.

Nouvelle agression antifa le lendemain de la mort de Quentin

Vin­cent Lapierre, jour­nal­iste indépen­dant de droite, a été attaqué le jour même de la mort de Quentin à Lyon. Son agres­sion a été filmée par TF1 et dif­fusée lors du JT. Il déclare :

« Je viens de me faire charg­er par des antifas, sur le lieu même où Quentin a été lynché à mort. Je réal­i­sais sim­ple­ment un reportage, accom­pa­g­né de ses amis proches. Ils ont lancé des mortiers sur nous. Leur inten­tion était de nous blesser. »

Claude Lenor­mand

Voir aus­si :  Assas­si­nat à Lyon de Quentin, mil­i­tant iden­ti­taire : revue de presse