Assassinat à Lyon de Quentin, militant identitaire : revue de presse

16 février 2026 | Temps de lecture : 11 minutes

Après 48 heures de coma dépassé, Quentin D., 23 ans, agressé par des antifas de la Jeune Garde de Lyon, proches de LFI, est décédé de ses blessures. Revue de presse et réac­tions politiques.

Rappel des faits

Le jeu­di 12 févri­er, Rima Has­san, eurodéputée (LFI), était reçue avec les hon­neurs à Sci­ences Po Lyon pour une con­férence. Le groupe fémin­iste iden­ti­taire Neme­sis protes­tait paci­fique­ment devant l’IEP avec une ban­de­role « islamo-gauchistes hors de nos facs » tenue par sept jeunes femmes. Une dizaine de copains se tenaient à une cinquan­taine de mètres pour les pro­téger. Une quar­an­taine d’antifas se sont jetés sur eux avec un essai de stran­gu­la­tion d’une jeune fille jetée à terre. Les mem­bres de Neme­sis se sont alors dis­per­sés, Quentin n’était plus là. Retrou­vé désori­en­té, con­vul­sant, il a été trans­porté à l’hôpital Édouard Her­riot en urgence absolue, est tombé dans le coma et est mort 72 heures plus tard.

Un peu plus tôt, le jeune Quentin D., étu­di­ant en math­é­ma­tiques et sym­pa­thisant du groupe iden­ti­taire Acad­e­mia Chris­tiana, esseulé, était agressé, passé à tabac, puis achevé à coups de pieds par un groupe d’une dizaine d’antifas quai Fulch­i­ron le long de la Saône. Un mem­bre du groupe antifa La Jeune Garde, Jacques-Elie Favrot, assis­tant par­lemen­taire du député LFI Raphaël Arnault (fon­da­teur et ancien porte-parole de la Jeune Garde), a été recon­nu par­mi les assaillants.

L’avocat de la famille de Quentin a pré­cisé que « le jeune Quentin n’était ni agent de sécu­rité, ni mem­bre d’un quel­conque ser­vice d’ordre et qu’il n’avait aucun antécé­dent judi­ci­aire. Quentin n’a jamais été mis en cause dans la moin­dre affaire et encore moins pour vio­lence par le passé, son casi­er judi­ci­aire est vierge. »

Il a ajouté :

« La thèse de la sim­ple “rixe” entre deux groupes rivaux ne sem­ble pas cor­re­spon­dre à la réal­ité des faits : il s’agirait plutôt d’un lyn­chage gra­tu­it de la part de plusieurs indi­vidus, en surnom­bre et armés, qui se seraient acharnés sur la vic­time isolée. »

De la « rixe » de Libération au « service d’ordre » du Monde

Le titre de Libéra­tion est un chef-d’œu­vre de mensonge :

« À Lyon, un mil­i­tant d’extrême droite dans « un état dés­espéré » après une rixe, Bardel­la con­damne les antifas. L’article pour­suit : « Le jeune homme de 23 ans a été griève­ment blessé jeu­di 12 févri­er au soir dans la cap­i­tale des Gaules lors de heurts avec des per­son­nes présen­tées comme des “antifas” en marge d’une action du grou­pus­cule iden­ti­taire Némésis. »

Trois men­songes en quelques lignes, c’est une sorte de record. Non, Quentin ne s’est pas retrou­vé dans une « rixe », il a été vic­time d’un guet-apens par des antifas de la Jeune Garde qui l’ont suivi, tabassé et ter­miné à coups de pieds lorsqu’il était à terre, atteste une vidéo tournée depuis un bal­con du quai Fulch­i­ron. Non, il ne se trou­vait pas par­mi les « heurts » lorsque les jeunes femmes de Neme­sis ont été agressées. Il était isolé et a été suivi non pas par des per­son­nes « présen­tées comme des antifas » mais par des mem­bres bien iden­ti­fiés de la Jeune Garde.

Le Monde est plus réservé :

« À Lyon, un mil­i­tant iden­ti­taire griève­ment blessé, ses proches accusent les antifas, la jus­tice pru­dente », pour­suiv­ant : « Le grou­pus­cule d’ultradroite Némé­sis affirme qu’un mem­bre de son ser­vice d’ordre a été tabassé, jeu­di, par des activistes du groupe antifas­ciste de la Jeune Garde. Les autorités judi­ci­aires restent pru­dentes sur les cir­con­stances de ce drame. » Soulignons les qual­i­fi­cat­ifs : Neme­sis est un « grou­pus­cule d’ultra-droite », alors que les antifas sont des « activistes du groupe antifas­ciste la Jeune Garde ».

Dans Le Figaro du 15/02, Vin­cent Tré­mo­let de Villers prend le con­tre­pied de Libéra­tion :

« Quentin dans cette his­toire n’est pas « un mil­i­tant » pris dans une « rixe » mais un mar­tyr de la lib­erté d’expression que l’extrême gauche, aidée par trop de com­plices, veut rem­plac­er par son hideuse loi de la meute. Puisqu’Emmanuel Macron se réfugie une fois encore dans la nuit de l’équivalence ; puisqu’une grande par­tie des médias se voile le vis­age avec le mou­choir du Tartuffe ; puisque La France Insoumise ajoute dans sa défense l’obscène à l’odieux, il con­vient de rap­pel­er calme­ment pourquoi Quentin est mort. D’abord Rima Has­san reçue comme une rock star à Sci­ences Po Lyon. À quel titre une femme dont la seule œuvre con­siste à naz­i­fi­er Israël, donc à jus­ti­fi­er par ses mots – « le Hamas a une action légitime » – les pogroms d’hier et pré­par­er les mas­sacres de demain, est-elle reçue ain­si ? À Paris, Sci­ences Po a refusé sa venue mais ailleurs par lâcheté ou com­plai­sance les uni­ver­sités lui font la haie d’honneur. L’extrême gauche n’a pas sim­ple­ment son entrée dans les facs, sa carte dans l’audiovisuel pub­lic, elle parade aus­si à l’Assemblée. Pourquoi ? Parce qu’une coali­tion coupable qui va de Gabriel Attal à Marine Ton­de­lier en pas­sant par François Hol­lande les a fait élire. Ensuite parce que des mil­ices depuis des années sèment la ter­reur en toute impunité. Celles qui ciblent nom­mé­ment le RN, Éric Zem­mour ou Bruno Retail­leau, qui pour­chas­sent les jeunes femmes de Neme­sis, qui intimi­dent les catholiques et pro­tè­gent les islamistes. « Le fas­cisme peut revenir sur scène à con­di­tion qu’il s’appelle antifas­cisme », nous a prévenu Pasoli­ni. Ce « total­i­tarisme antifas­ciste » prophétisé par Finkielkraut était là à Lyon jeu­di soir dans sa forme la plus sauvage, mais il plane dans l’atmosphère depuis trop longtemps comme un con­formisme vénéneux. Une généra­tion entière for­mée à déshu­man­is­er tout ce qui s’approcherait de près ou de loin de « l’extrême droite », un per­son­nel poli­tique qui par couardise donne le change, un clergé médi­a­tique qui forge les anathèmes et à la fin un gamin venu pais­i­ble­ment pro­téger une ban­de­role con­tre « l’islamo-gauchisme dans nos facs » qui meurt sous un déchaîne­ment de coups. Des coups sans vis­age puisque les bour­reaux por­tent tou­jours une cagoule. Quentin dans cette his­toire n’est pas « un mil­i­tant » pris dans une « rixe » mais un mar­tyr de la lib­erté d’expression que l’extrême gauche, aidée par trop de com­plices, veut rem­plac­er par son hideuse loi de la meute. »

Tou­jours dans Le Figaro, Éric Del­becque, expert en sécu­rité intérieure, estime que c’est le cli­mat idéologique entretenu par l’extrême gauche qui est à l’origine du drame.

Sur Boule­vard Voltaire, Marc Bau­driller analyse :

« Qui était Quentin, dont la mort a été annon­cée ce same­di soir par le par­quet ? Un « droitard » vio­lent ou un étu­di­ant mod­èle ? Chez les proches du jeune homme, l’heure est au recueille­ment – quoi de plus digne ? Mais ce ter­ri­ble drame est lourd d’enjeux sur l’image et l’avenir des antifas, ces mil­ices d’extrême gauche qui avaient jusqu’ici blessé, men­acé, cassé et ter­ror­isé et qui vien­nent de tuer. Der­rière les antifas lyon­nais impliqués dans la mort ter­ri­ble de Quentin, LFI porte une lourde respon­s­abil­ité. On le sait, les vio­lences ont éclaté à l’occasion de l’invitation de Rima Has­san, députée européenne LFI, à Sci­ences Po Lyon. La Jeune Garde, l’organisation des antifas lyon­nais, a fourni à LFI un député, Raphaël Arnault, qui a créé ce mou­ve­ment et siège aujour­d’hui sur les bancs du par­ti de Mélen­chon à l’Assem­blée nationale ».

Réactions politiques

Pierre-Romain Thion­net, eurodéputé (RN), accuse sur X : « Nous devons accuser LFI et sa stratégie d’institutionnalisation de la vio­lence, par­faite­ment doc­u­men­tée. Ils doivent ren­dre des comptes. » Sur le même réseau, Jor­dan Bardel­la affirme : « L’impunité de l’extrême gauche doit cess­er… Les faits sont d’une extrême grav­ité et appel­lent la mobil­i­sa­tion de l’ensemble de la classe poli­tique. » De son côté, Marine Le Pen a appelé ven­dre­di à con­sid­ér­er comme « ter­ror­istes » les « mil­ices d’extrême gauche ».

Mar­i­on Maréchal a déclaré : « Un jeune homme de 24 ans a été lynché par un com­man­do antifa alors qu’il assur­ait la sécu­rité des filles du col­lec­tif Némé­sis », soulig­nant que « l’impunité judi­ci­aire et la com­plai­sance médi­a­tique avec la gauche rad­i­cale ont con­duit à ce drame ».

Alexan­dre Dupalais, can­di­dat du RN et de l’Union des droites (UDR, Ciot­ti) à la mairie de Lyon, a annon­cé sus­pendre sa cam­pagne, accu­sant « l’État macro­niste » de « com­plai­sance coupable avec le ter­ror­isme d’ultragauche ».

Le prési­dent des Répub­li­cains, Bruno Retail­leau, récent can­di­dat offi­ciel à l’élection prési­den­tielle de 2017, a tenu à soulign­er « l’extrême vio­lence qui règne dans les satel­lites qui gravi­tent autour de LFI ». Le secré­taire général du par­ti Renais­sance, Gabriel Attal, a dénon­cé « la vio­lence de l’extrême gauche [qui] s’est déchaînée », évo­quant des faits « extrême­ment graves ».

Aurore Bergé, min­istre déléguée chargée de la lutte con­tre les dis­crim­i­na­tions, a dénon­cé, same­di sur France Info, l’agression « insup­port­able » dont a été vic­time jeu­di un homme de 23 ans « entre la vie et la mort parce que vraisem­blable­ment il a été lynché et roué de coups, ce qui est absol­u­ment insupportable ».

Invité du Grand Jury RTL/Public Sénat/Le Figaro/M6 Gérald Dar­manin a déclaré : « Aujourd’hui, c’est l’ultragauche qui a tué, c’est incon­testable. » Le garde des Sceaux a pour­suivi : « Il y a en effet des dis­cours poli­tiques, notam­ment ceux de La France insoumise et de l’ultragauche, qui mènent mal­heureuse­ment (…) à une vio­lence très débridée sur les réseaux soci­aux, une vio­lence extrême sur les réseaux soci­aux et dans le monde physique », jugeant qu’il y avait une « com­plai­sance de La France insoumise (…) pour la vio­lence politique ».

Le prési­dent Emmanuel Macron a dénon­cé sur le réseau social X « un défer­lement de vio­lence inouï », appelant « au calme, à la retenue et au respect ». « À sa famille et à ses proches, j’adresse mes pen­sées et le sou­tien de la nation », esti­mant qu’« aucune cause, aucune idéolo­gie ne jus­ti­fieront jamais que l’on tue ».

LFI se défend

Mise en cause, l’eurodéputée Rima Has­san affirme que son ser­vice d’ordre « est celui de La France insoumise, qui n’a jamais recours à la vio­lence et qui n’est en aucun cas impliqué dans ces affron­te­ments ». La députée européenne appelle à une enquête « sur ces faits extrême­ment graves et inac­cept­a­bles ». La députée LFI du Rhône Anaïs Belous­sa-Chéri­fi, can­di­date à la mairie de Lyon, dénonce « des vio­lences graves (…) à la suite de ten­sions entre des mil­i­tants iden­ti­taires d’extrême droite et des mil­i­tants antifas­cistes », ajoutant « La France insoumise con­damne sans ambiguïté toute vio­lence physique, comme elle l’a tou­jours fait ».

Sur X, Manuel Bom­pard, coor­di­na­teur de LFI, a indiqué que La France Insoumise « con­damne avec la plus grande fer­meté toute vio­lence physique… Con­traire­ment à ce que cer­tains veu­lent faire croire, à aucun moment Rima Has­san ou les équipes de La France insoumise qui l’accompagnaient pour la con­férence organ­isée à l’IEP de Lyon n’ont eu de con­tact avec les grou­pus­cules fas­cistes qui ont ten­té de la per­turber (…). Ce cli­mat de vio­lences doit cess­er. Per­son­ne ne doit per­dre sa vie pour ses idées. »

Le député LFI Éric Coc­quer­el met de l’huile sur le feu, invo­quant un « con­texte lyon­nais » avec « depuis de nom­breuses années [des] raton­nades, [des] actions de l’extrême droite, sans que ça fasse beau­coup de unes de l’actualité », et sans que la police « inter­vi­enne » néces­saire­ment. Il pointe des meet­ings LFI régulière­ment « per­tur­bés » par des « grou­pus­cules d’extrême droite », « sans que la police [agisse] », insin­u­ant que Quentin était l’agresseur et non l’agressé. Jean-Luc Mélen­chon s’est alar­mé de la dégra­da­tion de plusieurs locaux et per­ma­nences LFI, dénonçant des « accu­sa­tions sans aucun fonde­ment con­tre les “insoumis” en exploitant le drame sur­venu à Lyon ».

Sur un plan européen, Mar­tin Sell­ner, patron des iden­ti­taires autrichiens, a pub­lié une vidéo d’hommage à Quentin, tan­dis que le mil­i­tant anglais Tom­my Robin­son, proche de Némé­sis, a salué « un jeune patri­ote courageux ».

À l’heure où nous met­tons en pub­li­ca­tion, il n’est pas encore pos­si­ble de déter­min­er les suites judi­ci­aires de ce drame. Le pro­cureur de la République de Lyon Thier­ry Dran tien­dra une con­férence de presse pour faire le point sur l’enquête lun­di 16 à 15 heures.

Claude Lenor­mand