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France Télévisions sommé de trouver jusqu’à 180 M€ d’économies : l’austérité comme horizon

3 février 2026

Temps de lecture : 3 minutes
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France Télévisions sommé de trouver jusqu’à 180 M€ d’économies : l’austérité comme horizon

Temps de lecture : 3 minutes

France Télévisions sommé de trouver jusqu’à 180 M€ d’économies : l’austérité comme horizon

Après avoir fait adopter un bud­get 2026 « à l’équilibre » au prix de 140 M€ d’économies, France Télévi­sions se retrou­ve de nou­veau sous pres­sion : l’exécutif envis­agerait un effort sup­plé­men­taire de 30 à 40 M€, por­tant la cure d’austérité à près de 180 mil­lions d’euros.

France Télévi­sions s’était déjà félic­ité, le 18 décem­bre 2025, d’un bud­get 2026 sans déficit mal­gré une baisse annon­cée de ses ressources publiques (–65,2 M€ par rap­port à 2025) et un écart de plus de 200 M€ par rap­port à la tra­jec­toire ini­tiale­ment prévue. Mais à peine la copie bouclée, l’équation se corse : selon les infor­ma­tions des Échos, le gou­verne­ment deman­derait un effort addi­tion­nel, pous­sant l’ajustement total vers 180 M€. En plus d’une crise dans son organ­i­sa­tion hiérar­chique, la télévi­sion publique va devoir com­pos­er avec un bud­get moindre…

Un plan record… avant même la rallonge

Le groupe pub­lic a listé ses prin­ci­paux leviers : baisse du coût de grille, hausse des red­if­fu­sions, arrêt de cer­taines émis­sions, ces­sions immo­bil­ières, et nou­velle réduc­tion d’effectifs.

Il assume aus­si l’hypothèse de reven­dre « un ou plusieurs événe­ments sportifs iden­ti­taires du ser­vice pub­lic ». Une stratégie qui peut inter­roger, notam­ment sur la nature des évène­ments qui seront cédés alors que le Tour de France con­stitue, par exem­ple, l’assurance d’audiences élevées.

La logique est claire : préserv­er l’affichage du « zéro déficit », quitte à rogn­er ce qui fai­sait pré­cisé­ment l’attractivité de cer­taines antennes.

Une contrainte budgétaire largement concentrée sur France TV

Sur le plan insti­tu­tion­nel, le Sénat notait déjà que, dans le PLF 2026, la qua­si-total­ité de la baisse de dota­tion de l’audiovisuel pub­lic repo­sait sur France Télévi­sions : env­i­ron –65 M€ (–2,6 %), pour un total « Avances à l’audiovisuel pub­lic » de 3,878 Md€.
Et l’hémorragie pour­rait s’accentuer puisqu’un amende­ment décou­vert le 20 jan­vi­er ferait pass­er la dota­tion glob­ale de 3,878 Md€ à 3,848 Md€ (–30 M€ sup­plé­men­taires), déclen­chant la con­vo­ca­tion en urgence d’un con­seil d’administration.

Le service public en mode « vente à la découpe »

À mesure que les coupes s’empilent, l’arbitrage ressem­ble moins à une « trans­for­ma­tion » qu’à une addi­tion de renon­ce­ments : revente de droits sportifs, ces­sions d’actifs, baisse des dépens­es de pro­grammes et pres­sion sur la créa­tion. Côté syn­di­cats, la CGT de France Télévi­sions par­le d’un choc « inédit » (140 M€ sur un an, quand le COM 2018–2022 visait 160 M€ sur qua­tre ans), et décrit des effets con­crets sur l’organisation du tra­vail et les moyens.

C’est Nicolas qui paie

Reste la ques­tion que France Télévi­sions élude sou­vent dans sa com­mu­ni­ca­tion : si l’équilibre compt­able devient l’objectif poli­tique cen­tral, quelle est la bous­sole édi­to­ri­ale ? À force de promet­tre « tout à la fois » (infor­ma­tion, jeunesse, numérique, sport, créa­tion) tout en com­p­ri­mant la ressource, le groupe pub­lic risque surtout d’installer une ges­tion de crise per­ma­nente — et de deman­der au con­tribuable de financer un mod­èle qui, lui, ne cesse de rétré­cir. Mois après mois, l’horizon du ser­vice audio­vi­suel pub­lic s’assombrit tan­dis que des voix s’élèvent en faveur de sa pri­vati­sa­tion, à l’image de celle du député européen et can­di­date à la mairie de Paris Sarah Knafo.

Voir aus­si : Com­mis­sion d’enquête sur l’audiovisuel pub­lic : voici les nou­velles règles instau­rées pour essay­er de bâil­lon­ner Charles Alloncle

Rodolphe Cha­la­mel