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<span class="dquo">«</span> J’étais racisée et précaire » : Olivier Legrain, mécène de la presse de gauche, pro-immigration et féministe, visé par une plainte pour agression sexuelle

2 février 2026

Temps de lecture : 5 minutes
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« J’étais racisée et précaire » : Olivier Legrain, mécène de la presse de gauche, pro-immigration et féministe, visé par une plainte pour agression sexuelle

Temps de lecture : 5 minutes

« J’étais racisée et précaire » : Olivier Legrain, mécène de la presse de gauche, pro-immigration et féministe, visé par une plainte pour agression sexuelle

Fer de lance du com­bat cul­turel et médi­a­tique en faveur de la gauche depuis des années, le mil­lion­naire Olivi­er Legrain est visé depuis le 7 jan­vi­er 2026 par une plainte pour agres­sion sex­uelle. Selon Medi­a­part, l’ancien indus­triel est accusé par une jour­nal­iste « de lui avoir imposé des avances répétées » alors qu’elle cher­chait des finance­ments pour son média.

Depuis des années, il s’est imposé comme l’un des plus impor­tants mécènes de la presse de gauche, au sein de laque­lle il « saupoudre » sa for­tune. Poli­tis, Le Média (époque Denis Robert), Blast, Le Poing, Street­Press (dont il détient 2,4 % des parts), Bas­ta!, Regards, Les Jours… Nom­breux sont les médias d’extrême gauche à avoir béné­fi­cié (et surtout à béné­fici­er encore) de la générosité d’Olivier Legrain.

Car l’homme – qui « rêvait » en 2020 d’ou­vrir des « maisons d’hos­pi­tal­ité » pour migrants sur tout le ter­ri­toire – a depuis com­pris une chose : pour con­va­in­cre, il faut gag­n­er le com­bat cul­turel. Et pour le gag­n­er, c’est dans les médias qu’il faut inve­stir. Depuis, cet ancien indus­triel – recon­ver­ti en psy­chothérapeute – a donc sur­in­vesti le ter­rain médi­a­tique avec un objec­tif bien pré­cis en tête : « faire gag­n­er la gauche en 2027 ».

De nombreux signalements depuis trois ans

Début jan­vi­er 2026, le mil­lion­naire a ain­si con­crétisé de nom­breux pro­jets qu’il avait dans les tuyaux depuis un moment : acqui­si­tion des murs du 70, boule­vard Bar­bès à Paris (où il financera la créa­tion d’une « Mai­son des médias libres »), lance­ment d’une chaîne Tik­Tok – pour « touch­er un pub­lic jeune », rap­proche­ment avec l’ex-patron du Seuil Hugues Jal­lon pour peaufin­er ses réflexions…

Voir aus­si : Olivi­er Legrain, le mécène de gauche en quête de rôle pour 2027

Tout sem­blait donc aller pour le mieux pour celui qui « a l’impression d’être sur Terre pour aider les gens ». Sauf que voilà… À peine ses « grands plans » pour 2027 lancés, que voilà notre Olivi­er Legrain, auto-proclamé fémin­iste et pro-immi­gra­tion, empêtré dans une affaire d’agression sexuelle.

Comme le révèle Medi­a­part le ven­dre­di 30 jan­vi­er 2026, l’ancien patron d’industrie est en effet accusé par une jour­nal­iste « de lui avoir imposé des avances répétées » alors qu’elle cher­chait des finance­ments urgents pour la survie de son média.

« Depuis le 7 jan­vi­er 2026, Olivi­er Legrain est visé par une plainte pour agres­sion sex­uelle, déposée au com­mis­sari­at de Belfort », nous apprend Medi­a­part. Dans les colonnes du quo­ti­di­en, Anouck*, la vic­time pré­sumée, explique que les faits de « har­cèle­ment, d’intimidation et de vio­lence sex­uelle » – dont elle accuse Olivi­er Legrain – auraient été com­mis « du 7 décem­bre 2021 au 17 juin 2022 » (elle avait alors 31 ans et lui 70).

Depuis cette péri­ode, elle aurait ten­té d’alerter en vain des médias indépen­dants et des asso­ci­a­tions, « sou­vent en men­tion­nant Olivi­er Legrain, par­fois en par­lant d’un « mécène » ». Mais « rien n’y a fait » : « sa souf­france psy­chique ne l’a pas lais­sée en paix ».

« Coincée par l’enjeu financier »

Dans un cour­ri­er adressé à la jus­tice, et dont Medi­a­part se fait l’écho, Anouck est revenu en détails sur sa « descente aux enfers ». Tout com­mence à l’automne 2021. Anouck dirige alors un petit média indépen­dant « vivant grâce au mécé­nat privé ».

C’est dans le cadre de sa recherche de finance­ments que la jour­nal­iste aurait ren­con­tré Olivi­er Legrain. L’escalade est rapi­de : tutoiement immé­di­at, appels le week-end, ques­tions sur sa vie privée et ses orig­ines, com­pli­ments insis­tants… Dès leurs pre­miers échanges, Olivi­er Legrain aurait « for­cé une proximité ».

Après un pre­mier accord de finance­ment à hau­teur de 15 000 euros en décem­bre 2021, et une propo­si­tion de dîn­er en tête-à-tête (qu’Anouck accepte, se sen­tant « coincée » par « l’enjeu financier »), c’est le soir du 2 févri­er 2022 que la sit­u­a­tion aurait basculé.

Lors d’un dîn­er au restau­rant avec Olivi­er Legrain, elle affirme qu’il aurait glis­sé sa main à l’intérieur de sa cuisse en ramas­sant un para­pluie, avant d’orienter « la dis­cus­sion sur le sexe » et de pos­er des « ques­tions intimes » et « sex­uelles ». « Choquée, elle dit avoir invo­qué ses douleurs de dos pour abréger le dîner.

« J’étais racisée et précaire. »

À par­tir de là, s’installe, selon la vic­time pré­sumée, une péri­ode de « har­cèle­ment » entre­coupée de foul­ti­tude de ten­ta­tives d’appels, de SMS et de propo­si­tions de dîner.

« En mai 2022, Anouck s’effondre : dépres­sion, pen­sées sui­cidaires. « Elle est placée en arrêt et sous traite­ment par son médecin général­iste, et retourne vivre chez ses par­ents, à Belfort », détaille Medi­a­part.

« J’étais dans une sit­u­a­tion d’asymétrie totale : c’est un homme de 70 ans, j’étais une femme de 31 ans ; il est blanc, je suis racisée ; il est mil­lion­naire et puis­sant, j’étais pré­caire et recon­nue en sit­u­a­tion de hand­i­cap », explique de son côté Anouck, qui a finale­ment décidé de saisir la jus­tice, jugeant que « l’emprise » qu’Olivier Legrain aurait exer­cée sur elle l’a plongée « dans un état d’hypervigilance et d’anxiété » qui se pour­suit trois ans après.

Selon le quo­ti­di­en, d’autres femmes ont elles aus­si ressen­ti un « malaise sus­cité par une famil­iar­ité trop grande » au con­tact d’Olivier Legrain. Inter­rogé par Medi­a­part, Olivi­er Legrain a « recon­nu » une grande par­tie des réc­its qui lui ont été rap­portés. « Sim­ple­ment, il réfute toute vio­lence sexuelle. »

Il jure désor­mais qu’il ne signe plus ses SMS par « je t’embrasse » – mais plutôt par « bien à toi » – et qu’il a arrêté « les baisemains ».

Lorelei Ban­charel