Depuis le 25 novembre 2025, premier jour de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, le rapporteur Charles Alloncle a exhumé de nombreux scandales et conflits d’intérêts à France Télévisions. Lors d’auditions parfois houleuses par leurs échanges, le député UDR a interrogé longuement des journalistes et dirigeants du service public – ce qui n’a pas manqué de les irriter. Pour apaiser des tensions grandissantes, Jérémie Patrier-Leitus, président de la commission, a donc décidé de suspendre les auditions et d’organiser une réunion de tous ses membres le 6 janvier 2026, afin de faire preuve de plus de « modération » et de « sobriété ». Au terme de cette réunion extraordinaire, décision a été prise de reprendre les travaux le 19 janvier prochain. En revanche, désormais, le livetweet des auditions par l’équipe de Charles Alloncle sera interdit et « les questions à charge » du député ne seront plus autorisées. Pourquoi cette audition fait-elle autant polémique ? Nous allons tenter d’y répondre dans ce dossier.
Audiovisuel public : une commission d’enquête qui lève le voile sur un système opaque
La commission d’enquête parlementaire sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public a ouvert une séquence explosive pour France Télévisions. Audition après audition, Charles Alloncle a mis en lumière ce qui ressemble de plus en plus à un système de conflits d’intérêts, de pantouflage et de dépendance structurelle à des acteurs privés.
Entre le 10 et le 18 décembre 2025, le député Charles Alloncle a conduit une série d’auditions clés. Delphine Ernotte (PDG de France Télévisions) a ainsi été interrogée durant près de quatre heures, suivie notamment de Sybille Veil (directrice de Radio France), Adèle Van Reeth (directrice de France Inter) et Stéphane Sitbon-Gomez (directeur des antennes de France TV).
Très rapidement, les auditions ont révélé des pratiques jugées préoccupantes par plusieurs parlementaires : opacité des circuits de décision, contrats attribués sans réelle mise en concurrence, porosité croissante entre le public et le privé, et déclarations contradictoires de certains dirigeants sous serment.
Pantouflage et prises illégales d’intérêts
Le cas de Nathalie Darrigrand, ex-dirigeante de France Télévisions, est devenu emblématique. Alors qu’elle occupait des fonctions stratégiques au sein du groupe, elle aurait validé pour des dizaines, voire des centaines de millions d’euros de contrats au bénéfice de sociétés de production privées, dont Together Media.
Or, après son départ de France Télévisions – assorti d’indemnités de licenciement estimées entre 300 000 et 400 000 euros – elle a rejoint la direction de cette même société. Une situation qui, du point de vue juridique, pourrait relever d’une prise illégale d’intérêts et de pantouflage.
L’emprise des grands groupes de production privés
Les auditions ont également mis en lumière la dépendance massive de France Télévisions à l’égard de grands groupes de production, au premier rang desquels Mediawan. En 2024, ce groupe a perçu 111 millions d’euros de France TV, devenant son premier fournisseur de programmes.
Cette concentration pose une double question : celle de l’indépendance éditoriale du service public et celle de la diversité réelle de l’offre. Plusieurs députés ont dénoncé une quasi-captation de créneaux stratégiques de l’antenne par un nombre réduit d’acteurs privés, souvent idéologiquement engagés.
Neutralité éditoriale : une promesse fragilisée
Les travaux de la commission ont aussi mis en évidence des déséquilibres idéologiques persistants dans certaines émissions phares. Des producteurs et chroniqueurs auditionnés ont reconnu l’existence de « lignes éditoriales implicites », rarement formalisées mais bien connues en interne, qui penchent toujours à gauche.
Un exemple caricatural de ce biais idéologique de l’audiovisuel public est un récent décryptage de France Info qui établissait un lien entre les marchés de Noël et l’idéologie nazie. Au vu de la polémique que ce rapprochement douteux a déclenchée, France Info a décidé de retirer la vidéo, mais le mal était fait et certains internautes ont accusé le média public de « christianophobie ».
🔴🇫🇷 ALERTE VIDÉO | FranceInfo, le service public, a publié une vidéo en faisant “le lien” entre les marchés de Noël et le nazisme.
Vite la privatisation ! pic.twitter.com/6QC49C4QjE
— Jon De Lorraine (@jon_delorraine) December 10, 2025
Le rôle de certains actionnaires de groupes de production, comme le milliardaire Matthieu Pigasse, assumant publiquement leur volonté d’utiliser les médias publics comme instruments de combat politique, a nourri les interrogations sur la capacité réelle du service public à représenter l’ensemble des sensibilités françaises.
Dîners mondains et confusion des rôles
Dans un article précédent, l’OJIM a mis en lumière les relations informelles entre dirigeants de France Télévisions et producteurs privés. Le dîner organisé chez Maxim’s par le président de Mediawan, réunissant la PDG de France TV, des cadres dirigeants et des visages emblématiques de l’antenne, a été perçu comme un symbole du brouillage des frontières entre décideurs publics et intérêts privés.
Ces pratiques, sans être illégales en soi, interrogent sur la culture de l’exemplarité attendue d’un service public financé par les contribuables.
Autre scandale : la police judiciaire qui a perquisitionné le siège du CSA – aujourd’hui appelé ARCOM – en 2018 n’a pas réussi à retrouver les enregistrements des auditions entre Delphine Ernotte et le CSA réalisées en 2015. Pourtant, Olivier Schrameck, ancien président du CSA, n’a pas semblé s’en offusquer et a refusé de dire ce que sont devenus ces enregistrements. De quoi mettre à mal la confiance des Français envers les gendarmes de l’audiovisuel public et la dirigeante de France Télévisions.
⚠️ Les enregistrements des auditions entre le CSA et Delphine Ernotte ont disparu, et même la police judiciaire n’a pas été en mesure de les retrouver.
Interrogé sur ce fait d’une grande gravité, Olivier Schrameck, ancien président du CSA, refuse une nouvelle fois de répondre.… pic.twitter.com/vU21FtC9SQ
— Charles Alloncle (@CHAlloncle) December 11, 2025
Voir aussi : De la corruption et des conflits d’intérêts à France Télévisions ? Ces (sérieux) soupçons qui entachent le service public
Un gouffre financier en arrière-plan
À ces soupçons s’ajoute une situation financière alarmante. Selon la Cour des comptes, France Télévisions a accumulé plus de 80 millions d’euros de déficit depuis 2017. La dégradation de la trésorerie et l’érosion des capitaux propres ont contraint le groupe à envisager une réduction de capital pour éviter la dissolution.
Paradoxalement, cette rigueur imposée aux programmes et à la création contraste avec le maintien d’une rémunération élevée de la direction, alimentant un sentiment de déconnexion entre gouvernance et réalité budgétaire.
De surcroît, les journalistes interrogés lors de la commission n’ont eu de cesse de montrer leur agacement et ont rétorqué parfois de manière très arrogante au rapporteur.
L’arrogance et le sentiment de toute-puissance des éditorialistes
« Ni responsables ni coupables. » Cette formule résume bien l’attitude de Thomas Legrand et Patrick Cohen face au député Charles Alloncle dans le cadre de la commission d’enquête.
Pour rappel, en juillet 2025, Thomas Legrand et Patrick Cohen, tous deux journalistes à France Inter, prenaient un café avec Pierre Jouvet et Luc Broussy, dirigeants du Parti socialiste. Une personne à proximité d’eux a filmé la scène et le journal L’Incorrect a publié sur X des extraits de leur conversation.
La polémique Legrand/Cohen
Mais c’est une déclaration en particulier qui va affoler les réseaux sociaux, Thomas Legrand déclare pendant ce café : « Nous, on fait ce qu’il faut pour Dati, Patrick [Cohen] et moi. ». Cette phrase, qui peut s’apparenter à une tentative d’influencer les Français négativement sur Rachida Dati, candidate à la mairie de Paris, a déclenché l’ire de nombreux Français.
🚨ALERTE INFO | “Nous, on fait ce qu’il faut pour Dati, Patrick et moi” : après la vidéo explosive de L’Incorrect, Thomas Legrand est suspendu de France Inter ; Patrick Cohen reste en place. pic.twitter.com/3Vg2DAbhIz
— Observatoire du journalisme (Ojim) (@ojim_france) September 6, 2025
Cependant, durant son audition, Thomas Legrand a totalement nié avoir cherché à nuire à l’ex-garde des Sceaux. Pour qualifier sa déclaration polémique, il a parlé de style journalistique, voire de jargon journalistique, et a expliqué avoir voulu dire « faire ce qu’il faut journalistiquement pour Rachida Dati ». Le journaliste – également éditorialiste à Libération – s’est défendu en faisant référence à deux de ses articles où il fact-checkait les propos de la ministre qui critiquait France Inter et avait « agressé » son collègue Patrick Cohen sur C à vous. Thomas Legrand a renchéri et a ajouté : « Cette phrase [captée par l’Incorrect], elle me choque et je comprends qu’elle choque mais elle me choque parce qu’elle est montée, parce qu’elle est sortie de son contexte […] Non je ne regrette pas d’avoir prononcé ces propos. La seule chose que je regrette, c’est qu’ils aient été filmés et qu’ils aient été montés. Voilà ! »
Lors de son audition, Thomas Legrand est formel : il ne regrette en rien les propos tenus à l’encontre de Rachida Dati, mais seulement qu’ils aient été filmés. pic.twitter.com/mfl48lkoTH
— Charles Alloncle (@CHAlloncle) December 18, 2025
Cette ligne de défense, loin d’apaiser les critiques, a renforcé le malaise. À aucun moment l’éditorialiste ne reconnaît une faute déontologique, une imprudence ou même une légèreté incompatible avec les responsabilités qui sont celles d’un journaliste du service public. Le problème ne serait donc pas le propos, mais le fait qu’il ait été rendu public.
Cette posture traduit un sentiment d’impunité profondément ancré : ce qui se dit hors antenne, entre journalistes et responsables politiques, relèverait d’un entre-soi légitime, inaccessible au regard des citoyens qui financent pourtant ces médias.
Patrick Cohen : même déni, même arrogance
Patrick Cohen a adopté une posture similaire. Lui aussi a refusé de reconnaître le moindre biais idéologique ou la moindre proximité problématique avec des responsables politiques. À l’instar de Thomas Legrand, il a invoqué son professionnalisme, son expérience et son « sens des responsabilités ». Patrick Cohen a affirmé en outre que l’extrait de leur conversation sur Rachida Dati résulte « d’une manipulation, voire d’une falsification ». En effet, selon l’éditorialiste, les députés ne disposant pas du rush complet, cela les empêche d’avoir une vision objective des choses et de remettre l’extrait sur Rachida Dati dans son contexte.
Patrick Cohen dénonce avec virulence les méthodes des journalistes de L’Incorrect, qu’il accuse de barbouzerie, de manipulation et d’atteinte à la vie privée.
Interrogé sur sa propre complaisance à l’égard de méthodes comparables lorsqu’elles sont utilisées par certains de ses… pic.twitter.com/nlEvpvnXj1
— Charles Alloncle (@CHAlloncle) December 18, 2025
Or, ce qui choque une partie croissante de l’opinion publique, ce n’est pas seulement l’existence de relations sociales entre journalistes et politiques — inévitables dans certains milieux — mais l’absence totale de conscience du problème. Aucune remise en question, aucun recul, aucune autocritique. L’éditorialiste se pose en arbitre incontestable du débat public, au-dessus de tout soupçon.
Une confusion des rôles devenue structurelle
Les auditions de la commission ont mis en lumière une dérive plus large : celle d’éditorialistes devenus des acteurs politiques à part entière, sans en assumer ni le statut ni les responsabilités. Leur parole, présentée comme analytique ou factuelle, est en réalité porteuse d’orientations idéologiques fortes, rarement assumées comme telles.
Dans ce contexte, la frontière entre information, commentaire et militantisme devient floue. L’auditeur n’est plus face à un journaliste, mais à un prescripteur d’opinion bénéficiant de la caution du service public. On peut rappeler notamment la réécriture du meurtre de Thomas Perotto qui a valu à Patrick Cohen d’être rappelé à l’ordre par l’ARCOM. Le chroniqueur de C à vous dénonçait ainsi une « mécanique de la haine et du mensonge », accusant l’extrême droite d’évoquer un « francocide » et reprenait la version des agresseurs les présentant comme les premiers « offensés » dans l’affaire. Le député Charles Alloncle a d’ailleurs questionné Patrick Cohen sur son traitement extrêmement biaisé de cette affaire, mais le journaliste niera là aussi avoir fait une quelconque erreur.
Voir aussi : Il y a deux ans, Thomas était tué d’un coup de couteau à Crépol : comment les médias ont travesti la réalité du drame
Le plus frappant dans ces auditions reste peut-être le mépris à peine voilé pour le rapporteur et la commission parlementaire elle-même. Lorsque le député interroge Patrick Cohen sur les montants de sa rémunération à France Inter et à France Télévisions, le journaliste refuse catégoriquement de répondre.
Lors de son audition, Patrick Cohen a refusé de communiquer le montant de sa rémunération.
Pourtant, en tant que salarié de l’audiovisuel public, il est rémunéré par l’argent des Français. pic.twitter.com/nkicokKCBq
— Charles Alloncle (@CHAlloncle) December 18, 2025
En conséquence, cela nuit au bon déroulement de la commission. L’indignation populaire née des révélations de L’Incorrect est systématiquement disqualifiée : elle serait le fruit de manipulations, de malentendus ou de campagnes hostiles de la part de l’extrême droite et/ou du groupe Bolloré. Jamais elle n’est envisagée comme le symptôme d’un malaise réel et profond entre le service public et une partie du pays.
Cette incapacité à entendre la critique illustre une culture de l’entre-soi médiatique, où les éditorialistes se protègent mutuellement et où toute remise en cause est vécue comme une attaque politique illégitime.
L’affaire Legrand-Cohen n’est pas un simple incident. Elle agit comme un révélateur. Révélateur d’un audiovisuel public où certains journalistes, forts de leur statut et de leur exposition permanente, semblent avoir perdu de vue les exigences fondamentales de neutralité, de retenue et d’exemplarité. En refusant toute forme de responsabilité morale, ces éditorialistes contribuent à creuser le fossé entre les médias publics et les citoyens. Un fossé que ni les auditions parlementaires ni les dénégations répétées ne parviennent, pour l’instant, à combler.
La guerre entre le groupe Bolloré et le service public
En toile de fond de cette commission se joue une bataille à couteaux tirés entre le service public de l’audiovisuel et le groupe Bolloré. Une guerre idéologique, médiatique et symbolique, où chaque camp se pose en victime d’un système hostile, tout en accusant l’autre de dérives graves. À chaque polémique, les protagonistes s’accusent mutuellement de manipuler l’opinion, de travestir l’information et de s’affranchir des règles déontologiques qu’ils prétendent pourtant défendre.
Lors de son audition, Patrick Cohen n’a pas mâché ses mots. L’éditorialiste a dénoncé ce qu’il qualifie « d’espionnage déguisé en journalisme », une pratique qui, selon lui, serait appelée à « prospérer sur les antennes du groupe Bolloré ».
Il a également pointé du doigt « un système avec des méthodes de barbouzes », allant jusqu’à citer Pascal Praud, lequel se serait « enorgueilli » de ces procédés en ouverture de son émission sur CNews. Une accusation grave, qui s’inscrit dans une longue série d’attaques frontales émanant de journalistes ou de dirigeants du service public à l’encontre du groupe de Vincent Bolloré.
Passe d’armes entre Delphine Ernotte et Pascal Praud
Cette hostilité n’est en effet pas nouvelle. Depuis plusieurs années, France Télévisions et Radio France multiplient les prises de position publiques visant à disqualifier CNews et, plus largement, l’écosystème médiatique du groupe Bolloré. Dans un entretien accordé au Monde le 18 septembre 2025, Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions, affirme ainsi que « CNews est un média d’opinion » et une « chaîne d’extrême droite ». Une déclaration qui, venant de la dirigeante d’un groupe financé par l’impôt et théoriquement astreint à la neutralité, n’a pas manqué de susciter de vives réactions.
Du côté de CNews, la riposte est immédiate et tout aussi virulente. Pascal Praud réagit aux propos de Delphine Ernotte et martèle qu’elle met « une cible sur le dos des journalistes de CNews » qui sont « en danger ».
Dans le même registre, après la diffusion d’un numéro de Complément d’enquête du 27 novembre 2025 consacré à CNews, Pascal Praud étrille l’émission d’investigation de France 2. Il accuse Complément d’enquête d’avoir utilisé « une étude manifestement bidon » reposant sur « des paramètres de jugement biaisés ». Le présentateur vedette ne s’est pas contenté de contester la méthodologie : il a replacé l’affaire dans un cadre plus large, mettant en cause la légitimité même de l’audiovisuel public.
Insistant sur les « 4 milliards d’euros » que coûte chaque année le service public aux contribuables, Pascal Praud conclut par une question provocatrice, devenue récurrente sur les antennes du groupe Bolloré : « Faut-il privatiser tout, ou une partie du service public de l’audiovisuel ? » Une interrogation qui paradoxalement donne du grain à moudre aux dirigeants de France TV qui accusent les journalistes de CNews de vouloir se payer le service public.
Une défiance de plus en plus grande des Français envers le service public
Cette guerre ouverte dépasse largement le cadre de simples querelles personnelles ou de rivalités d’audience. Elle révèle une fracture profonde sur la conception même du journalisme et du pluralisme. D’un côté, le service public se présente comme le rempart contre la désinformation et la radicalisation du débat public, revendiquant une mission d’intérêt général. De l’autre, le groupe Bolloré revendique une liberté de ton à l’image de leur slogan : « La liberté d’expression n’a jamais fait autant parler » et accuse ses adversaires d’incarner une pensée dominante, verrouillée et idéologisée.
Ironie de la situation : chaque camp reproche à l’autre ce dont il est lui-même accusé de pratiquer. Le service public dénonce une information orientée tout en multipliant les éditoriaux militants ; CNews fustige le « système » tout en construisant une ligne éditoriale fortement marquée. La commission parlementaire, censée faire la lumière sur les dysfonctionnements du secteur, apparaît dès lors comme une nouvelle arène où s’affrontent deux visions irréconciliables des médias.
Finalement, cette guerre médiatique interroge moins la moralité supposée de tel ou tel acteur que l’état du débat public en France. Lorsque les journalistes deviennent les protagonistes d’un affrontement idéologique permanent, le risque est grand de voir l’information se transformer en arme, au détriment de la confiance du public. Une confiance déjà largement érodée, et qui diminue à mesure que la commission avance dans ses travaux.
Jean-Charles Soulier


