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Marine Le Pen en procès : comment va-t-elle s’en sortir ? Que disent les médias ?

20 janvier 2026

Temps de lecture : 5 minutes
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Marine Le Pen en procès : comment va-t-elle s’en sortir ? Que disent les médias ?

Temps de lecture : 5 minutes

Marine Le Pen en procès : comment va-t-elle s’en sortir ? Que disent les médias ?

Entre les crises partout sur le globe, les élec­tions munic­i­pales et l’absence per­sis­tante de bud­get, on en oublierait presque que Marine Le Pen et le Rassem­ble­ment Nation­al sont actuelle­ment jugés en appel pour l’affaire des assis­tants par­lemen­taires. Avec, à la clé, la pos­si­bil­ité ou non de se présen­ter en 2027. Inutile de dire que les médias ont des idées à défendre sur la ques­tion, et qu’ils ne s’en privent pas.

Et si elle s’en sortait ?

Marine Le Pen sem­ble avoir plus de chances de s’en sor­tir en deux­ième instance. Ses avo­cats se félici­tent que l’affaire soit jugée sur le droit plutôt que sur la poli­tique, Marine Le Pen se dit émue, comme juriste, que le droit soit respec­té. Europe 1 note que « les débats ont lais­sé entrevoir un cli­mat jugé plus favor­able par les prévenus ». Naturelle­ment, cer­tains médias s’étouffent et, si Libéra­tion évite de par­ler de cor­rup­tion, ce n’est sans doute que par crainte d’une accu­sa­tion de diffama­tion. Il titre que « la défense de Marine Le Pen flat­te la cour d’appel » avant d’assurer que l’avocat de Marine Le Pen « brosse la nou­velle juge dans le sens du poil ». « Qu’elle est bien cette cour d’appel, quand même, avec sa pre­mière cham­bre, ses beaux lus­tres et ses tas de fenêtres. Et puis ses mag­is­trats, telle­ment moins méchants et poli­tisés que ceux du tri­bunal judi­ci­aire, porte de Clichy ! » pour­suit le journaliste.

Mensonge ou changement de tactique ?

L’une des raisons pour lesquelles Marine Le Pen pour­rait bien s’en sor­tir est qu’elle a mod­i­fié sa défense. Un change­ment qui n’a rien de bien éton­nant, si on imag­ine les longues dis­cus­sions qu’elle a dû avoir avec ses avo­cats depuis plusieurs semaines. Quant à savoir si sa nou­velle défense est sincère ou non, Dieu sonde les reins et les cœurs, mais les jour­nal­istes aiment s’y essay­er. BFMTV explique que « la fig­ure du RN est entrée en appel avec un nou­v­el état d’esprit » con­sis­tant à dire : « J’en­tends ce qu’on me reproche mais moi je dois expli­quer que je n’ai pas voulu com­met­tre de délit, ma démarche n’é­tait pas de com­met­tre un délit. » Un état d’esprit, de fait, cela peut chang­er. France 24 est moins généreux et note « un dis­cours tran­chant avec ses vir­u­lents démen­tis des faits en pre­mière instance ».

Journaliste, policier, avocat et juge

L’affaire des assis­tants par­lemen­taires dure donc depuis plusieurs années et, quand on suit un sujet pen­dant longtemps, on finit par le con­naître sur le bout des doigts. Il sem­ble égale­ment qu’à force de suiv­re le procès de Marine Le Pen, cer­tains jour­nal­istes finis­sent par se décou­vrir une voca­tion de juge. France 24 s’offusque ain­si que le directeur général des finances représen­tant le Par­lement européen lors de l’audience ait « eu droit pen­dant près de six heures à la barre à un inter­roga­toire digne d’un prévenu » et note que « les dif­férents avo­cats de la défense ont passé au grill le représen­tant du Par­lement européen ». Pour qui sait com­ment se déroule un procès, cela n’a pour­tant rien d’étonnant. On ne décou­vre sou­vent une faille dans l’accusation qu’à force d’interroger les témoins, et ces inter­roga­toires sont rarement une par­tie de plaisir. On le voit dans les vrais procès, mais aus­si dans de sim­ples séries télévisées.

Ceux qui défendent Marine Le Pen

Il serait vain de main­tenir le nar­ratif selon lequel le procès de Marine Le Pen n’est pas poli­tique. Il l’est, ne serait-ce que parce que les mag­is­trats sont des êtres humains. Or, évo­lu­tion du corps élec­toral oblige, le rejet de l’extrême-droite en général et du Rassem­ble­ment Nation­al en par­ti­c­uli­er est de plus en plus dif­fi­cile à tenir pour les médias, et cer­tains, à tout le moins cer­tains jour­nal­istes, n’essaient plus. Au Figaro, cer­tains pren­nent claire­ment fait et cause pour ce par­ti. D’abord en pointant les mau­vais traite­ments dont ils sont vic­times : « bien que les onze prévenus dis­posent dans le pré­toire de places réservées, munies d’étiquettes à leurs noms, la prési­dente leur demande de venir s’asseoir au plus près de la cour, sur des fau­teuils pli­ables rouges. Un par un, ils s’avancent pour se ser­rer devant l’estrade, comme des étu­di­ants assidus au pre­mier rang d’un amphithéâtre bondé. » On brosse aus­si un por­trait dis­crète­ment touchant de cer­tains prévenus, tels Bruno Goll­nisch, « pâle et les traits hâves », qui a « grat­i­fié [Marine Le Pen] d’un galant baise­main », Wallerand de Saint-Just, que Marine Le Pen prononce « Saint Ju », et Fer­nand Le Rachinel, qui, « à 83 ans, ne fait pas son âge ».

L’extrême droite, l’extrême droite, l’extrême droite

Le Rassem­ble­ment nation­al rassem­ble ain­si plus d’un tiers des Français dans les inten­tions de vote quels que soient les sondages observés. Si l’on ajoute à ces résul­tats des par­tis moins impor­tants, comme Recon­quête, Debout la France, l’UDR, IDL, etc., on arrive à presque un Français sur deux se clas­sant à droite des Répub­li­cains, c’est-à-dire, pour la classe médi­a­tique, à l’extrême droite. Une extrême droite qui n’en a donc plus que le nom, mais ce nom a la vie dure. France 24, qui est, on le rap­pelle, une fil­iale du ser­vice pub­lic con­trainte à une cer­taine neu­tral­ité, par­lera donc de « la triple can­di­date du par­ti d’extrême droite » et même de « la cheffe de file de l’extrême droite », appel­la­tion qui aurait de quoi faire bondir un cer­tain nom­bre de per­son­nal­ités poli­tiques et d’électeurs.

Adélaïde Motte

Pho­to : Marine Le Pen en févri­er 2025 à Madrid. Vox España. Licence : CC0 1.0 Universal