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Emmanuel Goldstein

L’homme de l’ombre au cœur des réseaux

Il n’est ni journaliste, ni directeur de journal, ni même magnat de la presse et pourtant il exerce une influence considérable sur les médias, directe et indirecte. Portrait d’un homme de réseau.

Né en 1967, Emmanuel Gold­stein a réus­si à se hiss­er en quelques années au som­met du pou­voir en France grâce à un tra­vail acharné et à un entre­gent remar­quable. D’origine mod­este (son père était marc­hand de voitures), ce « juif et laïc », comme le qual­i­fie Raphaëlle Bac­qué dans son livre Richie, est pour­tant peu dis­ert sur sa vie privée. Car s’il fuit la lumière des pro­jecteurs médi­a­tiques, le ban­quier de Mor­gan Stan­ley est par­venu à occu­per le cen­tre des réseaux d’influence, qu’ils soient ban­caire, homo­sex­uel, médi­a­tique, de la haute admin­is­tra­tion, poli­tique ou franc-maçon. Aus­si à l’aise dans la ges­tion d’une fusion-acqui­si­tion que dans un cours à l’Institut d’études poli­tiques de Paris (Sci­ences Po), ce con­seiller de Nico­las Sarkozy ou de Lau­rent Wauquiez est à la croisée des chemins économiques, des par­tis poli­tiques et du monde de l’information, sur lesquels il influe pour faire pass­er ses idées.

« Emmanuel Gold­stein est un homme de réseaux qui fuit la lumière », « L’ami pub­lic n° 1 » Le Point, 9/07/2015

« Cer­tains de ses cama­rades le surnom­ment ‘le Pigasse de droite, la dis­cré­tion en plus’ », idem.

« Emmanuel Gold­stein organ­ise des fêtes où se retrou­vent tous les homo­sex­uels influ­ents qui for­ment leur cer­cle com­mun », Richie de Raphaëlle Bac­qué (Ed. Gras­set)

« Sa pas­sion ? La poli­tique », « Emmanuel Gold­stein, un ban­quier engagé », La Tri­bune, 17/01/2008

Emmanuel Gold­stein a réus­si à devenir, en quelques années, le cen­tre névral­gique des réseaux d’influence en France. Ses soirées d’anniversaire, organ­isées dans son duplex à Paris, dans le quarti­er de Beaubourg, autour d’un buf­fet au cham­pagne, en sont l’illustration par­faite. Clé­ment Pétreault est le seul jour­nal­iste à avoir fait un reportage (« L’ami pub­lic n° 1 », Le Point, 09/07/2015) sur ces ren­dez-vous du pou­voir que sont désor­mais les « Goldies », devenus « un cer­cle d’influence du Tout-Gay Paris et du Tout-Paris. Le suc­cès des pre­mières édi­tions était tel qu’il a dû instau­r­er deux ses­sions, l’une en été, l’autre en hiv­er. “C’est le Siè­cle [dîn­er men­su­el organ­isé par l’unique club d’influence français, Le Siè­cle], mais debout”, racon­te un habitué. » La cen­taine d’invités est triée sur le volet : il y a des « con­seillers d’Etat, directeurs de cab­i­net min­istériel, chefs d’administration cen­trale, patrons d’entreprise publique, inspecteurs des Finances, frères de loge, ban­quiers d’affaires, lob­by­istes, col­lab­o­ra­teurs par­lemen­taires de tous bor­ds, jour­nal­istes, respon­s­ables asso­ci­at­ifs, avo­cats ou jeunes étu­di­ants de Sci­ences po. »

L’influence d’Emmanuel Gold­stein sur la sphère médi­a­tique reste dif­fi­cile à éval­uer. En avril 2012, il gère la com­mu­ni­ca­tion de crise après le décès à New York de son ami Richard Desco­ing. Le directeur de Sci­ences Po est ter­rassé par une crise car­diaque après une soirée tar­ifée en com­pag­nie de deux hommes dans une cham­bre d’hôtel. Accom­pa­g­né du directeur adjoint de Sci­ences Po et de deux cadres de la Sncf (le directeur de la com­mu­ni­ca­tion et le numéro 2 du groupe, David Azé­ma), Emmanuel Gold­stein se rend à New-York pour épauler la femme de Richard Desco­ing. Avec son équipe, ils se don­nent pour mis­sion d’ouvrir « le robi­net à images pour les chaînes de télé. Il fal­lait préserv­er Sci­ences Po des scènes glauques à New York, mon­tr­er une com­mu­nauté soudée. » Cet objec­tif a été atteint puisqu’il a fal­lu plusieurs mois pour que les médias français com­men­cent à lever le voile sur les derniers instants de Richard Desco­ings, et atten­dre 2015 avec la sor­tie du livre Richie de la jour­nal­iste Raphaëlle Bac­qué pour avoir la ver­sion com­plète des faits, que les jour­nal­istes améri­cains avaient quant à eux dif­fusée dès les jours suiv­ant la mort de l’ex-directeur de Sci­ences Po.

L’influence d’Emmanuel Gold­stein s’étend égale­ment aux cer­cles poli­tiques. Il con­seille de nom­breuses per­son­nal­ités poli­tiques de l’ex-UMP (Les Répub­li­cains) comme Nico­las Sarkozy ; Lau­rent Wauquiez (mem­bre du club Le Siè­cle, ancien Young leader de la « French Amer­i­can Foun­da­tion ») ; Bruno Le Maire ; Alain Jup­pé (mem­bre du club Le Siè­cle, Young leader de la French Amer­i­can Foun­da­tion) ; Xavier Bertrand (mem­bre du club Le Siè­cle). Lors de la cam­pagne prési­den­tielle de 2007, il a notam­ment ali­men­té les con­seillers de Nico­las Sarkozy « en notes sur la sit­u­a­tion indus­trielle de la France, l’évolution des ban­ques d’investissement, du cap­i­tal­isme » (« Emmanuel Gold­stein, un ban­quier engagé », La Tri­bune, 17/01/2008). Durant le quin­quen­nat de Sarkozy, il fut « un des vis­i­teurs du soir à l’Elysée. Claude Guéant l’a sou­vent reçu dans son bureau : “Il venait régulière­ment pour com­menter l’actualité finan­cière et économique. Sa fibre ser­vice pub­lic et sa vision de l’entreprise en fai­saient un inter­locu­teur pas­sion­nant. Il me par­lait aus­si des affaires qu’il traitait et m’a amené deux ou trois fois son patron de la branche européenne.” (« L’ami pub­lic n° 1 », Le Point, 09/07/2015). Lau­rent Wauquiez, un de ses anciens élèves à Sci­ences po, recon­naît avoir fait sou­vent appel à lui, notam­ment lors de la crise des sub­primes lorsqu’il était secré­taire d’État auprès du Pre­mier min­istre et porte-parole du gou­verne­ment. Out­re ses com­pé­tences ban­caires, Lau­rent Wauquiez étoffe ses réseaux au con­tact d’Emmanuel Gold­stein, car l’organisateur des soirées « Goldies » est sa tête de pont vers la franc-maçon­ner­ie, notam­ment vers le Grand Ori­ent, réputé à gauche, et le pou­voir gay. Car « on croise Lau­rent Wauquiez dans le duplex du ban­quier à Beaubourg lors de ces soirées “goldies” où se retrou­ve deux fois par an, autour d’un buf­fet au cham­pagne, l’élite homo­sex­uelle de la cap­i­tale. » (« Le « bad boy » de la droite », Le Monde, 22/05/2015).

En 2012, Emmanuel Gold­stein a été décoré de l’ordre du Mérite au rang de cheva­lier.

Formation

2000

MBA à l’Institut européen d’administration des affaires (Insead), con­seiller au tri­bunal admin­is­tratif de 1996 à 2001, « à s’occuper de droit de la respon­s­abil­ité hos­pi­tal­ière ou de droit des étrangers ». Il a été par la suite com­mis­saire du gou­verne­ment.

1996

École nationale d’administration (ENA) pro­mo­tion Vic­tor Schœlch­er.

1992

Diplômé de l’Institut d’études poli­tiques (Sci­ences po Paris), ser­vice pub­lic.

1989

Maîtrise de droit pub­lic à l’université Paris 2 Pan­théon Assas.

Lau­réat du con­cours général (alle­mand) au lycée fran­co-alle­mand de Buc.

Parcours professionnel

1996 – 2001

Con­seiller rap­por­teur — Com­mis­saire du Gou­verne­ment au Tri­bunal admin­is­tratif de Paris « à s’occuper de droit de la respon­s­abil­ité hos­pi­tal­ière ou de droit des étrangers » (« Emmanuel Gold­stein, un ban­quier engagé », Le Point, 17/01/2008)

2001

Il intè­gre la banque améri­caine Mor­gan Stan­ley à Lon­dres comme mem­bre asso­cié (asso­ciate).

2005

Il est nom­mé admin­is­tra­teur (exec­u­tive direc­tor) et en 2007, il devient directeur général (man­ag­ing direc­tor) de Mor­gan Stan­ley.

Depuis 1996

Il est égale­ment maître de con­férences à l’Institut d’études poli­tiques (Sci­ences po Paris), pro­fesseur de finances d’entreprise depuis 2003 et mem­bre du con­seil de direc­tion de l’IEP de 2000 à 2013.

Parcours militant

1988

À 20 ans, « il séchait les cours de sa licence de droit pour s’occuper de la cam­pagne prési­den­tielle de Ray­mond Barre. Sur le ter­rain. Il était respon­s­able des fédéra­tions des asso­ci­a­tions de jeunes » (« Emmanuel Gold­stein, un ban­quier engagé », Le Point, 17/01/2008). Emmanuel Gold­stein aban­donne ses études et devient per­ma­nent chez les Jeunes Démoc­rates soci­aux, affil­iés au Cen­tre des démoc­rates soci­aux (CDS). Il ren­con­tre par cette entrem­ise d’autres mil­i­tants qui devien­dront par la suite des per­son­nal­ités jour­nal­is­tiques ou poli­tiques comme Joseph Macé-Scaron, actuel patron de Mar­i­anne. « Jean-Luc Moudenc [maire de Toulouse], Jean-Christophe Lagarde [patron de l’UDI], Eric Azière [con­seiller de Paris], Olivi­er Par­do [avo­cat] ou Bernard Sananès [directeur d’institut de sondages] » (« L’ami pub­lic n° 1 », Le Point, 09/07/2015).

À cette même époque, Emmanuel Gold­stein est le prési­dent de l’Association des étu­di­ants gays de France.

Ce qu’il gagne

Non ren­seigné.

Publications

Non ren­seigné.

Collaborations

Fondation pour l’innovation politique

Mem­bre du con­seil sci­en­tifique et d’évaluation depuis le 23 jan­vi­er 2009. Réputé proche de l’ex-UMP (les Répub­li­cains), ce cer­cle de réflex­ion « s’inscrit dans une per­spec­tive libérale, pro­gres­siste et européenne. »

Institut de l’Entreprise

Ce cer­cle de réflex­ion « s’organise autour de cinq thé­ma­tiques pri­or­i­taires : com­péti­tiv­ité et inno­va­tion, emploi et prospec­tive sociale, man­age­ment, finances publiques et réforme de l’action publique. »

Sa nébuleuse

Morgan Stanley

Huitième banque d’affaires mon­di­ale.

Mor­gan Stan­ley est une banque améri­caine créée en 1935 et qui opère actuelle­ment dans 42 pays, dis­posant d’un réseau de 1 300 bureaux employ­ant 60 000 col­lab­o­ra­teurs. En avril 2010, elle enreg­is­trait la plus grande perte jamais réal­isée par un fonds spé­cial­isé dans l’immobilier, soit 8,8 mil­liards de dol­lars. Le 2 sep­tem­bre 2011, le gou­verne­ment des États-Unis a entamé des pour­suites judi­ci­aires con­tre Mor­gan Stan­ley pour son rôle dans la crise des sub­primes. En 2015, Mor­gan Stan­ley « a con­fir­mé sa renais­sance, en dégageant un béné­fice et un chiffre d’affaires trimestriels meilleurs que prévu en sur­fant sur la vague des fusions-acqui­si­tions et la bonne san­té de ses activ­ités de marchés. »

Mor­gan Stan­ley réal­i­sait en 2014 plus de 57 mil­liards de dol­lars de val­ori­sa­tion en ter­mes d’opérations con­seil­lées sur le marché des fusions-acqui­si­tions en France. Ce redresse­ment financier s’est opéré avec une main de fer, Emmanuel Gold­stein a notam­ment demandé la sup­pres­sion de 6 000 emplois aux syn­di­cats ain­si qu’aux trois États action­naires de la com­pag­nie aéri­enne scan­di­nave SAS (la Suède, la Norvège et le Dane­mark) pour l’obtention d’un prêt ban­caire en 2012 de la part de Mor­gan Stan­ley. Comme toutes les ban­ques d’affaires améri­caines, Mor­gan Stan­ley est forte­ment liée aux ser­vices secrets états-uniens et à la CIA.

Richard Descoings (directeur de l’Institut d’études politiques de Paris de 1996 à 2012)

Après son inter­lude en tant que per­ma­nent poli­tique (voir Par­cours mil­i­tant), Emmanuel Gold­stein, en tant que prési­dent du bureau des élèves de Sci­ences Po, fait la con­nais­sance de Richard Desco­ings, lui aus­si homo­sex­uel et acteur du pou­voir gay en France durant les deux dernières décen­nies, alors directeur adjoint de l’IEP.

Dans Richie, sa biogra­phie de Richard Desco­ings, la jour­nal­iste Raphaëlle Bac­qué relate leur ren­con­tre : « “Il m’a sauvé du flou”, dit-il par­fois. De fait, on le voit tou­jours dans le sil­lage de Richard depuis que celui-ci s’est intéressé, à la fin des années 1980, à ce garçon mince et paumé qui dirigeait avec mal­adresse le bureau des élèves de Sci­ences Po. » Dépres­sif et dévasté après un voy­age en Thaï­lande pour retrou­ver un copain de lycée devenu maque­reau dans un bor­del (Richie), Richard Desco­ings pousse Emmanuel Gold­stein à ten­ter le con­cours d’entrée de l’École nationale d’administration (ENA). Sa sor­tie (pro­mo­tion Vic­tor Schoelch­er) coïn­cide avec la nom­i­na­tion de Richard Desco­ings à la tête de Sci­ences Po, qu’il sol­licite pour dis­penser un cours de droit admin­is­tratif et se fait élire au con­seil de direc­tion. « Desco­ings veut réformer Sci­ences Po à marche for­cée. Il peut compter sur le sou­tien de son ami juriste. “C’est un intel­lectuel qui aime la chose publique. Il nous a aidés à faire pass­er des réformes de fond”, explique Lau­rent Big­orgne, à l’époque directeur de la sco­lar­ité […] Le ban­quier sou­tient l’ouverture de l’IEP aux jeunes de milieux défa­vorisés. Il pré­pare la réforme des sys­tèmes de bours­es. » C’est Emmanuel Gold­stein qui, lors d’un dîn­er, présente Nadia Marik, elle aus­si juge de tri­bunal admin­is­tratif, à Richard Desco­ings, qui l’épousera en 2004. Emmanuel Gold­stein est le témoin de leur mariage. En avril 2012, il fait par­tie de l’équipe de crise qui s’envole pour New York après la mort de Richard Desco­ings.

Out­re sa car­rière pro­fes­sion­nelle, Emmanuel Gold­stein doit à Richard Desco­ings ses réseaux homo­sex­uels. L’ancien directeur de Sci­ence Po et son com­pagnon, Guil­laume Pepy, louaient « ensem­ble un apparte­ment près de la place de la Madeleine, où se retrou­ve toute une généra­tion de hauts fonc­tion­naires homo­sex­uels venant de la Cour des comptes, du Quai d’Orsay, du Con­seil d’État. »

Dans l’ouvrage le Gay Pou­voir (Édi­tions Ram­say, 2003), le jour­nal­iste Yves Derai donne la parole à un homo­sex­uel proche d’Édouard Bal­ladur. Il relate le déroule­ment de ce genre de soirées, lui qui avait été invité à celle d’anciens énar­ques homo­sex­uels : « on com­para­it les car­rières, demandait les infos sur les uns et les autres. On s’échangeait des plans du genre “Untel est pédé, appelle-le”. Ce qui m’a frap­pé, c’est le jeu du out­ing. À la fin de la soirée, j’avais l’impression que toute la haute admin­is­tra­tion était dirigée par des gays. »

Mal­gré les révéla­tions de la cour des comptes sur la ges­tion calami­teuse de Sci­ences Po par Richard Desco­ings, Emmanuel Gold­stein n’a pas renié son héritage. Il s’est même inscrit dans sa lignée dans sa pro­fes­sion de foi aux élec­tions au con­seil de direc­tion : « L’action menée à la tête de Sci­ences Po pen­dant plus de quinze années sous l’impulsion de Richard Desco­ings ne saurait être une par­en­thèse. Les pro­fonds change­ments réal­isés con­stituent une véri­ta­ble réin­ven­tion de l’École qui est pleine­ment entrée dans le 21e siè­cle où la com­péti­tion entre les sys­tèmes d’enseignement supérieur et les élites qu’elles for­ment est mon­di­al­isée. Le pas­sage de la sco­lar­ité en cinq ans, l’internationalisation, la mas­téri­sa­tion, la créa­tion du dis­posi­tif des con­ven­tions d’éducation pri­or­i­taire, le ren­force­ment du sys­tème des bours­es, le déploiement des pre­miers cycles décon­cen­trés, la diver­si­fi­ca­tion des ressources finan­cières, autant de réformes fon­da­men­tales qui doivent être con­solidées, pour­suiv­ies et pro­longées […] J’ai eu la chance et le bon­heur de pou­voir con­tribuer très directe­ment à l’élaboration et la mise en œuvre de toutes ces impor­tantes réformes. » (« Pro­fes­sion de foi Emmanuel Gold­stein et Maxime Baf­fert » aux élec­tions au con­seil de direc­tion de l’institut d’études poli­tiques de Paris).

Richard Desco­ings était mem­bre du club Le Siè­cle et invité régulière­ment des loges maçon­niques (comme la loge « l’action social­iste » ou la loge « l’Union phil­an­thropique de Saint-Denis » du Grand Ori­ent de France).

Franc-maçonnerie

Emmanuel Gold­stein a été cinquième vénérable maître de la loge Aléthéia (« non occul­ta­tion, non voile­ment ») hébergée par le Grand Ori­ent de France (GODF). Fondée en 2000, d’après le site maçon­nique Hiram.be, elle appar­tient « à l’Ordre Ini­ti­a­tique et Tra­di­tion­nel de l’Art-Royal » (pour décou­vrir cet ordre), elle compte env­i­ron 70 mem­bres âgés le plus sou­vent de moins de 40 ans. La Loge Aléthéia « accepte aus­si, fait raris­sime, des homo­sex­uels et des femmes. Lorsqu’il en fut le “véné”, Emmanuel Gold­stein est resté fidèle à ses habi­tudes de bras­sage des mon­des. Il a organ­isé des “tenues blanch­es”, des soirées ouvertes à des non-ini­tiés en maçon­ner­ie, où un inter­venant extérieur vient par­ler d’un sujet libre. C’est ain­si que les frères ont pu échang­er avec Richard Desco­ings, Lau­rent Wauquiez ou Guil­laume Pepy », « L’ami pub­lic n° 1 », Le Point, 09/07/2015.

Après la tuerie de Char­lie Heb­do en jan­vi­er 2015, Daniel Keller, « grand maître » du Grand Ori­ent de France (GODF), a ren­du un hom­mage appuyé aux rédac­teurs de Char­lie Heb­do appar­tenant à la franc-maçon­ner­ie, et notam­ment au car­i­ca­tur­iste Tig­nous, « mem­bre de la Loge Aléthéia à l’O.’. de Paris I. »

Il l’a dit

« “Ceux qui ont par­ticipé aux cortèges de la Manif pour tous ne sont pas les bien­venus à la prochaine Goldie”, a fini par écrire Emmanuel Gold­stein sur son mur Face­book. Tout le monde a com­pris que l’on ne rever­rait pas de sitôt le maire du Puy-en-Velay [Lau­rent Wauquiez] dans ces soirées », « L’ami pub­lic n° 1 », Le Point, 09/07/2015.

Ils l’ont dit

« Fidèle des dîn­ers de Richard et Guil­laume, Emmanuel con­naît mille per­son­nes impor­tantes, bien au-delà des cer­cles poli­tiques de droite qu’il fréquente, des tri­bunaux admin­is­trat­ifs où il a atter­ri, à sa sor­tie de l’ENA, et de la banque Mor­gan Stan­ley où il vient d’entrer comme “man­ag­ing direc­tor”. Main­tenant qu’il est riche, il organ­ise des fêtes où se retrou­vent tous les homo­sex­uels influ­ents qui for­ment leur cer­cle com­mun. Richard [Desco­ings] n’a pas eu besoin de lui réclamer son aide. Gold­stein est un admi­ra­teur et un allié indé­fectible », Richie de Raphaëlle Bac­qué (Ed. Gras­set)

Lau­rent Wauquiez : « À Paris, il change d’obédience et “planche” sur l’enseignement supérieur rue Cadet, au siège du Grand Ori­ent de France, avant de dîn­er avec quelques ex-grands maîtres. C’est Emmanuel Gold­stein, de Mor­gan Stan­ley, qui l’a con­vié à ces agapes. Un des nom­breux amis ban­quiers d’affaires (comme Gré­goire Cher­tok, asso­cié-gérant de la banque Roth­schild, ou André-François Pon­cet, le fils du min­istre). Gold­stein est aus­si sa tête de pont vers un autre réseau, celui du pou­voir gay. On croise Lau­rent Wauquiez dans le duplex du ban­quier à Beaubourg lors de ces soirées “goldies” où se retrou­ve deux fois par an, autour d’un buf­fet au cham­pagne, l’élite homo­sex­uelle de la cap­i­tale. “ Un jour, j’ai tweeté qu’il était passé, il en a été très mécon­tent, racon­te le jour­nal­iste Frédéric Mar­tel. Sans doute n’était-il pas oppor­tun qu’on sache qu’un anti-mariage pour tous cour­tise le milieu gay…” », « Lau­rent Wauquiez, le “bad boy” de la droite », Le Monde, 21/05/2015.

Dans son roman à clef, Tick­et d’entrée (2011, Gras­set), le jour­nal­iste Joseph Macé-Scaron décrit le per­son­nage de Richard Kupfer­man, organ­isa­teur des fameuses « Richies Par­ties » (« “seules les bulles de qual­ité sont les bien­v­enues” soulig­nait à chaque fois, le maitre de mai­son dans ses invi­ta­tions. ») ressem­blant furieuse­ment à Emmanuel Gold­stein. Les invités des « Richies Par­ties » sont « triés sur le volet » avec « un quart de financiers et de ban­quiers, un quart de hauts fonc­tion­naires, un quart de com­mu­ni­cants et le reste regroupant ceux que Richard nom­mait les “intouch­ables” », cha­cun exhibant sa « dernière con­quête » allant du jeune étu­di­ant d’école de com­merce au boxeur thaï­landais « aux sour­cils épilés qui était passé sur un énar­que. » Macé-Scaron y décrit la soirée élec­torale du sec­ond tour de l’élection prési­den­tielle de 2007, ayant vu la vic­toire du can­di­dat de l’UMP, Nico­las Sarkozy, en présence « bras dessus, bras dessous du prési­dent de l’École libre des sci­ences poli­tiques et le patron des Voies fer­rées et rails de France », « d’Alexis de la Toc­quay patron des études à l’ENA » et du député « Lau­rent Wauquiez, jeune cadet de la droite con­quérante. » Une vic­toire accueil­lie avec ent­hou­si­asme par Richard Kupfer­man et ses invités, « l’ancien con­seiller de Dominique Strauss-Kahn (…) tombant dans les bras du directeur financier d’un fonds de pen­sion, le directeur aux ressources humaines de Hans Ander­sen embras­sant à pleine bouche le porte-parole de Médecins pour sauver le monde. »

Crédit pho­to : cap­ture d’écran vidéo Fon­dapol

Ce portrait a été financé par les donateurs de l’OJIM

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