Marche en hommage pour Quentin : comment les médias de gauche ont étrillé les manifestants

28 février 2026 | Temps de lecture : 8 minutes

Same­di 21 févri­er 2026, près de 3 200 per­son­nes (selon la pré­fec­ture) ont défilé dans le 7ᵉ arrondisse­ment de Lyon pour ren­dre hom­mage à Quentin Der­anque, jeune catholique et mil­i­tant nation­al­iste bat­tu à mort le 12 févri­er par des antifas­cistes de la Jeune Garde. Com­ment les médias ont-ils cou­vert cet évène­ment ? Tour d’horizon.

La man­i­fes­ta­tion a été abon­dam­ment dis­cutée avant, pen­dant et après. La majorité des médias ont suivi et com­men­té cette marche. On retrou­ve, dans l’analyse des dif­férents médias, le cli­vage droite/gauche.

Dans les médias de gauche, les jour­nal­istes insis­tent forte­ment sur le car­ac­tère extrémiste et « ultra­droitiste » de la man­i­fes­ta­tion, la présence de fig­ures rad­i­cales et les dérives observées, tout en présen­tant, pour cer­tains, la mort de Quentin comme liée à des vio­lences d’extrême gauche.

Les médias de droite quant à eux évi­tent de stig­ma­tis­er les per­son­nes présentes à la man­i­fes­ta­tion et se con­cen­trent sur les aspects posi­tifs : absence de vio­lence et fer­veur des manifestants.

Le retour du « néonazisme » et du pire de « l’ultra-droite », selon la presse de gauche

Libéra­tion, sans sur­prise, étrille la man­i­fes­ta­tion en l’honneur de Quentin dans un arti­cle entière­ment à charge. Dès le chapô, le ton de l’article est don­né avec la phrase : « Le gratin des grou­pus­cules néo­fas­cistes et néon­azis du pays ».

Les jour­nal­istes de Libéra­tion livrent un papi­er haute­ment offen­sif et sys­té­ma­tique­ment dia­bolisant sur la marche blanche en hom­mage à Quentin Der­anque. Dès les pre­mières lignes, l’événement est présen­té non pas comme un hom­mage mais comme « une belle réu­nion de famille pour tout ce que le pays compte de grou­pus­cules néo­fas­cistes et néon­azis » qui auraient élevé le jeune homme au rang de martyr.

Le ton est sar­cas­tique et accusa­teur : les con­signes pré­fec­torales strictes (pas de vis­age cagoulé, pas de mou­ve­ment hors cortège, pas de geste intem­pes­tif) sont moquées comme une sim­ple façon de « bor­der au max­i­mum » cette « réu­nion de famille ». La foule est décrite comme « com­posée majori­taire­ment de jeunes hommes, le vis­age masqué d’une manière ou d’une autre » (lunettes noires, bérets, cas­quettes, cache-cou, masques chirur­gi­caux). L’article se con­cen­tre presque exclu­sive­ment sur le fichage des « fig­ures d’extrême droite iden­ti­fiées sur place ». L’organisatrice Aliette Espieux est qual­i­fiée de « mil­i­tante anti-avorte­ment mar­iée à un néon­azi ». Les par­ents de Quentin, qui avaient demandé un hom­mage « digne, calme et sans expres­sion poli­tique », sont cités pour soulign­er qu’ils ont refusé de par­ticiper. De plus, le RN et Jor­dan Bardel­la sont men­tion­nés comme ayant prudem­ment pris leurs dis­tances pour ne pas « côtoy­er l’ultradroite » de trop près. Le jour­nal­iste s’en amuse et explique d’un ton sar­cas­tique que la présence du RN à ce « pèleri­nage pour Pétain » aurait nui à leur stratégie de dédiabolisation.

Voir aus­si : Meurtre de Quentin à Lyon : Camille Stineau, jour­nal­iste d’extrême gauche, pub­lie des tweets abjects et banalise la mort du jeune homme

Le Monde, moins sar­cas­tique et offen­sif que Libéra­tion, décrit un hom­mage organ­isé par « l’ultradroite » qui tente d’éviter les déra­pages pour se présen­ter « comme les gen­tils ». Il liste de nom­breux slo­gans, dont « Blanc ! Blanc ! Réveille-toi ! », que nous avons d’ailleurs débunké. Les man­i­fes­tants scan­daient en réal­ité « Lyon, Lyon réveille-toi ».

En out­re, Le Monde insiste sur la volon­té des organ­isa­teurs de la man­i­fes­ta­tion de faire de Quentin un mar­tyre de la cause iden­ti­taire. Enfin, les deux auteurs s’autorisent un moment d’humour lorsqu’ils décrivent un man­i­fes­tant comme étant « le comique de sa bande en noir » qui, devant pren­dre une rue à gauche, déclare « Ah non, pas à gauche, par pitié ».

Con­traire­ment aux autres médias, l’Obs pré­cise qu’un hom­mage à Quentin Der­anque a été ren­du dans l’église tra­di­tion­al­iste Saint-Georges, que fréquen­tait le jeune homme.

Des profils « sulfureux » de « l’ultradroite française » passés au crible par la presse de gauche

France 3 effectue des por­traits détail­lés de qua­tre fig­ures majeures de « l’ultradroite française » dans le ser­vice d’ordre ou au micro. La jour­nal­iste rap­pelle que Quentin était un mil­i­tant iden­ti­taire « mortelle­ment frap­pé au sol par des mil­i­tants antifascistes ».

L’Humanité com­mence par expli­quer dans leur arti­cle que les mil­i­tants présents ne sont pas « des ten­dres », « il y a là tout ce que la France compte d’ultra-nationalistes » et brosse un por­trait à charge des man­i­fes­tants. Le jour­nal com­mu­niste rap­porte que des mem­bres du ser­vice d’ordre bous­cu­lent des jour­nal­istes au point où une com­mis­saire de police doit leur dire « vous lais­sez les jour­nal­istes tra­vailler ». Mais tous les jour­nal­istes ne sont pas mis à la même enseigne ! Selon l’auteur de l’article, le youtubeur Vin­cent Lapierre, Jor­dan Flo­rentin, de Fron­tières, ou encore Paul Sugy, du Figaro, sont appré­ciés des man­i­fes­tants con­traire­ment aux autres jour­nal­istes. L’article de l’Humanité se con­clut sur la men­tion du chant La Ligue noire, un chant con­tre-révo­lu­tion­naire qu’entonnent les manifestants.

Un ton beaucoup plus nuancé chez les médias de droite

Paul Sugy, jour­nal­iste au Figaro et édi­to­ri­al­iste sur CNews, livre un réc­it descrip­tif et nuancé de la marche d’hommage à Quentin Der­anque. Le jour­nal­iste décrit une foule hétéro­clite (blousons noirs dis­crets, familles, bour­geois en Bar­bour, retraités, enfants, pous­settes, abbés, mil­i­tantes Némé­sis…), insiste sur la dis­ci­pline imposée par les organ­isa­teurs (sobriété, inter­dic­tion des signes osten­ta­toires, ser­vice d’ordre zélé pour écarter slo­gans ou gestes déviants), et souligne le calme glob­al de l’événement.

Le recueille­ment final (gerbe, torch­es, silence, chants tra­di­tion­al­istes comme « La Ligue noire » citée in exten­so ou « La Cav­al­cade », Ave Maria) est présen­té comme une scène forte et mar­quante, presque émou­vante (« veil­lée scoute », fris­son dans la foule, polici­er qui applau­dit discrètement).

Paul Sugy note les slo­gans poli­tiques anti-antifas et anti-LFI (« Antifas assas­sins », « LFI com­plices », « Jeune Garde en prison »), mais sans les sur­in­ter­préter comme preuve d’une « dérive fas­ciste général­isée ». Au con­traire, il met en avant la diver­sité des par­tic­i­pants (mères de famille venues par empathie parentale, dis­cours sur la lib­erté d’expression) et con­clut avec une pointe d’ironie : « On attendait le bruit des bottes. On a vu surtout des chaus­sures bateau. » Ce traite­ment tranche forte­ment avec la cou­ver­ture des médias de gauche (Medi­a­part : « À Lyon des néon­azis pren­nent la rue en toute impunité » ou dans Libéra­tion : « le gratin des grou­pus­cules néo­fas­cistes et néonazis »).

Une foule sobre et disciplinée

La jour­nal­iste Maïlys Brunel, envoyée spé­ciale à Lyon pour le jour­nal Le Point, rap­porte dans son arti­cle un déroule­ment calme et sans affron­te­ments pour la marche blanche en hom­mage à Quentin.

Le ton est dédrama­tisé, obser­va­teur et nuancé : l’autrice met en avant le respect des con­signes strictes (« car­ac­tère paci­fique », « aucune expres­sion poli­tique » rap­pelées par la pré­fec­ture), incar­nées par Aliette Espieux (l’organisatrice de la marche) qui exhorte : « Ne répon­dez pas aux provo­ca­tions, ne don­nez pas aux mil­ices d’extrême gauche du pain sur la planche ».

Elle décrit une foule sobre et dis­ci­plinée (tenue dis­crète, tatouages cou­verts, masques chirur­gi­caux, refus de don­ner les noms aux jour­nal­istes), avec des échanges posi­tifs internes (« Ça nous fait plaisir de voir des petits jeunes comme vous. Ça nous donne de l’espoir pour demain ! »).

La jour­nal­iste donne la parole à deux per­son­nes : une habi­tante du quarti­er, Ludi­vine, qui y voit un rassem­ble­ment « plutôt sain » dans son principe (hom­mage à une mort vio­lente), tout en craig­nant des débor­de­ments en marge ; et Bernard (du Jura) qui exprime son ras-le-bol face à la vio­lence et accuse Mélen­chon de l’attiser. L’article se con­clut sur une note pos­i­tive : « aucun affron­te­ment n’a lieu. Les deux camps ne se sont pas croisés ».

Harcelée par la présence médiatique

Du côté de Valeurs actuelles, on remar­que que mal­gré la cou­ver­ture extrême­ment néga­tive effec­tuée par les médias de gauche de l’évènement, « aucun inci­dent majeur n’a été sig­nalé, avant, pen­dant ou après l’événement ».

Voir aus­si : Assas­si­nat à Lyon de Quentin, mil­i­tant iden­ti­taire : revue de presse

La jour­nal­iste France Goutierre rap­porte toute­fois qu’en marge du rassem­ble­ment, des « jets de pro­jec­tiles, insultes et moqueries venus d’antifas et de quelques habi­tants du quarti­er » ont per­tur­bé la marche.

En out­re, une man­i­fes­tante s’est dite « harcelée par la présence médi­a­tique » au cours de la man­i­fes­ta­tion. Enfin, mal­gré l’arrestation de per­son­nes liées à la mou­vance antifas­ciste soupçon­nées d’avoir assas­s­iné Quentin, on apprend, tou­jours dans cet arti­cle de Valeurs actuelles, qu’Emmanuel Macron a demandé de dis­soudre deux groupes de droite iden­ti­taire : Patria Albiges et le Bloc montpelliérain.

Jean-Charles Souli­er