Jean-Marc Morandini

Jean-Marc Morandini

Dernière modification le 14/07/2017

Né en août 1965 à Marseille d’un père d’origine corse, ingénieur des télécommunications, et d’une mère d’origine sarde, secrétaire, Jean-Marc Morandini, alias JMM, est un journaliste, animateur de radio et de télévision.

Au cours du temps, il s’est spécialisé dans la couverture de l’actualité des médias, sujet auquel il a consacré son blog jeanmarcmorandini.com, lequel revendiquait 1 million de visiteurs uniques et plus de 25 millions de pages visitées dès 2008. Le blog a été désigné par un jury de personnalités réunies par l’hebdomadaire Challenges comme le meilleur blog médias de France. Appartenant à la société de l’animateur The Web Family, c’est un site également très convoité puisque JMM affirme avoir refusé à deux reprises des offres de rachat pour plusieurs millions d’euros en 2009. Depuis janvier 2013, ce dernier est redevenu seul propriétaire de son site puisqu’il a racheté les parts qu’il avait vendues précédemment au groupe Bolloré Médias en 2011. Depuis 2002, date à laquelle il s’est spécialisé dans l’actualité des médias, Jean Marc Morandini est un des journalistes les plus critiqués de France. Son indépendance est régulièrement mise en cause dans la mesure où il travaille pour des groupes partiellement spécialisés dans les médias, à savoir Lagardère sur Europe 1 et Bolloré sur Direct 8, même si ce dernier assure jouir d’une entière liberté de parole. La récente attitude que le journaliste a adoptée vis à vis des médias lui vaut de nombreuses inimitiés, notamment de la part de ses confrères. A travers ses livres, JMM se pose en effet en chevalier blanc, critiquant le milieu de la télévision dont il est lui-même issu et fustigeant la médiocrité des programmes alors qu’il était lui-même considéré dans les années 90 comme un parfait représentant de la « télé poubelle ».

Formation

Après avoir obtenu un baccalauréat scientifique puis un BTS commercial, il s’inscrit en école de journalisme. Pendant son service militaire, il intègre le Service d’Information et de Relations Publiques des Armées (SIRPA). Il est diplômé de l’École de Journalisme et de Communication de Marseille.

Parcours professionnel

Jean-Marc Morandini débute sa carrière en entrant à Radio Star à Marseille dans les années 80. De 1986 à 1987, il devient reporter pour le journal Le Méridional (devenu La Provence) et présentateur du journal de 13 heures sur FR3 Midi-Pyrénées. En 1988, JMM devient journaliste et envoyé spécial sur la nouvelle chaîne La Cinq, puis présentateur et rédacteur en chef au sein de cette même chaîne. En 1992, il anime une chronique « consommation » dans « Télématin » sur France 2 et présente les journaux de la matinale sur NRJ. De septembre 1993 à juin 1997, Jean-Marc Morandini anime l’émission « Tout est possible » sur TF1. En raison de son côté voyeuriste, cette émission essuie des critiques virulentes de la part du quotidien Libération et des Guignols de l’Info et se voit même érigée en symbole de la « télé Poubelle », ce qui poussera TF1 à mettre fin à sa diffusion. En 1998, il rejoint le groupe NRJ en animant une émission sur Chérie FM. Très vite, il prend la direction d’antenne de cette chaîne ainsi que de Nostalgie. En décembre 1999, JMM quitte le groupe NRJ et lance le portail internet Toutestnet.com. En juin 2000, il rejoint le groupe LV&Co, propriétaire des radios Voltage et MFM. En octobre 2001, il remplace au poste de directeur général Christophe Sabot qui rejoint le groupe Lagardère, avant de quitter le groupe de Gérard Louvin en avril 2003 pour se concentrer sur l’animation au sein de la radio RMC Info. A partir d’août 2002, JMM anime la tranche de la mi-journée sur RMC. En juillet 2003, il est licencié suite à une interview accordée au Parisien dans laquelle il critiquait son employeur, le groupe NextRadioTV, dont il qualifiait les dirigeants de « financiers » et non de « journalistes ». En juillet 2004, la station perd son procès contre l’animateur, à qui elle réclamait 1,5 million d’euros pour ses propos. En août 2003, il intègre Europe 1 pour animer une émission consacrée aux médias du lundi au vendredi de 10h30 à 12h. A partir du 15 octobre 2004, parallèlement à son émission sur Europe 1, JMM anime « Ça reste entre nous », un talk-show sur l’actualité people sur Match TV mais cette dernière disparaît en août 2005. Depuis le 3 avril 2006, il présente « Morandini ! », une émission quotidienne d’une heure consacrée à l’actualité des médias sur Direct 8. En novembre 2006, son émission est rallongée et passe de 60 à 90 minutes. En août 2007, JMM reprend la tranche 11-14h sur Europe 1 avec l’émission « Le Grand Direct ». Au printemps 2008, après avoir proposé une émission hebdomadaire sur les médias à France 5, il décide finalement de rester sur Europe 1 et de poursuivre ses chroniques dans Télé 7 jours et France Soir. En décembre 2008, il cesse sa collaboration avec France Soir, après 600 articles, pour proposer une chronique dans Direct Soir, le quotidien gratuit du groupe Bolloré, également propriétaire de Direct 8. Depuis 2010, Direct Soir a disparu mais JMM signe quotidiennement un billet d’humeur sur la télévision et les médias dans Direct Matin qui appartient également au groupe Bolloré Médias. A partir de mars 2009, tous les premiers lundis du mois sur Direct 8, il présente « Présumé Innocent », un magazine sur les faits de société. En août 2009, « Le Grand Direct », toujours diffusé sur Europe 1, voit sa durée réduite de trois heures à deux heures trente. En mars 2011, Jean-Marc Morandini cesse de présenter « Le Grand Direct des Médias » entre 11 et 12h. Désormais, il intervient dans la matinale à 9h20 pour évoquer les audiences de la veille. A l’été 2012, il quitte Direct 8, chaîne rachetée par le groupe Canal+. Il rejoint alors NRJ 12 pour animer et produire via sa société de production « Ne zappez pas productions » l’émission « Vous êtes en direct » diffusée du lundi au vendredi à 18h30. L’année suivante, JMM anime « #Morandini : télé, people, buzz » du lundi au vendredi à partir de 18h55 du 26 août au 6 septembre 2013, date à laquelle l’émission est déprogrammée par NRJ 12 faute d’audience. Depuis le 4 février 2013, il présente « Crimes », une série documentaire sur NRJ 12 consacrée aux faits divers.

En 2015, il anime « Face à France » sur NRJ12, mais l’émission est déprogrammée suite aux attentats du 13 novembre 2015, la chaîne ne souhaitant pas évoquer des événements à ce point dramatiques sur son antenne. Jean-Marc Morandini réagit avec colère à cette annulation en affirmant : « Vous avez des patrons qui acceptent de mettre à l’antenne une émission qui s’appelle “Face à France”, dont le concept consiste à rebondir sur l’actualité et à écouter ce qu’ont à dire les Français sur l’actualité. Or, s’il y a cette semaine une chose qui fait l’actualité et sur laquelle on a envie d’entendre nos panélistes, ce sont bien les attentats de vendredi. Je ne me voyais pas parler d’autre chose avec eux demain alors que toute la France ne parle que de ça ! »

Controverses

Jean-Marc Morandini a été accusé à de nombreuses reprises, notamment par le magazine Télérama, de privilégier le scoop à la précision et de s’entourer de journalistes peu expérimentés et de stagiaires. En avril 2007, JMM annonce qu’il donnera sur son blog les résultats de l’élection présidentielle française à 18h, soit deux heures avant l’heure légale. Devant le tollé médiatique suscité par cette annonce, il est cependant obligé de renoncer. A l’été 2008, JMM ouvre un site consacré à l’actualité people, scooppeople.fr, fermé au bout de quelques jours parce qu’il reprenait sans autorisation des photos de diverses agences de presse. En mars 2009, l’humoriste Laurent Gerra qualifie l’animateur de « fosse septique d’Europe 1 » et son blog de « site de délateur, Morandini point kommandantur ». En 2009, la société éditrice du blog de JMM est accusée par Médiamétrie de concurrence déloyale envers son concurrent Ozap.com. Cette accusation se base notamment sur la publication de chiffres erronés relatifs à l’audience de son blog. Sa société sera même condamnée à verser 5 000 euros de dommages et intérêts à Ozap.com en 2009 et le sera à nouveau pour le même motif en 2012. D’autre part, le site est régulièrement accusé de plagier des photos et des vidéos d’autres sites, sans compter les critiques récurrentes relatives à la modération des commentaires. Par ailleurs, Jean-Marc Morandini est également accusé de « bidonner » ses émissions, ce qui lui a valu plusieurs mises en garde du CSA, notamment en juillet 2009 lors d’une émission spéciale consacrée aux funérailles de Michael Jackson. Des journalistes, censés être en duplex depuis Los Angeles, se trouvaient en réalité dans un autre studio de la chaîne à Puteaux… JMM a été parodié par « Le Petit Journal » sur Canal+ et, depuis l’année 2013, il est régulièrement imité par Nicolas Canteloup dans « La revue de presque » sur Europe 1 et dans l’émission « Après le 20h, c’est Canteloup » sur TF1. Depuis 2012, un conflit personnel l’oppose à Cyril Hanouna, animateur de « Touche pas à mon poste » sur D8, l’animateur de NRJ 12 reprochant à ce dernier d’avoir donné une fausse information sur la chaîne en annonçant que son émission serait remplacé par « Star Academy » faute d’audience…

En juillet 2016 Les Inrocks publient une enquête sur les pratiques curieuses de son casting, où lui et sa société de production auraient proposé aux candidats à sa websérie Les faucons de réaliser des scènes osées et des photos nus « pour les besoins du casting », en mettant en avant sa personnalité d’animateur à succès. Morandini réplique en dénonçant un complot de Fogiel et Delormeau pour l’abattre.

Suite à cette affaire, l’animateur est écarté des grilles de rentrée d’Europe 1 et NRJ-12. Mis en examen en septembre 2016 pour corruption de mineurs et corruption de mineurs agravée, il revient sur l’antenne de I-télé en octobre, ce qui provoque une grève générale lancée mi-octobre. Après 31 jours de grève générale, la chaîne est en ruines – 0,5% d’audience au lieu de 1% avant la crise, 100 départs dont 80 salariés en CDI, Morandini maintenu par Bolloré mais absent des grilles de programmes. Son émission a été suspendue au bout d’une semaine ; dans le Parisien, des proches de Bolloré s’épanchaient alors : « Il faut que Morandini parte de lui-même. Ça ne marche pas en termes d’audiences, les annonceurs boycottent ».

Au milieu de cet énorme de déballage – où nombre d’inimitiés qu’il s’est fait pendant sa carrière se sont soldées – il a néanmoins maintenu son site consacré aux médias. Et i>Télé, devenue C-News, annonce son retour pour la rentrée. Début juillet, la justice décide que les pièces de l’enquête concernant la corruption de mineurs – « six télé­phones portables, trois disques durs, onze clés USB […] et plusieurs photos d’hommes nus », selon la Dépêche du Midi, saisies chez lui – ne seront pas exploitées, à cause d’un vice de procédure. Un coup de théâtre à double tranchant pour l’animateur pour qui le soupçon demeure, faute d’avoir été blanchi par la justice. On parle aussi de lui pour une émission quotidienne dans Non stop people, une chaîne du groupe Canal+ disponible sur câble et satellite.

Parcours militant

Non renseigné

Sa nébuleuse

Non renseigné

Ce qu’il gagne

En 2011, dans une interview accordée au magazine Public daté du 15 novembre, JMM déclare gagner pour l’ensemble de ses activités plus de 19 000 euros par mois. En 2014, invité à l’émission « C à vous » sur France 5, il confie à la journaliste Anne-Sophie Lapix gagner 9000 bruts par mois à la radio. En revanche, il ne dévoile rien concernant ses revenus à NRJ 12.

Le 22 février 2016, en direct sur Europe1, il répond à une question sur son salaire : « C’est une question ? 19.000 euros, je fais de la radio et de la télé et je dis que mes deux salaires cumulés sont de 19.000 euros ».

Publications

  • Le Bal des faux-culs, Éditions L’Archipel, 2004
  • L’enfer du décor, Éditions L’Archipel, 2005
  • Télé-vérité : Parents, vos enfants sont en danger !, L’Archipel, 2006
  • Télé, l’implosion : Chronique d’un désastre annoncé, L’Archipel‎, 2007

Il l’a dit

« Bien sûr que je suis un privilégié, mais je dois avouer que je n’ai pas honte de ce que je gagne. J’ai toujours pensé que si on payait beaucoup les animateurs et les journalistes, c’est qu’ils devaient rapporter beaucoup plus à leur employeur. Je crois franchement que le scandale ce ne sont pas les gens qui gagnent bien leur vie, mais ceux qui ne gagnent pas assez ! C’est à eux qu’il faut penser », Public, novembre 2011.

« Pour ma mère, journaliste n’était pas un métier. Elle me disait toujours : Qu’est-ce que tu vas aller faire dans ce monde-là ? C’est un métier d’apparence… Moi, j’avais vraiment envie de faire ça. Je crois que déjà au fond d’elle elle pensait que c’était un métier de faux cul. Elle a devancé ce que ce que j’allais découvrir plus tard. Elle avait pas tort du tout », « Tout le monde en parle », France 2, mars 2004.

« Je préfère faire des émissions populaires au sens noble du terme et non pas des programmes élitistes qui ne vont s’adresser qu’aux bobos parisiens ! », Public, août 2012

« J’ai appris par le passé qu’on ne gagne jamais contre une presse déchaînée et mal intentionnée. », Fluctuat, 2006.

Ils l’ont dit

« La plaisanterie a assez duré. Que Vincent Bolloré envoie Morandini animer des soirées en Afrique, mais qu’il libère l’antenne, ça me paraît tellement aberrant », Stéphane Guillon sur C8, 20/10/2016.

« Au-delà des intérêts des journalistes et des techniciens engagés dans ce mouvement, il y a un enjeu de morale publique. Ce n’est pas du Morandini bashing que l’on fait. On fait un choix de neutralité. La prudence nous pousse et nous oblige à refuser de participer à une antenne qui donne une vitrine à une personne mise en examen pour ces faits-là. On pense aux victimes présumées », Guillaume Auda, un des porte-paroles de la rédaction d’i>Télé en grève, Europe 1, 18/10/2016.

« Ce qui s’est passé entre hier et aujourd’hui, c’est la première de Morandini Live. Elle montre exactement le contraire, sur le fond et sur la forme, de ce que l’on a toujours fait à iTélé, à savoir du journalisme de qualité et intègre. Sur la forme, c’était bricolé. Sur le fond, quand on a la prétention journalistique d’être une émission de l’actualité des médias, on traite de l’actualité des médias : une grève à i>Télé et la plainte contre X mais également contre Vincent Bolloré de Nicolas Vescovacci, Geoffrey Livolsi et Jean-Pierre Canet, les trois journalistes et auteurs du reportage sur le Crédit Mutuel déprogrammé par Canal+. Mais cela n’a pas été traité », ibid.

« L’arrivée de Morandini sur iTélé était la ligne rouge à ne pas dépasser. Mais il y a des revendications moralement beaucoup plus importantes que son arrivée », un journaliste d’i>Télé gréviste, op. cit.

« Le mécanisme est simple : Morandini relaie une rumeur sur son blog, la dément sur Europe 1 puis résume toute la polémique sur Direct 8. A lui seul, il fait l’actu », Erwann Desplanques, Télérama, octobre 2008.

« Jean-Marc Morandini, un égo surdimensionné ? Si peu … Son blog ne fonctionne qu’autour de son nom, visible absolument partout. Rien que sur la page d’accueil de son blog, on trouve plus de 15 fois le mot « Morandini » et 5 photos de lui. Son émission sur Direct 8 ? Facile de trouver le nom ! Tout simplement : « Morandini ! » Et là encore, sur la page internet de l’émission, 4 fois le mot « Morandini » et trois photos de l’animateur », Luc Mandret, marianne.net, juin 2008.

« En 1997, il était le paria du PAF. Aujourd’hui, Jean-Marc Morandini se pose en chevalier blanc. L’ex-présentateur “trash” de TF1 présente depuis 2003 “Rendez-vous avec la télé” sur Europe 1. Et vient de publier Télé Vérité (éd. L’Archipel), troisième livre, en trois ans à pourfendre la lucarne. Cette fois, ce sont “nos enfants” qu’il veut protéger d’un petit écran, dont il fait pourtant son miel », Dan Israel, 20 minutes.fr, avril 2006.

« Étrange retournement de situation : depuis qu’il est « media-watcher », l’ancienne victime fait tout pour passer du temps avec ses anciens bourreaux. Explication, Jean-Marc ? “Gaccio, j’ai envie de parler avec lui. Je voudrais surtout qu’il me dise s’il se rend compte à quel point il peut faire du mal aux gens, à quel point il les fait souffrir”. Et lorsqu’il se retrouve à interviewer le mec qui l’a viré de TF1, ça le fait ? “Ben, je me rends compte que c’est juste du business, finalement. L’humain n’a pas beaucoup d’importance là-dedans”. Le lendemain, Guy Carlier, un autre de ses anciens tortionnaires, nous appelle du volant de sa RAV4 (“Ne vous en faites pas, j’ai un mains-libres”) pour nous livrer sa propre lecture du parcours de notre héros : “C’est un chemin psychanalytique logique : le syndrome de Stockholm, la victime devenue complice de ses bourreaux. Il a fait son émission comme on blanchit de l’argent sale, ça lui a permis d’avoir un certain succès d’estime. Mais, à force de se blanchir, il est devenu le chevalier blanc, chantre de la pseudo-médiocrité à la télé”. Effectivement, que penser de ses salves bien-pensantes contre la télé-trash, lui qui en est — quelque part — le papa ? », Laurence Remila, Technikart, avril 2004.

Crédit photo : Nicolas Genin via Wikimedia (cc)

Ce portrait a été financé par les donateurs de l’OJIM. Notre site est gratuit, nous refusons toute publicité et toute subvention – ce sont les lecteurs/donateurs qui assurent notre indépendance. En donnant 100 € vous financez un portrait de journaliste et avec l’avantage fiscal de 66% ceci ne vous coûte que 33 €. En donnant 200 € vous financez un dossier. Vous pouvez régler par CB, par PayPal, par chèque ou par virement. Nous n’avons pas d’autres sources de financement que nos lecteurs, d’avance merci pour votre soutien. Pour faire un don, cliquez ici.