Florian M. sera finalement jugé pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner » et non pour meurtre. Le policier ayant tiré sur Nahel pour mettre fin à sa conduite dangereuse, tir qui avait entraîné sa mort. Une décision qui mène le procès à la cour criminelle départementale plutôt qu’aux assises, et peut déboucher sur une peine de 15 ans de prison au lieu de 30. Cette évolution n’est pas du goût de la plupart des médias, notamment ceux que l’on classe à gauche.
La parole est à l’accusation
Pour éviter des articles trop éditorialistes, c’est plutôt simple : il faut citer les parties prenantes. Ici, cela peut être le policier, la famille de Nahel, les avocats ou les magistrats. Le parti pris se cache évidemment dans les personnes que l’on cite et les propos que l’on met en avant. Ainsi, RTL choisit de titrer que la famille de Nahel dénonce « une décision “honteuse” » et cite son avocat selon qui « les violences policières se règlent à l’amiable et pas devant une justice populaire ». BFM TV reprend la même citation. France Info cite également longuement la mère de Nahel, qui estime qu’« ils le tuent une deuxième fois », phrase reprise dans d’autres médias, et son avocat, Me Franck Berton, qui regrette que le procès échappe aux assises. Le fait que le policier n’aille pas devant les assises est particulièrement insupportable pour plusieurs médias. La Dépêche cite ainsi Me Berton qui « estime que cette requalification équivaut à “mettre en place des barrières de protection pour le policier”. »
Les maux qu’aiment les médias
D’autres médias choisissent également de maintenir des mots forts, comme Le Parisien qui rappelle que Florian M. a « abattu » Nahel « après un refus d’obtempérer ». Que ce soit dans les citations reprises du côté de la famille de Nahel ou dans les mots utilisés par certains médias, on reconnaît les éléments de langage de la gauche. Celle-ci affirme notamment que l’affaire Nahel risque de rétablir une peine de mort de fait pour des refus d’obtempérer. En somme, ils éludent la conduite dangereuse de Nahel, dont il est très rarement fait mention. On a ainsi l’impression que Florian M. a tué Nahel simplement parce qu’il a refusé de donner son permis de conduire lors d’un contrôle de routine. RTL écrit ainsi que Nahel a été tué par balle « lors d’un contrôle routier ». Libération titre quant à lui que la justice « abandonne la qualification de meurtre », ce qui a pour résultat que les poursuites « ne tiennent plus qu’à un fil ».
Le portrait familial
La mère de Nahel a pour ainsi dire fait le tour des médias. Si, lorsqu’un enfant ou un adolescent blanc meurt sous les coups de l’immigration ou de l’extrême-gauche, ses parents restent faire leur deuil chez eux, ce qu’on ne peut guère leur reprocher, pendant que les journalistes et personnalités de gauche accusent leurs soutiens de récupération, la mère de Nahel a choisi de réclamer la condamnation du policier. Les médias ont donc pu faire de nombreux portraits d’elles, et utiliser ses photos pour illustrer leurs articles. C’est le cas encore aujourd’hui, avec BFM TV qui affirme que la décision de justice est pour elle « un coup de massue ».
Comment la droite défend la police
De son côté, CNews brosse un portrait adouci de Florian M. qui « faisait “beaucoup de sport et de lecture” en détention », et le cite lorsqu’il raconte le « bruit des autres détenus » difficile à supporter et qu’il a « réussi à rester fort » « même si ce n’était pas facile. » L’article aborde son suivi psychiatrique, l’évolution dans son travail – il a été muté au Pays basque, les messages de soutien. L’enjeu est de montrer comment une action considérée par la droite comme légitime a détruit la vie et la santé d’un homme qui se trouvait face à un garçon dangereux. Au reste, la rubrique mal-nommée « faits divers » est souvent émaillée de passants tués par des chauffards.
Ce qu’implique la requalification des faits
La cour a établi que l’on ne pouvait reprocher à Florian M. d’avoir porté une arme, puisqu’il s’agissait de son arme de service, ni d’avoir tiré à 16 cm de distance. En effet, il a pu vouloir éviter de blesser les passagers de la voiture, à l’arrière et sur le siège passager. Or, cette distance est très souvent retenue par les médias pour fustiger le policier, avec des articles qui évoquent « une balle tirée à bout portant », par exemple sur BFM TV ou La Dépêche.
Comment certains médias évitent de se positionner
Le vent tourne dans les urnes, avec plus d’un Français sur trois votant à ce que les médias appellent l’extrême droite, et cette évolution se ressent parfois, quoique rarement, dans les articles de presse. Certains journalistes trouvent de moins en moins facile de laisser libre cours aux idées de gauche que l’on perçoit dans les sondages faits dans certaines rédactions à l’approche des élections nationales. Ainsi, Le Monde cite largement la défense et l’accusation dans le traitement du procès de Florian M., policier accusé de violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner dans l’affaire Nahel. Il va même jusqu’à écrire qu’à Nanterre, « famille et soutiens continuent de demander “justice” », avec des guillemets.
Adélaïde Motte

