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Municipales 2026 : comment la presse mainstream tente d’invisibiliser Rémi Gaillard !

18 mars 2026 | Temps de lecture : 7 minutes

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Ancien youtubeur, humoriste et mil­i­tant ani­mal­iste, Rémi Gail­lard se présen­tait à la mairie de Mont­pel­li­er con­tre le maire actuel PS : Michaël Delafos­se. Il a réal­isé un score de 8,21%, échouant à se qual­i­fi­er pour le sec­ond tour. Rémi Gail­lard accuse dans un post sur X les médias sub­ven­tion­nés par la mairie de Mont­pel­li­er d’avoir volon­taire­ment omis de par­ler des intim­i­da­tions et men­aces dont il a fait l’objet. Gail­lard a déjà eu maille à par­tir avec France Télévisions.

Rémi Gail­lard a annon­cé sa can­di­da­ture aux élec­tions munic­i­pales à Mont­pel­li­er le 4 févri­er 2026, sous la liste « Yes We Clown » Le mil­i­tant ani­mal­iste a préféré éviter toute éti­quette par­ti­sane et cen­tre sa cam­pagne sur des thèmes rassem­bleurs comme l’écologie, la démoc­ra­tie directe et la transparence.

Menaces et intimidations du clan Delafosse

Déjà can­di­dat en 2020, où il avait obtenu près de 9,6 % des voix au pre­mier tour, Rémi Gail­lard reve­nait cette fois avec une cam­pagne axée sur la cri­tique de la dernière man­da­ture social­iste : les accoin­tances de Michaël Delafos­se avec Jack Lang, des soupçons de détourne­ment de fonds et des soupçons d’attributions de loge­ments soci­aux moyen­nant finances. Par­mi les faits qu’il dénonce régulière­ment fig­urent des inci­dents sur­venus sur sa pro­priété privée. En mai 2024, deux pins d’une ving­taine de mètres de haut, âgés de plusieurs dizaines d’années, ont été abat­tus sur son ter­rain alors qu’il n’était pas présent. Selon des infor­ma­tions pub­liées par InfOc­c­i­tanie le 17 mai 2024, l’opération a été réal­isée par une entre­prise man­datée par la Métro­pole de Mont­pel­li­er, présidée par Michaël Delafos­se (qui cumule les fonc­tions de maire de Mont­pel­li­er et de prési­dent de la métro­pole). L’article pré­cise que les arbres ont été tronçon­nés sur place après abattage. Rémi Gail­lard a qual­i­fié cet acte d’intrusion sur pro­priété privée et de pos­si­ble manœu­vre d’intimidation, notam­ment dans le con­texte de sa précé­dente can­di­da­ture en 2020 où des faits sim­i­laires avaient déjà été rap­portés (abattage d’arbres man­daté par la métro­pole trois mois après le scrutin, tou­jours selon InfOc­c­i­tanie).

Ces événe­ments s’inscrivent dans une série d’accusations portées par le can­di­dat con­tre l’équipe munic­i­pale. Il évoque égale­ment des men­aces anci­ennes, comme le mes­sage pub­lié en 2020 par François Vil­lette, directeur adjoint du cab­i­net du maire, indi­quant que les cri­tiques de Gail­lard lui don­naient « envie de sor­tir son revolver », accom­pa­g­né d’une pho­to avec un fusil.

Le vidéaste a ressor­ti cet épisode en 2026 lors de débats publics et sur les réseaux, en le reliant à d’autres intim­i­da­tions présumées.

Les pressions de France TV pour invisibiliser Rémi Gaillard

Un autre épisode fréquem­ment évo­qué par Rémi Gail­lard con­cerne sa polémique avec France Télévi­sions en jan­vi­er 2022, liée à l’émission « Ça com­mence aujourd’hui » présen­tée par Faus­tine Bol­laert sur France 2. Le 10 jan­vi­er 2022, Pierre-Alain de Pic­coli, surnom­mé Pier­rot, ancien sans-abri mont­pel­liérain, était invité pour témoign­er de son par­cours de sor­tie de la rue. Rémi Gail­lard avait aidé Pier­rot dès mars 2020 : pen­dant le pre­mier con­fine­ment, il avait relayé une vidéo virale où celui-ci dénonçait sa sit­u­a­tion d’« enfer­mé dehors » alors que le mot d’ordre nation­al était « restez chez vous ». L’humoriste avait con­tribué à lui trou­ver un loge­ment et un sou­tien con­cret. Selon les déc­la­ra­tions de Pier­rot lui-même sur Twit­ter et un enreg­istrement audio dif­fusé par Rémi Gail­lard, la pro­duc­tion de l’émission lui aurait explicite­ment demandé de ne pas pronon­cer le nom de l’humoriste dans ses remer­ciements, sous peine de couper la séquence au mon­tage. L’enregistrement, ren­du pub­lic par Gail­lard, cap­ture plusieurs échanges télé­phoniques avec la rédac­trice en chef de l’émission.

Dans l’un d’eux, la pro­duc­trice décrit Gail­lard en ces ter­mes : « C’est un mec très bien qui peut s’engager auprès des ani­maux, qui peut s’engager pour plein de caus­es. Par con­tre, à par­tir du moment où ça touche un sys­tème qui le fait chi­er, il va faire chi­er le sys­tème ». Elle ajoute que cer­taines per­son­nes « ne doivent même pas être citées » sur l’antenne. Gail­lard a qual­i­fié ces pro­pos de révéla­teurs d’une cen­sure sélec­tive et a posté sur X (anci­en­nement Twit­ter) : « Bon­jour France 2, comme le mon­tre cet enreg­istrement, il sem­blerait que cer­taines per­son­nes ne doivent même pas être citées sur vos antennes. Du coup, est-ce que je dois con­tin­uer de pay­er la rede­vance télé et financer ma pro­pre censure ? »

Pier­rot avait ini­tiale­ment pub­lié un tweet remer­ciant publique­ment Gail­lard après la dif­fu­sion de l’émission, mais il a ensuite été invité à le sup­primer, selon les élé­ments rap­portés à l’époque. La réponse offi­cielle des équipes de « Ça com­mence aujourd’hui », pub­liée sur Twit­ter le 14 jan­vi­er 2022, a été la suivante :

« Cher Rémi Gail­lard, aucune con­signe vous con­cer­nant, ras­surez-vous. En général, on préfère laiss­er plus de place aux témoignages à l’antenne qu’aux remer­ciements. Mer­ci pour l’aide que vous avez apportée à Pier­rot et mer­ci à tous pour l’élan de générosité après l’émission ! »

L’ex-humoriste a sou­vent repris cet exem­ple dans ses vidéos et inter­ven­tions pour illus­tr­er ce qu’il con­sid­ère comme une forme de cen­sure ou de traite­ment iné­gal sur le ser­vice public.

L’humoriste désor­mais can­di­dat a de nou­veau eu un démêlé avec France TV. Il a pub­lié une vidéo sur X dans laque­lle il illus­tre les inco­hérences du maire Michaël Delafos­se con­cer­nant la ges­tion des fonds publics et une perqui­si­tion en cours à la mairie. Gail­lard écrit : « Votre antenne locale vient de m’appeler pour me deman­der de sup­primer cette vidéo qui illus­tre les inco­hérences du maire PS @MDelafosse. Curieux tim­ing. Parce que pen­dant des années, vos émis­sions ont large­ment util­isé mes images, sou­vent sans me deman­der l’autorisation. Pourquoi cette rigueur soudaine ? Ini­tia­tive jour­nal­is­tique… ou demande poli­tique ? » Dans ce post, Rémi Gail­lard dénonce la dépen­dance, voire la com­pro­mis­sion, de France TV avec le baron du PS. À ce jour, France Télévi­sions n’a pas apporté de com­men­taire pub­lic sur cet échange ni sur les enreg­istrements antérieurs.

Voir aus­si : De la cor­rup­tion et des con­flits d’intérêts à France Télévi­sions ? Ces (sérieux) soupçons qui entachent le ser­vice public

Une couverture du candidat Gaillard en demi-teinte

Avec ses 1,4 mil­lion d’abonnés sur Insta­gram, 7 mil­lions sur YouTube et 369 000 fol­low­ers sur Twit­ter, Rémi Gail­lard fait par­tie des poids lourds d’Internet. Toute­fois, sur le plan médi­a­tique local, la cou­ver­ture reste con­trastée. Midi Libre a organ­isé un débat entre can­di­dats le 20 févri­er 2026, où Rémi Gail­lard a inter­pel­lé Delafos­se sur divers sujets, dont la sécu­rité et l’exemplarité (séquences relayées sur les réseaux soci­aux du can­di­dat). Le jour­nal a égale­ment pub­lié un por­trait du can­di­dat, le présen­tant comme un « trublion » crédité autour de 10 % dans cer­tains sondages. Le Parisien a égale­ment réal­isé un reportage inti­t­ulé « Le clown de la cam­pagne qui ne fait pas rire le maire de Montpellier ».

Cepen­dant, les faits pré­cis comme l’abattage des pins en 2024 ou les enreg­istrements avec France Télévi­sions sont peu dévelop­pés dans la presse locale tra­di­tion­nelle, qui priv­ilégie sou­vent l’aspect atyp­ique de sa can­di­da­ture (Mar­i­anne, 8 mars 2026, décrit sa cam­pagne comme un pas­sage du buzz aux urnes). Des médias alter­nat­ifs comme InfOc­c­i­tanie ont relayé plus en détail les accu­sa­tions d’abattage d’arbres et les liens avec des intim­i­da­tions passées. Sur les réseaux, le can­di­dat anti­sys­tème mul­ti­plie les vidéos et directs pour doc­u­menter ces points, et a saisi le min­istère de l’Intérieur pour une éval­u­a­tion de sa sécu­rité personnelle.

À ce stade (mi-mars 2026), aucune procé­dure judi­ci­aire publique n’a été con­fir­mée sur l’abattage des pins ou les autres faits dénon­cés comme intru­sions ou har­cèle­ment. La cam­pagne s’est cen­trée sur les enjeux plus larges comme le pro­gramme économique, la sécu­rité ou les alliances poli­tiques. En résumé, Rémi Gail­lard utilise ces épisodes pour dénon­cer un traite­ment iné­gal et un pos­si­ble con­flit d’intérêts local. La presse nationale et alter­na­tive en par­le ponctuelle­ment, tan­dis que les médias locaux en font un traite­ment plus mesuré, cen­tré sur le car­ac­tère non con­ven­tion­nel de sa liste. La cam­pagne 2026 à Mont­pel­li­er illus­tre ain­si les ten­sions entre une can­di­da­ture atyp­ique et la cou­ver­ture médi­a­tique insti­tu­tion­nelle. Rémi Gail­lard échoue au seuil du sec­ond tour, reste à voir s’il con­clu­ra une alliance avec l’un des deux can­di­dats der­rière Michaël Delafos­se en tête avec 33,41 % des voix.

Jean-Charles Souli­er

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