France 2 reconduit son alliance avec Le Média Positif, un partenariat qui interroge

26 février 2026 | Temps de lecture : 3 minutes

Déjà asso­cié au jour­nal de 13 heures de France 2, Le Média Posi­tif voit son parte­nar­i­at renou­velé avec le ser­vice pub­lic. Une col­lab­o­ra­tion qui inter­roge, tant sur la ligne édi­to­ri­ale engagée à gauche de la plate­forme que sur ses méth­odes com­mer­ciales et son influ­ence crois­sante dans l’audiovisuel public.

Le rap­proche­ment entre France Télévi­sions et Le Média Posi­tif se con­firme. La plate­forme numérique, spé­cial­isée dans les « bonnes nou­velles », pour­suit son asso­ci­a­tion avec la chronique dif­fusée dans le jour­nal de 13 heures de France 2. Offi­cielle­ment, il s’agit de met­tre en avant des « ini­tia­tives inspi­rantes ». Mais ce parte­nar­i­at pose une nou­velle fois la ques­tion de la neu­tral­ité édi­to­ri­ale du ser­vice public.

Une vision engagée (à gauche) sous couvert de « positif »

Créé en 2020, Le Média Posi­tif s’est rapi­de­ment imposé sur les réseaux soci­aux avec un ton opti­miste et des con­tenus viraux. Der­rière cette façade con­sen­suelle, la ligne édi­to­ri­ale est apparue petit à petit de plus en plus orientée.

La plate­forme val­orise régulière­ment des réc­its faisant l’apologie de l’immigration comme solu­tion aux dif­fi­cultés de ter­ri­toires ruraux, met­tant en avant des vil­lages « revi­tal­isés » par l’arrivée de familles étrangères ou des équipes sportives com­posées de migrants. De même, les pub­li­ca­tions con­sacrées à Simone Veil et à la général­i­sa­tion de l’avortement s’inscrivent dans une approche mil­i­tante davan­tage que journalistique.

Ces choix édi­to­ri­aux, par­faite­ment assumés, inter­ro­gent néan­moins lorsqu’ils sont relayés via une chaîne publique cen­sée garan­tir un plu­ral­isme des points de vue.

Des partenariats commerciaux contestés

Autre point sen­si­ble : les méth­odes de développe­ment du média. Plusieurs enquêtes ont mis en lumière des pra­tiques de parte­nar­i­ats par­fois jugées opaques, mêlant con­tenus édi­to­ri­aux et opéra­tions spon­sorisées avec de grands groupes privés.

Des mar­ques comme LVMH, Orange ou L’Oréal ont ain­si été asso­ciées à cer­taines pub­li­ca­tions, brouil­lant la fron­tière entre infor­ma­tion et com­mu­ni­ca­tion. La créa­tion d’un label apposé à des films ou des con­tenus cul­turels a égale­ment sus­cité des inter­ro­ga­tions sur la con­fu­sion entre recom­man­da­tion édi­to­ri­ale et stratégie commerciale.

Dans ce con­texte, voir le ser­vice pub­lic servir de caisse de réso­nance à un média déjà solide­ment implan­té auprès des annon­ceurs peut laiss­er perplexe.

Le service public en terrain glissant

Le parte­nar­i­at avec France 2 illus­tre une évo­lu­tion plus large de l’audiovisuel pub­lic, de plus en plus en quête de for­mats viraux et tou­jours bien ancrés à gauche, capa­bles de séduire les jeunes publics connectés.

Mais en priv­ilé­giant des con­tenus émo­tion­nels et forte­ment ori­en­tés, France Télévi­sions, dont la dérive de la direc­tion de l’info a fait l’objet d’un audit à l’automne, prend le risque d’apparaître moins comme un espace de débat que comme un relais d’une vision idéologique présen­tée sous des habits consensuels.

Der­rière les « bonnes nou­velles », la ques­tion demeure : le rôle du ser­vice pub­lic est-il de pro­mou­voir un média engagé ou de garan­tir un véri­ta­ble plu­ral­isme de l’information ?

Rodolphe Cha­la­mel

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