Déjà associé au journal de 13 heures de France 2, Le Média Positif voit son partenariat renouvelé avec le service public. Une collaboration qui interroge, tant sur la ligne éditoriale engagée à gauche de la plateforme que sur ses méthodes commerciales et son influence croissante dans l’audiovisuel public.
Le rapprochement entre France Télévisions et Le Média Positif se confirme. La plateforme numérique, spécialisée dans les « bonnes nouvelles », poursuit son association avec la chronique diffusée dans le journal de 13 heures de France 2. Officiellement, il s’agit de mettre en avant des « initiatives inspirantes ». Mais ce partenariat pose une nouvelle fois la question de la neutralité éditoriale du service public.
Une vision engagée (à gauche) sous couvert de « positif »
Créé en 2020, Le Média Positif s’est rapidement imposé sur les réseaux sociaux avec un ton optimiste et des contenus viraux. Derrière cette façade consensuelle, la ligne éditoriale est apparue petit à petit de plus en plus orientée.
La plateforme valorise régulièrement des récits faisant l’apologie de l’immigration comme solution aux difficultés de territoires ruraux, mettant en avant des villages « revitalisés » par l’arrivée de familles étrangères ou des équipes sportives composées de migrants. De même, les publications consacrées à Simone Veil et à la généralisation de l’avortement s’inscrivent dans une approche militante davantage que journalistique.
Ces choix éditoriaux, parfaitement assumés, interrogent néanmoins lorsqu’ils sont relayés via une chaîne publique censée garantir un pluralisme des points de vue.
Des partenariats commerciaux contestés
Autre point sensible : les méthodes de développement du média. Plusieurs enquêtes ont mis en lumière des pratiques de partenariats parfois jugées opaques, mêlant contenus éditoriaux et opérations sponsorisées avec de grands groupes privés.
Des marques comme LVMH, Orange ou L’Oréal ont ainsi été associées à certaines publications, brouillant la frontière entre information et communication. La création d’un label apposé à des films ou des contenus culturels a également suscité des interrogations sur la confusion entre recommandation éditoriale et stratégie commerciale.
Dans ce contexte, voir le service public servir de caisse de résonance à un média déjà solidement implanté auprès des annonceurs peut laisser perplexe.
Le service public en terrain glissant
Le partenariat avec France 2 illustre une évolution plus large de l’audiovisuel public, de plus en plus en quête de formats viraux et toujours bien ancrés à gauche, capables de séduire les jeunes publics connectés.
Mais en privilégiant des contenus émotionnels et fortement orientés, France Télévisions, dont la dérive de la direction de l’info a fait l’objet d’un audit à l’automne, prend le risque d’apparaître moins comme un espace de débat que comme un relais d’une vision idéologique présentée sous des habits consensuels.
Derrière les « bonnes nouvelles », la question demeure : le rôle du service public est-il de promouvoir un média engagé ou de garantir un véritable pluralisme de l’information ?
Rodolphe Chalamel

