Accueil E Veille médias E La journaliste Amal Khalil tuée au Liban-Sud : Tsahal accusé de crime de guerre

La journaliste Amal Khalil tuée au Liban-Sud : Tsahal accusé de crime de guerre

24 avril 2026 | Temps de lecture : 3 minutes

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La mort de la jour­nal­iste libanaise Amal Khalil, tuée mer­cre­di 22 avril dans une frappe israéli­enne dans le sud du Liban, sus­cite une vive émo­tion et de nom­breuses accu­sa­tions à Bey­routh. Reporter pour le quo­ti­di­en Al-Akhbar, cette jour­nal­iste de 42 ans cou­vrait depuis des années les con­flits dans la région.

Les autorités libanais­es dénon­cent un « crime de guerre ». Selon les infor­ma­tions rap­portées ce 23 avril, notam­ment par L’Orient-Le Jour, Amal Khalil se trou­vait dans le vil­lage de Tiri ce 22 avril, dans le caza de Bint Jbeil, lorsqu’une pre­mière frappe israéli­enne a visé un véhicule à prox­im­ité, tuant ses occu­pants, dont le maire d’une local­ité voi­sine. Elle et sa col­lègue, la jour­nal­iste indépen­dante Zeinab Faraj, avaient alors trou­vé refuge dans une mai­son. Celle-ci a ensuite été ciblée à son tour par une frappe aéri­enne. Zeinab Faraj a été blessée mais a pu être extraite des décom­bres, tan­dis qu’Amal Khalil a été retrou­vée morte plusieurs heures plus tard. Elle tra­vail­lait pour le média Al-Akhbar, réputé proche du Hezbollah.

Vives réactions des autorités libanaises

Le min­istère libanais de la San­té accuse Tsa­hal d’avoir non seule­ment pour­suivi les deux jour­nal­istes, mais aus­si entravé les opéra­tions de sec­ours en visant une ambu­lance et en empêchant l’accès des équipes de sauve­tage pen­dant plusieurs heures.

Le prési­dent Joseph Aoun a accusé Israël de « cibler délibéré­ment les jour­nal­istes dans le but de cacher la vérité », tan­dis que le Pre­mier min­istre Nawaf Salam a affir­mé que s’en pren­dre à des reporters et entraver les sec­ours con­stitue une vio­la­tion grave du droit inter­na­tion­al. Le Liban entend porter l’affaire devant les juri­dic­tions internationales.

Ces accu­sa­tions sont con­testées par l’armée israéli­enne, qui affirme avoir visé des « ter­ror­istes » ayant franchi une ligne de défense établie dans le sud du Liban. Elle nie avoir empêché les sec­ours d’intervenir et indique que l’incident fait l’objet d’un examen.

Mobilisation et colère dans la profession

À Bey­routh, ce 23 avril, env­i­ron 150 per­son­nes, dont de nom­breux jour­nal­istes, se sont rassem­blées sur la place des Mar­tyrs lors d’un sit-in organ­isé par l’Union des jour­nal­istes. Inter­rogé par L’Orient-Le Jour, le reporter Moham­mad Zanaty, ami de la vic­time, a évo­qué un « crime car­ac­térisé » : « Les Israéliens savaient qu’elle était jour­nal­iste. Ils l’ont visée une fois, deux fois… ». Mal­gré le choc, il affirme que la pro­fes­sion ne cédera pas : « Son meurtre ne va pas nous décourager (…), nous con­tin­uerons à être sur le ter­rain. » Et celui-ci de rap­pel­er le jour­nal­iste de Reuters tué par un obus d’ar­tillerie israélien le 13 octo­bre 2023 au Liban-Sud, et Ali et Fati­ma Ftouni, tués dans une frappe de drone à Jezzine en mars dernier.

Un cessez-le-feu fragile

Ces événe­ments inter­vi­en­nent dans un con­texte de ten­sions per­sis­tantes mal­gré un cessez-le-feu théorique de dix jours. Tou­jours selon L’Orient-Le Jour, celui-ci est frag­ilisé par des bom­barde­ments israéliens quo­ti­di­ens dans le sud du Liban et des attaques revendiquées par le Hezbol­lah con­tre des posi­tions israéli­ennes. La France accuse de son côté le par­ti chi­ite d’avoir tué deux de ses mil­i­taires. Les réseaux soci­aux se sont aus­si émus après la dif­fu­sion de la vidéo de la pro­fa­na­tion par un sol­dat israélien d’une stat­ue du Christ dans le vil­lage de Debl, à coups de masse. L’IDF a, le 20 avril dernier, présen­té ses excuses.

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