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Un coup d’œil aux dernières publications

Emmanuel Kessler fait le ménage à Public Sénat, Cyril Viguier part

C’était le print­emps en avril 2018 sur les chaines publiques français­es et à l’AFP. Le macronien Bertrand Delais était choisi sur LCP-AN, Sybil Veil (de la même pro­mo­tion qu’Emmanuel Macron à l’ENA) pre­nait la tête de Radio France, Fab­rice Fries suc­cé­dait à Emmanuel Hoog à l’AFP, enfin Emmanuel Kessler se voy­ait recon­duit à Pub­lic Sénat. Un an plus tard Kessler fait un peu de ménage.

Combat de boxe, Free/Niel contre Altice/Drahi/Weill, autour des droits de diffusion

À ma gauche Xavier Niel, action­naire prin­ci­pal de Free, du Monde et d’une rib­am­belle d’autres médias. De l’autre côté du ring Patrick Drahi, chef d’Altice est l’entraîneur d’Alain Weill patron de BFM (du groupe Altice de Drahi) et nou­veau pro­prié­taire de L’Express. En jeu les accords de dis­tri­b­u­tion de BFM sur Free.

Presstalis entre deux eaux mais pas sorti d’affaire

Mer­cre­di 10 avril, une grève (provo­quée par la CGT) de la dis­tri­b­u­tion des jour­naux et mag­a­zines a encore frag­ilisé la posi­tion de ces derniers, mais aus­si celle du dis­trib­u­teur de référence. Presstal­is, prin­ci­pal dis­trib­u­teur de la presse, n’est pas sor­ti d’affaire mal­gré une aide mas­sive de l’État et des édi­teurs comme nous vous le disions début févri­er 2019.

Emmanuel Kessler fait le ménage à Public Sénat, Cyril Viguier part

C’était le printemps en avril 2018 sur les chaines publiques françaises et à l’AFP. Le macronien Bertrand Delais était choisi sur LCP-AN, Sybil Veil (de la même promotion qu’Emmanuel Macron à l’ENA) prenait la tête de Radio France, Fabrice Fries succédait à Emmanuel Hoog à l’AFP, enfin Emmanuel Kessler se voyait reconduit à Public Sénat. Un an plus tard Kessler fait un peu de ménage.

Une campagne électorale qui laisse des traces

À Pub­lic Sénat, ce sont les séna­teurs qui choi­sis­sent le prési­dent de la chaine. La bataille pour la prési­dence oppo­sait le prési­dent sor­tant David Kessler par­ti­san de la totale indépen­dance de Pub­lic Sénat (avec quelques pro­grammes lim­ités en com­mun avec LCP-AN) et Jean-François https://www.ojim.fr/portraits/jean-francois-achilli/ Achilli, qui envis­ageait des coor­di­na­tions plus poussées avec la chaine dirigée par Bertrand Delais. Comme les rela­tions du Sénat avec Emmanuel Macron étaient fraîch­es (elles ne se sont pas arrangées depuis), les séna­teurs ont envoyé un mes­sage clair à Emmanuel Macron en recon­duisant David Kessler : « Touche pas à ma chaine ! ».

Cyril Viguier avait choisi le mauvais cheval

Lors de la cam­pagne précé­dant le choix du nou­veau prési­dent, Cyril Vigu­ier n’avait pas caché sa préférence pour Achilli. Bien enten­du, ni la direc­tion de la chaine ni l’intéressé ne fer­ont offi­cielle­ment référence à ce dif­férend pour expli­quer ce départ. La direc­tion invoque « une nou­velle étape de sa tranche d’information mati­nale ». Cyril Vigu­ier, qui était présent à l’antenne de 7h30 à 8h30 (une tranche horaire de grande écoute) avait man­i­festé un peu de fatigue et ses réti­cences sur la stratégie édi­to­ri­ale. Il restera en place jusqu’à mi-juil­let a aurait déjà signé pour une autre chaine dont le nom reste con­fi­den­tiel.

Combat de boxe, Free/Niel contre Altice/Drahi/Weill, autour des droits de diffusion

À ma gauche Xavier Niel, actionnaire principal de Free, du Monde et d’une ribambelle d’autres médias. De l’autre côté du ring Patrick Drahi, chef d’Altice est l’entraîneur d’Alain Weill patron de BFM (du groupe Altice de Drahi) et nouveau propriétaire de L’Express. En jeu les accords de distribution de BFM sur Free.

Des sous, des sous

Jusqu’au print­emps 2019 Free dis­tribuait gra­tu­ite­ment les chaines de BFM sur ses dif­férentes offres de « box ». Alain Weill con­sid­ère cet accord comme caduc et souhaite recevoir une rémunéra­tion en échange, on par­le de 5M€ par an (source Reuters) pour les qua­tre chaines et leurs ser­vices.

Comme Free fait la sourde oreille, BFM enlève à l’opérateur télé­phonique son droit d’émission le 4 avril 2019. Mais coucou, quelques heures plus tard les émis­sions sont rétablies via l’ADSL et la fibre. Alain Weill crie au voleur.

Le CSA en arbitre

D’un côté Altice accuse Free de « piratage de ses chaines ». De l’autre Free se repose sur une anci­enne con­ven­tion du CSA l’autorisant à cette reprise. Altice a saisi offi­cielle­ment le CSA le 8 avril pour trou­ver une solu­tion « équitable ». Nul doute qu’un accord sera trou­vé comme TF1 et Orange l’ont trou­vé en 2018. En atten­dant Bouygues Télé­coms reste en embus­cade et lorgne sur SFR d’Altice.

Presstalis entre deux eaux mais pas sorti d’affaire

Mercredi 10 avril, une grève (provoquée par la CGT) de la distribution des journaux et magazines a encore fragilisé la position de ces derniers, mais aussi celle du distributeur de référence. Presstalis, principal distributeur de la presse, n’est pas sorti d’affaire malgré une aide massive de l’État et des éditeurs comme nous vous le disions début février 2019.

Grève sur fond d’incertitude

Alors que la majorité du fond d’innovation pour les médias a été util­isée pour aider le dis­trib­u­teur, l’État n’a pas encore ver­sé le sol­de des 25 M€ promis fin 2018 (source Let­tre A du 9 avril 2019), il manque encore 8 M€. Ces 8 M€ sont gelés car les édi­teurs devaient garan­tir une cau­tion d’au moins du même mon­tant. Or, cer­tains édi­teurs n’ont pas souscrit, arguant de change­ments de pro­prié­taires de titres. Dans ce cas le vendeur et l’acheteur se ren­voient la balle, indi­quant que c’est l’autre qui doit être cau­tion.

Concurrence et risque de changement de système

Entretemps, MLP (Mes­sageries Lyon­nais­es de Presse) qui n’est pas directe­ment en dan­ger développe une offre qui pour­rait être plus attrac­tive que celle de Presstal­is. Un édi­teur de jeux (Keesing) vient ain­si de rejoin­dre MLP, don­nant un mau­vais sig­nal aux autres édi­teurs. Si Presstal­is ne donne pas de signes de meilleure san­té, la ten­ta­tion de dis­soudre la société et de faire émerg­er de nou­veaux dis­trib­u­teurs privés serait grande alors que la loi Bichet qui régit la dis­tri­b­u­tion de la presse doit être de nou­veau mod­i­fiée.

Quand Le Monde appelle ouvertement à la violence à propos d’un colloque de l’Institut ILIADE

Dans son édition numérique datée du 6 avril 2019, Le Monde publiait un surprenant article, de la plume de Lucie Soullier, régulièrement envoyée en mission sur les terres de ce que le quotidien du soir suppose être l’extrême-droite. Un article intitulé « Marion Maréchal, Génération identitaire et les anciens du GRECE réunis dans un colloque d’extrême-droite ». L’article de Lucie Soullier n’est pas étonnant du fait de son sujet, le marronnier de la méchante extrême-droite qui menacerait sans cesse le pays, que dans la manière de le traiter.

Le sous-titre de cet arti­cle est révéla­teur : « L’ancienne députée du Front nation­al a par­ticipé same­di à Paris au six­ième con­grès annuel de l’Institut Ili­ade ». Un insti­tut pour la longue mémoire européenne qui tenait son six­ième col­loque sur le thème « L’Europe, l’heure des fron­tières ». Lucie Soul­li­er (qui ne cite pas le thème du col­loque dans son titre) s’intéresse avant tout à l’un des nom­breux vis­i­teurs, en la per­son­ne de Mar­i­on Maréchal, laque­lle était là pour sim­ple­ment accom­pa­g­n­er son com­pagnon (ora­teur) , et non comme invitée ou ora­trice, ce que Soul­li­er sig­nale rapi­de­ment.

Un article qui n’a de journalistique que le nom

Lucie Soul­li­er présente son arti­cle comme un reportage, pré­ten­dant s’être ren­due sur place. Elle est peut-être restée attablée à prox­im­ité, à une table de café ou dans la queue (impor­tante) pour ren­tr­er . Con­statant qu’une grande file d’attente s’est for­mée, dans un quarti­er dit-elle pour­tant plein de lieux insti­tu­tion­nels (et alors ?), et sans que rien ne vienne s’y oppos­er (re-et alors ?), elle pré­tend rap­porter des pro­pos con­notés relat­ifs à la forte présence de pop­u­la­tions autres que de souche dans le métro parisien et au grand rem­place­ment. Ce qu’elle indique ressem­ble fort à une con­ver­sa­tion enten­due en rêve, tant elle paraît tomber mer­veilleuse­ment bien pour qui aurait besoin de preuves au sujet de ce matin brun tou­jours bien présent, pense-t-elle :

« Ça a été ton tra­jet ? », s’enquiert la Parisi­enne en rouge auprès de son ami venu de l’Est. Sac sous le bras, il lui répond « ça va, ça va » avec un « mais » très appuyé : « J’avais le choix de m’asseoir entre un Noir et une per­son­ne dirons-nous… mar­ron. » Bras en écharpe et blou­son noir, son voisin enchérit tout aus­si excédé : « Ah moi, je suis venu en taxi avec un bon gros… » Il ne fini­ra pas sa phrase ; tous qua­tre s’accordent sur le terme « guade­loupéen ». La fille en rouge soupire, tout en jugeant que « les Noirs des îles, ça va ».

Anti journalisme

Pro­pos non véri­fiés et non véri­fi­ables, dans Le Monde. Pas une infox, sim­ple­ment une manière d’écrire la réal­ité à par­tir de tranch­es d’information non iden­ti­fi­ables. Rien de jour­nal­is­tique dans cette démarche con­sis­tant à appuy­er un « reportage » sur des rumeurs peut-être enten­dues, peut-être pas… Reste que dans une telle file d’attente, Lucie Souli­er aurait sans aucun doute trou­vé des con­ver­sa­tions très dif­férentes et de ce fait pu ori­en­ter son pré­ten­du reportage dans une tout autre direc­tion. On aurait même pu penser qu’une jour­nal­iste informe ses lecteurs sur les con­tenus (évac­ués en quelques lignes) de ce col­loque sur « L’Europe, l’heure des fron­tières », quelques semaines avant les élec­tions européennes. Mais ce n’est pas l’objectif puisque la suite de l’article est du même ton­neau : approx­i­ma­tions sur les con­cepts, les invi­ta­tions, les visions du monde. L’objectif est ici plutôt de faire pass­er un sen­ti­ment très per­son­nel quant au sujet traité, et par­ti­c­ulière­ment quant à une Mar­i­on Maréchal que Soul­li­er s’évertue sans cesse à ramen­er au RN. L’extrême-droite qui men­ace dans l’ombre est un sen­ti­ment irra­tionnel et qui mérit­erait peut-être d’être analysé sur un divan.

Lucie Soul­li­er décrit stands, livres, ora­teurs… Tout ce qui lui fait peur depuis qu’elle a inté­gré la rédac­tion du Monde, sans doute aucun. Le con­tenu du col­loque lui-même est à peine évo­qué. Une de nos sources, elle-même présente ce 6 avril au col­loque de l’Iliade nous dit ceci : « Il n’y a rien sur le col­loque dans cet arti­cle, que des pro­pos invéri­fi­ables et un appel à peine déguisé aux trou­bles ». Une autre source évoque un arti­cle « para­noïaque ». Il est vrai que le fil rouge de l’article sem­ble vis­er Mar­i­on Maréchal, cauchemar récur­rent de Soul­li­er, et Généra­tion iden­ti­taire qui, pour occu­per paci­fique­ment des locaux ici et là, subit régulière­ment les foudres de la jus­tice et de l’actuel pou­voir qui sem­ble vouloir l’interdire, tout en lais­sant les black-blocs tran­quille.

La fin de l’article ? Lucie Souli­er écrit ceci : « Jean-Yves Le Gal­lou, le grand man­i­tou de la journée, est ravi. Le très iden­ti­taire ancien député européen fron­tiste, ancien du Club de l’horloge et cofon­da­teur de l’institut Ili­ade, a réu­ni sous le même toit la médi­a­tique Mar­i­on Maréchal, les jeunes activistes de Généra­tion iden­ti­taire désor­mais dans le viseur du pou­voir et les penseurs de l’ancienne école du Grece. Sans qu’aucune man­i­fes­ta­tion ne vienne rien trou­bler de sa journée. Une pre­mière bataille cul­turelle dis­crète­ment gag­née, à ciel ouvert, avec vue sur la Tour Eif­fel ». Ain­si, notre source sem­ble avoir rai­son : Lucie Soul­li­er et Le Monde s’inquiètent de l’absence de « trou­bles », autrement dit qu’un col­loque tout à fait légal ne se tienne pas dans les cat­a­combes (« à ciel ouvert ») et ne soit pas vio­lem­ment attaqué. Un appel aux trou­bles peut-être ?

[Assange arrêté] L’islandais Kristinn Hrafnsson nouveau chef de Wikileaks

Le site francophone Le Grand soir a publié un entretien avec le nouveau rédacteur en chef de Wikileaks, Kristinn Hrafnsson, qui a succédé à Julian Assange, nous en publions quelques extraits. CET ARTICLE A ÉTÉ RÉDIGÉ AVANT L’ARRESTATION DE JULIAN ASSANGE SURVENUE LE 11 AVRIL À LONDRES.

Kristinn Hrafnsson

Le nou­veau respon­s­able est né en 1962 et a com­mencé sa car­rière comme jour­nal­iste indépen­dant puis à la télévi­sion publique RUV. Tra­vail­lant en 2009 pour la chaine islandaise privée Stöö2, il en est licen­cié pour avoir enquêté d’un peu trop près sur les activ­ités fraud­uleuses des ban­ques islandais­es. Il retourne briève­ment à la RUV pour un an mais son con­trat n’est pas renou­velé et il rede­vient indépen­dant. Il a reçu par trois fois le titre de « Jour­nal­iste islandais de l’année ». Il a été porte parole de Wik­ileaks de 2010 à 2017 et a suc­cédé à Assange tou­jours empris­on­né, en sep­tem­bre 2018.

L’importance de Wikileaks

« Dans le jour­nal­isme, Wik­ileaks a fait deux choses. Tout d’abord, il a mon­tré la puis­sance des fuites mas­sives, et que l’on peut vrai­ment faire bouger les choses en exposant de nom­breux aspects de la cor­rup­tion et des crimes de guerre. Deux­ième­ment, nous avons mis en com­mun les ressources des médias grand pub­lic. Nous avons exigé que les gens tra­vail­lent ensem­ble, ce qui était sou­vent dif­fi­cile. L’organisation a créé une alliance médi­a­tique avec des cen­taines de points de vente dans le monde entier. Elle a jeté les bases de la coopéra­tion [du Con­sor­tium inter­na­tion­al des jour­nal­istes d’investigation (ICIJ)] sur les Pana­ma Papers, par exem­ple. Cela a égale­ment inspiré d’autres lanceurs d’alerte. Edward Snow­den a con­fir­mé que sans ces fuites en 2010, il n’y aurait pas eu les siennes plus tard ».

L’éthique de Wikileaks

« Tout devrait être dans le domaine pub­lic sauf les infor­ma­tions per­son­nelles sen­si­bles. La trans­parence devrait être la norme, et les excep­tions à la trans­parence devraient être très rares et jus­ti­fiées » et d’ajouter « toutes les lois sur l’accès à l’information étaient fondées sur ce principe, mais pour une rai­son quel­conque, les gens ne com­pren­nent pas. Nous sommes tou­jours en train de men­er cette guerre sans fin con­tre le secret ».

Par­lant des élec­tions améri­caines de 2016 Kristinn souligne « ce que les gens ne com­pren­nent pas, c’est le principe de base, dit Kristinn. Que les jour­nal­istes sont cen­sés pub­li­er des doc­u­ments sur les politi­ciens, et en par­ti­c­uli­er sur les can­di­dats avant les élec­tions. C’est le rôle des jour­nal­istes. Et c’est pourquoi on l’appelle le qua­trième pou­voir. C’est incroy­able que même les jour­nal­istes me dis­ent : ’Vous n’auriez pas dû pub­li­er [les cour­riels] avant les élec­tions. Ne sommes-nous pas cen­sés informer l’électorat sur les can­di­dats ? Ce n’est pas notre boulot ? Si vous avez des ren­seigne­ments internes sur un can­di­dat ou un par­ti, c’est votre devoir. Ce serait un crime jour­nal­is­tique de ne pas en par­ler. Puis j’ai enten­du : tu aurais dû atten­dre d’avoir quelque chose sur Trump pour être équili­bré ». « Mais ce n’est pas comme ça que ça marche ».

Les cour­riels du DNC con­te­naient de l’information digne d’intérêt qui aurait dû être pub­liée avant les élec­tions, point final. Peu importe d’où elle vient. Ce n’est pas le rôle du jour­nal­iste que d’ignorer une infor­ma­tion parce qu’elle proviendrait d’une source qui pour­rait avoir des objec­tifs per­son­nels. Vous devez tou­jours éval­uer l’information qui se trou­ve devant vous. Est-il dans l’intérêt pub­lic de le pub­li­er ? Ce n’est pas com­pliqué : soit ça l’est, soit il ne l’est pas ».

L’avenir du Journalisme

« Il y a une épidémie silen­cieuse qui fait par­tie de ce que j’appelle le néo-McCarthysme,. Il est prob­a­ble que la guerre con­tre le jour­nal­isme s’intensifiera. Je ne m’attends pas vrai­ment à ce que la com­mu­nauté jour­nal­is­tique dom­i­nante perçoive le dan­ger qui se pro­file et com­prenne pourquoi il est absol­u­ment néces­saire de se réveiller main­tenant et de soutenir Julian Assange, Wik­ileaks et Chelsea Man­ning. Les choses vont prob­a­ble­ment empir­er avant de s’améliorer. Mais j’essaie d’être opti­miste. Il a fal­lu plusieurs années avant que les médias grand pub­lic acceptent le fait qu’on nous ait men­ti sur les raisons de l’invasion de l’Irak ».

« Les gens doivent sim­ple­ment être plus cri­tiques dit Kristinn. Ils doivent appren­dre à faire con­fi­ance à cer­tains organes d’information, mais jamais com­plète­ment. Il faut lire les jour­naux avec un esprit cri­tique. Tenir compte de l’influence qui pour­rait être à l’origine de l’article. Faites-vous con­fi­ance à la BBC lorsqu’elle fait des reportages sur la com­mu­nauté du ren­seigne­ment bri­tan­nique ?. Ou à Rus­sia Today quand ils font un reportage sur Pou­tine ?. Faites-vous con­fi­ance à Al Jazeera quand ils font un reportage sur le Qatar ?. Il faut tout pren­dre avec du recul et appren­dre à replac­er les pièces d’un puz­zle quelque peu désor­don­né de ce qui se passe dans le monde. Il faut aus­si exiger des preuves et dire ’mon­trez-moi les doc­u­ments’. Exiger les preuves. Exiger la trans­parence ».

Google et Facebook veulent sauver la presse qu’ils étranglent

D’un côté, les deux géants américains monopolisent les revenus de la publicité en ligne dans une proportion de 85/90%. Ils affament ainsi les médias traditionnels en particulier la presse écrite lue de plus en plus sous sa forme numérique. De l’autre côté ils se posent en sauveurs de la presse locale en lui accordant une aumône. L’exemple américain et les nouveaux projets en cours.

Tempête sur la presse locale américaine

C’est une hécatombe. Une uni­ver­sité de Car­o­line du Nord annonce les chiffres suiv­ants entre 2004 et 2017 : 1800 jour­naux (quo­ti­di­ens ou heb­do­madaires) dis­parus tout comme 45% des effec­tifs des rédac­tions. La cause prin­ci­pale : la fuite des annon­ceurs vers inter­net.

La corde et le pendu

Tout sucre tout miel, Mark Zucker­berg (une note sur sa biogra­phie ici) annonce début 2018 une aide d’envergure pour mieux met­tre en valeur des arti­cles d’information locale en mod­i­fi­ant ses algo­rithmes et en actions de for­ma­tion. Le bud­get annon­cé est mod­este pour une entre­prise qui génère plus de cinq mil­liards de dol­lars de prof­it par trimestre (vous lisez bien, par trimestre) : 100 mil­lions de dol­lars par an pen­dant trois ans. Avec des effets lim­ités quinze mois plus tard.

En Europe aussi

Coïn­ci­dence, c’est la même somme que Google veut inve­stir sur la même péri­ode, tou­jours pour « aider la presse ». Un bud­get qui sera alloué à la « lutte con­tre la dés­in­for­ma­tion » (lire : alloué aux médias dom­i­nants) via un pro­gramme de « développe­ment local » aux Etats-Unis et en Europe. De son côté Face­book don­nera une aumône de 2M€ à des médias européens pour « dévelop­per leur recrute­ment d’abonnés en ligne ». Cer­tains médias alle­mands vont en béné­fici­er dès 2019.

Résumons : de la main gauche je vous étran­gle, de la main droite je vous donne un su-sucre pour faire pass­er la douleur. Mer­ci qui ?

Rachat de 21st Century Fox à Murdoch par Disney, une succession en cours

En 1952, Rupert Murdoch a 21 ans et il vient d’hériter de son père tout juste décédé le quotidien local d’Adelaïde, News of Adelaïde, sur la côte sud de l’Australie. Soixante sept ans plus tard la famille Murdoch est à la tête d’un empire de presse couvrant l’Australie, la Grande-Bretagne, l’Asie et les États-Unis. Un empire amoindri après la vente de Century Fox, mais qui reste considérable.

Un empire où le soleil ne se couche pas

Comme sous l’empire bri­tan­nique, Rupert Mur­doch pour­rait suiv­re les activ­ités de son con­glomérat anglo-sax­on à chaque heure du jour ou de la nuit et à la lumière du soleil. De l’Australie où son fils Lach­lan a con­sid­érable­ment dévelop­pé le réseau, à l’Asie où son deux­ième fils James a investi dans les activ­ités dig­i­tales, en pas­sant par le Roy­aume-Uni avec le tabloïd lon­donien The Sun ou The Times. Sans oubli­er les États-Unis avec l’immense suc­cès de Fox News lancé en 1996 et le rachat du Wall Street Jour­nal en 2007, une liste non exhaus­tive.

Chute dans un bateau et vente à Disney

Ce sont les ennuis de san­té de Rupert Mur­doch qui ont pré­cip­ité la vente à Dis­ney. En jan­vi­er 2018 il fait une mau­vaise chute dans le yacht de son fils Lach­lan. Trans­porté à l’hôpital, son pronos­tic vital est engagé et s’il survit, il entrevoit la néces­sité de met­tre de l’ordre dans ses affaires, en par­ti­c­uli­er devant la con­cur­rence de Net­flix. En mars 2019 la 21st Cen­tu­ry Fox est ven­due à Dis­ney pour un peu plus de 71 mil­liards de dol­lars, après une pre­mière offre à 51 mil­liards faite par Com­cast. Rupert empoche 4 mil­liards de dol­lars, cha­cun des fils 2 mil­liards (plus quelques dizaines de mil­lions sous forme de para­chute doré car ils quit­tent la société où ils occu­paient cha­cun un poste).

James et Lach­lan se détes­tent cor­diale­ment. James est réputé plus libéral et sa femme Kathryn est très proche de la famille Clin­ton et du camp démoc­rate. Lach­lan est net­te­ment plus con­ser­va­teur. Au fil du temps cha­cun a été désigné tour à tour comme l’héritier prin­ci­pal. Après la vente à Dis­ney, Lach­lan a été nom­mé co-prési­dent avec son père et directeur exé­cu­tif (CEO), James con­serve un titre hon­ori­fique tout en con­ser­vant ses actions de News Corp, la société mère. Un modus viven­di qui sur­vivra dif­fi­cile­ment au père qui, à 88 ans, n’a pas renon­cé au pou­voir.

Les Décodeurs du Monde et le grand remplacement de Renaud Camus

Nous reprenons avec son autorisation un article du blog de Michèle Tribalat publié à la suite d’un article des Décodeurs du Monde du 15 mars 2019 liant l’attentat de Christchurch et les écrits de Renaud Camus.

L’article des Décodeurs

L’un des ter­ror­istes de Christchurch a repris à son compte le con­cept de « grand rem­place­ment », forgé par l’écrivain français d’extrême droite Renaud Camus.

Par Samuel Lau­rent, Maxime Vau­dano, Gary Dagorn et Ass­ma Maad, pub­lié le 15 mars 2019 à 18h30 — Mis à jour le 15 mars 2019 à 22h01 :

L’analyse de Michèle Tribalat

Les décodeurs du Monde se sont mis à qua­tre pour écrire une con­damna­tion de l’idée de grand rem­place­ment de Renaud Camus, suite aux atten­tat de Christchurch.

Je m’attacherai ici plus par­ti­c­ulière­ment à la par­tie sta­tis­tique de leur texte.

Je les cite :

« Pour la résumer grossière­ment, cette théorie a deux volets. D’une part, ce qui se présente comme un “con­stat” démo­graphique : du fait d’une immi­gra­tion “mas­sive” et d’une fécon­dité plus forte, les pop­u­la­tions d’origine extra-européenne seraient en passe de sur­pass­er numérique­ment les pop­u­la­tions “d’origine” (c’est-à-dire cau­casi­ennes) en Europe – et, du même coup, d’imposer leur cul­ture et leur reli­gion au con­ti­nent. »

Vient ensuite un encadré titré bien imprudem­ment «ÉCLAIRAGE » :

Cet “ÉCLAIRAGE” com­mence par divers­es con­sid­éra­tions sur le car­ac­tère pro­fondé­ment raciste de la théorie du grand rem­place­ment, dont je ne sois pas sûre que les décodeurs en appor­tent la preuve à tra­vers ce qu’ils écrivent : « la théorie est d’essence raciste, puisqu’elle se fonde sur la ques­tion de la couleur de peau et de l’ethnie comme critères d’appartenance. Peu importe qu’une per­son­ne soit née en France de par­ents français depuis plusieurs généra­tions, si elle n’est pas “cau­casi­enne”, elle est donc un élé­ment du “rem­place­ment”. » Ce que j’ai lu de Renaud Camus indi­quait qu’il ne con­sid­érait pas seule­ment « les indigènes français », mais y ajoutait « les indi­vidus ou familles qui se sont assim­ilés à eux ou qui désirent le faire » [1]. Si son idée de rem­i­gra­tion est morale­ment prob­lé­ma­tique et poli­tique­ment imprat­i­ca­ble, ce n’est peut-être pas la peine d’en rajouter.

Cet “ÉCLAIRAGE” se pour­suit ain­si :

« Du reste, les chiffres con­tre­dis­ent l’essentiel de la thèse. Même en comp­tant très large­ment les migrants et descen­dants de migrants non européens, on peine à par­venir à 5 % de la pop­u­la­tion française. »

Les auteurs ren­voient alors à un autre arti­cle, signé par Frédéric Joignot, sur le même sujet mais qui par­le d’autre chose : « Ces immi­grés venus du Sud [Maghreb, Afrique sub­sa­hari­enne et Asie] qui font si peur aux théoriciens du “grand rem­place­ment” représen­tent donc 5 % de la pop­u­la­tion française. » [2]

Les deux textes por­tent sur un champ géo­graphique un peu dif­férent : Maghreb, Afrique sub­sa­hari­enne, Asie, dans un cas et Hors d’Europe dans l’autre.

Mais, surtout, il ne visent pas non plus le même ensem­ble : immi­grés (c’est-à-dire nés à l’étranger avec une nation­al­ité étrangère) pour Frédéric Joignot ; migrants et descen­dants de migrants pour Samuel Lau­rent, Max­im Vau­dano, Gary Dagorn et Ass­ma Maad.

L’année de référence est 2012 dans le texte de Frédéric Joignot. On sup­pose que c’est aus­si le cas pour les décodeurs.

Restons sur une année proche de celle retenue ici et pour laque­lle ont peut détailler suff­isam­ment les orig­ines.

Voici ce que l’on obtient en 2011 à par­tir de l’enquête Famille et du recense­ment de la même année :

  • 5 % de per­son­nes sont des immi­grés orig­i­naires du Maghreb, d’Afrique sub­sa­hari­enne ou d’Asie. Ce qui con­firme le chiffre de Frédéric Joignot ;
  • mais 11 % sont d’origine extra-européenne sur deux généra­tions (immi­grés et enfants d’au moins un par­ent immi­gré), et non 5 % comme annon­cé dans l’article[3].

11 % est bien loin de la majorité impliquée par l’idée de grand rem­place­ment, prise au pied de la let­tre. Ce n’est donc pas la peine de jouer très en-dessous, au prix de con­fu­sions qui décrédi­bilisent les décodeurs.

On se demande d’ailleurs si ces décodeurs en ont joué sci­em­ment ou s’ils sont les vic­times de leur pro­pre incurie, car ils se sont mis à qua­tre pour se tromper.

Com­ment, après cela, leur faire con­fi­ance ?

Par ailleurs, Renaud Camus ne se fonde pas sur les sta­tis­tiques pour appuy­er l’idée de grand rem­place­ment. Il ne leur accorde aucun crédit et préfère se fonder sur les per­cep­tions com­munes[4], ce qui l’amène à écrire pas mal de bêtis­es.

[1] cf. 2017, dernière chance avant le Grand Rem­place­ment, Renaud Camus, Entre­tiens avec Philippe Karsen­ty ; M la mai­son d’édition, Paris, 2017,p. 10.

[2] « Le fan­tasme du « grand rem­place­ment » démo­graphique », Le Monde, 23 jan­vi­er 2014.

[3] Trib­al­at M., « Une esti­ma­tion des pop­u­la­tions d’origine étrangère en France en 2011 », Espace Pop­u­la­tion Sociétés, 2015–1-2.

[4] « Le Grand Rem­place­ment ne peut pas être une théorie qui ne s’appuie que sur du vent puisqu’il n’est pas une théorie. Il ne s’appuie pas sur du vent, il s’appuie sur le regard, sur l’expérience quo­ti­di­enne, sur l’évidence, sur le cha­grin […] Ça ne relève en aucune façon de la preuve, et moins encore des chiffres… », 2017, op. cit., p. 27–28.

Après être retournée sur le site du Monde le 26 mars 2019 en soirée, j’ai pu con­stater que la bévue avait été cor­rigée : 5 % a été rem­placée par 12 %. Le texte est resté le même. Les décodeurs n’ont pas trou­vé utile de s’expliquer sur la cor­rec­tion effec­tuée ! C’est dur de recon­naître ses erreurs, surtout lorsqu’on s ‘est affublé du statut de “décodeur” !

Vandalisme contre l’ISSEP de Marion Maréchal, où sont les médias ?

La France médiatique trouve souvent à redire quand il s’agit de régimes qu’elle n’apprécie pas, ou encore de démocraties dites illibérales au sujet de la liberté de la presse. Par contre quand on vandalise un Institut d’études supérieures à Lyon il n’y a plus grand-monde.

Les faits

Dans la nuit du 26 au 27 mars 2019, des agi­ta­teurs d’ultra gauche se revendi­quant des black-blocs ont van­dal­isé un Insti­tut d’Études supérieures recon­nu par l’État, l’ISSEP, dans le quarti­er con­flu­ence de Lyon. Cet acte noc­turne a été revendiqué sur les réseaux soci­aux par un « groupe antifas­ciste » qui y tient libre­ment page sans être inquiété, comme tous les groupes black-blocs de France et de Navarre, près de deux semaines après les faits, et sans qu’une quel­conque Com­mis­sion de lutte con­tre les vio­lences d’ultra gauche ait vu le jour, con­traire­ment à celles d’ultra droite, à l’Assemblée nationale. Ces indi­vidus se sont d’ailleurs filmés en train de per­pétr­er leur atten­tat.

L’ISSEP, ou Insti­tut de Sci­ences Sociales Économiques et Poli­tiques est réputé pour être « l’école de Mar­i­on Maréchal » dans les médias. Ceci explique-t-il la façon dont ils ont traité cet acte de vio­lence mené par un grou­pus­cule d’ultra gauche à l’encontre d’un lieu d’enseignement et de savoir, sur le ter­ri­toire de la République ? Cela ne paraît guère dou­teux. Que l’on en juge : les rares médias qui ont évo­qué les faits se sont con­tentés de repren­dre les ter­mes d’une infor­ma­tion d’abord pub­liée sur le site du Figaro, et ont veil­lé à demeur­er dans le pur factuel, sans con­damn­er l’acte,ce qui est une façon déguisée de ne rien dire. Une réac­tion très éloignée de ce qui aurait eu lieu si un insti­tut d’enseignement, recon­nu offi­cielle­ment par l’État, insis­tons sur ce point, avait été ain­si attaqué par un grou­pus­cule appar­tenant à d’autres courants extrémistes de la vie poli­tique française. Dif­fi­cile de ne pas voir un deux poids deux mesures dans le silence assour­dis­sant de l’immense majorité des chaînes de télévi­sion et sta­tions de radios d’État.

Qui en a parlé et comment ?

Le Figaro, Fran­ce­in­fo, avec un arti­cle qui est exem­plaire de la façon dont un média offi­ciel peut ne pas par­ler du sujet dont… il par­le.

L’AFP en fin de journée de 27 mars, une agence infor­mée par… Le Figaro (le monde de la presse à l’envers), Le Parisien, Libéra­tion, L’express Cnews, quelques médias locaux.

En apparence, cela peut ressem­bler à une bonne cou­ver­ture médi­a­tique. Ce n’est en réal­ité par le cas. La ques­tion n’étant pas seule­ment qui en a par­lé, quoique (où sont Le Monde, France Inter…), mais plutôt com­ment : repren­dre de façon aus­si dis­crète une telle infor­ma­tion, la plu­part du temps en dans une rubrique faits divers, sans inter­peller plus avant sur la grav­ité des faits peut laiss­er pan­tois tout obser­va­teur soucieux de la plu­ral­ité d’opinions comme d’information . Les médias qui se fend­ent d’une brève recopi­ent l’AFP qui… recopie Le Figaro.

Notons que Valeurs Actuelles, TV Lib­ertés et le quo­ti­di­en Présent ont réa­gi à la vio­lence per­pétrée con­tre l’ISSEP en la con­damnant.

Délit d’opinion et délit de voies de fait sont traités différemment

Pour qui douterait que les con­cep­tions poli­tiques ne sont pas traitées de la même façon en France, il est intéres­sant de remar­quer la réac­tion médi­a­tique mas­sive, et gou­verne­men­tale rapi­de quant à l’action menée par Généra­tion iden­ti­taire sur le toit de la CAF de Seine Saint-Denis, départe­ment où la pop­u­la­tion est majori­taire­ment issue de l’immigration et où 14 % des femmes qui accouchent sont excisées. Dans ce cas, le pre­mier min­istre a indiqué qu’il étu­di­ait les pos­si­bil­ités de dis­soudre Généra­tion iden­ti­taire. Notons que cette organ­i­sa­tion n’a mené aucun acte de vio­lence, ni aucune dégra­da­tion, ce qui est du reste la mar­que de fab­rique de ses actions poli­tiques. Il s’agit donc de la mise en œuvre d’un délit d’opinion au sein de la République, le seul fait qui peut leur être reproché, sauf mau­vaise foi, est d’avoir demandé de l’argent pour les Français et non pour les étrangers, ain­si que l’indiquait leur ban­de­role. La majorité des per­son­nes touchant de l’argent de la CAF dans ce départe­ment où la majorité de la pop­u­la­tion est issue de l’immigration, cette reven­di­ca­tion tient de l’opinion, une opin­ion dont l’illégalité demeure à démon­tr­er. Reste que 19 mil­i­tants de Généra­tion iden­ti­taire, délogés par la police, seront jugés pour entrave à la lib­erté du tra­vail, encour­ant des peines de 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende.

En France, en 2019, la lib­erté d’expression a donc un coût. Ce qui n’est pas le cas de la vio­lence poli­tique. Tout dépend du bord poli­tique auquel les uns et les autres sont cen­sés appartenir.

Médias et poli­tiques du poli­tique­ment cor­rects se plaig­nent sou­vent d’être mis dans la même case, voire d’être accusés de col­lu­sion. Que dire dans ce cas ? Non seule­ment la majorité des médias taisent un acte d’une extrême grav­ité, con­tre l’ISSEP, aucun n’appelant par exem­ple à la dis­so­lu­tion de ce genre d’organisation gauchiste para­mil­i­taire et vio­lente, mais le silence règne de même dans la classe poli­tique. Dans le même temps, tout le monde se pré­cip­ite con­tre Généra­tion iden­ti­taire. Qu’un insti­tut d’enseignement supérieur soit attaqué et, dans toute démoc­ra­tie digne de ce nom, un mem­bre du gou­verne­ment ou le pre­mier min­istre serait mon­té au créneau pour défendre la lib­erté d’enseigner et d’apprendre. Ou alors les médias se seraient indignés d’un tel silence.

Étrangers mineurs : des enfants à prendre en charge pour les médias de grand chemin

Depuis quelques années, plusieurs médias font le constat que « la France (est) débordée par l’explosion du nombre de mineurs isolés étrangers » arrivant dans le pays. Ces jeunes, majoritairement originaires de pays d’Afrique subsaharienne, étaient selon l’Assemblée des départements de France 40 000 fin 2018. Cet afflux migratoire est surtout présenté dans nombre de médias comme un problème de prise en charge d’enfants isolés. Alors que quelques élus locaux font de la résistance passive face à ce détournement de l’aide sociale à l’enfance, des sites d’informations subventionnés par l’État donnent de précieux renseignements aux migrants, entraînant (volontairement ?) la pompe aspirante.

Des enfants à prendre en charge

Plusieurs jour­naux et sites d’informations relaient l’afflux de jeunes étrangers en France et leur prise en charge. Par­mi ceux-ci, L’Humanité et La Provence présen­tent le 1er avril (ce ne sont pas des pois­sons du jour) une « bâtisse » du diocèse de Mar­seille trans­for­mée en cen­tre d’accueil pour jeunes migrants. 150 jeunes y ont déjà trou­vé refuge. Le Parisien nous informe, le 4 avril, que « 174 mineurs isolés obti­en­nent une mise à l’abri à Mar­seille ». Le quo­ti­di­en nous apprend incidem­ment que le cen­tre d’accueil du diocèse était, en fait, un squat. Son occu­pa­tion illé­gale par de jeunes étrangers, dont l’âge n’a pas encore été éval­ué pour cer­tains, se ter­mine donc par leur héberge­ment à l’hôtel.

Ouest-France nous informe le 6 mars que « 40 migrants mineurs seront accueil­lis dans l’Orne », dans un cen­tre à Per­rou. « 20 emplois » sont créés pour l’occasion et un « accom­pa­g­ne­ment pluridis­ci­plinaire » est mis en place, selon le quo­ti­di­en région­al. 20 Minutes relate l’expérience d’Ariane, qui accueille un jeune étranger chez elle : « c’est une belle aven­ture humaine ». Les appels à accueil­lir chez soi des jeunes migrants sont relayés par La Croix, La Nou­velle République, etc.

Médiac­ités Lyon souligne, le 13 mars, l’engorgement des struc­tures d’accueil dans l’agglomération lyon­naise. La radio France Bleu Vienne se veut ras­sur­ante le 9 jan­vi­er : « ça s’arrange pour l’accueil des mineurs non accom­pa­g­nés dans le Poitou ». On apprend que dans le départe­ment, « 70% des jeunes se présen­tant comme mineurs sont en fait majeurs ». Le Parisien évoque le 21 jan­vi­er l’afflux de jeunes étrangers dans les Yve­lines et les Hauts de Seine. Le 18 mars, le site Info­Tours fait état de « l’affluence des mineurs étrangers » dans l’agglomération de Tours et des actions mil­i­tantes des asso­ci­a­tions les défen­dant.

Les jeunes étrangers arrivant en France sont essen­tielle­ment présen­tés comme des vic­times et par­fois comme des exem­ples.

Le site d’information des­tiné aux « acteurs san­i­taires et médi­co soci­aux » Santésocial.fr titre un arti­cle sur les jeunes migrants qui sont « des enfants avant tout ». Même tonal­ité sur les ondes publiques : pour France Info le 28 mars, bien que « ces dernières années, les mineurs isolés arrivent plus nom­breux en Europe, c’est la dou­ble peine ». La dou­ble peine, c’est pour France Info l’évaluation de l’âge des jeunes par les ser­vices soci­aux, afin de véri­fi­er s’ils sont mineurs et peu­vent pré­ten­dre à l’aide sociale à l’enfance. L’autre peine, c’est quand le jeune devient majeur. Il doit fournir des papiers d’identité pour con­tin­uer à être pris en charge. On aura com­pris que ces démarch­es sont insup­port­a­bles pour la radio publique qui est sur la même posi­tion que les asso­ci­a­tions de défense des migrants.

France cul­ture reprend la qual­i­fi­ca­tion de « dou­ble peine » au sujet d’un « mineur et migrant ». Celui-ci a saisi la Cour européenne des droits de l’homme qui a con­damné la France à le pren­dre en charge.

Alors que Le Monde évoque le 28 févri­er le « par­cours du com­bat­tant de trois mineurs isolés étrangers » au Havre, on apprend au cours de la lec­ture de l’article…qu’ils sont pour­suiv­is pour escro­querie pour avoir demandé des visas sous une fausse iden­tité.

Les médias dressent égale­ment des por­traits qui don­nent une image pos­i­tive l’immigration. Par exem­ple, Le Berry répub­li­cain présente Djakiss et Stéphane, deux migrants mineurs qui ont des pro­jets pro­fes­sion­nels. Le Répub­li­cain Lor­rain fait état le 16 mars de l’initiative de pro­fesseurs qui présen­tent à leurs élèves l’accueil des migrants mineurs.

Les actions juridiques

Les médias ont ample­ment cou­vert depuis le début de l’année les actions des asso­ci­a­tions de défense des migrants visant à annuler les rares mesures des­tinées à lim­iter le détourne­ment de l’aide sociale à l’enfance.

Depuis le début de l’année 2019, un fichi­er nation­al des éval­u­a­tions de l’âge des jeunes est en « expéri­men­ta­tion » dans cer­tains départe­ments. Son objec­tif est d’éviter qu’un jeune fasse éval­uer son âge dans dif­férents départe­ments jusqu’à se faire recon­naitre mineur. Selon le Figaro du 28 févri­er, une ving­taine d’associations ont saisi récem­ment le Con­seil d’État afin de faire annuler le « fichi­er con­tro­ver­sé des mineurs isolés ». Le Monde nous apprend que cer­tains départe­ments ont déjà annon­cé qu’ils ne l’utiliseraient pas.

En mars, le Con­seil con­sti­tu­tion­nel a eu, à l’initiative d’un jeune guinéen et d’associations, à se pronon­cer sur la légal­ité des tests osseux, pour déter­min­er l’âge des jeunes. Le Monde, l’Humanité, Libéra­tion, l’Express, RFI, etc. relaient ample­ment les cri­tiques con­tre ces tests. LCI nous informe le 21 mars que ces tests sont « validés ».

Locale­ment, des asso­ci­a­tions assig­nent fréquem­ment les Con­seils généraux en jus­tice afin d’obtenir une prise en charge rapi­de des jeunes étrangers. C’est le cas dans les Hauts de Seine selon Le Parisien le 29 mars. Le Prési­dent du Con­seil général indique cepen­dant au jour­nal­iste que les jeunes en ques­tion « sont majeurs ». L’Humanité fait état de l’astreinte payée par le Con­seil général des Bouch­es du Rhône, au motif que la col­lec­tiv­ité ne respecte pas « son oblig­a­tion de loger tous les mineurs isolés ».

Les associations veillent

Les médias relaient plusieurs ini­tia­tives d’associations d’aide aux migrants visant à défendre, voire éten­dre leurs droits. France Info fait état de la créa­tion d’un « pôle » d’avocats à Bor­deaux qui a pour objec­tif « de faire en sorte que ces mineurs étrangers soient pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) ». Le site Info migrants, cofi­nancé par l’Union européenne et France Médias Monde (une société publique de pro­gramme) présente aux aspi­rants migrants « tout ce qu’il faut savoir sur votre prise en charge à votre arrivée en France » : adresse des ser­vices chargés de recon­naitre l’âge des jeunes, con­seils juridiques, etc. Il est claire­ment indiqué qu’un jeune mineur est inex­pulsable. Des infor­ma­tions pré­cieuses, comme celles col­lec­tées égale­ment sur le site Infomie.net, un « site ressources sur les mineurs isolés étrangers », qui a comme parte­naires financiers le Min­istère de l’intérieur, le Min­istère des affaires sociales, la Région Ile de France, etc. Le site Info droit étrangers, sub­ven­tion­né par le Min­istère de l’intérieur et la CAF de l’Isère, est égale­ment très pro­lixe en la matière.

Les mineurs étrangers délinquants

Plusieurs arti­cles font état d’une aug­men­ta­tion de la délin­quance dont sont respon­s­ables des jeunes étrangers. Aujourd’hui en France nous informe le 1er avril d’une « hausse de plus de 33 % des vols à la tire sur les voies des métros, RER et Tran­silien ». « 56 % des inter­pel­lés sont mineurs ». « Les suites judi­ci­aires sont lim­itées du fait de l’âge des per­son­nes inter­pel­lées. Les recon­duites à la fron­tière ne peu­vent pas non plus s’effectuer. Les voleurs sont en majorité d’origine étrangère, à 90  % d’Europe de l’Est ou d’Afrique du Nord ». Selon Le Parisien le 24 mars, « les mineurs isolés délin­quants frap­pent en ban­lieue ». L’article présente ce phénomène en pleine expan­sion. De véri­ta­bles fil­ières organ­is­eraient cam­bri­o­lages de maisons et vols dans les trans­ports en com­mun, com­mis sou­vent par des « mineurs maro­cains ou algériens ».

Une délin­quance qui touche aus­si Mar­seille, dont la Provence nous donne un exem­ple le 3 avril, Mont­pel­li­er selon Mét­ro­pol­i­tain, Rennes, Nantes, etc. En jan­vi­er, ce sont trois mineurs non accom­pa­g­nés de 16 ans qui selon Sud Ouest ont agressé à Méri­gnac une nonagé­naire. Libéra­tion con­sacre le 1er avril un arti­cle à la sur­pop­u­la­tion car­cérale. « Le nom­bre de mineurs incar­cérés n’a jamais été aus­si impor­tant (…). Par­mi eux, la sit­u­a­tion des mineurs étrangers non accom­pa­g­nés, qui explique en grande par­tie cette crois­sance ».

Le coût de la prise en charge

Les dépens­es crois­santes engen­drées par la prise en charge des jeunes étrangers ne sem­blent pas le sujet pri­or­i­taire. On apprend par La Dépêche que des départe­ments sig­nent des pro­to­coles avec l’État pour assur­er une meilleure prise en charge des jeunes, dont le coût est estimé à « 50 000 euros par an et par jeune ». Libéra­tion nous informe fin 2018 que l’Assemblée des départe­ments de France « éval­ue à près de 2 mil­liards d’euros le coût (de cette prise en charge NDLR) pour les départe­ments cette année ». Dans un silence médi­a­tique général, le site Infomie fait état d’une propo­si­tion de loi de par­lemen­taires de l’opposition déposée le 20 févri­er visant à faire pren­dre en charge finan­cière­ment par l’État les mineurs étrangers non accom­pa­g­nés con­fiés par déci­sion de jus­tice. Par­tant du con­stat que « les jeunes de ces familles sont déposés par les passeurs exacte­ment devant les ser­vices de l’aide à l’enfance juste avant leur ouver­ture », la propo­si­tion de loi prévoit égale­ment de ne plus délivr­er automa­tique­ment de carte de séjour au jeune qui devient majeur.

La résistance passive d’élus locaux

En dehors de la propo­si­tion de loi présen­tée précédem­ment, l’opposition de cer­tains élus à ces arrivées subies est plutôt « pas­sive ». France Bleu nous apprend le 26 mars qu’à Sainte Agnès (Alpes mar­itimes), le maire con­teste un pro­jet de cen­tre d’accueil de migrants mineurs. Ouest France fait état du non-respect par le Con­seil départe­men­tal de Maine et Loire d’une mesure ordon­née par la Cour européenne des droits de l’homme con­cer­nant une jeune camer­ounaise de 16 ans. En Seine mar­itime, selon Actu.fr, « sur les dernières éval­u­a­tions réal­isées, les trois-quarts des per­son­nes sont déclarées majeures », souligne le Départe­ment pour expli­quer la non prise en charge de ces migrants « en attente ».

Les dif­férents arti­cles et reportages cités ont en com­mun de présen­ter les jeunes étrangers comme des enfants qu’il faut avant tout « met­tre à l’abri ». Ils passent sous silence plusieurs aspects de ce phénomène :

- comme souligné dans un récent arti­cle sur le site Polemia, l’aide sociale à l’enfance a été créée ini­tiale­ment pour pren­dre en charge les orphe­lins et les enfants en dan­ger et non les migrants d’Afrique. Pas une seule fois le détourne­ment de ce dis­posi­tif n’est évo­qué.

- la « souten­abil­ité » de la prise en charge de jeunes étrangers, de plus en plus nom­breux chaque année, est passée sous silence. Ceci alors que, comme le souligne l’ADF, le coût est de 50 000 euros par jeune annuelle­ment. Le bud­get de l’immigration serait donc le seul à échap­per aux con­traintes budgé­taires et béné­ficierait d’un droit de tirage illim­ité.

- aucune mise en per­spec­tive de ce phénomène n’est faite, en par­ti­c­uli­er par rap­port à la déshérence d’une par­tie impor­tante des jeunes en France. Ain­si, selon l’OCDE, près de 3 mil­lions de jeunes ne sont ni en enseigne­ment, ni en for­ma­tion, ni en emploi.

- aucun arti­cle n’envisage que des jeunes africains puis­sent avoir une stratégie et, comme le dis­ait la démo­graphe Michèle Trib­al­at au Figaro, vien­nent en éclaireur, afin d’organiser au moment de la majorité le regroupe­ment famil­ial en France et béné­fi­cient de son généreux sys­tème social.

- tant de nom­breux médias que des asso­ci­a­tions sub­ven­tion­nées par de l’argent pub­lic présen­tent favor­able­ment le détourne­ment de l’aide sociale à l’enfance de son objet ini­tial. Ce qui pour­rait accréditer l’idée que nous sommes face à une poli­tique délibérée de peu­ple­ment. Dans l’intérêt de qui ?