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Un coup d’œil aux dernières publications

« Haine en ligne », Marlène Schiappa et Mounir Mahjoubi pour la censure

Nous vous par­lions il y a quelques jours du rap­port Avia/Taïeb/Amellal remis à Emmanuel Macron en sep­tem­bre 2018 et qui vise sous cou­vert de lutte con­tre le racisme à instau­r­er une jus­tice d’exception sur la toile avec des ordon­nances pénales sans audi­ence et sans con­tra­dic­tion (sic). Deux min­istres du gou­verne­ment Macron/ Philippe ont pré­cisé les men­aces dans les colonnes du Figaro du 14 févri­er 2019. Quelques extraits choi­sis accom­pa­g­nés de com­men­taires.

Manifestation contre l’antisémitisme et manipulation médiatique

Le mar­di 19 févri­er 2019, une man­i­fes­ta­tion con­tre l’antisémitisme a été organ­isée à Paris et dans plusieurs villes de province. Le par­ti social­iste – en quête de vis­i­bil­ité poli­tique et médi­a­tique — en a été à l’initiative et a délibéré­ment choisi de ne pas inviter cer­tains par­tis poli­tiques. Une occa­sion en or pour plusieurs médias pour dia­bolis­er ces derniers selon une tech­nique éprou­vée.

Bernard Arnault/LVMH injecte 440M€ dans les finances du Parisien

On ne prête qu’aux rich­es, dit le dic­ton. Il faut être très riche pour s’offrir un titre de la presse quo­ti­di­enne nationale pour­rait devenir un autre proverbe. Si vous avez un peu moins de 600 mil­lions d’euros de côté, vous pour­riez vous offrir Le Parisien/Aujourd’hui en France, un titre nation­al qui dis­pose d’une bonne influ­ence. Par ici la mon­naie et la vis­ite.

« Haine en ligne », Marlène Schiappa et Mounir Mahjoubi pour la censure

Manifestation contre l’antisémitisme et manipulation médiatique

Le mardi 19 février 2019, une manifestation contre l’antisémitisme a été organisée à Paris et dans plusieurs villes de province. Le parti socialiste – en quête de visibilité politique et médiatique — en a été à l’initiative et a délibérément choisi de ne pas inviter certains partis politiques. Une occasion en or pour plusieurs médias pour diaboliser ces derniers selon une technique éprouvée.

Première phase de sensibilisation

Le JDD nous infor­mait le 15 févri­er que « le Rassem­ble­ment nation­al de Marine Le Pen n’a pas été invité à sign­er l’appel, selon l’entourage du pre­mier secré­taire Olivi­er Fau­re. Même chose pour Debout la France ». C’est le choix des organ­isa­teurs. Mais ce qui ne peut man­quer d’étonner est de voir cer­tains médias soulign­er que le Rassem­ble­ment nation­al ne s’associera pas à la man­i­fes­ta­tion : C’est ain­si que le Huff­post con­state que « le Rassem­ble­ment nation­al ne par­ticipera pas à la marche ». Comme si ce par­ti avait choisi de ne pas s’associer et non pas comme s’il en avait été exclu.

L’agence de presse anglaise Reuters va plus loin dans la manip­u­la­tion en titrant : « Front com­mun des par­tis con­tre l’antisémitisme, RN excep­té ». Une dépêche reprise par Yahoo actu­al­ités, Bour­so­ra­ma, etc.

France Info nous présente le 19 févri­er le « front (presque) com­mun con­tre l’antisémitisme », en présen­tant « ceux qui en sont » et « ceux qui n’en sont pas ». Par­mi eux, le Rassem­ble­ment nation­al. Sous-enten­du : ce par­ti ne fait pas par­tie du front uni con­tre l’antisémitisme.

Seconde phase de diabolisation

Le piège se referme :

  1. Le Rassem­ble­ment nation­al n’est pas été invité à par­ticiper à cette man­i­fes­ta­tion, parce que selon son ini­ti­a­teur, le pre­mier secré­taire du par­ti social­iste, « toute l’histoire (de ce par­ti NDLR) est liée juste­ment à la ques­tion de l’antisémitisme et du racisme ».
  2. Bien que le Rassem­ble­ment nation­al organ­ise une man­i­fes­ta­tion dis­tincte, plusieurs titres de presse repren­nent à leur compte la présen­ta­tion incom­plète de l’agence Reuters.
  3. Ce par­ti est sus­pec­té de ne pas com­bat­tre l’antisémitisme. La preuve en est, il ne fera pas par­tie de la man­i­fes­ta­tion offi­cielle. CQFD.

Un mécan­isme implaca­ble qui aboutit à ce que comme le souligne Le Figaro « après chaque nou­v­el acte anti­sémite resur­gis­sent de part et d’autre de l’échiquier poli­tique les mêmes sus­pi­cions entourant le Rassem­ble­ment nation­al ». Les sus­pi­cions, ça s’entretient. Une par­tie du clergé médi­a­tique l’a bien com­pris. En par­al­lèle des Bobards d’Or remis le 18 févri­er 2019, bien­tôt la manip d’or ?!

Bernard Arnault/LVMH injecte 440M€ dans les finances du Parisien

On ne prête qu’aux riches, dit le dicton. Il faut être très riche pour s’offrir un titre de la presse quotidienne nationale pourrait devenir un autre proverbe. Si vous avez un peu moins de 600 millions d’euros de côté, vous pourriez vous offrir Le Parisien/Aujourd’hui en France, un titre national qui dispose d’une bonne influence. Par ici la monnaie et la visite.

Amaury jette l’éponge, Arnault rachète

En 2016, la famille Amau­ry décide de se recen­tr­er sur L’Équipe et ses activ­ités (Tour de France, chaîne télé, etc). Et vend pour un peu moins de 90M d’euros la total­ité des activ­ités du groupe Le Parisien : jour­nal, immo­bili­er, dis­tri­b­u­tion, web. À peine instal­lé, LVMH opti­mise la tré­sorerie du jour­nal en l’envoyant bronz­er sous le soleil de sa fil­iale finan­cière belge. Avec un intérêt fis­cal évi­dent.

Vous n’auriez pas 80M€ ?

Vous devez les avoir ! Cette somme (un peu faible, recon­nais­sons le) vous per­me­t­tra de regon­fler en décem­bre 2018 la tré­sorerie du titre que vous avez racheté un peu plus de deux ans plus tôt. Si tout se passe bien (ou pas trop mal), vous devriez éponger les pertes de 2018 (non con­nues en févri­er 2019) et celles de 2019, l’année en cours. Plus sans doute quelques investisse­ments dans le numérique

Passez par la case départ et versez 440M€

Con­traire­ment au Monop­oly, vous ne touchez pas quelque chose en repas­sant par la case départ. Vous remet­tez au pot. C’est la Let­tre A du 15 févri­er 2019 qui nous l’apprend. UFIPAR, une des hold­ings du groupe LVMH est le véhicule financier qui pos­sède Le Parisien. Cette hold­ing vient de se livr­er à ce que l’on appelle une « opéra­tion accordéon ». Pour faire sim­ple, vous aug­mentez le cap­i­tal en injec­tant une somme qui cor­re­spond aux pertes antérieures, puis vous réduisez le cap­i­tal d’autant, les pertes sont alors apurées. C’est ce qu’a fait UFIPAR aug­men­tant le cap­i­tal de 440M€, le por­tant de 520M€ à 960M€ puis le réduisant d’autant, la dette est apurée.

Pourquoi tant d’argent

LVMH est dans le trio de tête des aides directes à la presse pour la péri­ode 2012/2017 avec la coquette somme de 65 mil­lions d’euros. Ce qui cor­ro­bore notre pre­mier dic­ton, on ne prête (et sub­ven­tionne) qu’aux rich­es. Mais si on fait le total, 90M de rachat+ 80M en trésorerie+440M pour apur­er les pertes, cela fait quelques 610M€. Comme les espoirs de prof­its sont mai­gres, la morale de l’histoire est claire : si Bernard Arnault investit des sommes impor­tantes dans les médias ce n’est pas pour dégager un prof­it mais pour gag­n­er en influ­ence. Une influ­ence qui lui per­met de défendre à la fois son empire économique et de se faire quelques ami­tiés utiles en poli­tique. À ne pas oubli­er quand vous lisez Le Parisien ou Les Échos.

Infographie : le groupe Lagardère

Le groupe Largardère en une infographie : qui en sont les dirigeants, le conseil de surveillance, les activités du groupe et les actionnaires et participations ? Dernière mise à jour : février 2019.

Tribune : La Marseillaise n’est plus en redressement judiciaire, une victoire à la Phyrrus ?

Nous pour­suiv­ons notre série sur la presse com­mu­niste, rédigée par un ancien jour­nal­iste de la presse com­mu­niste. Cet arti­cle, plus directe­ment poli­tique, est pub­lié sous forme de tri­bune. Voir notre précé­dent arti­cle sur L’Humanité ici.

Si l’on en croit un article un peu ancien du Monde, « L’avenir du journal La Marseillaise s’est éclairci mercredi 6 juin 2018 après que le tribunal de commerce de Marseille a acté le plan de continuation du quotidien et a approuvé sa sortie d’une procédure de redressement judiciaire, qui a duré dix-huit mois, a annoncé la directrice du journal, Audrey Garino. (…) ».

Rap­pelons que ce jour­nal jadis floris­sant a été fondé clan­des­tine­ment par la Résis­tance en 1943 pour « regrouper les patri­otes et trans­met­tre les vraies nou­velles ». Il a alors été un organe du Par­ti com­mu­niste français, et il tenait fer­me­ment les posi­tions du PCF face au Mérid­ion­al-La France (droite) et au Provençal (social­iste à la mode Def­ferre), ses jour­nal­istes étaient des « per­ma­nents » du Par­ti. « La Mar­seil­laise, quo­ti­di­en his­torique de la gauche, a tra­ver­sé une suc­ces­sion de dif­fi­cultés économiques. Au fil des plans soci­aux, le jour­nal avait per­du les trois quarts de ses effec­tifs : de 210 salariés en 2014, à 50 aujourd’hui » nous explique encore le papi­er du site inter­net. En proférant un pieux men­songe. La Mar­seil­laise a été un porte parole déter­miné du Par­ti com­mu­niste et de la CGT, avant de se fon­dre dans l’univers bien pen­sant de la social démoc­ra­tie mit­ter­ran­di­enne après l’  « Union de la gauche » et l’élection de François Mit­ter­rand à la prési­dence de la République en 1981. Le « dan­ger com­mu­niste » s’est alors fon­du dans le mirage social démoc­rate. Il est lois­i­ble d’appeler ce ral­liement une stratégie « de gauche », mais de toute évi­dence, au vu des résul­tats, elle a été pour le moins con­tre pro­duc­tive en ce qui con­cerne la dif­fu­sion et la san­té de l’entreprise « La Mar­seil­laise » (le quo­ti­di­en L’Humanité est dans une sit­u­a­tion à pri­ori com­pa­ra­ble sans doute pour des raisons sim­i­laires).

La FI au centre du « deal » ?

Qui est donc la nou­velle direc­trice ? Audrey Gari­no, anci­enne can­di­date PCF aux lég­isla­tives, co-ani­ma­trice d’un comité de sou­tien à la can­di­da­ture de Jean-Luc Mélen­chon à l’élection prési­den­tielle dans le 7e arrondisse­ment de la cité phocéenne. La Mar­seil­laise serait donc à cette aune apparem­ment asso­ciée poli­tique­ment à la FI, ver­sus PCF, si l’on com­prend bien ce qui s’est con­stru­it sous nos yeux. Et pourquoi pas ? Dans ce type d’  « affinités élec­tives », la con­jonc­tion à la tête de La Mar­seil­laise d’une élue PC ayant soutenu la can­di­da­ture de M. Mélen­chon, il est dif­fi­cile de ne pas voir plus qu’une coïn­ci­dence. Mais qu’est-ce que le PCF aujourd’hui ? Bien peu de choses si l’on en juge par son poids élec­toral.

Autrement dit, voir dans cette opéra­tion le développe­ment d’une rela­tion organique entre la FI et le PCF au moins à Mar­seille n’est pas aven­turé, d’autant plus que M. Mélen­chon est un édile local (élu de la qua­trième cir­con­scrip­tion des Bouch­es-du-Rhône) à « voca­tion nationale ». Mais alors, ce deal, pour quelle poli­tique locale et nationale ? Une nou­velle Union de la Gauche qui a don­né les piètres résul­tats que l’on sait ? La Mar­seil­laise en déroute pro­poserait donc, dans les affres de sa pos­si­ble ago­nie, une pas­sion­nante étude de cas pour ce qui est du cadre de la recom­po­si­tion poli­tique française actuelle.

Le jour­nal a obtenu devant le tri­bunal de com­merce de Mar­seille un avis favor­able du par­quet à la pour­suite de sa péri­ode d’observation jusqu’au 28 mai. On ne voit guère pour­tant com­ment il aura la force de relever les red­outa­bles défis qui l’attendent, au moins sur le plan des moyens rédac­tion­nels.

La Mar­seil­laise avait été mis une pre­mière fois en redresse­ment judi­ci­aire en novem­bre 2014, jusqu’à son rachat en avril 2015 par les édi­tions des Fédérés, dirigées par le député com­mu­niste des Bouch­es-du-Rhône Pierre Dharéville. En ce qui con­cerne son nou­veau plan de redresse­ment devant le tri­bunal, La Mar­seil­laise a comme nous l’avions annon­cé dans les grandes lignes, défendu la recap­i­tal­i­sa­tion de l’entreprise, avec 700.000 euros du groupe Media, spé­cial­isé dans la com­mu­ni­ca­tion des entre­pris­es et des col­lec­tiv­ités, 300.000 euros du pro­mo­teur immo­bili­er Quar­tus, qui s’est adossé à Nice Matin, et 70.000 euros des Amis de la Mar­seil­laise, qui avaient déjà apporté 600.000 euros.

Nouvelle stratégie éditoriale : la perplexité est de mise

Les ventes du jour­nal oscilleraient entre 10.000 et 15.000 exem­plaires (Dif­fi­cile à véri­fi­er). Il était dif­fusé dans six départe­ments du Sud-Est (Bouch­es-du-Rhône, Var, Alpes-de-Haute-Provence, Vau­cluse, Gard et Hérault), et pro­po­sait deux édi­tions quo­ti­di­ennes, Provence et Langue­doc, ain­si qu’un sup­plé­ment week-end. Avec seule­ment une quin­zaine de jour­nal­istes si le plan social pro­posé est appliqué, le jour­nal n’aura plus qu’une seule édi­tion quo­ti­di­enne et quelques édi­tions départe­men­tales heb­do­madaires. Il restrein­dra sa dif­fu­sion aux Bouch­es-du-Rhône et au Var, déser­tant qua­tre départe­ments du Sud-Est.

Par­al­lèle­ment le jour­nal a révisé sa for­mule (comme cela se fait sou­vent en pareil cas), qu’il présente comme « une nou­velle page de sa riche et longue his­toire ». Sa mis­sion : « être le quo­ti­di­en du quo­ti­di­en en délivrant une infor­ma­tion de prox­im­ité, être référent de la ques­tion sociale et le révéla­teur des réal­ités vécues » ain­si que « la caisse de réso­nance des solu­tions », dit son édi­to­r­i­al.

Au-delà de l’étrange et amu­sant jar­gon util­isé dans cette « pro­fes­sion de foi », la « nou­velle page » de la « riche his­toire » de ce jour­nal paraît prob­lé­ma­tique pour au moins deux raisons. L’une objec­tive : ses équili­bres financiers reposent (mal) sur… un con­cours de boules annuel, le « Mon­di­al à pétanque », par ailleurs d’une grande renom­mée, une man­i­fes­ta­tion cycliste (pour quel rap­port?) et non essen­tielle­ment sur sa dif­fu­sion, qui s’est réduite comme peau de cha­grin au fil des ans. Autrement dit, pour sur­vivre, comme un mod­este salarié mal payé, La Mar­seil­laise a au moins deux « jobs », dont le pre­mier, l’information, son « cœur de cible » orig­inel, est dev­enue de toute évi­dence inca­pable à lui seul de faire vivre l’entreprise. Il lui faudrait donc pri­or­i­taire­ment recon­quérir un lec­torat enfui. Mais com­ment espér­er mobilis­er des lecteurs avec des direc­tives chew­ing gum du type « infor­ma­tion de prox­im­ité », que pra­tiquent tous les quo­ti­di­ens régionaux, dont La Provence, « référent de la ques­tion sociale », ce qui est bien vague, « révéla­teur des réal­ités vécues », ce qui l’est encore plus, « caisse de réso­nance des solu­tions », ce qui tendrait à prou­ver que PCF et FI ont des solu­tions per­ti­nentes à tous les prob­lèmes, ce qui se saurait ?

Petit « détail », cette stratégie est celle d’un sou­tien local PCF de Jean Luc Mélen­chon, la nou­velle direc­trice, et devient donc, indi­recte­ment ou pas, volon­taire­ment ou pas, une vit­rine de la stratégie de la FI. Et avec quels résul­tats prévis­i­bles ?

Crise des médias et du politique

Nous sommes là de plain pied dans la crise des médias « main­stream », ce que par ailleurs La Mar­seil­laise n’est pas, ou n’est plus. Et sans doute « du poli­tique ».

Avec une telle stratégie sans sub­stance, espère-t-on mobilis­er les foules qui aujourd’hui préfèrent sou­vent met­tre des gilets jaunes et aller faire enten­dre leurs voix dans la rue et sur les rond-points plutôt qu’acheter et lire une presse qui les con­cerne de moins en moins ?

Quels objec­tifs clair à la veille des élec­tions européennes ? Rester dans l’UE ? Par­tir ? Met­tre en ques­tion l’Euro, le défendre ? Atta­quer M. Macron, le défendre (Les députés FI ont refusé de s’associer à la procé­dure de des­ti­tu­tion de M. Macron via la mise en œuvre de l’article 68 de la con­sti­tu­tion pro­posée par l’UPR) ? Quel regard sur les sujets socié­taux (immi­gra­tion, réfugiés etc…) ? Quelles idées sim­ples du type lutte con­tre la lib­erté des mou­ve­ments de cap­i­taux instau­rée en 1986 qui a autorisé dans les faits les délo­cal­i­sa­tions indus­trielles et la paupéri­sa­tion de notre pays, comme celles d’autres pays de l’UE, tels l’Italie et l’Espagne ? Bref, quoi de con­cret et de fon­da­men­tal pour appel­er et rassem­bler des lecteurs citoyens avides d’informations hon­nêtes, car­rées, com­préhen­si­bles, et impa­tients de vivre mieux ? Les sujets, hélas, ne man­queraient pas !

Sommes-nous encore dans le chara­bia poli­tique­ment cor­rect d’une « gauche » qui a depuis longtemps abdiqué ses fon­da­men­taux au prof­it d’une bien-pen­sance que l’actuel « patron » du PCF représente assez bien ? Doit-on met­tre en cause la com­pé­tence des décideurs, leur con­formisme, leur aveu­gle­ment ? Mys­tère. Il est dif­fi­cile de savoir quels sont les ressorts de ce sui­cide prob­a­ble et à pri­ori pro­gram­mé du jour­nal, et d’un par­ti poli­tique, le PCF, qui en fait rêver plus d’un. Ce qui en l’occurrence est peut-être aus­si le cas de la FI, ce que l’avenir nous dira.

Ce qui se conçoit bien…

La seule infor­ma­tion claire est donc que l’équipe en place tient molle­ment les rênes et ne sem­ble pas maîtris­er le méti­er de la presse et ses con­traintes. Elle peut en out­re, sous toute réserve, être créditée d’être plus ou moins en phase avec la FI. Mais alors, quid de la stratégie FI ?

La seule prévi­sion fondée est que les mêmes caus­es pro­duisant générale­ment les mêmes effets, il paraît donc peu vraisem­blable que La Mar­seil­laise se sur­vive longtemps. Com­ment en effet espér­er ven­dre un jour­nal si pau­vre en jour­nal­istes, sans ligne poli­tique digne de ce nom ? Alors qu’un sou­tien de M. Mélen­chon à la prési­den­tielle, Mme Gari­no, qui a défendu les couleurs du PCF aux lég­isla­tives, est à sa tête, cette dou­ble cas­quette ayant pu appa­raître comme un atout ?

Nous sommes là aus­si, très exacte­ment, au cœur de la crise poli­tique française, quand les élites n’ont plus de lignes com­préhen­si­bles par les citoyens, ou trop com­préhen­si­bles !

Un jour­nal, l’acte jour­nal­is­tique, peut se résumer grossière­ment à trois ques­tions : qui par­le, à qui, pour dire quoi ? En ce qui con­cerne La Mar­seil­laise, à qui, on ne sait pas. Qui, on sait, ceux qui ne par­tiront qu’au moment du naufrage défini­tif, après avoir enfilé des lieux com­muns de bonne com­pag­nie, fidèles reflets de la « ligne édi­to­ri­ale » poli­tique­ment cor­recte quand les Gilets Jaunes posent de sacrés prob­lèmes poli­tiques de fond. Pour dire quoi ? Des paroles nor­mées, avec du bien, du mal, et la dénon­ci­a­tion de faits dont on évite au max­i­mum de nom­mer les caus­es, voire en les inven­tant. On retrou­ve cela dans nom­bre de « grands jour­naux » en perte de vitesse.

La Mar­seil­laise, et la FI avec elle, parais­sent donc, sous toute réserve, en retard d’une révo­lu­tion idéologique, qui exige des médias et des élus le respect des lecteurs et des citoyens. Et surtout la prise en compte con­crète de leurs dif­fi­cultés et, avec, la dénon­ci­a­tion des orig­ines de ces dif­fi­cultés. Ain­si renaî­trait, en nom­bre, le « lecteur citoyen ».

Ces « gens de bien », par­mi tant d’autres, n’ont sans doute pas com­pris la grav­ité de la sit­u­a­tion actuelle, ce qui serait pour­tant l’exigence pre­mière d’un quo­ti­di­en d’information, à présent image sub­lim­i­nale d’un par­ti poli­tique toni­tru­ant. Et le jour­nal et la FI (le PCF compte-t-il encore pour quelque chose?) ont de toute évi­dence du mal à se cen­tr­er sur leur fonc­tion pre­mière, informer vrai­ment pour l’un, informer et ouvrir des per­spec­tives poli­tiques con­crètes pour l’autre. Si la France de M. Macron est crise, celle de ses opposants vis­i­bles ne l’est prob­a­ble­ment pas moins, toutes ten­dances con­fon­dues.

Crédit pho­to : DR

Flicage sur internet : le rapport Avia/Taieb/Amellal et sa mise en œuvre

L’exemple Collab’ de l’info : éducation aux médias et encadrement des esprits

Comme tous les régimes politiques et les idéologies au pouvoir certaines de détenir la vérité et de connaître le seul et unique chemin, le monde libéral libertaire s’inquiète des informations qui circulent, et qui pourraient exprimer des visions autres. Et se préoccupe donc de l’encadrement de la jeunesse. Ainsi naissent les programmes d’éducation aux médias.

Le cadre général

Ces pro­grammes sont nom­breux, de plus en plus nom­breux mêmes. L’OJIM a déjà ren­du compte de plusieurs d’entre eux, qui usent de tous les sup­ports pos­si­bles. Par exem­ple :

Nom­bre d’autres exem­ples sont en cir­cu­la­tion, en par­ti­c­uli­er par le biais des divers quo­ti­di­ens des­tinés aux jeunes et autres semaines de la presse, en pas­sant par le rôle des doc­u­men­tal­istes de col­lèges et de lycées dans ce domaine. France.tv édu­ca­tion est de fait à la pointe en ce domaine, ain­si que les quo­ti­di­ens Le Monde et Libéra­tion. Notons que la presse régionale n’est pas en reste, puisqu’au pré­texte de la prox­im­ité est mise en œuvre une semaine de cette presse afin de sen­si­bilis­er les jeunes, offi­cielle­ment, de main­tenir un lec­torat vieil­lis­sant en réal­ité.

De plus, nom­bre de témoignages remon­tent sur le car­ac­tère idéologique de « l’éducation aux médias et à inter­net », dénom­mée EMI par le Min­istère de l’Éducation Nationale. Un exem­ple ? En prove­nance d’un enseignant du sec­ondaire, au sujet d’un jour­nal­iste inter­venant devant des élèves et prononçant cette phrase : « Le Monde est le seul quo­ti­di­en entière­ment fiable. Si vous lisez une infor­ma­tion dans Le Monde c’est qu’elle est véri­fiée et vraie. Ce n’est pas pour rien que Le Monde est con­sid­éré comme le quo­ti­di­en de référence » (octo­bre 2018). Enfin, il ne faut pas ignor­er que le cadre général est don­né par les ser­vices du min­istère, de manière très offi­cielle : on trou­vera ce cadre ici.

Un exemple typique : « la Collab’ de l’info »

Avec un tel titre, dif­fi­cile de ne pas penser qu’il y a un cer­tain manque de sens com­mun… Par­ler de « col­lab­o­ra­tion de l’information » pour évo­quer l’information offi­cielle, on toucherait au sub­lime s’il s’agissait d’humour. Ce n’est pas le cas. C’est sim­ple­ment le con­cept de l’un des nom­breux pro­jets de France.tv édu­ca­tion, dont il est pos­si­ble de con­sul­ter l’ensemble en cours de développe­ment ici. L’idée est intéres­sante sur le plan de la pro­pa­gande puisqu’il s’agit de réu­nir par cou­ples un jour­nal­iste très inséré dans le sys­tème offi­ciel et un youtubeur con­nu des jeunes, lequel ne man­quera pas de réper­cuter cela dans son réseau.

Pourquoi ? Pour faire le point sur « les fon­da­men­taux de l’éducation aux médias et à l’information », autrement dit pour prêch­er la bonne parole, façon­ner cor­recte­ment les esprits. On trou­vera donc pour l’instant quinze cou­ples col­lab­o­ra­teurs dans cette « Col­lab’ de l’info », dont le titre prend ain­si toute sa saveur. Par­mi les thèmes :

  • Rumeurs con­tre théories du com­plot
  • Faits con­tre croy­ances
  • Infos con­tre intox
  • La pub­lic­ité déguisée
  • véri­fi­er l’info : le fact-check­ing
  • par­o­die con­tre can­u­lar
  • tous pro­duc­teurs d’info

On aura sen­ti une sorte de thème récur­rent sous des formes divers­es… dans ces doc­u­men­taires qui durent entre 5 et 6 min­utes chaque. On l’aura aus­si com­pris : on joue à con­fron­ter des con­cep­tions du monde entre per­son­nes pen­sant la même chose, le mot « con­tre » n’ayant fonc­tion que de décor.

Pour penser qu’il peut s’agir d’éducation aux médias et non d’encadrement de la jeunesse, il faut pos­séder une bonne dose d’optimisme. Ou de naïveté.

 

Voir aussi

L’éducation aux médias, nou­velle entre­prise de for­matage des esprits, via Le Monde et Hubert Guil­laud

Changement de modèle économique dans les médias, l’exemple de TF1 et de La Tribune

À première vue, peu de choses en commun entre La Tribune, un quotidien anciennement papier devenu tout en ligne et TF1 le mastodonte de Bouygues qui continue d’être le navire amiral des chaines françaises. Pourtant leur modèle économique est chahuté et tous deux – dans des contextes différents – ont trouvé la parade : la diversification.

TF1, bien plus qu’une télévision

Qu’il est loin le temps d’avril 2015 où le cours de l’action dépas­sait les 17€, et même plus récem­ment en décem­bre 2017 où il était à plus de 12€. Pour un médiocre 6.75€ à mi févri­er 2019. La rai­son ? L’appréhension des marchés devant les suc­cès des Net­flix, Dys­ney et Ama­zon dans l’abonnement pour des séries à suc­cès, venant con­cur­rencer les mod­èles tra­di­tion­nels.

Pour­tant Gilles Pélis­son n’a pas à rou­gir des résul­tats 2018, pas loin de 2,3 mil­liards d’euros de revenus, un béné­fice de qua­si 200 mil­ions, on a vu pire. Surtout, ce résul­tat doit être lu à la lumière des diver­si­fi­ca­tions. Si la télévi­sion représente encore 80% des revenus, la pro­duc­tion pour tiers avec Newen (racheté par­tielle­ment en 2015 et en total­ité en 2018) est à près de15% et le dig­i­tal à un peu plus de 5%. Les mar­ques dig­i­tales Aufem­i­nin Mar­mi­ton, Doc­tis­si­mo, My lit­tle Paris explosent et devraient dou­bler leurs revenus en trois ans. A moyen terme les revenus de TF1 devraient moins dépen­dre de la pub­lic­ité, de quoi faire remon­ter le cours de l’action.

La Tribune, histoire d’une résurrection

Le quo­ti­di­en financier a con­nu une exis­tence mou­ve­men­tée. Créé en 1985 par des jour­nal­istes économiques, racheté par L’Expansion de Jean-Louis Ser­van-Schreiber, puis Georges Ghosn, puis LVMH, puis Alain Weill, puis en 2012 par Jean-Christophe Tor­to­ra qui revend ses parts en 2016 tout en gar­dant la direc­tion. Entretemps l’édition quo­ti­di­enne est dev­enue entière­ment dig­i­tale en jan­vi­er 2012, gar­dant une édi­tion heb­do­madaire imprimée.

Sept ans plus tard La Tri­bune relève la tête, revendique 12.000 abon­nés, relance l’hebdomadaire avec un objec­tif de 20.000 abon­nés et annonce un béné­fice con­ven­able. Par quel mir­a­cle ? Par celui de l’événementiel. Les activ­ités de salons représen­tent déjà 40% de l’activité et sans doute une part beau­coup plus grande du prof­it. L’exemple du Figaro devenu un paque­bot ven­dant de la presse, des places de marché, des réseaux soci­aux, des croisières et bien d’autres choses sem­ble devoir être suivi un peu partout. Pour ven­dre de la presse, il faut savoir dévelop­per des activ­ités annex­es à côté. Dure leçon.

Jeff Bezos et le National Enquirer : quand les gros sous ne sont jamais loin du sordide

Jeff Bezos, propriétaire fondateur d’Amazon jeune homme de 55 ans assailli par le démon de midi, avait décidé de changer de trophée marital en se lançant dans une relation extra-conjugale avec la médiatique Lauren Sanchez, épouse du faiseur de stars hollywoodien Patrick Whitesell, et ceci bien avant l’annonce de son divorce avec sa propre épouse (présenté comme amical à l’époque), ce qui n’est pas sans conséquences, tant sur le plan de l’image que financier. Un divorce potentiellement coûteux, avec 160 milliards de $ à partager. Bref, l’homme le plus riche du monde risque de descendre dans le classement.

Qu’est donc cette « l’affaire » Baisos — pardon — Bezos ?

Le médi­um qui révèle le pot aux ros­es est forte­ment « con­noté pro-Trump » : la trahi­son mat­ri­mo­ni­ale de Bezos a été révélée par The Nation­al Enquir­er, mi feuille de chou, mi bou­tique de jour­nal­isme d’investigation, laque­lle a la répu­ta­tion de se tromper rarement. Le jour­nal, est dirigé par un com­pagnon de (longue) route de Don­ald Trump, chargé au fil des ans de men­er des con­tre-feux aux sales coups médi­a­tiques mon­tés con­tre les adver­saires du mil­liar­daire ou d’étouffer les révéla­tions dans l’œuf en achetant les droits de pub­li­ca­tion des auteurs pour les met­tre ensuite au plac­ard. Cet homme est Jeff Peck­er, fon­da­teur d’American Media Inc., hold­ing de plusieurs tabloïds, dont The Nation­al Enquir­er.

Jalousie réciproque

La jalousie mutuelle Trump-Bezos : Trump est prési­dent, et Bezos ne l’est pas ; Bezos est richissime, et Trump l’est beau­coup moins. Trump, fustigé depuis plus de trois ans par le Wash­ing­ton Post, (que l’homme d’Amazon a racheté) a donc une dent con­tre Bezos. Ain­si, ses tweets sur « Jeff Bozo » et les per­for­mances du Wash­ing­ton Post (7e rang des quo­ti­di­ens améri­cains, avec une cir­cu­la­tion de 476.800 ex) se sont mul­ti­pliés. De même, le prési­dent a par exem­ple demandé à son admin­is­tra­tion d’évaluer les pra­tiques d’Amazon pour con­cur­rence déloyale pré­sumée à l’égard des postes fédérales. Affaire non suiv­ie d’effet par la bureau­cratie.

Cela n’est cepen­dant pas tombé dans l’oreille d’un sourd, en l’occurrence le par­lemen­taire Adam Schiff (élu démoc­rate de Cal­i­fornie), spé­cial­iste de la preuve par absence de preuve dans l’affaire Rus­si­a­gate qui, avec ses acolytes lil­lipu­tiens vient de lancer un filet d’enquêtes nou­velles pour enser­rer Trump. Par­mi les sujets : l’éventuelle util­i­sa­tion par le prési­dent de l’appareil d’État con­tre ses enne­mis économiques. Par exem­ple sa ten­ta­tive de blocage de la fusion Time-Warn­er AT&T (avec CNN pour enjeu). Et demain Bezos/Amazon.

Bezos contre-attaque

Il n’est donc pas sur­prenant que Bezos, les pre­mières révéla­tions pub­liées par le tabloïd, ait immé­di­ate­ment pen­sé à une manœu­vre du clan Trump des­tinée à tor­piller la nou­velle de son divorce « ami­cal ». D’où sa sub­tile con­tre-attaque menée via le site inter­net autonome Medi­um : lors de com­men­taires con­sé­cu­tifs il a pu insin­uer que ses tex­tos amoureux avaient été piratés par les fonc­tion­naires de Trump (encore un dossier à faire mas­ti­quer par Adam Schiff) et surtout qu’il avait été vic­time de chan­tage de la part des avo­cats de Jeff Peck­er.

Nature du « chan­tage » : sor­tie de pho­tos com­pro­met­tantes, cer­taines présen­tant la par­tie à géométrie vari­able de son anatomie. Donc « au-dessous de la cein­ture » au sens fig­uré et lit­téral. Et, pour faire bonne mesure, Bezos accu­sait l’Arabie de se venger via le jour­nal de Peck­er du traite­ment par le Wash­ing­ton Post de l’affaire Kashog­gi (ex-col­lab­o­ra­teur du Wash­ing­ton Post).

Panurgisme des médias

Avant d’aborder les faits, con­cen­trons-nous sur la réac­tion des médias, qui se sont coal­isés en une sym­phonie syco­phan­tique de « brown nos­ing » (ver­sion améri­caine du con­cept français de lèche-botte, ou pire) de la part des admi­ra­teurs de la pre­mière for­tune du monde.

Le fond de l’affaire est plus nuancé. Lorsque parais­sent les pre­mières infor­ma­tions, Bezos lance Gavin de Beck­er, le pit­bull de la sécu­rité des Peo­ple, sur les traces de Jeff Peck­er, afin d’identifier l’origine des fuites, ou plutôt d’assommer le groupe Amer­i­can Media Inc. (AMI), donc Trump. Les avo­cats d’AMI deman­dent mal­adroite­ment à Bezos de met­tre fin à l’enquête de Gavin de Deck­er. Faute de quoi, ces derniers révè­lent qu’ils ont en leur pos­ses­sion des pho­tos beau­coup plus pornographiques que celles déjà dif­fusées.

Qui a vrai­ment fuité et pourquoi? Après la thèse des ser­vices de l’État piratant le télé­phone de Bezos, a suivi celle du frère de Lau­ren Sanchez (l’amoureuse de Bezos) : Michael Sanchez est un par­ti­san de Trump et con­nait bien Roger Stone (autre homme des bass­es-œuvres de Trump pen­dant de nom­breuses années) qui vient d’être inculpé par le pro­cureur Mueller. Mais cela se com­plique avec la piste de Lau­ren Sanchez qui elle-même aurait partagé (selon The Sun) avec des amis les pho­tos de l’énorme pénis (sic) de son amoureux. Naïve­ment ou cynique­ment?

Car les amoureux ne se voient plus en pub­lic depuis quelque temps. Et le frère de Lau­ren insiste beau­coup sur solid­ité et la pro­tec­tion du cou­ple Bezos/Sanchez. Peut-être. Ou bien Bezos, vu la fac­ture poten­tielle du divorce, se serait-il hâté lente­ment dans sa procé­dure de sépa­ra­tion? Ce qui aurait mécon­tenté le clan Sanchez, qui alors aurait cher­ché à le forcer à couper les ponts avec l’épouse ? Nul ne le sait. Une chose est cer­taine : Adam Schiff ne man­quera pas de se saisir du dossier, et le groupe de presse AMI pro Trump sera passé à la loupe.

Bezos, Schiff : tra­vail d’équipe, ver­sion démoc­rate ? Le com­bat con­tin­ue.

 

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Comme le Time, les grands mag­a­zines améri­cains repris par les for­tunes de la côte ouest

Les médias dominants : vous reprendrez bien un peu de djihadistes ?

Le 8 février, l’OJIM a consacré un article à la couverture médiatique du changement de doctrine du gouvernement concernant le retour de Syrie de djihadistes français. Il nous a paru utile d’y revenir plus en détail, en mettant à jour la couverture médiatique du plan de communication du gouvernement et en rappelant certains enjeux de ce retour de djihadistes passés sous silence par les médias de grand chemin.

Le plan communication du gouvernement

Le retrait des troupes améri­caines de Syrie et la volon­té des kur­des de con­sacr­er plus de moyens à leur défense, plutôt qu’à la garde de pris­on­niers, amè­nent des gou­verne­ments de pays occi­den­taux à s’interroger sur le sort de leurs ressor­tis­sants par­tis rejoin­dre l’Etat islamique.

La France sem­ble en pointe dans la déf­i­ni­tion d’une nou­velle stratégie, qui con­sis­terait dans le rap­a­triement de français – hommes, femmes et enfants – ayant « séjourné » et/ou com­bat­tu dans les rangs de l’Etat islamique en Syrie.

Compte tenu de l’inquiétude que peut créer ce rap­a­triement et des exac­tions com­mis­es en France par les frères d’armes de ces dji­hadistes (Char­lie heb­do, Bat­a­clan, Nice, etc.), le gou­verne­ment a déployé un plan de com­mu­ni­ca­tion visant à ras­sur­er les français. Il est vrai qu’il opère un change­ment à 90° de sa doc­trine, le retour « admin­istré » de dji­hadistes étant jusqu’à main­tenant totale­ment exclu.

Ce plan de com­mu­ni­ca­tion com­porte 3 argu­men­taires com­plé­men­taires ample­ment repris et explic­ités par les médias de grand chemin :

  • Le rap­a­triement des dji­hadistes français est la meilleure solu­tion pour garan­tir la sécu­rité des français.
  • Par­mi les français qui doivent être rap­a­triés de Syrie, la grande majorité sont des femmes et des enfants.
  • Le gou­verne­ment a mis en place un plan pour éviter que les dji­hadistes rap­a­triés com­met­tent des exac­tions en France.

« Le rapatriement des djihadistes français est la meilleure solution »

Plusieurs titres de presse repren­nent la posi­tion du Prési­dent de la République, présen­tée par France Info : « il vaut mieux ramen­er tout le monde afin d’éviter qu’ils ne ren­trent en France clan­des­tine­ment ». La min­istre de la jus­tice est en pointe dans la péd­a­gogie de cette posi­tion et l’expose dans la presse :

Dans une inter­view à La Dépêche, elle déclare : « notre pri­or­ité, c’est d’éviter la dis­per­sion des dji­hadistes ». La min­istre assure que le sys­tème car­céral français peut pren­dre en charge les indi­vidus par­ti­c­ulière­ment dan­gereux.

Chal­lenges nous informe factuelle­ment que « Paris con­firme sa préférence pour le rap­a­triement des dji­hadistes français » et repro­duit les pro­pos ras­sur­ants de la min­istre.

L’option du retour des dji­hadistes ren­con­tre un écho favor­able dans plusieurs titres de presse :

Un jour­nal­iste du Monde estime le 14 févri­er qu’avec le rap­a­triement des dji­hadistes français, le gou­verne­ment sera « tenu mal­gré lui d’appliquer le droit en matière de lutte con­tre le ter­ror­isme ». « Le gou­verne­ment trou­ve là, par le traite­ment judi­ci­aire de ces dji­hadistes, le moyen de mieux pro­téger notre démoc­ra­tie et de met­tre fin à sa poli­tique de l’autruche ».

Le Figaro vox donne la parole au prési­dent du Cen­tre d’analyse du ter­ror­isme qui assène un argu­ment d’autorité: « il s’agit de la seule manière de s’assurer que ces com­bat­tants islamistes soient réelle­ment neu­tral­isés et répon­dent de leurs actes ».

Le JDD est caté­gorique et nous explique « pourquoi laiss­er les dji­hadistes français en Syrie serait une mau­vaise idée ».

« En grande majorité, les futurs rapatriés sont des femmes et des enfants »

Par­mi les 130 français qui pour­raient être rap­a­triés de Syrie, il y a des femmes et des enfants. Cette infor­ma­tion est ample­ment dévelop­pée par de nom­breux médias. Elle aboutit à min­imiser la dan­gerosité des ressor­tis­sants français qui seraient rap­a­triés :

« Ce sont prin­ci­pale­ment des femmes et des enfants » ras­sure Bel­lou­bet » (la min­istre de la jus­tice), nous apprend RT France. L’information est large­ment reprise, par 20 Min­utes, Le Point, France Info, RTL, etc.

Comme pour mieux appuy­er le car­ac­tère inof­fen­sif de cer­tains futurs rap­a­triés, la parole est don­née aux proches de français par­tis rejoin­dre l’Etat islamique. Ce sont avant tout les liens famil­i­aux qui sont mis en avant. La moti­va­tion du départ en Syrie, le rad­i­cal­isme religieux, la volon­té de com­bat­tre les « mécréants » passent en arrière-plan, voire sont car­ré­ment passés sous silence :

Le quo­ti­di­en gra­tu­it 20 Min­utes donne la parole à un grand-père d’un enfant d’un dji­hadiste français par­ti en Syrie : « Est-ce qu’on pour­ra voir notre petit fils ?

« Un père attend le retour de son fils dji­hadiste » pour qu’il soit jugé en France nous informe L’Express. On apprend qu’il a peut-être été un pro­pa­gan­diste de l’État Islamique.

France 3 con­sacre un reportage à « l’appel à l’aide » de familles de dji­hadistes et donne l’exemple d’une jeune femme qui serait par­tie con­tre son gré en Syrie. Sont-ils tous dans ce cas ? Le doute con­tin­ue de plan­er…

« La France a un plan pour rapatrier les djihadistes et éviter qu’ils commettent des exactions en France »

Ce plan cen­sé sécuris­er le retour des dji­hadistes est présen­té en deux temps dans les médias : c’est d’abord la prise en charge en France qui est dévoilée, puis l’aide que pour­raient apporter les Etats Unis à leur rap­a­triement. Dans les arti­cles qui présen­tent ces deux étapes, on ne trou­ve aucune réserve ni opin­ion : le mes­sage du gou­verne­ment est relayé in exten­so.

Dans Le Parisien, on apprend « com­ment Paris pré­pare le retour des dji­hadistes », tout comme sur BFMTV. Un retour qui serait sous con­trôle, des pour­suites judi­ci­aires seraient engagées dès leur arrivée en France.

Puis on apprend par France Info, LCI, Actu orange, etc. que les améri­cains « ont une expéri­ence dans le domaine » et pour­raient aider la France au rap­a­triement par avion des dji­hadistes. Presque ras­sur­ant, non ?

Les enjeux du retour de dji­hadistes passés sous silence

Il faut con­sul­ter des arti­cles de presse déjà anciens pour trou­ver des élé­ments de con­texte impor­tants, passés sous silence dans la présen­ta­tion actuelle par nom­bre de médias du plan de rap­a­triement des ressor­tis­sants français en Syrie. Pour­tant, ces infor­ma­tions pour­raient être utile­ment pris­es en compte pour sus­citer un débat sur l’option retenue :

  • L’impossibilité matérielle de la sur­veil­lance effec­tive de tous les rad­i­caux fichés S. Le Midi libre nous infor­mait le 29 juil­let 2016 que « face à la mul­ti­pli­ca­tion du nom­bre de fich­es S, la tâche s’avère com­pliquée pour les ser­vices de ren­seigne­ment. Manque de moyens humains, dif­fi­culté de détecter une action immi­nente, invo­quent les experts ». C’était en 2016…
  • Des femmes et des enfants ont égale­ment été des com­bat­tants de l’Etat islamique. Le jour­nal Marie Claire con­sacrait en 2016 un reportage aux enfants sol­dats de Daech tan­dis que Le Monde enquê­tait en mai 2018 sur « les femmes dji­hadistes ».
  • L’échec de la dérad­i­cal­i­sa­tion. Mar­i­anne nous infor­mait en juil­let 2017 que le seul et unique cen­tre de dérad­i­cal­i­sa­tion, en Indre et Loire, a été un échec et a fer­mé. Dans Le Figaro, une séna­trice ayant réal­isé un rap­port sur le sujet affir­mait en févri­er 2017 : « Nous savons que nos pro­grammes sont inutiles pour les dji­hadistes rad­i­caux de con­vic­tion».
  • La sat­u­ra­tion des pris­ons. La chaine TV Lib­ertés évo­quait en décem­bre 2018 qu’il y a « plus de 71 000 détenus répar­tis sur 60 000 places » dans les pris­ons français­es.
  • Alors que le gou­verne­ment ne donne aucune assur­ance que les dji­hadistes pour­ront tous être con­damnés, Le Dauphiné Libéré nous appre­nait en juin 2018 que la min­istre de la jus­tice affir­mait qu’ « env­i­ron 450 détenus rad­i­cal­isés sor­tiront de prison d’ici fin 2019 ». Ain­si, de nom­breux « rad­i­cal­isés » déjà présents sur le ter­ri­toire (lire « islamistes pré­sumés dan­gereux») seront prochaine­ment remis en lib­erté.

Toutes ces infor­ma­tions ne sont pas rap­pelées par la grande majorité des médias dans la présen­ta­tion actuelle du plan de rap­a­triement. Alors que les exac­tions com­mis­es par les dji­hadistes d’origine française en Syrie auraient pu être utile­ment rap­pelés, c’est un véri­ta­ble plan de com­mu­ni­ca­tion qu’ils relaient. Ce plan s’appuie sur :

  1. des ressorts rationnels. Le rap­a­triement est présen­té comme étant organ­isé par les améri­cains, des « pros » en la matière, il y aura une prise en charge rigoureuse des dji­hadistes à leur arrivée en France et le défer­re­ment le cas échéant devant les autorités judi­ci­aires,
  2. la fibre affec­tive. Le fait que par­mi les 130 ressor­tis­sants prévus au rap­a­triement, il y a des mineurs et des femmes, est ample­ment médi­atisé, peu importe leur degré d’endoctrinement.

Au final, une infor­ma­tion biaisée, lacu­naire, par­tiale par ses omis­sions. Ren­dez-vous dans quelques années, ou plus tôt, pour savoir si ce choix est fondé ou s’il est incon­science et mise en dan­ger des Français.