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Un coup d’Ɠil aux derniùres publications

Nicolas Dupont-Aignan : Patrick Cohen cireur de pompes du pouvoir

Les clash­es entre poli­tiques et jour­nal­istes peu­vent par­fois bĂ©né­fici­er aux deux par­ties, ali­men­tant une dou­ble notoriĂ©tĂ©. Mais ils sont aus­si dans cer­tains cas rĂ©vĂ©la­teurs d’une cer­taine arro­gance d’une par­tie de la classe mĂ©di­a­tique lorsque celle-ci entre­prend de réé­du­quer selon ses a pri­ori et non d’informer. Ce fut le cas de la prise de bec entre Nico­las Dupont-Aig­­nan et Patrick Cohen sur la 5 le mer­cre­di 6 mars 2019 dans l’émission C’est Ă  vous.

RĂ©actions Ă  la lettre du prĂ©sident français aux « Citoyens d’Europe » : revue de presse europĂ©enne

Emmanuel Macron a pub­liĂ© le 5 mars 2019 dans des jour­naux choi­sis des 28 pays de l’UE une tri­bune inti­t­ulĂ©e « Pour une Renais­sance europĂ©enne » prĂ©al­able­ment traduite en 22 langues. Les rĂ©ac­tions chez les 28 (France com­prise) ont Ă©tĂ© var­iĂ©es, allant de l’enthousiasme au rejet en pas­sant par l’indiffĂ©rence et les moqueries.

Le New York Times profite de la vague anti-Trump

C’est la trĂšs vieille his­toire de la poule et de l’Ɠuf. Qui Ă©tait le pre­mier ? MĂȘme chose pour le phĂ©nomĂšne Trump et les mĂ©dias. Celui ci est depuis deux ans la cible des mĂ©dias libĂ©raux amĂ©ri­cains et du monde. Mais il est aus­si un excel­lent client dont les tweets ravageurs reti­en­nent l’attention. Il est tout autant l’objet d’une cam­pagne soigneuse­ment orchestrĂ©e entre les ser­vices de ren­seigne­ment, cer­tains de ses anciens amis, George Soros, les dĂ©moc­rates, les nĂ©o­con­ser­va­teurs rĂ©pub­li­cains et les quo­ti­di­ens les plus con­nus tel le New York Times qui surfe sur la vague Trump tout en la com­bat­tant.

Nicolas Dupont-Aignan : Patrick Cohen cireur de pompes du pouvoir

Les clashes entre politiques et journalistes peuvent parfois bĂ©nĂ©ficier aux deux parties, alimentant une double notoriĂ©tĂ©. Mais ils sont aussi dans certains cas rĂ©vĂ©lateurs d’une certaine arrogance d’une partie de la classe mĂ©diatique lorsque celle-ci entreprend de rĂ©Ă©duquer selon ses a priori et non d’informer. Ce fut le cas de la prise de bec entre Nicolas Dupont-Aignan et Patrick Cohen sur la 5 le mercredi 6 mars 2019 dans l’émission C’est Ă  vous.

Patrick Cohen contre la liberté de penser

On ne prĂ©sente plus Patrick Cohen, vedette de France Inter, passĂ© Ă  Europe1 sans trop de suc­cĂšs et qui a son rond de servi­ette dans nom­bre d’émissions du secteur pub­lic, un secteur oĂč on sait se ren­dre ser­vice. Nous reprenons une par­tie de son por­trait oĂč il affir­mait avec un tran­quille aplomb que « non, on ne peut pas penser ce que l’on veut Â» :

«  Le 12 mars 2013, celui-ci Ă©tait en effet invitĂ© sur le plateau de « C Ă  vous », ani­mĂ© par Alessan­dra Sub­let, Ă  l’occasion du pas­sage de son Ă©mis­sion « Ce soir (ou jamais !) » de France 3 Ă  France 2. L’ambiance se tend trĂšs vite et Patrick Cohen attaque bille en tĂȘte lorsque Tad­dĂ©ĂŻ sou­tient qu’il invite dans son Ă©mis­sion des gens que l’on n’entend pas ailleurs. « Vous invitez des gens qu’on n’entend pas ailleurs et qu’on n’a pas for­cé­ment envie d’entendre
 », attaque-t-il en nom­mant ces « gens » quelques sec­on­des plus tard : Tarik Ramadan, Dieudon­nĂ©, Alain Soral, Marc-Edouard Nabe. Tad­dĂ©ĂŻ rĂ©pond qu’il n’y a pas d’invitĂ©s qu’il refuse d’inviter par principe : « Je suis sur le ser­vice pub­lic, c’est pas Ă  moi d’inviter les gens en fonc­tion de mes sym­pa­thies ou de mes antipathies ». « Ce n’est pas une ques­tion de sym­pa­thie, lui rĂ©torque Cohen. On a une respon­s­abil­itĂ© quand on ani­me une Ă©mis­sion de dĂ©bat, de ne pas propager des thĂšs­es com­plo­tistes, de ne pas don­ner la parole Ă  des cerveaux malades ». Le dĂ©bat s’envenime. Cohen glisse sub­rep­tice­ment du com­plo­tisme au nĂ©ga­tion­nisme, Tad­dĂ©ĂŻ lui rĂ©torque que per­son­ne n’a jamais tenu de pro­pos hors la loi sur son plateau. Pour ten­ter de dĂ©ten­dre l’atmosphĂšre, Alessan­dra Sub­let apos­tro­phe soudain Cohen : « On a cha­cun le droit de penser ce qu’on veut, Patrick ! » RĂ©ponse spon­tanĂ©e de l’intĂ©ressĂ© : « Non ». Puis aprĂšs rĂ©flex­ion : « On a le droit de penser ce qu’on veut dans les lim­ites de la loi » ! « Toutes les opin­ions autorisĂ©es par la loi sont dĂ©fendues par la con­sti­tu­tion ; tout ce qui n’est pas inter­dit est autorisĂ©, et ce n’est pas moi, ani­ma­teur de tĂ©lĂ©vi­sion, qui vais dĂ©cider de ce qu’on a le droit de dire », affirme enfin Tad­dĂ©ĂŻ devant son adver­saire de plus en plus hĂ©bĂ©tĂ©. Celui-ci grille enfin sa derniĂšre car­touche en indi­quant que cer­tains des invitĂ©s de Tad­dĂ©ĂŻ avaient Ă©tĂ© « con­damnĂ©s plusieurs fois ». « Vous voulez que je vous fasse la liste d’un cer­tain nom­bre de min­istres qui ont Ă©tĂ© con­damnĂ©s ? Ça ne vous a pas empĂȘchĂ© de les inviter dans votre Ă©mis­sion de radio le lende­main matin
 », rĂ©pond Tad­dĂ©ĂŻ du tac au tac. Â»

Affrontement NDA/Cohen sur France 5

Il y a un aspect anec­do­tique autour de l’altercation. Dupont-Aig­nan est en baisse dans les sondages et Cohen tape volon­tiers sur tout ce qui est hos­tile au monde libĂ©ral-lib­er­taire dont il est issu, tout en dĂ©fen­dant pied Ă  pied le sys­tĂšme tel qu’il est. Alors que Cohen provoque et tit­ille Dupont-Aig­nan celui-ci perd son sang froid et lui dĂ©cerne le titre enviĂ© de « cireur de pom­pes du pou­voir Â», qual­i­fi­catif que cha­cun apprĂ©ciera Ă  sa maniĂšre.

Ce qui est plus sur­prenant (ou pas sur­prenant du tout) c’est Anne-Elis­a­beth Lemoine qui prend le par­ti de Patrick Cohen, demande des excus­es Ă  NDA, se fait appuy­er par Pierre Les­cure (qui joue la sol­i­dar­itĂ© de caste) et met fin plus tard Ă  l’émission. Lorsqu’un peu plus loin NDA tente d’aborder la ques­tion de l’immense impop­u­lar­itĂ© des jour­nal­istes, ceux-ci lui ren­voient la ques­tion en miroir. CĂ©c­itĂ© d’une par­tie (une par­tie seule­ment, mais la plus vis­i­ble) de jour­nal­istes qui se vivent comme un caste volon­tiers cas­tra­trice. Clic clac.

Clash Nicolas Dupont-Aignan / Patrick Cohen : la vidĂ©o de l’émission et l’altercation vers 7’40’’

RĂ©actions Ă  la lettre du prĂ©sident français aux « Citoyens d’Europe » : revue de presse europĂ©enne

Emmanuel Macron a publiĂ© le 5 mars 2019 dans des journaux choisis des 28 pays de l’UE une tribune intitulĂ©e « Pour une Renaissance europĂ©enne Â» prĂ©alablement traduite en 22 langues. Les rĂ©actions chez les 28 (France comprise) ont Ă©tĂ© variĂ©es, allant de l’enthousiasme au rejet en passant par l’indiffĂ©rence et les moqueries. On notera que si le prĂ©sident français se pose une fois de plus, par cette tribune, en leader du camp progressiste-fĂ©dĂ©raliste en Europe (« il manque Ă  Macron un opposant libĂ©ral en Europe Â», a ainsi constatĂ© le quotidien allemand Die Welt), le leader naturel, au moins par l’anciennetĂ©, du camp d’en face, c’est-Ă -dire le Hongrois Viktor OrbĂĄn, a lui aussi une fois de plus relevĂ© le dĂ©fi en estimant Ă  voix haute que « ce pourrait marquer le dĂ©but d’un vrai dĂ©bat europĂ©en Â».

Hongrie

Qu’en pensent les mĂ©dias hon­grois ? Le grand jour­nal de droite (pro-Fidesz) Mag­yar Nemzet y con­sacre un arti­cle sur son site. Dans cet arti­cle, la dimen­sion intĂ©rieure, des­tinĂ©e aux Français, de la tri­bune de Macron est soulignĂ©e. Le site d’information Index.hu, de gauche (anti-Fidesz), ne con­sacre quant Ă  lui Ă  cette tri­bune qu’un trĂšs court arti­cle rĂ©sumant briĂšve­ment les propo­si­tions du prĂ©si­dent français. D’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale, les mĂ©dias hon­grois ne sem­blent pas s’ĂȘtre beau­coup intĂ©ressĂ©s aux propo­si­tions du prĂ©si­dent Macron.

Pologne

Et puisque nous avons com­mencĂ© par la Hon­grie, con­tin­uons avec la Pologne oĂč gou­ver­nent aus­si ces « pop­ulistes Â»/« nation­al­istes Â» dĂ©non­cĂ©s par Emmanuel Macron (mĂȘme si eux-mĂȘmes ne se recon­nais­sent pas dans ces Ă©pithĂštes, pas plus que dans le qual­i­fi­catif d’« esprits fous Â» util­isĂ© Ă  leur Ă©gard par un prĂ©si­dent français pas tou­jours trĂšs diplo­mate). Curieuse­ment, le jour­nal libĂ©ral-lib­er­taire Gaze­ta Wybor­cza, mĂ©dia de rĂ©fĂ©rence des cor­re­spon­dants Ă©trangers depuis bien­tĂŽt trois dĂ©cen­nies et par­ti­san ent­hou­si­aste d’Emmanuel Macron et de sa vision pour l’Europe, sem­ble avoir un peu ignorĂ© la tri­bune prĂ©si­den­tielle, avec seule­ment un arti­cle pure­ment descrip­tif le 5 mars et un rap­pel de cette tri­bune dans un entre­tien avec le Belge Guy Ver­hof­s­tadt, chef du groupe des libĂ©raux au Par­lement europĂ©en. Peut-ĂȘtre la rĂ©dac­tion du jour­nal Ă©tait-elle vexĂ©e que cette tri­bune macronesque eĂ»t Ă©tĂ© pub­liĂ©e par un con­cur­rent, Rzecz­pospoli­ta. Le jour­nal le plus proche du PiS, Gaze­ta Pol­s­ka codzi­en­nie, n’a quant Ă  lui pas daignĂ© s’intĂ©resser Ă  cette tri­bune qui a fait tant de bruit en France. Pas un mot depuis le dĂ©but de la semaine ! Ce sont les mĂ©dias sur Inter­net qui se sont donc chargĂ©s de com­menter plus large­ment cette let­tre aux « citoyens d’Europe Â», tel le site con­ser­va­teur wPolityce.pl qui a titrĂ© dĂ©s le 4 mars : « Il n’arrive pas Ă  rĂ©gler les prob­lĂšmes chez lui et il appelle Ă  une ‘renais­sance europĂ©enne’. Macron demande une rĂ©vi­sion des traitĂ©s. Â»

Italie

MĂȘme chose en Ital­ie, autre pays gou­vernĂ© par les « pop­ulistes Â» agitĂ©s comme un Ă©pou­van­tail par le prĂ©si­dent français dans sa let­tre pour mobilis­er les EuropĂ©ens « pro­gres­sistes Â» et surtout les Ă©lecteurs français en sa faveur : on ne trou­ve sur les sites jour­naux de gauche La Repub­bli­ca et La Stam­pa que des arti­cles pure­ment descrip­tifs de cette tri­bune. Ces deux jour­naux ont sem­ble-t-il prĂ©fĂ©rĂ© rĂ©serv­er beau­coup plus de place Ă  l’interview don­nĂ©e le 3 mars par Emmanuel Macron pour la tĂ©lĂ©vi­sion ital­i­enne, aprĂšs plusieurs mois de rela­tions dif­fi­ciles entre la France et l’Italie. Le jour­nal de cen­tre-droit Il Gior­nale a en revanche com­men­tĂ© la tri­bune du prĂ©si­dent français en des mots pas tou­jours trĂšs ten­dres dans un arti­cle inti­t­ulĂ© « Macron et l’UE – L’écart entre les paroles et la poli­tique Â». « Le locataire de l’ÉlysĂ©e cible Ă  nou­veau le sou­verain­isme et les pop­ulistes Â», Ă©crit le quo­ti­di­en ital­ien, et « ses appels et dĂ©c­la­ra­tions con­ti­nus sur l’importance de l’Europe, sur l’intĂ©gration des États, sur la sol­i­dar­itĂ©, s’usent Â». Pour Il Gior­nale, cette tri­bune du prĂ©si­dent français est motivĂ©e par la mon­tĂ©e des par­tis sou­verain­istes Ă  l’approche des Ă©lec­tions europĂ©ennes, mais Macron n’est pas crĂ©di­ble Ă  cause du fos­sĂ© entre ses paroles et ses actes, et notam­ment ses « choix uni­latĂ©raux Â» et son manque de sol­i­dar­itĂ© avec l’Italie en matiĂšre d’immigration.

En Grande Bretagne

Les plus fĂ©ro­ces ont toute­fois Ă©tĂ© les jour­naux bri­tan­niques. Pour le Tele­graph, « Emmanuel Macron fait main­tenant courir un plus grand dan­ger Ă  l’UE que le Brex­it Â» et pour le tabloĂŻd The Sun, les Bri­tan­niques devraient « remerci­er le prĂ©si­dent français mĂ©ga­lo­mane pour avoir joli­ment rĂ©sumĂ© les raisons pour lesquelles la Grande-Bre­tagne fait bien de quit­ter l’UE Â» dans une let­tre pleine de « suff­i­sance Â». MĂȘme pour le jour­nal de gauche Guardian, hos­tile au Brex­it qui serait dĂ», Ă  en croire la tri­bune de Macron, au « men­songe Â», Ă  « l’irresponsabilitĂ© Â» et aux « manip­u­la­tions Â», « la vision pom­peuse de Macron pour l’Europe mon­tre Ă  quelle point celle-ci a besoin de la Grande-Bre­tagne Â».

Allemagne

Le prĂ©si­dent français aura donc eu Ă  se tourn­er vers les jour­naux alle­mands pour se met­tre du baume au cƓur, avec des com­men­taires au pire neu­tres et au mieux ent­hou­si­astes dans tous les grands jour­naux (le plu­ral­isme des grands mĂ©dias alle­mands ressem­blant beau­coup Ă  celui de leurs homo­logues français). Le Frank­furter All­ge­meine Zeitung estime que « la rĂ©ponse alle­mande Ă  l’appel de Macron dans les jour­naux europĂ©ens est unanime Â» pour van­ter cette impul­sion en faveur de l’Europe. Pour le FAZ, cette tri­bune est un « plaidoy­er pas­sion­nĂ© pour une renais­sance de l’Europe Â», mĂȘme si elle a une fois de plus, comme le dis­cours de la Sor­bonne pronon­cĂ© en sep­tem­bre 2017, peu de chances d’aboutir sur du con­cret. Pour le mĂ©dia pub­lic Deutsche Welle, nĂ©an­moins, « Emmanuel Macron saisit le tau­reau europĂ©en par les cornes Â».

Les rĂ©ac­tions trĂšs pos­i­tives en Alle­magne con­for­tent d’une cer­taine maniĂšre les cri­tiques aperçues dans la presse ital­i­enne et anglaise. Les rĂ©formes voulues par le prĂ©si­dent français vis­eraient en fait Ă  asseoir la dom­i­na­tion fran­co-alle­mande sur l’UE.

Espagne

En Espagne, le quo­ti­di­en de gauche El PaĂ­s a pub­liĂ© la tri­bune de Macron Ă  laque­lle il n’a ensuite plus fait rĂ©fĂ©rence, Ă  en croire les rĂ©sul­tats des recherch­es sur le con­tenu du site. Sinon dans la mĂȘme inter­view avec Ver­hof­s­tadt que celle pub­liĂ©e par Gaze­ta Wybor­cza et d’autres pays de l’UE, l’ancien pre­mier min­istre belge ayant fait la mĂȘme opĂ©ra­tion de com­mu­ni­ca­tion que le prĂ©si­dent français dont il partage les con­vic­tions, puisqu’il a pub­liĂ© une inter­view dans plusieurs jour­naux europĂ©ens Ă  la fois. De son cĂŽtĂ©, le quo­ti­di­en de cen­tre-droit ABC a fait remar­quer Ă  pro­pos de cette tri­bune que « Macron veut con­va­in­cre l’Europe mais ne con­va­inct pas en France Â». Avec un dĂ©ficit des finances publiques Ă  3,5 % du PIB et une dette Ă  100 % du PIB, « la France de Macron va con­tin­uer [cette annĂ©e] Ă  vio­l­er ses engage­ments vis-Ă -vis de l’Europe que le prĂ©si­dent français promet­tait de ‘relancer’ dĂšs le mois de sep­tem­bre 2017 Â» (encore une allu­sion au dis­cours de la Sor­bonne).

Le New York Times profite de la vague anti-Trump

C’est la trĂšs vieille histoire de la poule et de l’Ɠuf. Qui Ă©tait le premier ? MĂȘme chose pour le phĂ©nomĂšne Trump et les mĂ©dias. Celui ci est depuis deux ans la cible des mĂ©dias libĂ©raux amĂ©ricains et du monde. Mais il est aussi un excellent client dont les tweets ravageurs retiennent l’attention. Il est tout autant l’objet d’une campagne soigneusement orchestrĂ©e entre les services de renseignement, certains de ses anciens amis, George Soros, les dĂ©mocrates, les nĂ©oconservateurs rĂ©publicains et les quotidiens les plus connus tel le New York Times qui surfe sur la vague Trump tout en la combattant.

Mobiliser le lectorat

Si Trump a rĂ©us­si Ă  gag­n­er la prĂ©si­dence en mobil­isant les absten­tion­nistes, le NYT prof­ite de la mobil­i­sa­tion de ses opposants. Avec offi­cielle­ment un mil­lion d’abonnĂ©s papi­er et plus de trois mil­lions d’abonnĂ©s pour le numĂ©rique, le jour­nal empoche plus d’un mil­liard de dol­lars de revenus sur les abon­nements, dĂ©pen­dant moins de la pub­lic­itĂ© dont les revenus sont infĂ©rieurs Ă  600 mil­lions.

Plus d’international et plus de sous-produits

Si le jour­nal, fort de ses quelques 1600 jour­nal­istes se dĂ©veloppe c’est aus­si grĂące Ă  une poli­tique de diver­si­fi­ca­tion. GĂ©o­graphique tout d’abord avec en moyenne 20% d’abonnĂ©s Ă  l’international, un peu plus pour le numĂ©rique, un peu moins pour le papi­er. Des scores trĂšs infĂ©rieurs Ă  ceux de The Econ­o­mist qui dĂ©pend de moins en moins de ses ventes en Grande-Bre­tagne. Mais un objec­tif claire­ment affichĂ© de sor­tir des États-Unis.

Mais comme la traque au Trump n’est pas suff­isante, le jour­nal lance aus­si des offres thé­ma­tiques : cui­sine, mots croisĂ©s, Ă©du­ca­tion. Le client peut s’abonner Ă  tout ou par­tie des offres.

Objectif 10 millions d’abonnĂ©s ?

C’est le chiffre avancĂ© pour 2025 par le groupe en mul­ti­pli­ant les offres Ă  prix cassĂ© (pour un temps seule­ment toute­fois) vers les Ă©tu­di­ants, les non amĂ©ri­cains, les inter­nautes. Mais atten­tion gĂ©nĂ©rale­ment au bout d’un an vous paierez plein tarif. Et pour les mal­heureux qui voudraient se dĂ©s­abon­ner il leur fau­dra batailler longue­ment par tĂ©lé­phone ou par inter­net avec un opĂ©ra­teur qui ne par­le que l’anglais et qui fera tout pour vous retenir. A bon enten­deur


Radio numérique, les grands acteurs raflent tout, Sud Radio écartée

La nouvelle technologie dite DAB+ (radio numĂ©rique terrestre, RNT, son autre nom) permet d’écouter la radio avec un signal numĂ©rique de meilleure qualitĂ©, en bĂ©nĂ©ficiant d’ un meilleur son. MĂȘme si l’avantage est limitĂ© Ă  l’heure de la prochaine 5G, tous les grands groupes ont manifestĂ© leur intĂ©rĂȘt et empochĂ© la plus grande partie de la mise rĂ©partie par le CSA.

Radio France en tĂȘte

Ils Ă©taient 40 can­di­dats au dĂ©part pour 24 Ă©lus Ă  l’arrivĂ©e. Le CSA a attribuĂ© six licences Ă  Radio France : France Cul­ture, France Inter, France Musique, Mouv, Fran­ce­in­fo et FIP. Comblant ain­si les vƓux de la prĂ©si­dente de Radio France Sibyle Veil.

Les gros trĂšs bien servis

Les grands groupes qui traß­naient des pieds au dĂ©part ont tous soumis des dossiers et se sont vus large­ment rĂ©com­pen­sĂ©s. Par­mi les 18 Ă©lus privĂ©s : RTL, Europe1, Fun Radio, ChĂ©rie FM, Rires et chan­sons, Nos­tal­gie, RMC, Sky­rock, Radio Clas­sique. BFM qui lance sa radio (dĂ©cli­nai­son audio de la chaĂźne de tĂ©lĂ©vi­sion) est par­ti­c­uliĂšre­ment gĂątĂ©e et obtient le pré­cieux sĂ©same.

Sud Radio recalée

On ne peut s’empĂȘcher de penser Ă  des raisons poli­tiques pour l’éviction de Sud Radio qui a pris une tonal­itĂ© net­te­ment peu favor­able au gou­verne­ment. La per­son­nal­itĂ© docile du nou­veau prĂ©si­dent du CSA pou­vait laiss­er prĂ©voir une telle issue. Par­mi les autres recalĂ©s fig­urent Oui FM, TSF Jazz et quelques autres.

Le ser­vice sera disponible dÚs 2020 dans les grandes métrop­o­les et sur les autoroutes, il devrait cou­vrir la qua­si total­ité du ter­ri­toire en 2028/29.

Quand Paris Normandie et Le Courrier cauchois baladent leurs lecteurs

Dans les éditions du 1er mars 2019 de Paris-Normandie et du Courrier Cauchois, Sylvie GesquiÚre et Marc Aubault (journalistes) donnent un assez charmant exemple de désinformation professionnelle. Visite guidée.

Victimisation et mise en scĂšne

Le point de dĂ©part est une con­fĂ©rence de presse sur une pos­si­ble expul­sion d’Alpha, un « mineur guinĂ©en Â», con­fĂ©rence organ­isĂ©e par une asso­ci­a­tion immi­gra­tionniste. La moin­dre des pré­cau­tions pour un jour­nal­iste est de vĂ©ri­fi­er les infor­ma­tions de base pour Ă©crire un arti­cle.

Dans ce cas pré­cis plusieurs infor­ma­tions man­quent de sources crĂ©di­bles. Tout d’abord la nation­al­itĂ© de l’intĂ©ressĂ©. Rien ne prou­ve sa nation­al­itĂ© guinĂ©enne, aucun doc­u­ment fiable ne vient con­firmer qu’il s’agit bien d’un ressor­tis­sant guinĂ©en. Et pour cause puisque le gen­til Alpha a util­isĂ© un faux passe­port pour tra­vers­er le Maroc.

Ensuite la cause de son arrivĂ©e en France et de sa demande de statut de rĂ©fugiĂ©. La GuinĂ©e n’est pas un pays en guerre ni mĂȘme men­acĂ© par le ter­ror­isme comme d’autres pays africains. Invo­quer un dif­fĂ©rend famil­ial avec un « oncle Â» n’est en aucun cas un motif suff­isant pour revendi­quer le titre de rĂ©fugiĂ©.

Enfin sa qual­itĂ© de mineur, sub­terfuge habituelle­ment util­isĂ© par des adultes pour bĂ©né­fici­er d’un juge­ment favor­able et faire pleur­er dans les chau­miĂšres.

Voir

Propagande et signatures

Il fĂ»t un temps oĂč le jour­nal­isme voulait informer ses lecteurs Ă  par­tir du rĂ©el, ce temps n’est pas tout Ă  fait rĂ©volu et de nom­breux jour­nal­istes explorent leurs sources, les croisent, vĂ©ri­fient. Il sem­ble que Paris Nor­mandie et Le Cour­ri­er cau­chois souhait­ent s’affranchir de ces rĂšgles de base, sans doute con­sid­érĂ©es comme dĂ©suĂštes.

Les arti­cles en ques­tion ne cherchent pas Ă  informer, mais Ă  Ă©du­quer le lecteur et Ă  influ­encer la jus­tice. Il sem­blerait que la mĂ©th­ode soit effi­cace puisque le « jeune guinĂ©en Â» est sor­ti du Cen­tre de rĂ©ten­tion admin­is­tratif le 3 mars au « soulage­ment Â» du jour­nal, en atten­dant un juge­ment dĂ©fini­tif sur son avenir. Entretemps les habituels sig­nataires avaient apposĂ© leur nom au bas d’une pĂ©ti­tion. Tout ceci peut il encore s’appeler du jour­nal­isme ? Nous lais­sons nos lecteurs en dĂ©cider.

Reuters France en grĂšve pour dĂ©fendre l’emploi et le français

Reuters, la vieille agence de presse anglo-saxonne fondée à Londres en 1851 est devenue en réalité nord américaine depuis son rachat par le groupe canadien Thomson en 2008, pour 17 milliards de dollars. Le groupe qui emploie prÚs de 50.000 personnes est coté à New York et Toronto, son quartier général se trouvant dans cette derniÚre ville.

Suppressions d’emplois en Europe

DĂ©jĂ  fin 2018, la qua­si total­itĂ© des implan­ta­tions non directe­ment anglo­phones avaient Ă©tĂ© impactĂ©es par des licen­ciements. Regroupe­ment prĂ©vu des bureaux de Madrid et Lis­bonne en 2019, sup­pres­sion d’un tiers des effec­tifs en Ital­ie et de prĂšs de 10% en Alle­magne. Au mĂȘme moment le bureau de Pologne Ă©tait en expan­sion : les jour­nal­istes poly­glottes y sont moins payĂ©s et rĂ©di­gent des dĂ©pĂȘch­es au kilo­mĂštre sans sor­tir de leurs bureaux.

C’est au tour de la France d’ĂȘtre touchĂ©e : un plan de sauve­g­arde de l’emploi (aimable nĂ©ol­o­gisme pour qual­i­fi­er un licen­ciement col­lec­tif) est en cours pour 25 postes, soit la moitiĂ© des effec­tifs, rĂ©di­geant et traduisant en français.

GrĂšve, robots et profits

Les jour­nal­istes fran­coph­o­nes se sont mis en grĂšve pour 24 heures du mer­cre­di 6 mars minu­it au lende­main mĂȘme heure. Ils dĂ©non­cent Ă  la fois l’usage de robots de tra­duc­tion automa­tique qui font per­dre les dĂ©pĂȘch­es en qual­itĂ© et veu­lent “con­tester les raisons Ă©conomiques mis­es en avant par la direc­tion pour jus­ti­fi­er ces dĂ©parts”.

Un peu avant Thom­son Reuters avait annon­cĂ© de bons rĂ©sul­tats pour le dernier trimestre 2018 comme pour l’annĂ©e entiĂšre. Le chiffre d’affaires organique Ă©tait en crois­sance de 2,5% Ă  5,5 mil­liards de dol­lars et le prof­it avant amor­tisse­ments, intĂ©rĂȘts et tax­es s’établissait Ă  un trĂšs respectable 1,36 mil­liards de dol­lars. Le div­i­dende ver­sĂ© aux action­naires Ă©tait lĂ©gĂšre­ment supĂ©rieur Ă  celui de l’annĂ©e prĂ©cé­dente.

Présent de nouveau en difficulté

La presse d’opinion existe encore en France mais se dĂ©bat dans un marasme financier. De son cĂŽtĂ©, L’HumanitĂ© – arrosĂ©e de multiples subventions – souffre de sureffectifs et de l’abandon de ses lecteurs. A l’autre bord politique, le quotidien national catholique PrĂ©sent – dont la diffusion augmente – croule sous les procĂšs devant les prud’hommes.

Presstalis hélas

PrĂ©sent en tant que quo­ti­di­en nation­al doit pass­er par les mĂ©an­dres du dĂ©sas­tre nation­al Presstal­is. Le dis­trib­u­teur a dĂ©jĂ  fin 2017 ponc­tion­nĂ© 25% des recettes sur deux mois tout en imposant une « taxe tem­po­raire Â» de 2.25% du chiffre d’affaires sur plusieurs annĂ©es pour des presta­tions que tous les Ă©di­teurs con­sid­Úrent comme indignes. Un nou­veau plan de sauve­tage est en cours pour 2019 qui risque de ne pas ĂȘtre le dernier.

Et des procĂšs

Lors du change­ment de direc­tion du quo­ti­di­en (alors en perdi­tion com­plĂšte) cer­tains col­lab­o­ra­teurs du jour­nal sont par­tis et – inspirĂ©s sans doute par la char­itĂ© chré­ti­enne dont ils se rĂ©cla­ment – ont attaquĂ© le jour­nal aux prud’hommes. Si trois procĂšs ont Ă©tĂ© gag­nĂ©s par le titre, trois autres ont Ă©tĂ© per­dus. Le plus impor­tant (et sans doute le plus curieux) con­cerne un ancien jour­nal­iste en arrĂȘt mal­adie et payĂ© chez lui Ă  ne rien faire pen­dant plusieurs annĂ©es qui va empocher quelques 200.000 €, une somme gigan­tesque pour un jour­nal qui vit pau­vre­ment.

Un nou­veau procĂšs vient d’ĂȘtre per­du, face Ă  un autre jour­nal­iste (qui Ă©crivait Ă©gale­ment pour Le Parisien) qui a invo­quĂ© un change­ment Ă©di­to­r­i­al vis-Ă -vis de la Russie. Comme si la Russie de 2019 Ă©tait la mĂȘme que celle d’avant la mort de Staline en 1953. On aurait pu trou­ver meilleur pré­texte. Tou­jours est il que le quo­ti­di­en (qui a fait appel) doit de nou­veau pro­vi­sion­ner 35.000€ dans des comptes dĂ©jĂ  peu flam­boy­ants.

Marianne en forme, double effet Polony/Gilets jaunes

Marianne Ă©tait en train de couler doucement sous le regard impavide de son ancien propriĂ©taire Yves de Chaisemartin, celui qui avait appelĂ© Renaud DĂ©ly (alias DĂ©lit d’opinion) aux commandes. Quand un double miracle intervint. Le TchĂšque Daniel Kretinsky rachĂšte le titre en perdition, premier miracle. Il rĂ©ussit Ă  convaincre Natacha Polony de prendre la direction, contre l’avis de l’ancien propriĂ©taire, second miracle.

Nouveau style

AprĂšs un numĂ©ro rob­o­ratif sur les mĂ©dias dont nous vous ren­dions compte en octo­bre 2018 :

« le numĂ©ro suiv­ant de Mar­i­anne, datĂ© du 19 au 25 octo­bre 2018, sem­ble pren­dre exem­ple sur l’OJIM, et analyse la rĂ©al­itĂ© des mĂ©dias offi­ciels en titrant « Qui veut met­tre au pas les mĂ©dias ? Â», avec trois thĂšmes prin­ci­paux rĂ©guliĂšre­ment traitĂ©s par nos soins :

  • « La Macronie tyran­nise et har­cĂšle Â»
  • « Les mil­liar­daires rachÚ­tent et con­trέlent Â»
  • « Les GAFA cen­surent et se gavent Â»

Bien sĂ»r, l’OJIM est flat­tĂ© de se savoir si lu ; cela ne l’empĂȘche pas, mĂ©dia indĂ©pen­dant s’il en est, de s’interroger sur les revire­ments en cours des mag­a­zines, ain­si Ă  l’image de L’Express, des jour­nal­istes du Monde se ren­dant compte que les ter­ri­toires per­dus de la rĂ©publique exis­tent. Ce que les mĂ©dias de rĂ©in­for­ma­tion dĂ©mon­trent depuis des annĂ©es (immi­gra­tion de masse, islami­sa­tion, liens entre crim­i­nal­itĂ© et Islam
) s’avĂšre une rĂ©al­itĂ©, mais avec un lĂ©ger retard, pour les mĂ©dias de grand chemin. Avec le dernier numĂ©ro de Mar­i­anne, le Paris mĂ©di­a­tique s’aperçoit que la presse française en gĂ©nĂ©ral n’a pas grand-chose de libre ni d’indĂ©pendante. Â»


 Mar­i­anne a con­tin­uĂ© dans un style qui rap­pelait celui du pĂšre fon­da­teur Jean-François Kahn. Les numĂ©ros trĂšs four­nis et proches du ter­rain sur les gilets jaunes reprenant une thé­ma­tique pop­uliste de gauche, bien dans l’ADN du titre.

Et les ventes suivent

Les ventes (hors abon­nements et numĂ©rique) Ă©taient remon­tĂ©es dĂ©jĂ  Ă  plus de 30.000 exem­plaires dĂšs le mois de novem­bre 2018. Au mitan des man­i­fes­ta­tions des gilets jaunes (en dĂ©cem­bre 2018), les ventes au numĂ©ro ont frĂŽlĂ© les 50.000 exem­plaires, en aug­men­ta­tion de prĂšs de 50% sur les mois prĂ©cé­dents. MĂȘme si le mois de jan­vi­er a vu le souf­flĂ© un peu retomber, la pre­miĂšre Ă©tape de la trans­for­ma­tion du jour­nal sem­ble rĂ©ussie.

Reste Ă  Nat­acha Polony Ă  trans­former l’essai avec une rĂ©dac­tion qui ne la suit pas encore Ă  100%, l’arrivĂ©e de sang neuf per­me­t­tra peut-ĂȘtre de franchir un deux­iĂšme palier.

Soros Ă©tend son influence en Pologne

Comme nous le signalions le 2 fĂ©vrier 2019, George Soros Ă©tait en lice, de maniĂšre indirecte, pour le rachat des stations de radio du groupe polonais Eurozet : Radio Zet, Chillizet, Antyradio, Meloradio et Radio Plus ainsi qu’un studio de production de radio et de tĂ©lĂ©vision. Ce groupe avait Ă©tĂ© rachetĂ© par le tchĂšque Daniel Kretinsky via Czech Media Invest au Français LagardĂšre au printemps 2018 pour ĂȘtre mis en vente par le nouveau propriĂ©taire seulement quelques mois aprĂšs.

CompĂ©tition autour d’Eurozet

Plusieurs acheteurs poten­tiels s’étaient prĂ©sen­tĂ©s, mais c’est finale­ment le groupe Ago­ra qui va acquĂ©rir 100% d’Eurozet. Le fonds d’investissement sorosien Media Devel­op­ment Invest­ment Fund (MDIF) est pro­prié­taire depuis 2016 de 11% des parts d’Agora dont les prin­ci­paux mĂ©dias sont aujourd’hui le jour­nal quo­ti­di­en Gaze­ta Wybor­cza et la radio Tok FM, deux mĂ©dias active­ment engagĂ©s con­tre le PiS depuis une quin­zaine d’annĂ©es notam­ment en rai­son de leur pro­fil idĂ©ologique claire­ment libĂ©ral-lib­er­taire. Ago­ra est aus­si dĂ©jĂ  pro­prié­taire, entre autres act­ifs, de plusieurs radios locales et d’un rĂ©seau de salles de ciné­mas.

Soros/MDIF investissent

On appre­nait le 20 fĂ©vri­er 2019 qu’un con­trat avait Ă©tĂ© signĂ© en ver­tu duquel Czech Media Invest s’engageait Ă  ven­dre 40 % des parts du groupe Eurozet Ă  la sociĂ©tĂ© Ago­ra et 60 % des parts Ă  la sociĂ©tĂ© tchĂšque SFS Ven­tures dont l’actionnaire minori­taire (avec 24 % des parts) est la sociĂ©tĂ© amĂ©ri­caine Sal­va­tors­ka Ven­tures LCC appar­tenant aus­si au fonds sorosien MDIF. Le con­trat prĂ©voit qu’Agora pour­ra racheter dans un dĂ©lai d’un Ă  trois ans les 60 % de SFS Ven­tures, devenant ain­si action­naire unique. Le coĂ»t de la pre­miĂšre tranche d’actions (40 %) est de 130 mil­lions de zlo­tys (env­i­ron 30 mil­lions d’euros), dont 75 mil­lions sont financĂ©s par un crĂ©dit ban­caire.

Avec 11 % des parts du groupe Ago­ra, le fonds MDIF n’a que 8 % des voix, mais cette nou­velle opĂ©ra­tion impli­quant une autre sociĂ©tĂ© oĂč MDIF est prĂ©sente mon­tre que, en plus de financer une nĂ©buleuse d’ONG, George Soros sou­tient, par l’intermĂ©diaire de ses fonds d’investissement, le dĂ©veloppe­ment en Europe cen­trale de mĂ©dias Ă  mĂȘme de pro­mou­voir ses idĂ©es. Le groupe Ago­ra a annon­cĂ© l’annĂ©e derniĂšre son inten­tion d’accroĂźtre son chiffres d’affaires annuel d’un demi-mil­liard de zlo­tys d’ici Ă  2022 pour attein­dre 1,6 mil­liard (370 mil­lions d’euros).

Tour de passe passe avec Gazeta Wyborcza

À l’origine, la sociĂ©tĂ© Ago­ra avait Ă©tĂ© crĂ©Ă©e en 1989 dans l’appartement du cĂ©lĂšbre cinĂ©aste Andrzej Waj­da pour per­me­t­tre Ă  Adam Mich­nik de pren­dre le con­trĂŽle du jour­nal de Sol­i­darnoƛć Gaze­ta Wybor­cza (dont Adam Mich­nik est encore aujourd’hui le rĂ©dac­teur en chef). Ce jour­nal avait lui-mĂȘme Ă©tĂ© crĂ©Ă© aprĂšs l’accord de la Table ronde avec les com­mu­nistes en prĂ©vi­sion des Ă©lec­tions semi-libres de 1989. « Ce qui a jouĂ© un rĂŽle essen­tiel, c’est quand Adam Mich­nik s’est vu con­fi­er le pre­mier jour­nal lĂ©gal de l’opposition, Gaze­ta Wybor­cza, et le tour qu’il a jouĂ© en faisant de ce jour­nal la pro­priĂ©tĂ© d’une sociĂ©tĂ© privĂ©e. Du coup, Gaze­ta Wybor­cza est dev­enue indĂ©pen­dante de la direc­tion de Sol­i­dar­itĂ© et du ComitĂ© civique. Tout le monde pen­sait que ce serait le jour­nal du syn­di­cat ou du ComitĂ© civique, ou des deux Ă  la fois. Il n’est venu Ă  l’esprit de per­son­ne, ce qui s’est rĂ©vĂ©lĂ© extrĂȘme­ment naĂŻf, que ce serait la sociĂ©tĂ© privĂ©e de quelques per­son­nes liĂ©es aux milieux de l’ancienne oppo­si­tion interne du sys­tĂšme [com­mu­niste] qui y dĂ©fendraient unique­ment leurs pro­pres idĂ©es. Â», expli­quait JarosƂaw KaczyƄs­ki, l’actuel chef du PiS, dans le livre-inter­view « Czas na zmi­any Â» pub­liĂ© en 1993.

En investis­sant dans le groupe Ago­ra et en sou­tenant son dĂ©veloppe­ment avec le rachat du groupe Eurozet, George Soros n’en est pas Ă  ses pre­miers pas en Pologne. DĂšs 1988, il crĂ©ait, avec l’accord d’un rĂ©gime com­mu­niste en train de pré­par­er sa sor­tie, la Fon­da­tion Bato­ry qu’il con­tin­ue de financer par l’intermĂ©diaire de l’Open Soci­ety Foun­da­tions (OSF) et qui est trĂšs engagĂ©e aujourd’hui, comme les mĂ©dias du groupe Ago­ra, con­tre le PiS et en faveur de l’idĂ©ologie libĂ©rale-lib­er­taire, notam­ment des reven­di­ca­tions du lob­by LGBT ain­si que de l’accueil des « migrants Â».

Sur George Soros on peut con­sul­ter l’ouvrage de Pierre-Antoine Plaque­vent, Soros et la sociĂ©tĂ© ouverte, Le Retour aux sources, 2018, 365p, 25 €.

Voir aussi

George Soros et la société ouverte. Pre­miÚre par­tie

Brut, les recettes d’une rĂ©ussite

En juin 2018, nous soulignions les premiers succĂšs de Brut, le mĂ©dia axĂ© sur les rĂ©seaux sociaux lancĂ© par Renaud Le Van Kim, Laurent Lucas, Guillaume Lacroix rejoints ensuite par Rodolphe Belmer. Le succĂšs ne s’est pas dĂ©menti depuis.

Un milliard de vues par mois

Un mil­liard de vidĂ©os vues par mois, cela claque. RĂ©par­ties entre la France, la Chine, l’Inde et les États-Unis. Aux États-Unis Renaud Le Van Kim (Le Figaro du 18 fĂ©vri­er 2019) revendique la deux­iĂšme place sur ce for­mat au coude Ă  coude avec deux grande chaĂźnes (ABC, CBS) et loin devant deux autres (CNN, Fox) alors que Brut dif­fuse moins de vidĂ©os en nom­bre mais plus regardĂ©es. En France le groupe revendique 300 mil­lions de vues men­su­elles et serait devenu la troisiĂšme source d’information auprĂšs des moins de 25 ans. Glob­ale­ment Brut toucherait au total 200 mil­lions de vis­i­teurs uniques par mois, chaque vis­i­teur vision­nant en moyenne cinq vidĂ©os men­su­elle­ment.

Le phénomÚne Gilets jaunes

RĂ©my Bui­sine, jour­nal­iste de la chaĂźne, a obtenu un net suc­cĂšs auprĂšs des gilets jaunes en pra­ti­quant l’immersion longue sans com­men­taires. De mĂȘme que la chaĂźne russe RT, Bui­sine a priv­ilĂ©giĂ© le temps long (par­fois plusieurs heures). Les reportages Ă©tant brut de fonderie (sans mau­vais jeu de mots), en direct et non mon­tĂ©s, ils provo­quent un engage­ment de ceux qui les regar­dent, au-delĂ  d’un effet de sim­ple audi­ence. Un moyen de fidĂ©lis­er les clients.

Monétisation et international

Bien que ne don­nant pas de chiffres les dirigeants affir­ment que le mĂ©dia est dĂ©jĂ  bĂ©né­fi­ci­aire en France et se don­nent comme objec­tif l’équilibre rapi­de aux États-Unis et en Inde. Pru­dents ils ne se don­nent pas de cal­en­dri­er pour la Chine oĂč ils dĂ©velop­pent des parte­nar­i­ats locaux. Ils prĂ©voient aus­si un dĂ©veloppe­ment d’ici deux ans en Alle­magne, au Japon, au BrĂ©sil et cer­tains pays du Golfe. Sol­lic­itĂ©s pour ouvrir leur cap­i­tal, ils restent dis­crets sur les mon­tants et les pro­por­tions. Quand la mar­iĂ©e est belle, elle peut choisir ses pré­ten­dants.