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Un coup d’œil aux dernières publications

Sud-Ouest : à grande vitesse vers le numérique

Le grand quo­ti­di­en de Bor­deaux règne sur une mul­ti­tude de titres : L’Éclair, L’indépendant, Le Jour­nal de Mil­lau, La Dor­dogne libre, La Char­ente Libre etc. Tou­jours détenu majori­taire­ment par la famille Lemoine, il voit le nou­veau prési­dent du direc­toire Patrick Ven­ries impos­er sa mar­que vers plus de numérique.

François Morel et Jean-Michel Salvator : Les journalistes sont formidables

C’est sous ce titre provo­ca­teur et (trop ?) sym­pa­thique pour leurs con­frères que deux jour­nal­istes pub­lient un livre stim­u­lant sur l’avenir des médias. François Morel, patron de presse à la longue car­rière (Figaro, Les Échos, Le Parisien) et Jean-Michel Sal­va­tor (Europe 1, Figaro, BFM) ont uni leurs efforts pour analyser le pas­sage du plomb au dig­i­tal, et l’accélération du temps, com­pressé jusqu’à l’immédiateté.

Sud-Ouest : à grande vitesse vers le numérique

Le grand quotidien de Bordeaux règne sur une multitude de titres : L’Éclair, L’indépendant, Le Journal de Millau, La Dordogne libre, La Charente Libre etc. Toujours détenu majoritairement par la famille Lemoine, il voit le nouveau président du directoire Patrick Venries imposer sa marque vers plus de numérique.

Moins de papier, plus de digital

Le groupe Midi Libre avait été racheté pour près de 90M€ au groupe Le Monde en 2007.Devant les dif­fi­cultés de la dif­fu­sion, le prédécesseur de Ven­ries, Olivi­er Gero­la­mi avait reven­du le groupe Midi Libre à Jean-Michel Baylet pour 15 mil­lions d’euros en 2015. Son suc­cesseur s’oriente vers un mod­èle « web first » (La Let­tre A du 17 mai 2019). Le titre ne compterait que 25000 abon­nés numériques con­tre un objec­tif fixé à 30000 il y a déjà trois ans.

Le mod­èle du quo­ti­di­en est de type « freemi­um », une par­tie des arti­cles est disponible sans bourse déli­er, cer­tains autres ne sont acces­si­bles qu’aux abon­nés. Un logi­ciel de ges­tion de con­tenus d’origine danoise per­me­t­tra de pilot­er les arti­cles entre papi­er et numérique. Au même moment, un ancien de Yahoo a pour mis­sion de tripler le nom­bre de vis­ites vers le site du jour­nal. Sud-Ouest est le deux­ième titre en ter­mes de dif­fu­sion de la presse quo­ti­di­enne régionale en France, der­rière Ouest-France.

The Love Europe project : Arte nous raconte l’Europe… extra-européenne

Arte vient de sortir “The Love Europe project”, une série de dix courts-métrages réalisés par de jeunes réalisateurs issus de différents pays d’Europe, où ils déclarent “leur amour au continent”.

Un Européen pou­vait donc s’attendre à divers­es his­toires cen­trées sur la cul­ture européenne et l’histoire du con­ti­nent. Mais avec Arte, il en est tout autrement, sa vision des Européens pique les yeux…

Dépasser les vilaines frontières

Le thème majeur de ces courts-métrages tourne autour des fron­tières. Tout d’abord cette his­toire de deux ados (dans “Un dimanche à Baby­lon”), l’un bavarois et l’autre tchèque, qui “mal­gré l’absence de langue com­mune, sem­blent se com­pren­dre” et vont réus­sir à lier une rela­tion…

Il y a aus­si la clas­sique his­toire d’amour qui dépasse les fron­tières, dans “La fuite en Europe”, entre cette artiste-pein­tre française et ce reporter de guerre libanais.

Puis, dans “Le loup du bois”, c’est l’histoire d’un jeune afghan, évidem­ment réfugié et souhai­tant rejoin­dre l’Allemagne, qui, échoué à Athènes, cherche à tra­vailler. Heureuse­ment pour lui, il va crois­er un menuisi­er grec, qui, mal­gré l’absence de langue com­mune, va l’embaucher, et même “l’adopter”. Jusque-là, tout va bien dans le meilleur des mon­des diver­si­taires.

L’islamophobie omniprésente

Mais il ne faut évidem­ment pas oubli­er le thème, ô com­bi­en impor­tant, de l’islamophobie. Dans “Ma cor­res’ et moi”, une “famille bri­tan­nique s’apprête à accueil­lir la cor­re­spon­dante alle­mande de leur fille”. Cette dernière est musul­mane et bien logique­ment, la famille d’accueil a des préjugés xéno­phobes, tout comme les cama­rades (par ailleurs aus­si fumeurs de joints) de la cor­re­spon­dante bri­tan­nique. Mais comme tout finit bien, les deux cor­re­spon­dantes vont se rap­procher et la bri­tan­nique, dépass­er ses préjugés.

Dans “Qu’est-ce qu’on s’amuse”, ce sont cette fois deux femmes musul­manes qui sont “mal­traitées” par la vendeuse d’un snack, qui ne veut pas leur rem­bours­er leurs chips au bacon que leurs enfants ont acheté par erreur. L’islamophobie dans toute son hor­reur mais aus­si la misog­y­nie : un cou­ple de norvégiens va se mêler de cette dis­pute, cou­ple au sein duquel la femme ne man­quera pas de cri­ti­quer la misog­y­nie de son com­pagnon.

Et sans oublier, l’homophobie

Après l’islamophobie et la misog­y­nie, les réal­isa­teurs ne pou­vaient pas rater l’homophobie. Dans “Le vieil homme et le seau”, c’est l’histoire d’un “vieil homme aigri et homo­phobe”, qui au pas­sage, ne manque pas de faire des réflex­ions anti-européennes à ses voisins, lorsqu’ils se ren­dent à une man­i­fes­ta­tion pro-UE. Cet homme va se pren­dre d’une “ami­tié inat­ten­due” avec le pro­prié­taire du bar gay instal­lé en bas de chez lui (plus c’est gros, mieux ça passe). Car oui, le pro­prié­taire de ce bar gay est le seul qui va l’aider face à ses prob­lèmes de san­té, pour rem­plir son réfrigéra­teur !

Ainsi que ces odieux patrons

Dans “Comme un oiseau”, on retrou­ve le fameux patron méchant (et qui pour une énième fois, est encore un vieux mâle blanc) avec ces ouvri­ers (qui sont d’ailleurs toutes des femmes).

Enfin, dans “L’entrée”, d’odieux pro­prié­taires dans un lux­ueux immeu­ble ont décidé que le per­son­nel, qu’ils appel­lent les “crasseux”, ne devait pas ren­tr­er en pas­sant par l’entrée prin­ci­pale. Lorsqu’une nou­velle employée, évidem­ment issue de la “diver­sité”, se trompe d’accès pour son pre­mier jour, cela se trans­forme en scan­dale où les remar­ques méprisantes côtoient les accents xéno­phobes.

Mais ne pas oublier la chance que nous avons, nous Européens de l’Ouest

Mais mal­gré tous ces erre­ments, il ne faut pas oubli­er la chance que nous avons, nous Européens de l’Ouest. Comme dans “À la croisée des con­ti­nents”, où un vieux Kaza­kh décou­vre l’Allemagne et finit admi­ratif devant tant d’abondance… (Mal­gré les remar­ques de son petit-fils vivant en Alle­magne et qui lui aus­si, der­rière des airs peu sym­pa­thiques, tient des pro­pos xéno­phobes)

Enfin, dans “One day”, une famille de Roumains, dont une par­tie des plus jeunes mem­bres sont par­tis à l’étranger, par­le d’Europe à table, se désolant de la posi­tion de “lanterne rouge du con­ti­nent” que pos­sède la Roumanie. Et bien évidem­ment, faisant les louanges de la démoc­ra­tie et d’une Europe réfor­mée pour mieux inté­gr­er les derniers arrivés !

Voilà com­ment Arte présente la société européenne, chaîne publique cen­sée pro­mou­voir la “cul­ture européenne”, une vision cen­trée essen­tielle­ment sur les extra-Européens. Cherchez l’erreur.

Voir aussi

La Come­dia mil­i­tante d’Arte

François Morel et Jean-Michel Salvator : Les journalistes sont formidables

C’est sous ce titre provocateur et (trop ?) sympathique pour leurs confrères que deux journalistes publient un livre stimulant sur l’avenir des médias. François Morel, patron de presse à la longue carrière (Figaro, Les Échos, Le Parisien) et Jean-Michel Salvator (Europe 1, Figaro, BFM) ont uni leurs efforts pour analyser le passage du plomb au digital, et l’accélération du temps, compressé jusqu’à l’immédiateté.

Plus de changements en 60 ans qu’en 600 ans.

Dans un entre­tien (Le Figaro, 4 mai 2019) avec Marie-Laeti­tia Bonavi­ta, Sal­va­tor con­state l’accélération con­tin­ue : les sites inter­net appa­rais­sent en 1996, les appli­ca­tions de l’iPhone débar­quent en 2007, puis la 4G.

« Tout est désor­mais disponible partout et pour tout le monde ».

Cette immé­di­ateté impose le rap­proche­ment de tous les styles de presse aupar­a­vant com­par­ti­men­tés : « le texte, la pho­to et la vidéo sont désor­mais disponibles sur le même sup­port ». Les algo­rithmes, les réseaux soci­aux et l’intelligence arti­fi­cielle ren­for­cent encore la vitesse des dif­férents proces­sus.

La presse papier pas morte

Qui aurait imag­iné dans les années 80 la dis­pari­tion de France-Soir ? Qui se sou­vient de Com­bat ? Qui aurait pen­sé que Libéra­tion passerait du gauchisme chevelu à la défense du monde libéral-lib­er­taire à la suite de rachats par les grandes for­tunes, Rot­shchild ou Drahi ? Qui aurait imag­iné que Bernard Arnault injecterait 400 mil­lions d’euros dans Le Parisien ? Et pourquoi ? Des ques­tions que le livre n’approfondit pas vrai­ment. A con­trario et à juste titre, les auteurs con­sta­tent que la qual­ité paie, don­nant l’exemple du New York Times, rede­venu prof­itable, en par­tie grâce à la mobil­i­sa­tion du camp anti-Trump mais aus­si par une poli­tique du payant. On pour­rait citer égale­ment le Guardian anglais qui a réus­si à fédér­er une com­mu­nauté de lecteurs donateurs/abonnés autour d’une vision libérale.

Réseaux sociaux et populisme

« Les réseaux soci­aux, c’est le meilleur et le pire », comme la langue d’Esope. Le mou­ve­ment des gilets jaunes est par­ti d’une sim­ple vidéo d’une anonyme inter­pel­lant Emmanuel Macron sur l’augmentation des car­bu­rants. Une manière de rétablir une sorte de démoc­ra­tie directe. On regret­tera que le phénomène des fake news/infox ne soit pas analysé sous un angle plus cri­tique.

La con­clu­sion est en forme de vœu pieux :

« Face aux dérives des réseaux soci­aux, les bons jour­nal­istes ont un mérite : aller à la source de l’information et la véri­fi­er. Rien de plus, rien de moins ».

C’est vrai pour les bons jour­nal­istes. L’est-ce encore pour ceux qui veu­lent réé­du­quer le pub­lic plus que l’informer ?

François Morel, Jean-Michel Sal­va­tor, Les jour­nal­istes sont for­mi­da­bles, Cal­mann-Lévy, 2019, 484p, 19 €.

Sur Éléments et BFM, Andrea Kotarac appelle à voter pour le RN, revue de presse

Le ralliement d’Andra Kotarac, élu régional Auvergne-Rhône Alpes de LFI de Mélenchon au RN de Marine Le Pen a fait l’effet d’un coup de tonnerre dans une campagne électorale languissante. Revue de presse.

Un scoop de la revue Éléments

C’est la revue Élé­ments qui a annon­cé le ral­liement dans un com­mu­niqué de presse, annonçant un entre­tien de Kotarac dans son numéro 178 en kiosque le ven­dre­di 17 mai 2019. Dans un tweet du 15 mai, Pas­cal Eysser­ic le directeur de la rédac­tion d’Eléments, annonçait un entre­tien avec André Kotarac « Un insoumis vrai­ment insoumis » et le change­ment de cap de ce dernier.

BFM reprend

Après le com­mu­niqué d’Élé­ments, André Kotarac était amené à s’exprimer à BFMTV où il con­fir­mait  : « Je n’adhère pas au RN mais le con­texte poli­tique actuel néces­site un bar­rage à Emmanuel Macron. Si Emmanuel Macron est en tête, il va accélér­er ses réformes anti­so­ciales ». Il cri­tique LFI qui a « oublié [la] pen­sée sou­verain­iste, répub­li­caine, laïque (…) la pen­sée de Jean-Luc Mélen­chon est minori­taire au sein de La France insoumise ». Il a vu petit à petit à LFI : « … une balka­ni­sa­tion, une com­mu­nau­tari­sa­tion de la société française, j’ai vu des con­cepts diviseurs s’installer au sein de LFI : réu­nion réservée aux femmes, écri­t­ure inclu­sive. » 

Les médias accentuent ou relativisent

Atlanti­co rel­a­tivise avec Syl­vain Boulouque :

« C’est un cas isolé, même s’il y a déjà des précé­dents, par exem­ple Fabi­en Engel­mann passé par le NPA et Lutte Ouvrière avant de rejoin­dre le Front Nation­al. Il faut de toute façon rel­a­tivis­er ces change­ments de camps très médi­atisés : dès qu’il y a un obscur con­seiller munic­i­pal qui rompt avec sa famille poli­tique, cela devient un peu facile­ment une affaire de pre­mier plan. Dans notre cas, cela ne traduit pas du tout la ligne de la LFI. »

Dans Mar­i­anne, l’ex LFI Djor­je Kuz­manovic mar­que ses dis­tances tout en con­ser­vant son ami­tié à Kotarac :

« Son geste sus­cite des réac­tions pas­sion­nées, de la part de nom­breux mil­i­tants pour qui c’était un cama­rade et un ami. Pour cer­tains de ses plus proches c’est un séisme, sinon une trahi­son. Je n’étais bien évidem­ment pas au courant et suis donc tombé des nues, comme tout le monde. Je com­prends bien évidem­ment la tristesse et l’incompréhension, que je ressens aus­si ; je com­prends moins ceux qui le trait­ent comme un pes­tiféré ou qui renient toute rela­tion avec lui. Pour ma part, je ne suis pas un lâche et je ne ferai pas l’autruche. Oui, Andréa Kotarac est un ami, comme il l’était de beau­coup d’actuels ou d’anciens mil­i­tants de la FI. J’ai dit hier soir à Andréa ce que je pense de son acte, et je le répète ici : son choix est une pro­fonde erreur ».

Les Inrocks, sous la sig­na­ture de Lau­rent Kestel, ne voient là qu’un épiphénomène :

« La “mousse” médi­a­tique autour de cette his­toire ne m’étonne pas vrai­ment, en ce sens qu’elle vient large­ment ali­menter les fan­tasmes des par­tis étab­lis et de la presse dom­i­nante à pro­pos d’une pré­ten­due “con­ver­gence des pop­ulismes”. Que je sache, le ral­liement de Thier­ry Mar­i­ani à Marine Le Pen n’a pas don­né lieu à beau­coup de com­men­taires sur les con­ver­gences droite-extrême droite, alors qu’il y aurait cer­taine­ment matière à en faire quand on regarde l’évolution de Lau­rent Wauquiez. Les dif­férences entre la France insoumise (LFI) et le Rassem­ble­ment nation­al (RN) ne sont pas des dif­férences de degrés, mais des dif­férences de nature. »

Dans Valeurs Actuelles, Olivi­er Maulin con­state un épuise­ment du pop­ulisme de gauche :

« Coup de ton­nerre à la France Insoumise. A douze jours des élec­tions européennes, Andréa Kotarac, con­seiller région­al mem­bre de la France Insoumise et jeune espoir du mou­ve­ment de Jean-Luc Mélen­chon, a annon­cé hier soir sur BFMTV qu’il votera Rassem­ble­ment nation­al aux élec­tions européennes. Un signe de plus que la par­en­thèse pop­uliste se referme à gauche ».

Le Monde, sous la sig­na­ture d’Abel Mestre, pub­lie un extrait de l’entretien de Kotat­ac à Élé­ments :

« Étant né en 1989, je dois vous avouer être assez peu sen­si­ble aux tabous posés par la gauche des années 1980. Ma seule bous­sole, c’est la défense de la sou­veraineté pop­u­laire et de la jus­tice socialeOr, je con­state que les élec­tions européennes sont l’occasion unique de faire un choix : soit con­forter Macron et sa poli­tique de casse sociale qui pré­pare l’avènement d’une Europe fédérale ; soit vot­er utile pour la seule liste capa­ble de le bat­tre au soir du 26 mai. Ain­si, mon choix est fait : je voterai pour la liste menée par Jor­dan Bardel­la et Marine Le Pen. Je suis d’autant plus à l’aise qu’ayant ren­con­tré la prési­dente du Rassem­ble­ment nation­al, je suis assez en phase avec sa fibre sociale et son attache­ment au car­ac­tère indi­vis­i­ble de la nation française. »

Le jour­nal­iste d’extrême gauche souligne que cette annonce dans le bimestriel Élé­ments n’est pas anodine :

« Le choix de cette revue n’est pas neu­tre. Né à la fin des années 1960, c’est le navire ami­ral de la nou­velle droite, école de pen­sée qui se situe entre droite et extrême droite, et qui veut lier com­bat poli­tique et com­bat cul­turel. Il arrive régulière­ment que des fig­ures de la gauche intel­lectuelle de ten­dance « sou­verain­iste » ou « patri­ote » s’y expri­ment. »

Dans Le Figaro, Sophie de Ravinel voit là une  prise de choix pour le RN :

« Une affaire inédite au sein des cadres de La France insoumise et une prise de choix pour le RN à 15 jours des européennes. Mar­di soir sur BFMTV, un jeune con­seiller région­al LFI en Auvergne-Rhône-Alpes, Andréa Kotarac, a appelé à vot­er «pour la seule liste sou­verain­iste qui met en avant l’indépendance de la France et qui est la mieux à même de faire bar­rage à Emmanuel Macron, celle de Jor­dan Bardel­la» du Rassem­ble­ment nation­al. Il pré­cise ne pas adhér­er au par­ti de Marine Le Pen et plus tard dans la soirée, a dit son inten­tion de ren­dre son man­dat élec­toral «con­for­mé­ment» à son éthique. Dans un com­mu­niqué, le RN a salué «le courage et la lucid­ité de cet élu réelle­ment insoumis qui a com­pris que la dynamique du RN était la seule capa­ble de stop­per la poli­tique d’Emmanuel Macron et avec elle, la soumis­sion de la France à la poli­tique néfaste de l’Union européenne».

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Mélen­chon et les médias : je t’aime moi non plus

Quand la BBC libérale libertaire malmène Nigel Farage

Si la vision libérale libertaire domine les médias officiels en France, les médias du Royaume-Uni partagent largement les mêmes combats et les mêmes biais. Que ce soit le magazine The Economist, le Guardian ou la très conformiste BBC, ils expriment la même philosophie diversitaire et favorable au néo-libéralisme financier et ont tous fait campagne pour le « remain » lors du référendum de 2016. Nous devons la vidéo de l’entretien agressif de Nigel Farage par un journaliste de la BBC à l’excellent site Délits d’image et nous y avons rajouté notre propre analyse.

Analyse de l’entretien

Alors que le mou­ve­ment fondé par Farage, le Brex­it Par­ty, cara­cole dans les sondages pour les étranges élec­tions européennes qui se dérouleront au Roy­aume-Uni le 23 mai avec plus de 30% des inten­tions de vote, son leader était inter­viewé par Andrew Marr de la BBC le same­di 11 mai au matin. Marr souligne juste­ment l’état de con­fu­sion du vote, qui va coûter plus de 100 mil­lions de livres ster­ling pour élire des députés bri­tan­niques qui ne siègeront sans doute jamais au Par­lement européen. Alors que Farage avait annon­cé son retrait de la poli­tique en 2016 à la suite du vote favor­able au Brex­it, celui-ci jus­ti­fie son retour par une sit­u­a­tion poli­tique nou­velle devant l’échec des négo­ci­a­tions avec l’UE.

C’est plus tard que Marr devient franche­ment agres­sif sous un air bon­homme. Il attaque le Brex­it Par­ty sur son « manque de pro­gramme », à quoi Farage répond facile­ment que ni les con­ser­va­teurs, ni les tra­vail­listes n’ont de pro­gramme et que son seul « man­i­feste » est le respect du vote des électeurs, de la démoc­ra­tie et des résul­tats du référen­dum de 2016. Le ton monte ensuite (voir ici vers 13’) lorsque Marr veut faire dévi­er l’entretien sur le réchauf­fe­ment cli­ma­tique, le sys­tème de san­té anglais ou les rela­tions de Farage avec Vladimir Pou­tine, s’attirant des remar­ques sévères de Farage sur les par­tis-pris de la BBC. Et un juge­ment général de l’intéressé sur « le plus ridicule entre­tien jamais effec­tué ».

Les répercussions dans la presse anglaise

Le Dai­ly Mail con­sid­ère que, même si Andrew Marr reçoit le sou­tien de sa direc­tion, Farage main­tient son juge­ment et souligne qu’alors que la BBC reçoit des « sommes à sept chiffres » de l’UE, sa poli­tique vis à vis du Brex­it Par­ty est grotesque (« ludi­crous »). Le Dai­ly Mir­ror estime que Farage n’a pas répon­du à toutes les ques­tions de Marr même si cer­taines répons­es étaient claires. Le quo­ti­di­en cite comme exem­ple la ques­tion « Estimez vous que les immi­grants illé­gaux zéro-posi­tifs devraient être inter­dits des soins anti HIV dans le sys­tème de san­té bri­tan­nique », la réponse de Farage fut un placide « Oui ». The Sun, par­ti­san de tou­jours du Brex­it,

The Sun est plus lap­idaire en titrant « Com­ment l’entretien à la hache de Farage par Marr prou­ve que la BBC est une machine de pro­pa­gande pour l’élite ». Le Finan­cial Times ou le Guardian, par­ti­sans du remain, ou bien passent l’épisode sous silence ou sou­ti­en­nent Marr.

Déjà en 2015…

Nous reprenons un de nos arti­cles de 2015 et les curieuses déc­la­ra­tions de la BBC après l’attentat con­tre Char­lie Heb­do refu­sant de qual­i­fi­er les meur­tri­ers de ter­ror­istes :

« Il y a des choix édi­to­ri­aux qui ne trompent pas. Pour la BBC, il ne faut pas qual­i­fi­er les frères Kouachi, auteurs de la fusil­lade con­tre Char­lie Heb­do, de « ter­ror­istes ».
Selon Tarik Kafala, respon­s­able du ser­vice arabo­phone de la chaîne bri­tan­nique, ce terme serait trop ten­dan­cieux. « Nous ten­tons d’éviter de décrire quelqu’un comme un ter­ror­iste, ou un geste comme étant ter­ror­iste. On essaye plutôt de dire quelque chose comme deux hommes ont tué douze per­son­nes dans l’attaque d’un jour­nal satirique. C’est suff­isant », a-t-il expliqué au quo­ti­di­en The Inde­pen­dant. » 

Alors, la BBC, neu­tre ou engagée ? Lors d’un sémi­naire d’octobre 2006 sur « l’impartialité », Marr avait répon­du: « La BBC n’est ni impar­tiale, ni neu­tre. Elle est financée par le pub­lic, urbaine, avec un nom­bre anor­male­ment grand de jeunes, de minorités eth­niques, d’homosexuelsLa BBC a un par­ti-pris libéral qui n’est pas un biais de par­ti poli­tique. On peut mieux le définir comme un par­ti pris cul­turel libéral ». Une déf­i­ni­tion que pour­rait repren­dre le ser­vice pub­lic de l’information en France, par­fois en l’aggravant.

Pho­to : cap­ture d’écran vidéo Guardian News

L’Union européenne fait sa propagande médiatique. 2 : la théorie du genre à l’assaut de l’école

Plus personne ne doute de la capacité de l’Union européenne à pratiquer la propagande, de moins en moins discrète, au nom de sa prétention à la tolérance, du moins de qui entre dans le bon cadre. Après avoir analysé son outil de lutte contre les médias différents, l’OJIM se penche sur la façon dont l’UE fait entrer ses idées dans les écoles, avec l’exemple de la théorie du genre.

Il est per­ti­nent de par­ler de pro­pa­gande au sujet de la façon dont les ten­ants de l’UE actuelle, qu’ils soient aux respon­s­abil­ités ou qu’ils en sor­tent, agis­sent pour dif­fuser leurs idées, en sous-main mais en cri­ti­quant toute « théorie du com­plot ». Un exem­ple de ce type de fonc­tion­nement avec l’ancienne min­istre de l’Education Nationale, Najat Val­laud-Bel­cacem, qui, en 2014, marte­lait sur tous les médias offi­ciels que « La théorie du genre, cela n’existe pas », et en par­ti­c­uli­er à l’école (Fran­ce­in­fo, 2 sep­tem­bre 2014), en réponse aux asso­ci­a­tions de par­ents inquiètes de lire ce qu’elles décou­vraient dans les cahiers et les livres de leurs enfants. Cela n’existe d’autant pas que… Najat Val­laud Bel­cacem dirige depuis févri­er 2019 à Sci­ences Po Paris le « Cer­ti­fi­cat femmes-hommes et poli­tiques publiques », sous l’égide de PRESAGE (Pro­gramme de recherche et d’Enseignement de Savoirs sur le Genre). Ce n’est donc pas une théorie mais… un « savoir », avec des cours du type « la sci­ence poli­tique au défi du genre ». Comme ce « savoir » n’a rien de sci­en­tifique, dif­fi­cile de ne pas voir de la pro­pa­gande, celle-là même qui se retrou­ve dans une action menée par l’Union Européenne auprès des enseignants et des élèves.

Le genre de l’UE pénètre les écoles

Le genre au sein de l’UE s’inscrit dans un pro­gramme financé par la Com­mis­sion européenne et inti­t­ulé « con­sumer­class­room ». Cela veut tout dire. Il s’inscrit dans les pro­jets nom­més « édu­ca­tion aux médias » à des­ti­na­tion des sco­laires mais le site est hébergé sur celui de l’Agence exéc­u­tive pour les con­som­ma­teurs, la san­té, l’agriculture et l’alimentation, laque­lle n’est pas aus­si neu­tre qu’il y paraît. Con­sulté le 10 mai 2019, ce dernier site pro­po­sait en pre­mière page une vidéo titrée « Choose your future – euro­pean elec­tions. Today I am being born ». pas­sion­nante vidéo de 3 min­utes mon­trant des enfants et des femmes enceintes avec une voix d’enfant en fond, mon­trant que naître en Europe, dans l’UE, est naître dans un monde de paix et que cela doit être main­tenu pour que « les hor­reurs du passé ne se repro­duisent pas ». Les larmes mon­tent aux yeux, la Com­mis­sion européenne ne lésine pas sur l’amour. À par­tir de 2’20, la vidéo devient d’autant plus intéres­sante qu’elle affirme claire­ment que l’Europe ne peut être main­tenue ain­si sans accueil migra­toire (pop­u­la­tions noires et extra-européennes à l’image) et que ce serait l’unique moyen de lut­ter con­tre le ter­ror­isme. Le com­men­taire : « c’est pour cela que nous votons. Choi­sis­sez cette Europe, dans laque­lle nous voulons naître ». Le rem­place­ment des pop­u­la­tions d’origine appa­raît comme une infox, alors que la vidéo mon­tre claire­ment le con­traire : des pop­u­la­tions nou­velle­ment arrivées venant sup­pléer des pop­u­la­tions qui dis­paraî­traient.

C’est donc dans ce cadre plus général que s’inscrit la ressource péd­a­gogique des­tinée aux enseignants et à leurs élèves, « Gen­rim­ages – analyse des stéréo­types dans l’image ». La « ressource » se présente ain­si :

« A l’heure où l’image est dev­enue la pre­mière pra­tique cul­turelle, les images stéréo­typées s’ancrent dans l’inconscient col­lec­tif et con­tribuent à figer la place des femmes et des hommes dans la société. Gen­rim­ages s’adresse à toutes celles et ceux qui souhait­ent don­ner aux enfants, aux jeunes et aux citoyen·ne·s des out­ils de dis­tance cri­tique face aux représen­ta­tions stéréo­typées des femmes et des hommes dans les médias …Le site Gen­rim­ages met à dis­po­si­tion de la com­mu­nauté éduca­tive des vidéos et images analysées, des ressources et un out­il d’annotation d’images fix­es et ani­mées pour con­duire des séances de sen­si­bil­i­sa­tion qui croisent édu­ca­tion à l’image et édu­ca­tion à l’égalité femme-homme. L’annotation d’images dans Gen­rim­ages est un out­il inno­vant qui per­met de « ren­tr­er dans l’image » pour point­er, isol­er et ques­tion­ner des élé­ments dans une image fixe ou une vidéo grâce à un tra­vail de séquençage et d’arrêt sur images. »

Ce site des­tiné aux enseignants et donc à l’enseignement du genre à l’école est dif­fusé par les académies en France, directe­ment par voie de mails auprès des étab­lisse­ments et des salariés. « La théorie qui n’existe pas » sem­ble un peu exis­ter tout de même. On remar­quera l’utilisation de l’écriture inclu­sive, sans base sci­en­tifique, unique­ment mil­i­tante, et pour­tant pro­scrite en 2017 par l’actuel min­istre de l’Éducation Nationale.

Exemples de ce que l’on trouve sur Genrimages

C’est une banque de don­nées où l’on peut trou­ver les images recher­chées par mots clés, au cas où elles ne seraient d’évidence gen­rées (ce qui est sou­vent le cas). Des mots clés ? Corps, dis­crim­i­na­tions, jou­ets, lgt­bqi­pho­bie (sic).

Cocher « jou­ets » s’avère intéres­sant, la rubrique pro­posant des analy­ses de pub­lic­ités des­tinées à « cass­er les stéréo­types de genre ». L’enseignant n’a rien à pré­par­er, tout est fab­riqué pour qu’il ne se trompe pas et dif­fuse les bonnes infor­ma­tions. Cela se présente même comme un catéchisme :

« ÉLÉMENTS D’ANALYSE, QUESTIONS ET ÉLÉMENTS DE RÉPONSE
Quel est l’objet de cette pub­lic­ité ?
La voiture Cross Polo.
Com­ment le sait-on ?
Le nom ; la présence du mod­èle en 2 exem­plaires ; le logo.
Décrire l’image.
Une petite fille allongée sur le sol s’amuse avec une “petite” voiture.
Décrire la petite fille.
Elle porte une robe rouge avec des manch­es bal­lon; elle a deux bracelets, un bleu et un rose ; elle a deux cou­ettes tenues par des élas­tiques ros­es. Elle sourit. La raie dans ses cheveux reprend le sigle de la mar­que.
Quelles impres­sions dégage-t-elle ?
Elle a la peau claire, les cheveux liss­es, a un look très “sage”, très “petite fille mod­èle” mais pour autant elle n’hésite pas à s’allonger directe­ment sur le sol sans crain­dre de froiss­er sa robe. Le bleu et le rose des bracelets mix­ent les sym­bol­es du mas­culin et du féminin stéréo­typés. Elle sourit, elle sem­ble con­tente de jouer mais ne sem­ble pas très à l’aise avec la voiture, comme si elle ne savait pas com­ment la manip­uler.
Décrire la voiture.
Elle est noire, plus grosse qu’une voiture jou­et ordi­naire.
Lire le slo­gan. L’expliquer.
“CrossPo­lo, sortez des clichés.”
Le cliché évo­qué est l’association homme/voiture que ce soit dans le reg­istre de la con­duite (voiture de tourisme comme course et ral­lye  auto­mo­bile) ou dans le reg­istre des jou­ets où les petites voitures, les voitures de col­lec­tion, les camions, etc… sont présen­tés dans les rayons “jou­ets pour garçons”.
Sor­tir des clichés c’est ici choisir d’associer la pro­mo­tion d’une voiture à une fille : le lien petite voiture/ petite fille évoque par asso­ci­a­tion le futur lien voiture/femme adulte.
Sub­siste-t-il un cliché dans cette image ?
Oui, celui de la peau claire comme référence à une forme de nor­mal­ité.
Analyser la suite du texte pub­lic­i­taire.
“Déjà tout petit on déteste devoir faire comme les autres. C’est en pen­sant à ça et aux gens qui ne veu­lent pas d’une voiture qui ressem­ble à toutes les autres, que Vol­swa­gen a imag­iné la Cross Polo.

Recueil de com­men­taires chez des élèves de CM2 à la ques­tion “Que pensez-vous de cette pub­lic­ité ?” :
“C’est pour sor­tir des clichés mais en même temps la petite fille est un peu cliché aus­si… comme pour mon­tr­er que même si on joue à la voiture quand on est une fille on est quand même une vraie fille… et puis le jou­et il est un peu gros, c’est pas vrai­ment un jou­et, elle le fait pas rouler, c’est comme si finale­ment elle savait pas trop quoi en faire…on voit jamais des filles jouer avec des voitures dans les cat­a­logues de jou­ets… les voitures sont au ray­on garçons, c’est pour les garçons… ça change que ce soit une fille, si on en voy­ait plus on s’habituerait, on ne penserait plus que les voitures c’est que pour les garçons….pourquoi pas met­tre une femme adulte qui con­duit ? …”
Aux ques­tions, quelles sont les autres pub­lic­ités pour voitures que vous con­nais­sez et  en général, com­ment y sont présen­tés les hommes, les femmes ?
“Sou­vent les femmes sont là pour décor­er… ce sont les hommes qui con­duisent ou qui con­nais­sent bien les voitures.. des fois on voit des femmes, mais c’est pour insis­ter sur le “look” de la voiture…les femmes sont sexy, c’est pour ven­dre aux hommes… la vitesse c’est pour les hommes… on dirait que ça suf­fit pas de juste mon­tr­er la voiture…”

CONCLUSION

Comme dans les cat­a­logues de jou­ets, il est rare de voir asso­ciées une voiture et une petite fille ; même si l’image se veut ras­sur­ante (le goût pour les voitures ne nuit pas à la féminité de l’enfant), elle a au moins le mérite d’échapper à l’association clas­sique voiture et femme-objet. On aimerait toute­fois voir cette pub­lic­ité, qui se tar­gue de sor­tir des clichés, nous présen­ter une voiture de taille réelle et une femme la con­duisant. Il est bon de rap­pel­er qu’il y a autant de femmes que d’hommes qui passent leur per­mis de con­duire chaque année, qu’il y a de nom­breuses con­duc­tri­ces de bus, de poids lourds, de grues, d’avions de chas­se, etc… Con­duire est une pra­tique qui s’apprend et non une prédis­po­si­tion géné­tique. »

Chaque image pro­posée con­duit à une présen­ta­tion de cette sorte. Notons au pas­sage que les fich­es directe­ment util­is­ables par les enseignants sont bour­rées de fautes d’orthographe.

La dernière phrase, un peu ridicule, fait référence à une célèbre cita­tion de Simone de Beau­voir. A lire Gen­rim­ages et son pro­gramme de décon­struc­tion, on voit que tout est lié, annon­cé : une entre­prise idéologique et poli­tique pour « édu­quer » les enfants sans que les par­ents et les citoyens en général n’aient jamais été con­sultés.

Claude Chollet, président de l’OJIM, répond aux questions de l’ISSEP

Deux étudiants de l’ISSEP (Institut de sciences sociales, économiques et politiques), dirigé par Marion Maréchal à Lyon, ont posé le 16 avril 2019 cinq questions à Claude Chollet sur la naissance de l’Ojim, ses réflexions et ses projets. Nous reproduisons ici ses réponses.

Com­ment l’Ojim est-il né, à quoi cor­re­spond cet acronyme, et quels objec­tifs pour­suit-il ?

En 2012 j’avais été agacé des par­tis pris des médias au moment de l’élection prési­den­tielle et plutôt que de ron­chon­ner dans mon coin, j’ai résolu de créer un instru­ment qui per­me­t­trait de scruter l’envers du décor de la scène médi­a­tique et de not­er cer­tains de ses a pri­ori. À l’ère dig­i­tale le plus sim­ple était de créer un site inter­net que je voulais appel­er Obser­va­toire des médias. Le titre était déjà pris par un site fort médiocre mais béné­fi­ciant de l’antériorité. J’ai donc choisi OJIM Obser­va­toire des Jour­nal­istes et de l’information médi­a­tique, un titre un peu redon­dant mais facile à retenir. En 2017 nous avons gardé l’acronyme OJIM mais sommes devenus L’Obser­va­toire du jour­nal­isme, qui donne un angle plus large.

Il n’y a pas d’information neutre, toute information est un produit transformé, mis en scène.

L’objectif est « d’informer sur ceux qui vous infor­ment ». Il n’y a pas d’information neu­tre, toute infor­ma­tion est un pro­duit trans­for­mé, mis en scène. Un fait brut qui n’est pas trans­mis n’est pas une infor­ma­tion. Ce proces­sus de trans­for­ma­tion est fait par des médi­ans, les jour­nal­istes eux-mêmes insérés dans dif­férents envi­ron­nements, poli­tique, économique, édu­catif, his­torique. On ne peut deman­der à un jour­nal­iste – ni à quiconque – d’être objec­tif, cha­cun à son his­toire, son édu­ca­tion, son milieu, la sub­jec­tiv­ité ne peut être évitée. Par con­tre le com­porte­ment du jour­nal­iste doit ten­dre à la loy­auté, à l’honnêteté vis à vis du réel.

C’est peu dire que cette exi­gence basique de loy­auté est peu répan­due en France. Je ne généralise pas, dans la règle des 20/80 il y a sûre­ment au moins 20% de jour­nal­istes loy­aux ou qui voudraient l’être. Par­mi ces 20% une par­tie voit cette loy­auté entravée par les action­naires des médias, leur hiérar­chie, la pres­sion de leurs col­lègues, une forme de pré­car­ité et la peur du qu’en dira-t-on. Les autres ron­ron­nent entre eux, dans des con­di­tions économiques var­iées, allant de la totale pré­car­ité au vedet­tari­at avec toutes les étapes inter­mé­di­aires sur le plan de leur statut financier ou sym­bol­ique. Tout ceci donne un paysage glob­al mono­col­ore, libéral lib­er­taire, avec des nuances à l’intérieur d’une même tonal­ité. Plus ou moins libéral sur le plan économique, net­te­ment plus lib­er­taire sur le plan socié­tal. Le lib­er­tarisme en ce cas devient le cache sexe d’un libéral­isme financier sans fron­tières (en dehors de celles de l’argent qui n’en con­naît que peu). Comme l’AFP et les écoles de jour­nal­isme sont dans le même moule, le pro­duit final appa­raît aplati, tou­jours dans le même sens, et où cer­tains thèmes (immi­gra­tion, insécu­rité, mul­ti­cul­tur­al­isme) ne doivent pas être abor­dés sous men­ace de mise au ban. Ou alors être traités selon des codes con­venus que nul ne peut trans­gress­er s’il veut pro­gress­er pro­fes­sion­nelle­ment ou sim­ple­ment garder son emploi. Dans ce domaine la meilleure cen­sure est tou­jours l’autocensure, sous le regard des autres. Cha­cun est sur­veil­lé et sur­veil­lant.

Com­ment « informer sur ceux qui vous infor­ment » ? Comme tout bon arti­san nous avons besoin d’outils. Tout d’abord les por­traits de jour­nal­istes, factuels, au plus près du réel. Nous ne fer­ons pas le por­trait des quelques 37000 cartes de presse, nous nous intéres­sons aux vedettes ou à ceux qui sont dans l’actualité. Un peu plus de 200 por­traits à ce jour, régulière­ment actu­al­isés. Les info­gra­phies de groupes de médias ensuite, qui pos­sède, qui dirige, qui pro­duit l’information. Une trentaine à ce jour, sou­vent util­isées dans dif­férentes écoles, avec ou sans men­tion de l’origine. Enfin de manière quo­ti­di­enne nous jetons des coups de pro­jecteur sur les manip­u­la­tions en tout genre que l’on peut observ­er aus­si bien à la radio, la télévi­sion ou dans la presse écrite. Nous sommes ain­si un aigu­il­lon pour que les médias rem­plis­sent leur mis­sion : informer et non pas comme sou­vent nous édu­quer. Nous lev­ons le rideau et jetons un coup d’œil dans les couliss­es. Et nous aler­tons sur les men­aces gran­dis­santes con­tre la lib­erté d’expression.

Quels sont les enseigne­ments à tir­er des obser­va­tions réal­isées par l’Ojim sur les médias, sur leur capac­ité à refléter l’opinion générale et à ren­dre compte des réal­ités ren­con­trées par les Français ?

Un grand nom­bre de jour­nal­istes – mais pas tous – sont en quelque sorte hors sol. Comme Raphaël Glucks­mann ou BHL ils se sen­tent plus près d’un intel­lectuel de New York ou de San Fran­cis­co que du lecteur de Limo­ges. Vivant sou­vent dans un entre soi étroit, passés par les mêmes écoles, lisant les mêmes livres, fréquen­tant les mêmes endroits, ayant les mêmes incli­na­tions poli­tiques, ils sont sor­tis du réel. Le réel résiste ? Eh bien c’est que le réel a tort ou qu’il est manip­ulé par les méchants.

Tout un pan idéologique de la société médiatique tente de se protéger du réel en marginalisant ou en éliminant ceux qui rappellent à la réalité.

La fig­ure du méchant est pro­téi­forme, pop­uliste, sou­verain­iste, tra­di­tion­al­iste, com­plo­tiste, sou­vent russe, enne­mi du libéral­isme lib­er­taire, en un mot fas­ciste. Un proces­sus moral qui per­met de s’exonérer de toute cul­pa­bil­ité, ce sont les vilains qui sont coupables. Les vilains ce sont les dia­bles mal inten­tion­nés, qui s’opposent au camp du bien, lequel exprime une sorte d’essence angélique. La mode des infox/fake news va dans ce sens. Si les peu­ples votent mal c’est qu’ils ont été trompés par le camp du mal. S’il y a un camp du mal il doit être non pas com­bat­tu mais éradiqué, c’est le sens des nom­breuses manœu­vres con­tre la lib­erté d’expression des deux dernières années. Loi de con­trôle des réseaux soci­aux en Alle­magne, copiée en France un an plus tard. Zèle des réseaux soci­aux pour abroger les « dis­cours de haine ou extrémistes ». Pro­jets déli­rants de créer des tri­bunaux spé­ci­aux stat­u­ant au pénal sans audi­ence et sans con­tra­dic­tion (rap­port Avia/Taïeb/Amellal remis à Emmanuel Macron en sep­tem­bre 2018). C’est tout un pan idéologique de la société médi­a­tique qui tente de se pro­téger du réel en mar­gin­al­isant ou en élim­i­nant ceux qui rap­pel­lent à la réal­ité.

Com­ment le monde médi­a­tique réag­it-il depuis qu’il est soumis à la con­cur­rence d’Internet ?

De trois manières dif­férentes. Il y a eu tout d’abord une sorte d’explication fourre-tout vis à vis d’internet. Si les médias ont des dif­fi­cultés c’est à cause d’internet. Ce qui est vrai sur le plan économique. Face­book et Google pom­pent entre 70 et 80% de la pub­lic­ité numérique qui rem­place la pub­lic­ité tra­di­tion­nelle. Ce qui est vrai aus­si sur le plan déon­tologique, le pub­lic ayant accès à d’autres sources d’information décou­vre cer­tains aspects du réel qui sont mal traités dans les médias dom­i­nants ou passés sous silence.

Dans un deux­ième temps c’est le pas­sage à la démon­i­sa­tion dont j’ai par­lé en répon­dant à la ques­tion précé­dente : pour que les hor­reurs pop­ulistes ne séduisent pas le bon peu­ple trompé par les infox, encadrons inter­net (Christophe Bar­bi­er a déclaré « les Chi­nois y arrivent bien »), et accen­tuons nos efforts non pour informer le pub­lic mais pour le réé­du­quer. Enfin, la pres­sion économique exis­tant, tous les médias sans excep­tion ont leur pro­longe­ment dig­i­tal ou bien investis­sent mas­sive­ment le secteur pour des raisons finan­cières qui se com­pren­nent aisé­ment. Autre con­séquence, les grands groupes se diver­si­fient : con­férences, con­grès, croisières etc.

Un jour­nal­isme indépen­dant, respectueux des règles déon­tologiques et jouant un rôle de con­tre-pou­voir vous parait-il encore pos­si­ble aujourd’hui, et sous quelles con­di­tions ?

Rien n’est impos­si­ble et une forte minorité de jour­nal­istes s’efforcent à la loy­auté et à l’honnêteté dans des con­di­tions dif­fi­ciles. Il faut com­mencer par le nerf de la guerre, sans lequel rien n’est envis­age­able. Si des aides indi­rectes (TVA réduite, tar­ifs postaux) sem­blent souhaita­bles, il faut sup­primer les aides directes dont prof­i­tent pour l’essentiel les grands groupes. À titre d’exemple, l’addition des aides 2012/2017 pour les groupes médias de Bernard Arnault, du groupe Das­sault ou de Niel/Pigasse dépasse les 200 mil­lions d’euros. Les con­tribuables finan­cent les médias des mil­liar­daires qui n’ont pas investi pour des raisons de prof­it mais pour gag­n­er de l’influence.

Les contribuables financent les médias des milliardaires qui n’ont pas investi pour des raisons de profit mais pour gagner de l’influence.

Par­al­lèle­ment, il faut diver­si­fi­er les finance­ments. Un pre­mier pas a été con­sti­tué avec le nou­veau statut de sociétés de presse coopéra­tives. Accen­tuons ce mou­ve­ment en favorisant fis­cale­ment encore plus ces entre­pris­es. On pour­rait imag­in­er qu’une par­tic­i­pa­tion sous forme de souscrip­tion ouvre droit (il pour­rait y avoir un pla­fond à fix­er) à une défis­cal­i­sa­tion sig­ni­fica­tive pour les par­ti­c­uliers (supérieure au 66% des dons aux asso­ci­a­tions) et déclenche en même temps un abon­de­ment de l’État de la même somme, ceci une fois pour toutes. Un sys­tème plus juste que l’aide à la dif­fu­sion qui ne prof­ite qu’aux plus rich­es. On créerait ain­si des médias pos­sédés par leurs lecteurs, la coopéra­tive pou­vant aus­si recevoir des action­naires indus­triels tou­jours minori­taires. Un autre chantier réside dans la trans­for­ma­tion des écoles de jour­nal­isme qui dans leur grande majorité sont des écoles de bour­rage de crâne. Il ne s’agit pas de les sup­primer mais de les met­tre en con­cur­rence.

Com­ment, selon vous, faudrait-il faire évoluer le paysage médi­a­tique français pour qu’il reflète plus fidèle­ment les opin­ions présentes dans la société française et réc­on­cili­er les Français avec leurs médias ?

Vaste pro­gramme, aurait dit le général. Les enquêtes annuelles de La Croix/Kantar indiquent que la défi­ance des français envers les médias s’accroît d’année en année. On ne chang­era pas cette sit­u­a­tion d’un coup de baguette mag­ique. Mais l’émergence de nou­veaux médias dépen­dant de leurs lecteurs et non de sub­ven­tions, et celle de nou­veaux jour­nal­istes attachés à la loy­auté et l’honnêteté per­me­t­tra peut-être de remon­ter la pente. Il y fau­dra du temps et du courage. Autant com­mencer tout de suite.

Louise et Michel, étu­di­ants de l’ISSEP

Gaspard Glanz, fausse victime, faux journaliste mais vrai black bloc

Lors de l’acte XXII des gilets jaunes à Paris le 20 avril 2019, le chef de l’agence Taranis News Gaspard Glanz a été arrêté place de la République puis mis en garde à vue 48 heures pour « participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations. Il comparaîtra en jugement le 18 octobre pour « outrage à personne dépositaire de l’autorité publique ». Son image de martyr est écornée par ses pratiques contre ses confrères.

Vol d’images

Com­ment s’assurer l’exclusivité d’images de man­i­fes­ta­tions ? Il y a plusieurs manières. La plus sim­ple est de « chiper » les images d’un con­cur­rent et de les faire pass­er pour siennes. Voici ce que nous écriv­ions dans notre arti­cle du 7  juin 2016 :

Loi de la jun­gle chez les « antifas »

La presse général­iste recrute moins ou procède à des licen­ciements, ce qui explique le développe­ment des JRI (jour­nal­istes reporters indépen­dants). Près de l’événement, mobiles, sachant manier la caméra, mon­ter eux-mêmes les images, utilis­er les réseaux soci­aux, enreg­istr­er du son, écrire rapi­de­ment, les JRI pro­posent aux agences et à la presse en général des reportages sur le vif et des enquêtes de ter­rain, des for­mats vivants sou­vent plus intéres­sants que les pro­duc­tions mai­son. Gas­pard Glanz s’est fait un début de nom en fil­mant les man­i­fes­ta­tions con­tre la loi sur le tra­vail et en par­ti­c­uli­er ses aspects les plus vio­lents : charges poli­cières, attaques des black blocks, dépré­da­tions, blessés graves ou légers…

À 29 ans, l’homme a déjà de la bouteille dans le mil­i­tan­tisme d’extrême gauche et le jour­nal­isme vidéo. Orig­i­naire de Stras­bourg où il milite à l’UNL (une suc­cur­sale des Jeunes Social­istes ten­dance Benoît Hamon), il est con­damné à 500 euros d’amende et 500 avec sur­sis pour avoir insulté la pro­viseur de son lycée. Il part ensuite à Rennes et par­ticipe à Rennes en lutte et Rennes TV. Très proche des « antifas », il cou­vre les man­i­fes­ta­tions de Calais, de la ZAD de Notre-Dame-des-Lan­des, les actions anti-loi du tra­vail aus­si bien que Nuit debout à Paris et en province.

Fon­da­teur de l’agence Tara­nis News il a pour client l’AFP aus­si bien que Canal+ ou M6. Adepte du « riot porn » qui esthé­tise la vio­lence poli­tique il pub­lie régulière­ment sur Vice Médias France dont Matthieu Pigasse est l’admirateur et l’actionnaire. Fondé au Cana­da, Vice News est devenu un média glob­al de la mon­di­al­i­sa­tion heureuse du cap­i­tal­isme. Avec comme action­naires aus­si bien Dis­ney que Rupert Mur­doch, Vice le bien nom­mé recy­cle la fausse rébel­lion au ser­vice du cap­i­tal met­tant ensem­ble les élé­ments qui « relient l’insurrection ado­les­cente et le cap­i­tal­isme » (Libéra­tion du 26 mars 2013).

Là où le bât blesse c’est quand Glanz chipe les images des copains. Exem­ple : les images qu’il pré­tend avoir tourné sur les lieux d’une « bavure ». Ces images repris­es par les Inrocks sont… celles d’une autre agence, Ligne de Con­duite : youtu.be/B7TtrknKfvY

De quoi con­forter les remar­ques d’autres JRI qui soupçon­nent Glanz de voir d’un bon œil ses amis « antifas » cass­er leur matériel (et même un peu plus) pour avoir le mono­pole des images. Le cap­i­tal­isme sauvage cher à Vice en quelque sorte…”

Et terreur physique

L’autre moyen de s’assurer un mono­pole c’est de cass­er la gueule (il n’y a pas d’autre mot) des con­cur­rents. Ce que font les antifas lorsqu’ils expulsent vio­lem­ment un reporter le 21 octo­bre 2017 lors d’une man­i­fes­ta­tion pro-migrants. Ou encore à Paris le 19 jan­vi­er 2019 lorsqu’un JRI de l’agence Ligne De Con­duite est agressé lors de l’épisode X des gilets jaunes. Ou encore à Rennes le 3 févri­er 2019 lorsque le JRI indépen­dant Vin­cent Lapierre et son cam­era­man sont expul­sés vio­lem­ment lors de l’acte XII.

Voy­ou des rues ou jour­nal­iste ? Le SNJ et les médias offi­ciels qui défend­ent Glanz doivent être un peu borgnes.

Pho­to : Gas­pard Glanz à Stras­bourg le 27 avril 2019. Source : Wiki­me­dia (cc)

La toile des médias Gilets Jaunes s’étend sur les réseaux sociaux

Tandis que le gouvernement a fini par se persuader que le mouvement des gilets jaunes est mort ou mourant, l’essor de leurs médias sur les réseaux sociaux – au premier lieu Telegram – indique une tendance contraire. Et même, depuis début mars, un net regain d’activité tant sur les réseaux sociaux que le terrain.

Telegram remplace Facebook

Tan­dis que les groupes Face­book stag­nent à cause de la cen­sure de la part du réseau social et d’une forte sur­veil­lance des échanges par les médias main­stream et les forces de l’ordre, Telegram s’affirme comme le phare des luttes sociales. Ain­si, le groupe con­sacré à la man­i­fes­ta­tion des taxis con­tre la loi organ­i­sa­tion des mobil­ités (LOM) le 20 mai prochain, a rassem­blé plus de 4000 mem­bres… en moins de deux semaines. Une prouesse étant don­né le car­ac­tère encore rel­a­tive­ment con­fi­den­tiel du réseau en France – il est bien plus répan­du par exem­ple chez les rus­so­phones.

Lancé fin décem­bre dernier, le développe­ment local de la toile des réseaux et canaux Gilets jaunes sur Telegram se pour­suit. Aux côtés de l’historique Mvt31 Info Actions (@mvt31), fort main­tenant de 1200 mem­bres, un tiers de plus qu’il y a deux mois, le non moins his­torique Mv BZH, qui cou­vre les actu­al­ités des Gilets jaunes de la pointe bre­tonne au Mans et en Vendée, compte main­tenant 200 abon­nés et une audi­ence moyenne de 800 per­son­nes – elle a donc dou­blé en deux mois.

Dans la foulée, un canal Mvt Lyon-Auvergne-Dauphiné a été lancé début avril (@giletsjaunesARRA). Il cou­vre « le Lyon­nais (69, 71, 01, 42), l’Auvergne [lim­itro­phe] (43, 63) et le Dauphiné (26, 07,38) », mais relaie régulière­ment l’activité des Gilets jaunes sur Mont­pel­li­er et Mar­seille, tan­dis qu’il s’intéresse moins à Greno­ble dont le mou­ve­ment local est très mar­qué par la forte implan­ta­tion de l’extrême-gauche anar­chiste, au con­traire des Gilets jaunes du Dauphiné, du Lyon­nais ou de l’Auvergne. Il compte 50 abon­nés et une audi­ence moyenne de 200 per­son­nes, portée à 350 les jours de man­i­fes­ta­tion.

Un autre canal voisin, en réseau avec le précé­dent, a été lancé ces jours-ci dans le Val de Loire, « pour le Val de Loire (37, 41, 45, 28), le Berry (18, 36) et le Bour­bon­nais (03, 58) ». En réal­ité, il se con­cen­tre sur le Cen­tre, d’Orléans à Tours.

Par­al­lèle­ment la radio des Gilets jaunes (@RadioGiletsJaunes) a con­tin­ué sa crois­sance, avec 2100 abon­nés, 400 de plus en un mois, mais une audi­ence moyenne de 1000 per­son­nes – en crois­sance aus­si. La radio des Gilets jaunes reprend régulière­ment des infor­ma­tions issues de canaux régionaux, mais aus­si de groupes de dis­cus­sion locaux ou des réseaux soci­aux – beau­coup d’informations et de con­tenus icono­graphiques nais­sent sur les groupes Face­book et cir­cu­lent ensuite sur Telegram.

L’extrême-gauche tente de remporter la bataille idéologique

Enfin il est à sig­naler deux canaux d’information plus proches de l’ultra-gauche – ils passent d’ailleurs régulière­ment ses appels et sa vision du mou­ve­ment. A Nantes, il y a le canal GJ Pays de la Loire avec 116 abon­nés, mais une audi­ence régulière de 60 per­son­nes – ce qui est au demeu­rant assez peu, mais logique. Pour plan­i­fi­er ses actions, l’extrême-gauche locale préfère en effet s’organiser sur l’application cryp­tée Sig­nal, voire de visu dans toute une rib­am­belle de cafés.

En Ile de France, un autre canal, plus impor­tant, s’appelle Infos Gilets jaunes IDF – 284 abon­nés et une audi­ence moyenne de 500 per­son­nes, 650 les jours de man­i­fes­ta­tion. Il s’appuie sur un groupe de dis­cus­sion (GJ IDF – Infos action) de 170 mem­bres.

Dans ses chevilles ouvrières, l’on retrou­ve une jeune femme qui se démène depuis novem­bre pour assur­er l’interconnexion entre black blocks, Gilets jaunes plutôt rad­i­caux, zadistes et extrême-gauche poli­tique : aigu­illeuse à Paris-Est, issue de la diver­sité,  « mil­i­tante fémin­iste révo­lu­tion­naire », mem­bre du NPA et de Sud-Rail, elle écrit aus­si pour la revue Bal­last et le jour­nal du NPA Révo­lu­tion per­ma­nente – où elle mul­ti­plie dés­in­for­ma­tions et exagéra­tions pour faire mon­ter la may­on­naise des Gilets jaunes ten­tés par l’émeute. Sous les pseu­do­nymes Impre­ca­tor et ErnestaGue­vara , elle fait mon­tre de sa largesse d’esprit en livrant une chas­se impi­toy­able à tout « facho » réel ou imag­i­naire.

La liste de ses liens révèle facile­ment son appar­te­nance idéologique : Sud com­merce et ser­vices est le pre­mier lien partagé le 29 jan­vi­er dernier, Paris-Luttes Infos (média région­al d’extrême-gauche), mul­ti­ples liens vers des groupes Face­book noy­autés par des mil­i­tants d’extrême-gauche, Expan­sive (média local d’extrême-gauche à Rennes) le 19 févri­er, des appels des Gilets jaunes de Com­mer­cy (proches de la mou­vance zadiste), etc.

Et maintenant sur internet ou papier

Par ailleurs, les Gilets jaunes du Can­tal – en fait, ceux d’Aurillac – ont lancé leur site inter­net, rel­a­tive­ment peu act­if au demeu­rant, où ils se con­tentent de pub­li­er les résul­tats de leurs assem­blées générales une fois par semaine ; un autre site existe pour la Haute-Loire et est net­te­ment plus act­if, retraçant les actu­al­ités du mou­ve­ment local. Un site des Gilets jaunes existe aus­si pour Toulouse et l’Occitanie – il revendique 1329 Gilets jaunes inscrits. Il a un con­cur­rent qui ne revendique rien et sem­ble à l’abandon depuis jan­vi­er dernier.

Une coor­di­na­tion de Gilets jaunes bre­tons (Gilets jaunes citoyens), qui regroupe pour l’essentiel des mor­bi­han­nais (Vannes, Pon­tivy), des fin­istériens (Brest, Quim­per) et des ren­nais, avait lancé son site à la fin de l’année dernière – une fois par semaine, il sert à poster les compte ren­dus d’assemblées générales, et depuis avril la gazette en PDF des Gilets jaunes de Vannes, le Rire jaune.

Vallet : les Gilets jaunes bretons réinventent le journal papier

Enfin, fin mars les Gilets jaunes du secteur de Val­let (44), au sud de la Bre­tagne, ont lancé leur pro­pre jour­nal, l’Affreux Jojo, tiré sur une feuille A3 rec­to ver­so, en couleur, à 1000 exem­plaires. Men­su­el, il est financé (coût 90€) par des dons et dis­tribué sur les marchés – un sec­ond numéro est paru début avril, et un troisième début mai. On peut retrou­ver les numéros sur le blog du jour­nal.

Une pétition pour empêcher l’extradition de Julian Assange

Julian Assange dont nous commentions l’arrestation le 11 avril 2019 est menacé d’extradition vers les États-Unis directement depuis le Royaume-Uni (où il purge une peine de 50 semaines de prison pour avoir manqué à sa liberté conditionnelle) ou via la Suède. Une pétition est en cours à laquelle l’Observatoire s’associe. Le texte de la pétition, dont vous trouverez ci-après la traduction, est en anglais.

Texte de la pétition traduit de l’anglais

Julian Assange a été expul­sé de force de son asile poli­tique et arrêté. Il n’est plus dans l’enceinte de l’ambassade équa­to­ri­enne mais dans une prison bri­tan­nique. Julian Assange fait main­tenant face à la per­spec­tive d’une extra­di­tion aux États-Unis pour avoir pub­lié des faits décou­verts dans le cadre de son activ­ité de jour­nal­iste, faits qui ont révélé des crimes de guerre et une cor­rup­tion gou­verne­men­tale érigée en sys­tème. Voilà pourquoi exacte­ment il avait demandé pro­tec­tion et accep­té l’asile poli­tique équa­to­rien.

Julian Assange est un citoyen aus­tralien qui a été « arbi­traire­ment » détenu pen­dant 8 ans et, plus récem­ment, a subi un an de tor­ture sous la forme d’un con­fine­ment soli­taire absolu. Il a été privé de la lumière du jour, de con­tact avec le monde extérieur et de soins de san­té. Le bureau des droits de l’homme de l’ONU a indiqué le 5 févri­er 2016, que la déten­tion arbi­traire d’Assange « devrait se ter­min­er ».

Julian Assange est un jour­nal­iste inter­na­tion­al recon­nu et respec­té qui n’a jamais pub­lié d’informations incor­rectes.

Nous deman­dons respectueuse­ment au Pre­mier min­istre et/ou au Min­istre des affaires étrangères d’Australie d’intervenir et d’assurer à Julian Assange la libre pos­si­bil­ité d’un retour sûr chez lui en Aus­tralie ou dans un lieu que Julian Assange aurait choisi. Nous deman­dons aus­si respectueuse­ment au gou­verne­ment aus­tralien d’user de son influ­ence avec les nations amies, pour que le gou­verne­ment aus­tralien s’assure qu’aucun ordre d’extradition ne soit appliqué à Julian Assange de la part des États-Unis, qui pour­rait men­ac­er sa lib­erté de mou­ve­ment et son exis­tence même.

Pour sign­er la péti­tion : http://chng.it/JjcQzb5YbR

Voir aussi

Julian Assange