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Nelson Montfort

Trop poly…glotte pour être honnête ?

Dernière mod­i­fi­ca­tion le 11/08/2014

« Je ne fais pas par­tie de ceux qui met­tent les hommes poli­tiques au pilori. Je crois au con­traire qu’il y a beau­coup d’hommes poli­tiques qui s’investissent énor­mé­ment, pour sim­ple­ment essay­er de ren­dre la vie de leurs conci­toyens un peu meilleure. »

Nelson Montfort est un journaliste sportif français né en mars 1953 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) d’une mère néerlandaise et d’un père américain qui, lors de la seconde guerre mondiale, a servi auprès du général Patton durant la bataille des Ardennes, en décembre 1944. Grâce à l’éducation de ses parents, Nelson Monfort assure disposer d’une culture internationale qui le met à l’abri de tout chauvinisme. Marié, deux enfants. Sa fille Victoria présente périodiquement « Voyage au bout de la nuit » sur la chaîne C8.

Parcours professionnel

Le jeune Nel­son est très studieux. Il passe une licence de droit, intè­gre Sci­ences Po Paris et se spé­cialise dans les rela­tions inter­na­tionales. En 1976, il part un an aux États-Unis, effectuer un stage à San Fran­cis­co dans le domaine de la finance. Il en revient bilingue, avec cet anglais nasil­lard qui va faire son suc­cès. En atten­dant, il aban­donne la finance et se lance dans le jour­nal­isme. Il col­la­bore à divers pub­li­ca­tions : His­to­ria, Le Quo­ti­di­en de Paris, Le Figaro, Ten­nis Mag­a­zine, Mon­tagne Mag­a­zine, Le Jour­nal du Dimanche, et surtout … Le Pro­grès de Lyon, où il fait la con­nais­sance d’André Chêne, le père du jour­nal­iste sportif Patrick Chêne, qui tra­vaille déjà à la télé. Mon­fort donne égale­ment de la voix sur RMC et Europe 1. Mais c’est le 11 octo­bre 1987 que sa car­rière prend un tour décisif. Pour FR3, à l’issue du tournoi féminin du Cap d’Agde, il inter­viewe, en anglais, les deux final­istes, les cham­pi­onnes améri­caines Chris Evert et Mar­ti­na Navratilo­va. Mani­ant égale­ment l’espagnol et l’italien, le poly­glotte invente une nou­velle pro­fes­sion : « inter­vieweur sportif ». Et depuis 25 ans, pour France Télévi­sions, que ce soit au bord des piscines, sur les pistes d’athlétisme, à Roland-Gar­ros ou sur les pati­noires, il plante son micro sous le nez des cham­pi­ons. Bien que ses détracteurs le surnom­ment « mets l’son moins fort », il est con­sid­éré comme le jour­nal­iste le plus pop­u­laire de France.

Dates clés

De 1989 à 1996 : il com­mente le golf sur France 3 et présente l’émission « L’heure du Golf ».

1990 : son pre­mier Roland-Gar­ros.

Févri­er 1992 : Albertville. Ses pre­miers Jeux olympiques d’hiver.

Juil­let-août 1992 : Barcelone. Ses pre­miers Jeux Olympiques d’été.

1995 : il assure les com­men­taires du pati­nage artis­tique.

2005 : pour le pati­nage, il est asso­cié à l’ancien cham­pi­on Philippe Can­de­loro, pour for­mer un duo « comique », dont les mar­i­on­nettes font bien­tôt leur entrée aux « Guig­nols de l’info », sur Canal Plus.

Extras

1999 : il partage le micro avec Fabi­enne Egal pour présen­ter « Jeux sans fron­tières ».

2009 : aux côtés de son com­plice Philippe Can­de­loro, il ani­me « Inter­villes »

Un blâme

Le 20 mai 2009, Nel­son Mon­fort est invité à Dis­ney­land Paris pour faire la pro­mo­tion de « Fête le mur », une asso­ci­a­tion créée par Yan­nick Noah pour dévelop­per le ten­nis dans les quartiers défa­vorisés. Or quelques jours plus tard, sur France 4, pour par­ler ten­nis à l’occasion du tournoi de Roland-Gar­ros, il reçoit… Mick­ey, enfin sa mar­i­on­nette en peluche. Pour cette pub déguisée, il récoltera un blâme de la direc­tion de France Télévi­sions.

Une suspension

En févri­er 2011, à la veille des cham­pi­onnats d’Europe d’athlétisme en salle, on apprend que, par­al­lèle­ment à son rôle d’intervieweur sur France 2, il sera con­sul­tant spé­cial du site inter­net athlenergy.com, financé par Are­va, le géant français du nucléaire. Une dou­ble cas­quette qui provoque la polémique. Le jour­nal­iste sportif de France 2, Alain Ver­non, syn­diqué à la CGT, réclame une sanc­tion exem­plaire pour le « récidi­viste ». Pour calmer le jeu, Daniel Bilalian, le patron des sports sur le ser­vice pub­lic, sus­pend pro­vi­soire­ment d’antenne Mon­fort, qui ne com­mentera donc pas les cham­pi­onnats d’Europe en salle.

Un clash

A France 2, Nel­son partage son bureau avec Patrick Mon­tel, en com­pag­nie duquel, sur les stades, il com­mente l’athlétisme. Or de retour après un reportage, en mai 2012, Mon­tel con­state la dis­pari­tion d’une armoire dans laque­lle il con­ser­vait toutes ses archives, notam­ment des cas­settes vidéo. Il mène l’enquête et apprend du per­son­nel d’entretien que ses pré­cieuses cas­settes ont été mis­es au rebut, à la demande d’un jour­nal­iste que l’armoire exas­pérait. Le jour­nal­iste « exas­péré » s’appelle Nel­son Mon­fort. Fou de rage, Patrick Mon­tel, sur son blog, le 3 mai, brosse un por­trait au vit­ri­ol de Mon­fort, titré : « Mon col­lègue est un délin­quant ».

Il croit en Dieu…

De con­fes­sion protes­tante, Nel­son Mon­fort croit en Dieu. Et invité dans « le jour du seigneur », l’émission religieuse de France 2, il a fait des con­fi­dences. On a ain­si appris qu’avant Roland-Gar­ros, il demandait ser­vice au bon Dieu : « Lorsqu’arrive chaque année le tournoi de Roland-Gar­ros, j’ai un petit endroit, une sorte de petite chapelle, à Boulogne, dans laque­lle je me rends, pour qu’il m’aide à ce que tout se passe bien. J’ai l’impression que ça m’aide pas mal. Et quand ça se passe par­ti­c­ulière­ment bien, j’y retourne après le tournoi pour dire mer­ci. C’est un petit rit­uel sym­pa­thique. »

… et aux extra-terrestres

Le 10 févri­er 2007, sur le plateau de « On n’est pas couché », l’émission de Ruquier sur France 2, Nel­son Mon­fort fait une révéla­tion. Une nuit, il a vu un OVNI. Avec son épouse, il assure avoir observé, à la sta­tion des Arcs, en 1985, « un objet rec­tan­gu­laire très bril­lant qui ne fai­sait aucun bruit et volait à une allure réduite, et qui soudain est par­ti à une vitesse folle ». Depuis, il est pas­sion­né par les phénomènes para­nor­maux, et con­va­in­cu de l’existence des extrater­restres, comme, selon lui, « 48% des Français ».

Un humour pas toujours fair-play

Le 30 juil­let 2010, lors d’un dis­cours à Greno­ble, le prési­dent Nico­las Sarkozy annonce des mesures choc pour expulser les Roms. A-t-il alors exer­cé une mau­vaise influ­ence sur Nel­son Mon­fort ? Une semaine plus tard, se dis­putent en Roumanie, à Bucarest, les cham­pi­onnats d’Europe de nata­tion. Au micro, Nel­son, avec à ses côtés une con­sul­tante, Rox­ana Maracineanu, d’origine roumaine. Lors d’une inter­view de la nageuse Aurore Mon­gel, Nel­son Mon­fort lui lance, hilare : « Rox­ana est votre pre­mière sup­por­t­rice et la tré­sorière de votre fan-club. Atten­tion parce qu’avec les Roumains, il faut faire atten­tion sur ce plan-là. » Déjà aux Jeux Olympiques d’hiver de Van­cou­ver, en févri­er 2010, il avait com­mis des jeux de mots qui n’amusaient pas les asso­ci­a­tions de lutte con­tre le racisme. Amené à com­menter des épreuves de sprint sur glace (le short-track, où fig­urent de nom­breux asi­a­tiques), il avait déclaré, après la chute de la Coréenne Ha-Ri Cho, que « l’équipe d’haricot était cuite » ; et devant la pro­fu­sion des Lee, il avait pro­posé de « refaire les Lee », pour faire des « lits au car­ré ».

Accusé de misogynie

En févri­er 2014, il com­mente aux côtés de Philippe Can­de­loro les épreuves de pati­nage artis­tique des Jeux Olympiques d’Hiver de Sotchi. Des téléspec­ta­teurs, ain­si que des ath­lètes, s’indignent alors de remar­ques por­tant sur le physique des ath­lètes, et pronon­cées, dans un reg­istre humoris­tique, par le binôme. L’ancien jour­nal­iste sportif de France Télévi­sions, Pierre Ful­la, va jusqu’à par­ler de “pol­lu­tion sonore”, tan­dis que la min­istre du droit des femmes, Najat Val­laud-Belka­cem, évoque le rôle du CSA dans les ques­tions rel­a­tives au sex­isme dans les médias. Dans l’émission C à vous du 26 févri­er 2014, Nel­son Mont­fort répond à ces cri­tiques : « Ça m’a blessé parce que c’est tout sim­ple­ment faux. Vous savez, je suis mar­ié et père de deux filles. Dire que je suis sex­iste est telle­ment ridicule, telle­ment éloigné de la vérité, que je ne peux pas répon­dre.» Il se déclare par ailleurs sol­idaire de Philippe Can­de­loro, qui a tenu la majorité des pro­pos mis en cause.

Violons d’Ingres

Il aime la musique clas­sique, l’opéra, le théâtre, la lit­téra­ture russe, la cui­sine japon­aise, Jean Fer­rat, dont il a écrit une biogra­phie (Jean Fer­rat, édi­tions du Rocher, 2011), et con­naît 50 chan­sons par cœur. De 2007 à 2009, sur Radio Clas­sique, il a présen­té l’émission « Les Mélodies de Nel­son ».

Bibliographie

  • Nel­son Mon­fort hors antenne, édi­tions Solar, 2000
  • C’est à vous, Nel­son !, édi­tions du Moment, 2009
  • Jean Fer­rat, édi­tions du Rocher, 2011
  • Appren­dre l’Espagnol avec la méth­ode de langue Nel­son Mon­fort, Berlitz, 2011
  • Appren­dre l’anglais avec la méth­ode de langue Nel­son Mon­fort, Berlitz, 2011
  • Le Roman de Lon­dres, édi­tions du Rocher, 2012

Il l’a dit

Sur la reli­gion : « Je fréquente sou­vent intime­ment le Seigneur. Ce sont sou­vent des moments d’écoute et de musique. Dans ma tête, j’ai des airs religieux de Bach pra­tique­ment toute la journée, et ça m’aide énor­mé­ment. Enor­mé­ment. C’est une musique per­ma­nente, c’est une clarté, c’est une lumière », Le Jour du Seigneur.

Sur son père, qui a servi le général Pat­ton durant la bataille des Ardennes : « Mon père, “ce héros au sourire si doux”, le poème de Vic­tor Hugo, ça lui allait admirable­ment bien. C’est quelqu’un auquel j’essaye timide­ment de ressem­bler mais j’en suis fort loin. En tout cas, ça me donne un recul néces­saire et indis­pens­able par rap­port au mirage de la fonc­tion que j’exerce », Radio Télévi­sion Suisse, 8 juil­let 2012.

Sur le racisme : « Le pire, c’est quand au terme d’épreuves comme les Jeux Olympiques ou les cham­pi­onnats du monde d’athlétisme, qui sont un véri­ta­ble arc en ciel de couleurs, je reçois des let­tres, anonymes évidem­ment, pour me dire que je fais l’apologie des Noirs », Radio Télévi­sion Suisse.

A pro­pos de l’OVNI qu’il a vu : « Je ne suis pas un illu­miné. Je ne bois jamais une goutte d’alcool. Vous n’êtes pas oblig­és de me croire mais je sais ce que j’ai vu », févri­er 2007, « On n’est pas couché ».

Ils ont dit

Alain Ver­non, délégué CGT à France Télévi­sions, suite à la col­lab­o­ra­tion de Nel­son Mon­fort avec Are­va : « C’est un pleur­nichard qui a été pris la main dans le pot de con­fi­ture. Et un récidi­viste, en plus. On attend tou­jours un geste fort de la direc­tion de France Télévi­sions. »

Patrick Mon­tel, sur son blog le 3 mai 2012, après la destruc­tion de ses archives, ordon­née par Nel­son Mon­fort : « J’en suis arrivé à la con­clu­sion qu’un tel com­porte­ment n’était en rien dic­té par la volon­té de nuire. Que son atti­tude n’était dic­tée que par le con­fort de sa seule per­son­ne. Pour cet homme poli et avenant, les autres n’existent pas. Ils ne sont que des vir­tu­al­ités com­modes, des miroirs dans lequel se reflète l’égoïsme mon­strueux. »

Crédit pho­to : jerome choain via Wiki­me­dia (cc)

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