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Pub­lié le 25 octobre 2019 | Éti­quettes : , ,

Pigasse quitte Lazard ou Lazard quitte Pigasse

On ne présente plus le PDG de Lazard France, son infographie ici, actionnaire du groupe Le Monde, partenaire du Tchèque Daniel Kretinsky, propriétaire via sa holding LNEI des Inrockuptibles, de radio Nova, du festival Rock en Seine. Il a remis sa démission de la banque, démission forcée ou volontaire, les deux versions sont possibles.

Des soucis dans les médias

Plus le singe monte au cocotier, plus…. le lecteur sagace pourra compléter la phrase. La carrière de Pigasse dans les médias n’est pas un chemin semé de pétales de roses. Les Inrockuptibles, secoués par la ridicule histoire de la ligue du LOL, se vendent de moins à moins, au point qu’une formule mensuelle ou digitale seule est étudiée en interne. Radio Nova n’est pas au mieux de sa forme, Rock en Seine a vu sa programmation réduite. Quant à la participation dans Le Monde, l’influence qui pourrait en découler semble profiter à court terme à Xavier Niel et à terme à Daniel Kretinsky à long terme. Bref les investissements médias du banquier font beaucoup parler de lui, pas forcément en bien et par ailleurs le font s’endetter.

Une belle carrière bancaire entravée

Ancien conseiller technique de DSK, ancien membre du cabinet de Laurent Fabius, la carrière bancaire de Pigasse chez Lazard a pourtant été brillante depuis 2002 : L’Oréal, Carrefour, le groupe Caisses d’épargne, Accor ont figuré parmi ses clients. Mais aussi des États, comme la Grèce, l’Argentine ou le Congo.

Tout ceci n’a pas convaincu le patron américain de Lazard (car Lazard est bien une banque américaine avec siège à New York, malgré son nom français), Kenneth Jacobs qui, entre deux sanglots, a regretté « malheureusement » le départ de Pigasse, indiquant son respect « pour tout ce qu’il a accompli ». Les bonnes paroles que l’on prononce après un départ, même provoqué. Les mauvais bruits médiatiques autour des Inrocks, les conflits autour du Monde, ne pouvaient que déplaire à une banque qui ne se cache certes pas mais souhaite rester discrète. Les soupçons de conflits d’intérêt (entre autres avec Mediawan, détenu avec Niel et Capton), un possible manque de concentration sur les affaires de la banque ne devaient pas enthousiasmer le N°1 de Lazard.

D’autant que Pigasse pouvait être attiré par d’autres sirènes financières. Il a d’ailleurs annoncé son intention d’avoir toujours « une jambe dans la finance, une autre dans les médias ». Nul doute qu’il gardera une activité de conseil en investissement, mais la perte d’une position prestigieuse chez Lazard semble indiquer en même temps une perte d’influence dans les médias, à moins que la seconde ne soit la source de la première.

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