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Loi sur les Fake news, un tribunal des flagrants délires pour Denis Carreaux dans Nice Matin

29 juin 2018

Temps de lecture : 2 minutes
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Loi sur les Fake news, un tribunal des flagrants délires pour Denis Carreaux dans Nice Matin

29 juin 2018

La loi française contre les fausses nouvelles est toujours en discussion au Parlement au début de l’été 2018. Venant après la désastreuse loi allemande NetzDG que nous avons analysée en détail ici, le projet est de plus en plus critiqué. Comme le fait un éditorial de Denis Carreaux directeur des rédactions du groupe Nice Matin dans le numéro du 6 juin 2018.

Un remède pire que le mal

L’éditorialiste rap­pelle que c’est le 3 jan­vi­er 2018 lors de ses vœux à la presse que le Prési­dent Macron avait annon­cé ses inten­tions. Mais il souligne que le pro­jet de loi « entend met­tre en place une sorte de tri­bunal des fla­grants délires dans la presse et les réseaux soci­aux ». Le pro­jet, lim­ité pour le moment aux péri­odes élec­torales mais sus­cep­ti­ble d’être élar­gi par amende­ment, per­met à un can­di­dat ou un sim­ple citoyen de saisir un juge des référés en cas de doute sur une nou­velle. Le juge a dès lors 48h pour en inter­dire la dif­fu­sion « en ver­tu de l’absence d’éléments véri­fi­ables de nature à la ren­dre vraisem­blable ». Denis Car­reaux met le doigt sur les failles du projet :

  1. Com­ment véri­fi­er une infor­ma­tion en 48h ?
  2. Com­ment en même temps respecter la pro­tec­tion des sources jour­nal­is­tiques si le jour­nal­iste refuse de révéler son informateur ?
  3. Com­ment éviter le risque de brid­er l’information ? Ajou­tons que la ten­ta­tion de con­trôle est forte du côté de la min­istre de la cul­ture Françoise Nyssen qui veut pour le ser­vice pub­lic un média engagé pour chang­er les men­tal­ités comme nous le rap­pelons.

Autodiscipline

Denis Car­reaux invoque la respon­s­abil­ité des édi­teurs de presse plutôt que la puis­sance de la loi et il a rai­son. On peut par con­tre douter de la déon­tolo­gie de la démarche quand il défend le pro­jet Cross Check. Nous ren­voyons ici à notre arti­cle du 3 avril 2017 où nous l’analysions :

Google est aus­si par­tie prenante dans Cross Check. Selon le Google News Lab « Cross­Check réu­nit les com­pé­tences des secteurs des médias et des tech­nolo­gies pour s’assurer que les rumeurs et fauss­es déc­la­ra­tions soient rapi­de­ment détec­tées et que les nou­velles trompeuses ou fal­lac­i­euses soient cor­rigées. Avec l’élection prési­den­tielle en ligne de mire, les jour­nal­istes de rédac­tions français­es et étrangères vont col­la­bor­er pour iden­ti­fi­er et véri­fi­er les con­tenus qui cir­cu­lent en ligne, qu’il s’agisse de pho­tos, de vidéos, de “mêmes”, de com­men­taires ou de sites d’actualités. » Qui finance ? Google. Qui va soutenir ? Face­book. On voit bien que l’étau de la bien-pen­sance (et des prof­its qui vont avec) cal­i­forni­enne (l’effet feel good) se resserre sur les médias, en par­ti­c­uli­er européens.

Le vrai remède c’est le plu­ral­isme des opin­ions, des idéolo­gies, des orig­ines poli­tiques dans les rédac­tions des médias. À Nice Matin comme ailleurs.

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