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Ligue du LOL, vague de licenciements et de repentirs lénifiants

La vaguelette de la Ligue du LOL était devenue un véritable tsunami. Pourquoi ? D’une part parce qu’elle touchait de jeunes journalistes branchés, progressistes, politiquement corrects et en apparence propres sur eux. D’autre part parce que ces comportements – qui allaient du simple bizutage à la véritable persécution de cour de récréation – étaient à double sens. Le jour, je défends #metoo et le féminisme le plus échevelé et le plus castrateur, la nuit je me venge sur les « meufs ». Le couperet est tombé, les contrevenants sont virés pour s’être faits prendre les doigts dans le pot de confiture du LOL.

Libération

Le journal a annoncé le 4 mars 2019 le licenciement d’Alexandre Hervaud, directeur adjoint de la rédaction numérique et de Vincent Glad, pigiste régulier (et fondateur de la Ligue du LOL).

«  À la suite des révélations – dans Libération notamment – des agissements du groupe connu sous le nom de « Ligue du LOL », la direction du journal, après une enquête interne approfondie, a décidé de se séparer des deux journalistes de la rédaction qui faisaient partie de cette ligue, l’un comme fondateur, l’autre comme membre actif…  la direction n’avait d’autre choix, dans la mesure où les faits rendus public à cette occasion, qui ont causé des dommages graves à plusieurs personnes, se situent à l’exact opposé des valeurs que le journal défend depuis sa fondation, créant un trouble grave et caractérisé pour Libération. »

Les Inrocks et les autres

Guilhem Malissen a été écarté du site de podcasts Nouvelles Écoutes, Guillaume Ledit de Usbek&Rica a subi le même sort. Aux Inrocks, David Doucet, rédacteur en chef numérique (et auteur d’un livre sur la fachosphère chez Flammarion) et François-Luc Doyez, rédacteur en chef adjoint, ont été licenciés à la suite « de l’impact négatif sur l’image du magazine et sur la crédibilité journalistique ». Olivier Tesquet de Télérama et Christophe Carron de Slate semblent avoir passé entre les gouttes.

Les écoles de journalisme n’ont pas été épargnées par la mode du repentir et de la « chasse au blanc hétérosexuel de 30 ans ». Ainsi une obscure journaliste, Nassira El Moaddem, ex du Bondy Blog, accuse sept ans plus tard Hugo Clément (devenu journaliste vedette de Konbini) et Martin Weill (autre vedette conformiste de Quotidien de TF1) de l’avoir harcelée en 2012. Les intéressés parlent de blagues de potaches. Mais il y a pire, selon Le Monde du 17/18 février 2019 dans une école de journalisme « des chants racistes, sexistes ou homophobes » ont été entendus « dans un bus en direction d’un tournoi de foot », on tremble. On tremble surtout pour la liberté d’expression au sens le plus simple du terme.

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