La presse papier toujours fragile, au Canada, en Suisse et en France

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Il y a peu de temps nous attirions l’attention de nos lecteurs sur le naufrage de La Presse, le plus ancien quotidien populaire du Québec. Son propriétaire, le groupe énergétique Power Corp, après avoir abandonné le papier, veut maintenant laisser le quotidien voler de ses propres ailes quitte à lui donner une allocation une fois pour toutes pour que d’autres reprennent la main et sans doute ferment à leur place.

La Suisse aussi

Si le groupe Ringier se porte mieux que bien, il n’en a pas moins mis fin en 2017 à l’existence de L’Hebdo, le magazine de Suisse romande, ne voyant pas de moyen de le rentabiliser. Le groupe est encore à 50/50 avec l’allemand Springer Verlag dans le premier quotidien de Suisse francophone Le Temps.

Le rival de Ringier, le groupe Tamedia a pratiquement annoncé la fin du papier pour Le Matin, le deuxième quotidien francophone suisse. Si aucune décision formelle n’est pour le moment annoncée, les nuages s’accumulent et la version papier pourrait ne pas survivre à l’été. Le moment de méditer un excellent article sur le sujet de Jean-François Fournier sur l’Antipresse antipresse.net (devenu le Drone) de décembre 2014.

Et en France

C’est une hécatombe chez les nouveaux hebdomadaires. Tour à tour ce sont Ebdo, Vraiment, Aime (et fais ce que tu veux) qui ont mordu la poussière avec des projets mal ficelés et mal financés.

Ouest-France vient d’envoyer un signal qui va dans le mauvais sens : Louis Echelard, Président du groupe SIPA, annonce que la diffusion (environ 700 000 exemplaires en 2017) baissera de 80 000 unités d’ici 2021, et cette échéance pourrait être plus courte. Ce n’est pas la disparition annoncée du papier pour L’Express et Libération qui viendra donner des couleurs plus roses au tableau.