Une chaîne iranienne accuse la Turquie du meurtre d’une journaliste

Dimanche dernier, Serena Shim, une journaliste américano-libanaise de la chaîne iranienne anglophone Press TV, a été tuée dans un accident de la route en Turquie.

Elle couvrait depuis la Turquie les combats entre Kurdes syriens et djihadistes dans la ville-frontière de Kobané. Alors qu’elle quittait la localité de Suruc, qui accueille des milliers de réfugiés, un poids lourd a violemment percuté sa voiture, tuant la journaliste sur le coup. Son cameraman, Judi July, a été blessé mais a survécu à l’accident.

Le drame aurait pu en rester là si la chaîne qui l’employait, Press TV, n’avait émis des doutes sur l’accident. Selon Al-Manar, la chaîne du Hezbollah, Press TV aurait diffusé un message télévisé de Serena Shim où elle exprimait, peu avant sa mort, sa crainte d’être arrêtée par les services de renseignements turcs.

Considérée comme une « espionne » par la Turquie, la journaliste accusait en retour le gouvernement d’Ankara d’entretenir des liens avec l’État islamique. Elle prétendait détenir des images de miliciens traversant la frontière turco-syrienne dissimulés dans des camions d’aide internationale. Certains, comme Rodney Martin de l’American Nationalist Association, accusent carrément la CIA de l’avoir éliminé pour préserver les intérêts turcs.

Quant au directeur des informations de Press TV, Hamid Reza Emadi, il a déclaré que « le gouvernement turc doit être tenu responsable devant la communauté internationale. Il faut savoir exactement ce qui s’est passé. »