L’Équipe : la cocotte-minute

Entamée depuis lundi 15 février, la grève se durcit au sein du groupe de médias sportifs. Le nouveau directeur est sur la sellette.

Une assemblée générale, prévue mercredi 17 février, pourrait décider de la poursuite du blocage. Deux éléments phares ont mis le feu aux poudres en début de semaine. D’une part, un plan de quinze départs volontaires a été annoncé à L’Équipe 21. La chaine sur la TNT du groupe L’Équipe en compte actuellement près de soixante-dix. D’autre part, le quotidien L’Équipe souhaite réorganiser les fonctions d’édition et de réalisation. Conséquence, la suppression, à terme, de 26 postes de secrétaires de rédaction. Un crime de lèse-majesté pour l’intersyndicale, et, en son sein, le Syndicat national des journalistes. Le puissant SNJ est particulièrement bien représenté chez les journalistes non écrivant. Les propositions de reclassements qui seront faites aux secrétaires de rédaction et éditeurs, ne font pas son affaire. Cyril Linette, présent depuis un an seulement à la tête de L’Équipe, est en train d’étrenner son premier mouvement de grève. Cet ancien de Canal+, média télé beaucoup plus calme que les quotidiens, est pris entre le marteau de son actionnaire et les salariés.

Les Éditions Amaury, qui détiennent toujours L’Équipe, après avoir cédé Le Parisien en novembre 2015 à LVMH, lui ont clairement donné pour mission de couper les coûts. Encore très rentable en 2011, L’Équipe accumule les déficits depuis. Sa télévision, lancée en 2012, est un gouffre financier. Elle atteint les meilleurs mois 0,5% d’audience. Dans un contexte de baisse de la diffusion et de recul de la publicité, les effectifs du quotidien et du site, environ 500 personnes, sont de leur côté encore trop lourds pour permettre une exploitation rentable. Linette accumule par ailleurs les maladresses vis-à-vis des salariés. Sous couvert de nouvelle politique, il a fait table rase de la presque totalité de l’ancien comité de direction. En quelques mois, tous les ex dirigeants, hormis le directeur des services informatiques, ont été évincés. Ils ont été remplacés par d’autres, issus en général de Canal +, ou du réseau de Linette. Ainsi, son ancien collaborateur, Arnaud de Courcelles, a été nommé directeur de L’Équipe 21 à la place de Fabrice Jouhaud. La connivence passe mal, même auprès de personnels aussi bien protégés que ceux de L’Équipe.