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France Culture n’aime pas les Aristochats

15 janvier 2020

Temps de lecture : 4 minutes

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France Culture n’aime pas les Aristochats

France Culture n’aime pas les Aristochats

Dimanche 22 décembre 2019, à l’approche de Noël, France Culture s’est intéressée aux Aristochats. Que croyez-vous qu’il advint ? Le dessin animé serait réactionnaire.

L’émission con­sid­érée s’appelle « Per­son­nages en per­son­ne » ani­mée par l’écrivain et édi­teur Charles Dantzig, très inséré dans les codes soci­aux bour­geois du Paris de sa (belle) époque à lui, c’est-à-dire de main­tenant. Elle est dif­fusée le dimanche de 15h à 15h30. Le 22 décem­bre 2019, son sujet était : « Les Aris­tochats ou la dernière édu­ca­tion à l’ancienne ».

Présentation par France Culture

« Duchesse et ses trois cha­tons, Marie, Berlioz et Toulouse, reçoivent de leur mère une édu­ca­tion à limage du milieu où ils vivent, dans le Paris de la Belle Epoque : celui de la bour­geoisie riche. Tous les codes de la bien­séance sont respec­tés dans le dessin ani­mé « Les Aris­tochats ». Non seule­ment les codes soci­aux sont respec­tés, mais encore de genre : les petites chattes se pâment à lidée du mariage et les petits chats sont bagar­reurs sous l’œil bien­veil­lant de leur mère. Ce film de 1970 est-il un des derniers à propager lancien modèle d’éducation des enfants ? »

Bour­geoisie et richesse, « bien­séance » et donc absence de trans­gres­sion, « respect » des codes soci­aux et… surtout « de genre ». L’émission promeut deux con­cep­tions très étranges.

Stéréotypes de genre

La pre­mière con­sid­ère qu’éduquer un garçon comme un garçon et une fille comme une fille serait un stéréo­type. Il est vrai que la toute petite minorité instal­lée en haut des chaires uni­ver­si­taires, dans les bureaux de nom­breux édi­teurs parisiens, dans les prin­ci­paux lieux de cul­ture et la majorité des médias con­tem­po­rains pense (ou veut penser) que l’identité n’existe pas. Elle ne serait qu’une con­struc­tion sociale. Du coup, les Aris­tochats auraient con­stru­it en garçons/chats des garçons biologiques, en réal­ité filles, et des filles/chattes biologiques, en réal­ité garçons. C’est une sim­ple con­cep­tion du monde, non étayée sci­en­tifique­ment mais qui se pré­tend sci­en­tifique et dont la voca­tion est de militer en faveur d’une société qui serait celle imag­inée dans le cerveau de quelques « chercheurs » en sci­ences sociales, sou­vent financés par les sub­sides d’Etat. Notons que la plu­part de ces chercheurs, avant tout mil­i­tants, ne sont pas hétéro­sex­uels et n’ont pas d’enfants.

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De quoi s’agit-il avec le « genre » : d’imposer une nou­velle norme socié­tale voulue par une minorité, total­i­taire en somme. Notons aus­si que la majorité des gens parta­gent le bon sens, élar­gi par Georges Orwell en con­cept sur le plan poli­tique, le « sens com­mun », d’éduquer leurs garçons comme des garçons et leurs filles comme des filles.

Anachronisme volontaire

La sec­onde est tout sauf his­torique. D’abord, bien qu’un his­to­rien soit présent dans le stu­dio, elle est fondée sur un anachro­nisme : la ques­tion du genre ne peut être le critère d’analyse des Aris­tochats puisqu’elle n’était pas à l’ordre du jour, sauf dans deux ou trois squats enfumés de Los Ange­les, en 1970, date de la réal­i­sa­tion de ce dessin ani­mé. Ensuite, con­sid­ér­er que la Belle Epoque est représen­tée par ce dessin ani­mé, en tant que péri­ode bour­geoise (le mot fleure bon son marx­isme mal digéré et mal lu), est une erreur his­torique : la société de la Belle Epoque est évidem­ment beau­coup plus com­plexe que cela et les couch­es sociales pop­u­laires y étaient dom­i­nantes. L’émission est d’ailleurs incom­plète voire men­songère au sujet du dessin ani­mé lui-même : cer­tains de ses per­son­nages les plus impor­tants sont musi­ciens de jazz, chats de gout­tière, vivent en marge de la société, ne sont ni pro­pres sur eux ni bien éduqués « à l’ancienne »…

Autrement dit, Les Aris­tochats n’est pas une œuvre binaire, con­traire­ment à l’émission de France Cul­ture. Une con­cep­tion binaire du monde qui sem­ble se dévelop­per sur cette chaîne de radio.

Le genre multiforme au lycée comme à l’université

Cette notion de genre deviendrait presque comique si elle n’était pas de plus en plus enseignée, dans le sec­ondaire mais aus­si dans les uni­ver­sités de sci­ences humaines où elle est sou­vent présen­tée comme une vérité indé­pass­able. La réal­ité est sim­ple : les garçons ont un zizi et les filles une zézette, l’immense majorité de la pop­u­la­tion n’a cure de ces débats pour gob­eurs de mouch­es (ou de choses plus con­sis­tantes, au vu des divers­es sex­u­al­ités envis­agées, Google recen­sant main­tenant plus d’une cinquan­taine « d’identités » de genre, d’où le fait de pou­voir être LGBTQ+++, chaque plus appor­tant son indi­vidu sex­uelle­ment « dif­férent » — néan­moins pourvu, en gros, d’un zizi ou d’une zézette, ain­si le veut la biolo­gie humaine).

Voir aussi  « Un jour dans le monde » de N. Demorand : rdv en terre trop connue ?

Cette notion est impor­tante pour une autre rai­son. S’il n’y a pas d’identité sex­uelle et si cha­cun peut décider d’être un garçon ou une fille, alors rien n’empêche les poli­tiques actuelles autour de la PMA et prob­a­ble­ment de la GPA. Pourquoi, en effet, empêch­er un garçon qui « se ressent » fille d’avoir un enfant comme fille ? Que son corps ne puisse pas le porter, sur un plan biologique, ne gêne ni les théoriciens du genre, ni les pro­duc­teurs de France Cul­ture.

Encore plus fort ? La présentation de l’auteur des Aristochats

« Auteur : Walt Dis­ney. 1901–1966. Dessi­na­teur. Réal­isa­teur et pro­duc­teur de films dani­ma­tion. Améri­cain dorig­ine irlandaise. Chrétien con­gré­ga­tion­al­iste (le pre­mier Dis­ney­land a été béni par un pas­teur con­gré­ga­tion­al­iste). Hétéro­sex­uel. Devenu riche par son talent. »

Il fal­lait oser : mâle, chré­tien, hétéro­sex­uel, riche, tal­entueux. Qua­tre défauts majeurs dans l’idéologie très gauchisante en phase de développe­ment expo­nen­tiel dans les médias offi­ciels, comme dans les uni­ver­sités d’ailleurs.

Selon l’émission, toute l’histoire du monde devrait donc être réé­tudiée au prisme des obses­sions de quelques uni­ver­si­taires aux pré­ten­tions avant-gardistes. Raphaël Enthoven a eu une réac­tion ironique de haut vol sur twit­ter : « Hétéro­sex­uel ? Vous êtes sûr ? Quelqu’un a‑t-il véri­fié l’info ? Ou est-ce que tout le monde s’en bran­le ? ».

Per­son­nages en per­son­ne est à la fois représen­ta­tive de notre époque et de la pro­gram­ma­tion de « France Cul­ture ». Elle est aus­si ridicule. Il n’empêche : seuls Valeurs Actuelles et atlantico.fr ont évo­qué « l’affaire ». Éton­nant ? Ou pas.

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