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Drahi, les Panama papers et les silences du Monde

6 avril 2016

Temps de lecture : 3 minutes

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Drahi, les Panama papers et les silences du Monde

Drahi, les Panama papers et les silences du Monde

Il est encore trop tôt pour appréhender tous les aspects, les origines, les stratégies de communication, les conséquences des Panama Papers. Mais on peut déjà souligner des absences troublantes, des présences (trop) tonitruantes et des présences (trop) discrètes.

Par­mi les absences, celles des améri­cains qui ne sont représen­tés que par quelques hommes d’affaires de Floride. Il sem­ble étrange – étrange est un euphémisme – que le monde entier se soit croisé dans les bureaux du cab­i­net Mos­sack Fon­se­ca… sauf les sujets améri­cains. Cherchez l’erreur. Par con­tre Pou­tine (pre­mier por­trait de la une du Monde daté du mar­di 5 avril) et Assad (sec­ond por­trait) fig­urent en pre­mière page du Monde… alors qu’ils ne sont directe­ment cités dans aucun papi­er du cab­i­net panaméen. Si Pou­tine a le droit a une page entière « La banque des copains de Pou­tine », l’Ukrainien Porochenko directe­ment impliqué n’est même pas cité dans les deux pre­mières édi­tions papi­er et son nom se retrou­ve de manière mar­ginale dans LeMonde.fr. Éton­nant ?

Dans son numéro suiv­ant Le Monde ne con­sacre pas moins de deux pages com­plètes au Front Nation­al… alors que le par­ti n’est jamais cité directe­ment dans les papiers. Pour Patrick Drahi, cherchez et cherchez bien ! Arrêtez de chercher vous ne trou­verez pas son nom. Jérôme Fenoglio directeur du quo­ti­di­en s’en est expliqué d’une manière embrouil­lée à la mati­nale de France Cul­ture le 5 avril : c’est à cause de Xavier Niel pro­prié­taire de Free et action­naire du Monde, il ne fal­lait pas don­ner l’impression d’un con­flit d’intérêts ou d’un coup de Jarnac à un con­cur­rent. Dia­ble ! Doit-on com­pren­dre que si Bouygues ou Orange, eux aus­si con­cur­rents de Free (pro­priété de Niel), sont mis en cause pour toute autre affaire, Le Monde invo­quera une réserve de neu­tral­ité sur le thème non pos­sumus ? Étrange con­cep­tion du journalisme.

De son côté, Patrick Drahi a démen­ti avoir util­isé une société panaméenne à des fins d’évasion fis­cale. Le groupe Altice, mai­son mère de SFR, a bien util­isé une société panaméenne mais « de manière légale ». Qui vien­dra à la rescousse de Drahi (voir son info­gra­phie ici) ? Eh bien BFMTV pro­priété de … Patrick Drahi. C’est @rrêt sur images qui le fait remar­quer, cita­tion : « Com­ment par­ler de son patron, sur une chaîne de télévi­sion, alors que son nom appa­raît dans ce qui pour­rait être un nou­veau scan­dale d’é­va­sion fis­cale mon­di­al ? BFMTV a trou­vé la solu­tion : en con­tre-attaquant ! Sur le plateau de l’émis­sion BFM­Sto­ry, l’an­i­ma­teur Olivi­er Tru­chot a ain­si pris la défense de Drahi (sans pré­cis­er qu’il s’agis­sait de son patron) face au jour­nal­iste du Monde, Jérémie Baruch. « Vous avez vu la réac­tion des gens qui ont été cités ? Ils se défend­ent c’est nor­malPatrick Drahi, par exem­ple, qui recon­naît avoir une société, mais rien d’il­lé­gal. Lionel Mes­si qui dit avoir eu une société, mais pas de fonds. Et puis d’autres. Est-ce que finale­ment c’est la bonne méth­ode de jeter en pâture des noms de per­son­nal­ités, sans qu’elles aient vrai­ment la pos­si­bil­ité de se défendre ? Elles se défend­ent après, mais le mal est fait en quelque sorte.»

N’est ce pas char­mant ? Pour être com­plet, BFM a cité plus longue­ment Drahi plus tard en indi­quant sa qual­ité d’actionnaire de la chaîne. Remar­quons qu’aucun média n’a fait d’enquête appro­fondie sur les mou­ve­ments au Pana­ma d’Altice de Patrick Drahi entre novem­bre 2008 et décem­bre 2010. Drahi est pour­tant la dix­ième for­tune de France et la 205ème selon le mag­a­zine Forbes.

Et Libéra­tion ? De gros titres sur le FN et Jean-Marie Le Pen mais pour Drahi une dis­cré­tion de vio­lette. Il faut taper Drahi sur le moteur de recherche du jour­nal pour obtenir une men­tion le 4 avril à 12h30 sous la sig­na­ture de Robin Kor­da qui reprend essen­tielle­ment …le com­mu­niqué d’Altice. Comme dirait François Ruf­fin : « Mer­ci patron ! ».

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