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De la France Interdite à l’islamisation des banlieues, le fantasme devenu réalité décrit par des journalistes

19 octobre 2018

Temps de lecture : 4 minutes
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De la France Interdite à l’islamisation des banlieues, le fantasme devenu réalité décrit par des journalistes

Le 17 octobre 2018, sort un livre écrit par des étudiants en journalisme, traitant de l’islamisation d’une partie des habitants du département de Seine-Saint-Denis. Si les constats réalisés sur le terrain par les apprentis journalistes sont intéressants et argumentés, ils ne viennent que confirmer de nombreuses investigations réalisées ces dernières années. Illustration.

« No go zones »

En 2015, la chaine améri­caine Fox News con­sacrait un reportage aux « no go-zones » à Paris. Ce reportage était en de nom­breux points car­i­cat­ur­al et s’appuyait sur des don­nées inex­actes. Cela a amené nom­bre de médias français à écarter le sujet d’un revers de main dédaigneux. Il aura cepen­dant eu au moins un mérite : celui de s’interroger sur l’existence de par­ties du ter­ri­toire français sous l’emprise de l’islamisme, ces « endroits où l’on ne va pas », tra­duc­tion lit­térale de « no go zones ».

D’autres travaux d’investigation de ter­rain plus rigoureux ont été réal­isés depuis plusieurs années. Nous en présen­tons quelques uns.

En 2002 parait chez Pluriel l’ouvrage col­lec­tif « Les ter­ri­toires per­dus de la République ». A par­tir de l’exercice quo­ti­di­en de leur méti­er, des pro­fesseurs de l’enseignement sec­ondaire de la région parisi­enne dressent le con­stat d’une décrépi­tude des valeurs répub­li­caines et d’une offen­sive islamiste dans cer­tains quartiers.

En 2016, Géral­dine Smith pub­lie chez Stock le livre « Rue Jean Pierre Tim­baud, une vie de famille entre bobos et bar­bus ». Son auteur, une jour­nal­iste, a selon Mar­i­anne enquêté « sur l’is­lami­sa­tion du quarti­er où elle a habité, celui de la rue Jean-Pierre-Tim­baud, dans le XIe arrondisse­ment de Paris ». Un réc­it au quo­ti­di­en tout en nuance sur la con­fronta­tion d’idéaux libéraux-lib­er­taires à la réal­ité d’un quarti­er en pleine trans­for­ma­tion. Le livre se ter­mine par un con­stat d’échec et le départ de la famille du quarti­er.

Trappes, Saint-Denis, Sevran

En 2017 aux édi­tions du Tou­can, le jour­nal­iste Alexan­dre Mendel pub­lie une enquête inti­t­ulée « Par­ti­tion », un livre accrédi­tant « l’émergence de fron­tières invis­i­bles qui divisent le ter­ri­toire, géo­graphique­ment et cul­turelle­ment ». Il écrit notam­ment : « À Trappes, Saint-Denis, ou encore Sevran, la mix­ité n’est plus la règle, elle est l’exception. On enferme ses enfants dans des écoles coraniques, où on leur apprend, à coups de hadiths, à haïr l’Occident et à ne vénér­er que l’islam des ancêtres. On ne se marie plus que religieuse­ment, on vit sa polyg­a­mie, on répudie les femmes, dans le dos de la République. La présen­ta­tion de ce livre lors de sa sor­tie n’a pas dépassé le cer­cle des médias dits de droite, à l’image du sort réservé à « La France inter­dite », véri­ta­ble­ment ostracisé par les médias main­stream mal­gré des ventes déjà con­séquentes.

La même année parait chez Albin Michel, un ouvrage col­lec­tif inti­t­ulé « Une France soumise ». Alors que « Les Ter­ri­toires per­dus de la République » pointait le com­mu­nau­tarisme dans des écoles de ban­lieue, les auteurs du livre font le con­stat que ce sont main­tenant de véri­ta­bles ter­ri­toires qui vivent en cir­cuit fer­mé. « Cette enquête révèle le fos­sé exis­tant entre une par­tie des élites médi­a­tiques et la masse du peu­ple français, class­es moyennes et pop­u­laires con­fon­dues. Le dis­cours for­maté des élites appa­rait de moins en moins audi­ble » affirme un de ses auteurs.

Le Monde comme Le Figaro

En févri­er 2018, deux jour­nal­istes du Monde, Ari­ane Chemin et Raphaëlle Bac­qué, font selon L’Express, dans le livre « La com­mu­nauté » (Albin Michel), « un réc­it implaca­ble de la manière dont la com­mune de Trappes (Yve­lines) est passée en un demi-siè­cle des “cocos” aux “bar­bus” ».

En mars 2018, un reporter du Figaro, Manon Quérouil-Bruneel, racon­te dans « La Part du ghet­to » (Fayard) le quo­ti­di­en d’une cité de Seine Saint Denis. Reli­gion, drogue, pros­ti­tu­tion, petits trafics et grand ban­ditisme, immi­gra­tion con­tin­ue, les aspects les plus som­bres de la ban­lieue sont passés en revue. Au tour­nant des années 1990, « le mythe du bon immi­gré a fait long feu. La reli­gion est pro­gres­sive­ment dev­enue un éten­dard, une cuirasse iden­ti­taire qui a fait vol­er en éclats le « vivre-ensem­ble ».

En juil­let 2018, un rap­port séna­to­r­i­al pointe le développe­ment du salafisme en France. Le nom­bre d’adeptes de ce courant rig­oriste de l’islam — 40 à 60 000 — ne ferait qu’augmenter. Des séna­teurs relèvent l’existence de « zones ghet­toïsées», nous apprend RT France.

En sep­tem­bre 2018, un rap­port de 617 pages de l’Institut Mon­taigne dresse le con­stat de l’expansion de l’islamisme en France. L’auteur du rap­port pub­lié par le think tank libéral estime que « la sépa­ra­tion devient viable ». « C’est toute la vie quo­ti­di­enne qui est peut être « halal­isée », et qui con­naît une pro­gres­sive cod­i­fi­ca­tion : des normes religieuses sont appliquées à l’alimentation, aux vête­ments et à toutes les pra­tiques sociales, qui ont pour objec­tif une coupure nette avec le reste du monde ».

La grande frayeur de Gérard Davet : « donner raison à Zemmour »

Le 17 octo­bre 2018 paraît chez Fayard le livre « Inch’al­lah, l’islamisation à vis­age décou­vert », écrit par 5 étu­di­ants au Cen­tre de For­ma­tion du Jour­nal­isme et « coor­don­né » par Gérard Dav­et et Fab­rice Lhomme. Le 15 octo­bre, les reporters du Monde vien­nent présen­ter sur France Inter leur livre sur « l’islamisation de la ban­lieue ».

Inter­rogé par Nico­las Demor­and et Léa Salamé, Fab­rice Lhomme affirme : « il y a une volon­té dans une petite par­tie des musul­mans (…) pour que l’islam en Seine Saint Denis et ailleurs, devi­enne la norme sociale dans la vie publique ».

En réac­tion à un audi­teur en ligne qui affirme : « J’ai l’impression d’entendre Zem­mour », Gérard Dav­et estime que « c’est effec­tive­ment le dan­ger, nous on amène des faits, rien que des faits ». Léa Salamé com­mente : « des faits qui ressem­blent aus­si à ceux que relate Eric Zem­mour quand on lit le sui­cide français ». Gérard Dav­et perd pied et botte rapi­de­ment en touche en indi­quant que « le livre four­mille de révéla­tions, de chiffres impor­tants qui mon­trent que quelque chose se passe ».

Une préoc­cu­pa­tion des deux coor­don­na­teurs de l’enquête con­stitue le sous-titre de l’émission sur le site de France Inter : « il ne faut pas laiss­er ces ques­tions [de l’is­lami­sa­tion] aux extrêmes ».

Gérard Dav­et ajoute : « Le sujet est com­pléte­ment pol­lué par les batailles idéologiques. Vous avez des gens qui par­lent de ça sans arrêt (…). Ils se sai­sis­sent de ce sujet Ils vous bal­an­cent des choses avec des clichés incroy­ables. Ils ne con­nais­sent pas le ter­rain ».

Si effec­tive­ment, « quelque chose se passe », nos deux reporters n’en oublient pas pour autant de décern­er des labels d’honorabilité. Il y aurait d’une part les enquê­teurs de ter­rain, dotés d’une légitim­ité que leur con­fér­erait leur statut, et de l’autre les politi­ciens « des extrêmes », qui n’auraient aucune légitim­ité à par­ler de ce phénomène en pleine expan­sion, et encore moins à vouloir le traiter.

Pour­tant, l’abondante pro­duc­tion édi­to­ri­ale à ce sujet ne sem­ble en rien frein­er l’expansion du rad­i­cal­isme islamique et du séparatisme religieux. Ce qui rap­pelle hum­ble­ment que les jour­nal­istes sont là avant tout pour rap­porter la réal­ité comme l’a fait Lau­rent Ober­tone dans son ouvrage La France Inter­dite (Ring), large­ment boy­cotté par les médias.

Crédit pho­to : Maya-Anaïs Yataghène via Wiki­me­dia (cc)

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