Polar et journalisme : une vieille histoire d'amour
TPMP : Échange surréaliste entre Lorànt Deutsch et Gilles Verdez

TPMP : Échange surréaliste entre Lorànt Deutsch et Gilles Verdez

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Mardi dernier, Lorànt Deutsch était l’invité de l’émission de divertissement de Cyril Hanouna, « Touche pas à mon poste », pour faire la promotion de son livre Hexagone traitant de l’Histoire de France. Mal lui en a pris !

À vouloir se faire inviter chez Hanouna, on finit bien vite par voir son livre d’Histoire jugé par un spécialiste du football. D’entrée de jeu, Gilles Verdez, qui a écrit cinq ouvrages sur le ballon rond, attaque : « Je trouve que votre livre est dangereux parce que c’est un livre de la France blanche, de la France nationaliste. Je trouve que vous nous ressortez une idée de l’Histoire qui n’est plus enseignée depuis 1970 ».

Et celui-ci d’ajouter, comme si c’était un crime : « C’est l’histoire des mythes fondateurs, des mythes de la nation, des grands personnages, de la monarchie, donc l’histoire des rois de France. » Ce dernier ose même l’anachronisme : « C’est une histoire qui flirte avec les thèmes identitaires de l’extrême-droite et je trouve que sortir ce livre en ce moment, c’est dangereux et vous flirtez avec les problématiques extrême-droite »…

« Est-ce qu’on a le droit d’aimer l’Histoire de France ? Est-ce qu’on a le droit de raconter cette Histoire sans être taxé de réac ou de facho ? », lui rétorque Lorànt Deutsch. Pour Gilles Verdez, c’est simple : relater la conversion des églises et synagogues en mosquée par les musulmans au VIIIe siècle, c’est être raciste. Dire qu’en 1940, l’armée française n’était pas capable de se battre, c’est être pétainiste. Le tout à l’avenant. Deutsch se défend : « On m’a traité de ‘nazillon’, moi qui suis fils de juifs, petit-fils de déportés… Je n’ai qu’un seul défi, un seul combat, c’est du dire du bien de mon pays. » Mais cela est, semble-t-il, déjà trop. Parler de la France royale et chrétienne est-il devenu une faute morale, à l’instar du négationnisme ?

« C’est un livre réac’ et même dans la religion, vous êtes problématique », a également lancé Verdez, dans une formule peu claire. Probablement faut-il comprendre que Lorànt Deutsch ne s’est pas montré assez sévère avec l’Eglise, qu’il tient pour un élément constitutif de l’identité de la France. « C’est vous qui vous faites de l’idéologie et de la récupération et vous voyez avec les yeux du XXIe Siècle, des phénomènes qui se sont produits il y a 1300 ans », lui a répondu l’acteur.

À se faire incendier par un spécialiste du football, on finit par voir rappliquer à sa rescousse un autre chroniqueur spécialisé dans ce domaine : Bruno-Roger Petit. Le contributeur du « Plus » du Nouvel Obs ne s’est pas fait attendre pour applaudir à tout rompre. Pour lui, la « France chrétienne et blanche » est un « conte » qui a « peu à voir avec la vérité ». Nous expliquera-t-on dans quelques années que ce pays est black-blanc-beur depuis Vercingétorix ? Et Petit de citer les mêmes passages que Gilles Verdez, prouvant de ce fait que, comme son compère (qui l’a avoué à demi-mot), il n’avait pas lu le livre. Un livre « unanimement condamnés par les historiens de métier », selon lui. Et par L’Équipe ?

Le journaliste n’hésite pas en outre à déclarer sans sourciller que « Hanouna produit une télévision de la liberté »… Et d’ajouter : « La télé façon Hanouna se situe quelque part entre le « Droit de réponse » de Polac et le « Petit rapporteur » de Martin »… Polac, reviens, ils sont devenus fous !

Voir notre Dossier sur le sujet :
Lorànt Deutsch et la bataille de l’Histoire dans les médias

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