Le Monde : flagrant délit

Syrie : carton rouge pour Le Monde et expulsion temporaire du terrain de la déontologie journalistique

Le Monde : flagrant délit

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Le quotidien Le Monde, qui soutient clairement les insurgés syriens contre le régime de Bachar Al-Assad, se fait prendre la main dans le sac en page 3 dans son édition du 29/30 juillet 2012.

Une page entière est consacrée aux insurgés, à travers deux articles. D’abord un excellent reportage de Florence Aubenas, sur lequel il n’y a rien à redire. Les insurgés sont contre le régime et manifestent aux cris de « Allah Akbar », rien de surprenant. On peut saluer l’honnêteté et le courage de Florence Aubenas, grand reporter de terrain.

Il n’en est pas de même pour un papier de tête signé Benjamin Barthe. La localisation du journaliste n’est pas indiquée (sur place, Paris, Beyrouth, ailleurs ?). Une chose est sûre, il commence très fort !

Citons l’entame du papier de Benjamin Barthe

« Simple coïncidence ou sinistre calcul ? Comme Moscou qui avait envoyé ses chars à lassaut de la Géorgie le jour même de la cérémonie douverture des jeux olympiques de Pékin, il y a quatre ans, en août 2008, Damas a déclenché son attaque contre Alep quelques heures après le lancement officiel des olympiades de Londres ».

Décryptage : en deux phrases, un jugement et un mensonge.

Le jugement est presque naïf. Qu’il y ait une simple coïncidence ou un sinistre calcul (art de l’insinuation, on n’affirme pas, on glisse le mot sous le tapis), il existe bel et bien un axe du mal : « Comme Moscou Damas». Le mal (– le sinistre – Littré : pernicieux, dangereux, funeste) est désigné, c’est l’axe Russie-Syrie. La suite va permettre de confirmer l’existence du diable.

Car suit le mensonge. Le lecteur non averti comprend : le jour de l’ouverture des précédents jeux olympiques la féroce Russie a envahi la paisible Géorgie. Mais, il y a un mais. Il y a mensonge par omission (vous me copierez trois fois le code de déontologie du Monde). Retour sur les faits, chronologie en main. Le 8 août 2008 à 23h10, le gouvernement GÉORGIEN informe le général russe commandant les troupes russes en Ossétie du Sud, dans la capitale Tskhinvali, de son intention de rétablir « l’ordre constitutionnel » PAR LA FORCE. Dans l’heure qui suit, une vingtaine de soldats russes sont tués. C’est l’engrenage que tout le monde connaît, les forces russes interviennent, les troupes géorgiennes sont écrasées, le 12 août Nicolas Sarkozy propose sa médiation qui débouche sur un plan de paix signé le 15 août.

HISTORIQUEMENT C’EST BIEN LA GÉORGIE QUI A ATTAQUE UN TERRITOIRE – L’OSSÉTIE DU SUD – SOUS CONTRÔLE INDÉPENDANTISTE ET RUSSE DEPUIS 1992 (accords de Sotchi, signés par le président géorgien Édouard Chevardnadze le 24 juillet 1992).

L’article de Benjamin Barthe sous entend que Moscou était l’agresseur. Moscou qui aujourd’hui soutient le régime maudit de Bachar Al-Assad. Dont les troupes viennent d’agresser les insurgés d’Alep. CQFD : revoilà l’axe du mal qui vient perturber une grande manifestation pacifique et sportive suivie par des milliards de personnes. Carton rouge pour Le Monde et expulsion temporaire du terrain de la déontologie journalistique !

Photo : capture d’écran LeMonde.fr

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