Franz-Olivier Giesbert, la connivence tranquille (portrait vidéo)
Thierry Thuillier
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Thierry Thuillier :
l’homme fort de LCI

Né en 1963, Thierry Thuillier est un journaliste professionnel. Entré à TF1 en 1990, puis à France 2 en 1994, il y gravit les échelons et se retrouve rédacteur en chef du « 20 heures » de France 2 en 2007. Il quitte ensuite l’audiovisuel public pour i>Télé en 2008, revient dans l’audiovisuel public en 2010, devient patron de France 2 en 2013 pour partir à Canal+. Débarqué trois mois après par Vincent Bolloré, il part à l’été 2016 sur LCI dont il devient le nouveau directeur général. Il aura la lourde tâche de donner un nouvel avenir à cette chaîne, désormais gratuite et qui a la nécessité d’exister dans le paysage très concurrentiel des chaînes gratuites d’information continue, entre BFMTV, la nouvelle chaîne d’information continue du service public et i>Télé.

Formation

Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris après une licence d’administration économique et sociale, il entre à l’institut de sondages BVA en 1986, puis devient journaliste.

Parcours professionnel

Au début des années 1990, alors qu’il a 27 ans, il entre à TF1 où il devient reporter chargé de la politique étrangère de 1990 à 1993 puis de la politique intérieure jusqu’en 1994.

En 1994, il rejoint France 2. Il y intervient régulièrement dans les journaux télévisés et présente à la fin des années 1990 certaines éditions de la nuit. Il a aussi occupé de 2000 à 2003 le poste de chef du service international avant d’assumer celui de chef du service enquête et reportage des bureaux de l’étranger, de 2003 à 2007. En août 2007, il est nommé rédacteur en chef du journal de 20 heures de France 2 par Arlette Chabot. Parallèlement, entre 2002 et 2008, il présente l’émission de géopolitique de France 2 « Un œil sur la Planète ».

Au printemps 2008, il quitte France 2 pour devenir chef de la rédaction de la chaîne d’information en continu i>Télé (groupe Canal+) en difficultés face à sa concurrente BFMTV. Il transforme cette chaîne magazine en chaîne d’actualité continue, avec deux journaux d’actualité par heure (contre un précédemment) et un rappel des titres tous les quarts d’heure. En août 2010, il revient à l’audiovisuel public, où il devient directeur de l’information, à la place d’Arlette Chabot. En octobre 2013 il devient patron de France 2 pour tenter de redresser la barre après de mauvaises audiences, et reste directeur de l’information. Apprécié de ses équipes, il met en chantier le plan « Info 2015 », contesté en interne, qui prévoit la fusion des rédactions nationales de France 2 et France 3, et on lui doit aussi une notable progression de l’audience de France 2. Il émet aussi l’idée d’une chaîne d’information en continu publique, mais qu’il voulait tout-numérique. La nouvelle présidente Delphine Ernotte reprend ce projet, en le réorientant vers la TNT et en gonflant son enveloppe budgétaire, passée de 6,5 à 18 millions d’euros ; ce sera France Info, lancée le 1er septembre 2016.

Le 1er juin 2015, il quitte France Télévisions pour Canal+ pour devenir directeur du service des sports, une passion chez celui qui pratique la course à pied et suit assidûment les matchs de rugby. Il avait d’abord été pressenti pour redresser « le Grand Journal », et peut-être chapeauter i>Télé. Il part sur fond de tensions professionnelles, alors que la nouvelle directrice de l’audiovisuel public, Delphine Ernotte, remanie profondément les équipes dirigeantes et fait entrer ses hommes. Il a aussi attendu, sans succès, que la nouvelle présidente garantisse l’indépendance de France Télévisions par rapport au pouvoir exécutif. Après un passage éclair, 3 mois à peine, il est débarqué par Vincent Bolloré qui le remplace par un proche, Thierry Cheleman. Non réaffecté, il quitte Canal+ début octobre.

En novembre 2015, il rejoint Elephant&Cie, la société de production de Thierry Bizot et d’Emmanuel Chain. Sixième producteur français de fiction, selon le classement du magazine Écran Total, Éléphant produit des séries comme « Fais pas ci, Fais pas ça », « Parents Mode d’Emploi », « Duel au Soleil », « WorkinGirls », « La Stagiaire », « Le Mystère du Lac », réalise aussi des magazines (« Sept à Huit » pour TF1, « Les pouvoirs extraordinaires du Corps humain » pour France 2) et une quinzaine de documentaires par an. Il y est chargé de développer une nouvelle offre de magazines.

Le 21 juillet 2016, le groupe TF1 le nomme patron de la chaîne LCI. La chaîne était sans rédac-chef après le départ surprise de Céline Pigalle quelques mois plus tôt ; venue d’ i>Télé en février, elle est partie en juin sur fonds de différends avec le co-directeur général Nicolas Charbonneau. Il devra à la fois consolider l’audience, sans pouvoir s’appuyer sur le matraquage de l’information brûlante – auprès du CSA, LCI s’est engagée à un journal d’actualité par heure seulement, et un flash toutes les demi-heures – mais aussi la rédaction éprouvée par une année de tribulations et d’incertitudes quant à l’avenir de la chaîne.

Parcours militant

Il n’a pas d’engagement politique connu, mais serait classé comme étant plutôt à droite par le nouvel exécutif de France Télévisions. Une source syndicale interne confirme : « il est ressenti comme étant de droite, alors que Delphine Ernotte et ses proches ont des accointances politiques – y compris familiales – à gauche ».

Collaborations

  • TF1 (1990-1994)
  • France 2 (1994-2008)
  • i>Télé (2008-2010)
  • France Télévisions (2010-2015) et France 2 (2013-2015)
  • Canal+ (juin-octobre 2015)
  • Elephant&Cie (novembre 2015 – juillet 2016)
  • LCI (depuis août 2016)

Publications

Il n’a pas publié de livre, ni réalisé de film.

Ce qu’il gagne

De source syndicale, il avait, alors qu’il était à la fois directeur de l’information et patron de la chaîne France 2, de 2013 à 2015, un salaire annuel d’environ 200 000 €.

Sa nébuleuse

Rémy Pflimlin, Catherine Nayl, Emmanuel Chain.

Kim Pham, conseiller chargé de l’audiovisuel de l’ancienne ministre de la Culture Aurélie Filipetti, qui fut aussi, de 2007 à 2012 directeur général adjoint chargé de la gestion et de l’organisation de France télévisions.

David Pujadas, Pascal Golomer, Éric Monnier, Agnès Vahramian sur lesquels il s’appuyait quand il était à France 2.

Il l’a dit

« Il faut faire notre métier avec plaisir, confiance et exigence », aux journalistes de LCI, mi-août 2016.

« À France 2, lorsque je me suis occupé des programmes, j’ai beaucoup poussé pour que le sport soit présent sur nos antennes. Je suis à la base un homme de télé donc, pour moi, le spectacle du sport est aussi important qu’un divertissement, une fiction, un documentaire, voire un magazine d’info. Et je considère que c’est bien d’ajouter des expériences professionnelles les unes aux autres. J’ai toujours fonctionné comme cela. », Telecablesat, 17/8/2015

« Dès le départ, ma mission à France 2 s’arrêtait avec le départ de Rémy Pflimlin. Cette double casquette, je n’ai jamais pensé que c’était un système pérenne. Je suis arrivé parce que personne ne voulait prendre le navire qui gîte. Il y avait une crise, j’ai déployé des solutions d’urgence, fixé un nouveau cap, redonné confiance aux équipes. On a réussi à repositionner la chaîne, à lui donner une signature, un petit air de modernité. Le temps imparti était pourtant très court. Ce n’était pas un paquebot mais une grosse vedette, rapide, et très agréable à piloter. » Ozap, 12/6/2015

« Je suis journaliste mais j’ai toujours été curieux, ce qui m’a poussé à accepter la direction des programmes de France 2 malgré le scepticisme de certains. La proposition de Canal+ m’a été faite avant la procédure de nomination de Delphine Ernotte à la tête de France Télévisions. Je n’ai pas décidé avant, j’ai souhaité attendre et la rencontrer. Dans le périmètre de l’information, il faut sentir une confiance à 100%. J’ai eu ce lien indispensable avec Rémy Pflimlin. Je n’ai pas senti que je pouvais renouer ce lien de confiance. Donc face à cette incertitude et en raison de la belle proposition de Canal aussi, j’ai choisi de partir. », ibid.

« J’ai toujours eu des relations professionnelles avec l’Elysée. Mon parcours est simple, je n’ai pas fait ma carrière dans un service politique, je n’ai pas été éditorialiste. Ce qui compte, c’est l’égale distance que nous mettons avec le personnel politique, dans le respect. J’ai lu des noms, des rumeurs. Je ne les commente pas, mais je trouve ça assez pathétique, ça donnerait l’impression qu’on revient vingt ans en arrière. À ceux qui auraient ça en tête, regardez l’histoire récente, tous ceux qui ont voulu contrôler les médias ont été battus aux élections. », ibid.

« C’est un handicap pour asseoir une autorité et le respect des décisions prises. Ce sentiment de stop and go permanent, c’est désastreux pour l’entreprise. Peu importe le bilan, il y a des changements. C’est comme un mandat électif alors qu’il s’agit d’une entreprise. », ibid, au sujet des changements de dirigeants incessants dans l’audiovisuel public.

On l’a dit à son sujet

« Il faut noter que le nom d’Olivier Mazerolles avait circulé avec insistance pour remplacer Arlette Chabot, mais visiblement le nouveau Président a choisi un candidat plus jeune, avec une expérience incontestable et une très belle image dans la profession. » jeanmarcmorandini.com, 29/7/2010

« La chaîne publique est en grave péril. Audience en chute libre, rentrées publicitaires en panne, dépenses engagées en dépit du bon sens, image en berne, programmes ringards, inadaptation aux mutations du monde. Et cette suspicion enfin, dont il est impossible de se départir à l’égard d’une équipe, dont Thierry Thuillier fait partie intégrante depuis le début, qui a été nommée par le seul Nicolas Sarkozy, alors président de la République omnipotent, sur les conseils de Claude Guéant, secrétaire général de l’Élysée, sans que la question de la compétence du président Pflimlin et de son équipe ne soit jamais questionnée, discutée, interpellée. » Bruno Roger-Petit, Le Nouvel Obs, 21 octobre 2013.

« Quelles que soient les qualités de Thierry Thuillier, une poigne de fer qui jamais ne se relâche sur ses équipes, une détermination farouche qui confine à l’obstination, l’affirmation d’une capacité de travail sans limite qui est aussi l’expression d’une revendication sociale propre aux produits de la méritocratie républicaine, la tâche qui lui est assignée relève de la mission impossible. », ibid.

« Thuillier n’est pas un homme de programmes. C’est un journaliste. Est-il de la trempe d’un Pierre Desgraupes ou d’un Hervé Bourges ? Pour ce que l’on en connait, l’homme pense, agit et vit journalisme 24h sur 24. Il est de ceux qui font la télévision mais qui, paradoxalement, ne la regardent jamais, faute de temps. », ibid.

« À France Télévisons, les éléments de langage du jour sont :
– Les salariés sont plutôt content que ce soit Thuillier
– Certains syndicats pensent d’ailleurs à lever le préavis de grève du 7 novembre prochain.
 » Blog CGC des Médias, 22 octobre 2013, au sujet de sa nomination comme patron de France 2.

« Le responsable de l’information, en charge d’un vaste programme déjà bien avancé de mutualisation des ressources, peut-il en même temps gérer sérieusement la deuxième chaîne française de télévision ? », Delphine Ernotte dans son projet stratégique pour France Télévisions, mars 2015, au sujet de Thierry Thuillier.

« Le projet stratégique de Delphine Ernotte-Cunci, publié vendredi dernier par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), fait néanmoins la part belle à un profil qui ressemble beaucoup à celui de Thierry Thuillier. L’actuelle numéro 2 d’Orange annonce qu’elle optera pour «un directeur(trice) de l’information dont les qualités à la fois éditoriales et organisationnelles auront été reconnues dans le passé». Ce n’est pas tout. Elle s’approprie son projet de chaîne d’information en continu numérique, qu’elle entend porter à une autre échelle. Non seulement en proposant de «s’allier» avec France Média Monde et Radio France pour «élaborer un projet unique de niveau international», mais également en envisageant de déployer cette chaîne sur la TNT via «la réorientation d’un canal existant». Ce projet sera soumis, «s’il venait à être validé», au CSA avant la fin de cette année pour «une mise à l’antenne en septembre 2016». L’Opinion, 26/4/2015

« Thierry Thuillier, même s’il doit se « contenter » du numérique, ne sera pas insensible à ces ambitions. Ses passages par TF1 et i>Télé lui ont donné le goût de la compétition. Ce que lui reprochent certains opposants en interne, qui l’accusent, anonymement, « d’avoir le nez collé aux audiences, en particulier celles du JT de Gilles Bouleau sur TF1 dont il cherche trop à s’inspirer »», ibid.

« Plusieurs échos de presse ont soutenu que Thierry Thuillier – nommé comme l’équipe de M. Pflimlin sous Nicolas Sarkozy – était classé à droite par certains dans l’exécutif et qu’il pourrait perdre sa place de ce fait, à deux ans de la présidentielle. Interrogé, celui-ci a toujours dit que ses relations professionnelles avec le pouvoir en place étaient bonnes et que les accrochages sur des contenus concernaient tant la majorité que l’opposition. Il s’est toujours voulu à distance du milieu politique et a défendu une information parfois « abrasive », par exemple dans le magazine Cash Investigation. » Le Monde, 1er juin 2015.

« Avec Thierry Thuillier, TF1 intègre un dirigeant de rédaction de haut niveau, auréolé de la réussite de l’information sur France Télévision et de la remontée de l’audience de France 2. […] Dans ce combat, Thierry Thuillier ne pourra en tous cas s’appuyer sur l’atout de l’information brûlante: LCI s’est engagée auprès du CSA à ne diffuser qu’un journal toutes les heures et un simple flash toutes les demi-heures. Le nouvel homme fort de LCI devra user de ses talents de concepteur d’émissions et de grille. LCI promet du décryptage, de l’analyse. » Challenges, 22 juillet 2016.

Crédit photo : capture d’écran vidéo Le Figaro / le.buzz.media

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