Delphine Ernotte contre les mâles blancs
Stéphane Dubun : le boss de Franceinfo
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Stéphane Dubun :
le boss de Franceinfo

Nommé le 1er août 2016 – avec Célia Mériguet – à la tête de la future chaîne d’information continue de la télévision publique, Stéphane Dubun est un pur produit de l’audiovisuel public. Journaliste professionnel, il y a fait depuis un quart de siècle toute sa carrière. La nouvelle chaîne publique d’information, baptisée Franceinfo et portée par France Télévisions, Radio France, France 24 et l’INA, a été lancé le 1er septembre à 18h sur le canal 27 de la TNT. Stéphane Dubun est chargé de l’édition TV de la chaîne d’information continue publique.

La nouvelle chaîne, qui bénéficie d’une équipe de 176 personnes (dont 80 recrutées hors du groupe), a un coût prévisionnel de 18,5 millions d’€ (dont 15 millions pour France Télévisions). Mais ces prévisions ont déjà été contesté par les syndicats, dont la CGC Médias, qui pointent le très faible nombre de journalistes professionnels dans l’ensemble – seulement 32 – des locaux sous-dimensionnés (une salle de rédaction de 280m² au troisième étage de France Télés), un logo très simple, mais qui a tout de même coûté 500 000 €, une offre programmatique floue et des coûts sous-évalués.

Stéphane Dubun est né en 1968 et est titulaire de la double nationalité franco-britannique ; il s’affiche « franco-écossais » sur son compte Twitter où il a retweeté, le 9 juin 2014, l’appel du compte Twitter YesScotland à voter oui au référendum d’indépendance. Le 3 mars et le 30 mai 2014 il retweete d’autres nouvelles favorables à l’indépendance écossaise.

Il a désormais la dure tâche de concilier les différentes cultures de l’audiovisuel public et de venir à bout des nombreux obstacles qui se dressent devant un projet de chaîne publique d’information continue bien plus imposé par la politique que par des critères journalistiques ou économiques.

Formation

Stéphane Dubun est titulaire d’une Maîtrise en droit et diplômé de l’IUT de journalisme de Bordeaux.

Parcours professionnel

Stéphane Dubun a débuté comme reporter au journal de Côte d’Or Le Bien Public en 1988, où il est resté jusqu’en 1992. Cette année, il collabore avec l’agence 17 juin Media, et entre comme reporter à France 2 (reportages au service informations générales, politique, économie, Télématin) avant d’intégrer France 3 en 1996, dont il est peu à peu devenu l’un des cadres nationaux. Il y a d’abord été grand reporter au service politique étrangère de France 3 National, où il a réalisé de nombreux reportages au Levant, puis chef de service adjoint à partir de 2003. La même année, il est nommé rédacteur en chef adjoint du « 19/20 » présenté par Elise Lucet, puis devient en 2006 rédacteur en chef du « Soir 3 » présenté par Marie Drucker. Stéphane Dubun a rejoint en 2008 France 24 comme rédacteur en chef, puis est nommé secrétaire général des antennes en 2009 et chef des informations en septembre 2010. Il revient à France Télévisions en tant qu’adjoint au directeur de l’information régionale de France 3 avant d’être nommé en septembre 2015 adjoint au directeur délégué à l’information en charge du projet de chaîne d’information.

Le 25 juin 2008 il signe avec d’autres journalistes un appel commun dans le Monde, intitulé http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2008/06/25/les-responsables-de-l-information-de-france-3-refusent-un-service-public-rabougri-ou-demantele_1062443_3236.html « Nous voulons que vive France 3 ». Les signataires, tous rédacteurs en chef ou présentateurs des journaux nationaux de France 3, refusent les conclusions de la commission Copé qui appelle à la création d’un réseau de chaînes publiques régionales, sur le modèle de l’audiovisuel public allemand.

Parcours militant

Non renseigné.

Publications

Il a réalisé plusieurs documentaires, notamment Plongée dans l’Amérique profonde (2012), avec Marie Drucker et Grégoire Deniau (110 mn, diffusé sur France 2 et France O) et une série intitulée Les villes violentes, débutée avec deux documentaires de 52 mn sur Marseille et Bagdad en 2013, continuée en 2014 avec deux autres volets sur Johannesburg et Pointe-à-Pitre, achevée en 2015 avec un Best Of. Tous ces documentaires ont été diffusés sur France O, comme son dernier documentaire, Les mercenaires en Syrie (2015).

Ce qu’il gagne

Dans l’audiovisuel public, un grand reporter gagne http://paiecheck.com/2012/08/29/salaires-des-personnels-de-france-television/ 6760 € mensuels bruts, un rédacteur en chef d’une édition nationale 8519 € bruts mensuels, un cadre dirigeant plus de 10 000 € mensuels.

Sa nébuleuse

Germain Dagognet, qui pilote le projet de chaîne d’information continue pour France Télévisions.
Christine Ockrent, directrice générale déléguée de l’Audiovisuel extérieur de la France en 2008-2011.
Delphine Ernotte.

Il l’a dit

« Comment justifier une information recentrée sur les seules régions, sans traitement de l’international, alors que la mondialisation et les enjeux nationaux et européens influent quotidiennement sur la vie de nos concitoyens ? Les journaux nationaux de France 3, en synergie avec les éditions locales et régionales, ont su imposer une liberté de ton et des choix éditoriaux différents de ceux des autres chaînes. Des journaux qui participent au pluralisme de l’information, rencontrent le succès et bénéficient de la confiance des téléspectateurs. Avec 20 % à 25 % de parts d’audience, les éditions nationales et régionales de France3 sont parmi les plus regardées de France, et, selon un baromètre IFOP du début de l’année 2008, France3 reste la chaîne préférée des Français. C’est ce travail et cette confiance dont nous sommes fiers que nous défendons, en refusant un service public rabougri ou démantelé. » Appel commun http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2008/06/25/les-responsables-de-l-information-de-france-3-refusent-un-service-public-rabougri-ou-demantele_1062443_3236.html des présentateurs et rédacteurs-chef des journaux nationaux, 25 juin 2008, Le Monde.

« Sortir une caméra [en Irak, NDLA] est difficile. D’abord parce qu’il y a des barrages et des contrôles sur presque chaque route. Des policiers, des militaires, des miliciens chiites ou sunnites, chacun veut tout contrôler: le matériel, l’objet du tournage, etc. Pour pouvoir filmer, il faut impérativement être accompagné, et pas seulement d’un traducteur. […] Faire des courses, aller travailler, emmener ses enfants à l’école, chaque geste quotidien est dangereux. A cause des attentats bien sûr, mais aussi des enlèvements crapuleux. Il y en a une vingtaine par mois. Il faut payer une rançon pour être libéré. Après 23 années de dictature Saddam Hussein,10 années de guerre, et deux ans après le départ des américains, les Irakiens que nous avons rencontrés ne pensent même plus à l’avenir. Ils essaient seulement de survivre au jour le jour », Geopolis, 31 janvier 2014.

« Il faut que les téléspectateurs puissent non seulement choisir les informations qu’ils souhaitent regarder, voir comment on les construit, mais aussi intervenir en direct, poser leurs questions aux reporters sur le terrain, à celui qui est l’objet du reportage ou à l’invité. Ils seront partie prenante dans le traitement de l’information », Antennes, magazine interne de France Télévisions, n°61, février 2016

« Nous voulons dépasser la couverture brute des événements en prenant du recul pour comprendre les composantes de l’actualité, le contexte, proposer des analyses ancrées davantage dans l’explication que dans l’émotion », ibid.

« Le but fixé par Ernotte, c’est d’être numéro 1 sur le web, qu’on va doper avec une offre vidéo colossale », Le Canard Enchaîné, 13 juillet 2016.

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Claude Chollet
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