Patrick Cohen

Patrick Cohen est né en août 1962. Jouissant d’une réputation de journaliste appliqué dans son travail, il est l’un des chefs d’orchestre de l’information. Se camouflant derrière une neutralité de façade, Patrick Cohen s’est longtemps fait le chantre de la liberté d’expression tant qu’elle demeurait dans les limites du politiquement correct.

Patrick Cohen

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Patrick Cohen,
contre la liberté de penser

« On a le droit de penser ce qu’on veut dans les limites de la loi », sur le plateau de « C à vous » le 12 mars 2013

Patrick Cohen est né en août 1962. Jouissant d’une réputation de journaliste appliqué dans son travail, il est l’un des chefs d’orchestre de l’information. Se camouflant derrière une neutralité de façade, Patrick Cohen s’est longtemps fait le chantre de la liberté d’expression tant qu’elle demeurait dans les limites du politiquement correct. Jusqu’à ce que le masque tombe face à Frédéric Taddéï… Le 12 mars 2013, celui-ci était en effet invité sur le plateau de « C à vous », animé par Alessandra Sublet, à l’occasion du passage de son émission « ce soir (ou jamais !) » de France 3 à France 2. L’ambiance se tend très vite et Patrick Cohen attaque bille en tête lorsque Taddéï soutient qu’il invite dans son émission des gens que l’on n’entend pas ailleurs. « Vous invitez des gens qu’on n’entend pas ailleurs et qu’on n’a pas forcément envie d’entendre… », attaque-t-il en nommant ces « gens » quelques secondes plus tard : Tarik Ramadan, Dieudonné, Alain Soral, Marc-Edouard Nabe. Taddéï répond qu’il n’y a pas d’invités qu’il refuse d’inviter par principe : « Je suis sur le service public, c’est pas à moi d’inviter les gens en fonction de mes sympathies ou de mes antipathies ». « Ce n’est pas une question de sympathie, lui rétorque Cohen. On a une responsabilité quand on anime une émission de débat, de ne pas propager des thèses complotistes, de ne pas donner la parole à des cerveaux malades ». Le débat s’envenime. Cohen glisse subrepticement du complotisme au négationnisme, Taddéï lui rétorque que personne n’a jamais tenu de propos hors la loi sur son plateau. Pour tenter de détendre l’atmosphère, Alessandra Sublet apostrophe soudain Cohen : « On a chacun le droit de penser ce qu’on veut, Patrick ! » Réponse spontanée de l’intéressé : « Non ». Puis après réflexion : « On a le droit de penser ce qu’on veut dans les limites de la loi » ! « Toutes les opinions autorisées par la loi sont défendues par la constitution ; tout ce qui n’est pas interdit est autorisé, et ce n’est pas moi, animateur de télévision, qui vais décider de ce qu’on a le droit de dire », affirme enfin Taddéï devant son adversaire de plus en plus hébété. Celui-ci grille enfin sa dernière cartouche en indiquant que certains des invités de Taddéï avaient été « condamnés plusieurs fois ». « Vous voulez que je vous fasse la liste d’un certain nombre de ministres qui ont été condamnés ? Ça ne vous a pas empêché de les inviter dans votre émission de radio le lendemain matin… », répond Taddéï du tac au tac. Cohen est au tapis. Le débat que l’on peut voir ici fait un buzz sur Internet et provoque un début de polémiques, certains journalistes comme Claude Askolovitch, Frédéric Haziza ou Cyril Hanouna donnant raison à Cohen, contre ceux qui sont attachés à la vieille liberté d’expression et de pensée.

Formation

Patrick Cohen est diplômé de l’École supérieure de journalisme de Lille (59ème promotion)

Parcours professionnel

1981-1982 : Déclare avoir commencé sur Radio Paris, « une station dont le nom n’était pas formidable mais qui était l’un des espaces de liberté de l’époque, s’était tournée vers des associations, des syndicats, pour leur donner carte blanche.. » (source). Il semblerait que le nom complet de cette station soit « Radio Paris Ile-de-France », radio libre (106.7) stoppée en 1992. Radio locale de libre expression sur Paris et l’Ile de France, elle fut créée par Max Pol Fouchet, Luc Berimond et Jean-Marie Bugat alias Denis Clair en 1981 (source). Elle était autorisée jusqu’en 1992 en partage de fréquence avec Radio Lucrèce.

Dans les années 1980 : stage sur Fréquence Nord. Il travaille ensuite pour RFO-Guyane, Radio France internationale puis France Info.

1994 : il rejoint RTL. Présentateur de journaux et animateur de l’émission « Les auditeurs ont la parole ».

2001 : il rejoint le service politique de RTL pour couvrir l’élection présidentielle française de 2002 et conduire l’entretien dominical « Le Grand Jury »

Août 2005 : il prend les commandes de la matinale RTL Matin de 7 h à 8 h.

Septembre 2006 : Présentateur du journal de 18 heures RTL Soir.

Septembre 2007 : Il rejoint France Inter en tant que rédacteur en chef de la matinale et présentateur du journal de 8 h. Il est parallèlement l’un des polémistes de l’émission de télévision de Pascale Clark, « Un café, l’addition », diffusée le samedi à 13 h 45 sur Canal +.

Août 2008 : il rejoint Europe 1 pour co-animer avec Marie Drucker « Europe 1 Soir » du lundi au vendredi de 18 h à 20 h. Il intervient également dans l’interview dominicale « Le Grand Rendez-vous ». Remplaçant de Marc Olivier Fogiel à la matinale (7 h – 9 h 30) pendant cette saison 2008/2009

Août 2009 : Présente « Europe 1 soir » de 18 h 30 à 19 heures

Septembre 2010 : il revient sur France Inter aux commandes de la tranche 7 h – 9 h.

Août 2011 : En parallèle, il rejoint l’équipe de « C à vous » présentée par Alessandra Sublet sur France 5.

Parcours militant

1981-1982 : Engagé dans l’action syndicale étudiante (source).

Publications

Patrick Cohen et Jean-Marc Salmon, 21 avril 2002 : Contre-enquête sur le choc Le Pen, Paris, Denoël, coll. « Impacts », 17 avril 2003, 356 p

Collaborations

Non renseigné

Ce qu’il gagne

Non renseigné

Il l’a dit

« J’ai fait aussi bien sur RTL que sur Europe des choses qui me paraissaient, à certains moments, assez haut de gamme. Simplement, on écrit pour son lecteur et on fabrique des reportages pour ses auditeurs, c’est la base du métier. Je suis un professionnel, je sais m’adapter à des publics différents. » (lien : http://www.ozap.com/actu/patrick-cohen-france-inter-matinale-demorand-rtl/363230)

« Ça correspond à une demande, et un besoin, des auditeurs. Il ne s’agit pas de libre antenne : on essaye toujours de faire en sorte que les thèmes abordés avec eux aient été traités au cours du journal et, au besoin, on explique ou on recadre. Bref, ce n’est pas le lieu où on déverse ses humeurs ! » « Patrick Cohen, au coeur de l’info du soir » (Nord Éclair, 13/02/2009)

« TF1 et LCI, sur la campagne [de l’élection présidentielle 2007], je les ai trouvés irréprochables. Autant il y a eu d’autres campagnes ou c’était discutable mais pas celle-ci. Sur Europe 1, oui, Elkabbach a dérapé plusieurs fois sur les interviews menées à l’antenne, avec des mots en trop, évidemment. » « Patrick Cohen, France Inter : « La matinale, c’est là où bat le cœur des grandes radios généralistes » (source)

« Certains économistes estiment que l’immigration entraine des recettes nettes d’environ 12 milliards d’euro ». (France inter, 29/05/2012)

« Certes, il y a eu plus de passion en 2007. Avant même que la campagne 2012 soit terminée, les commentaires sont injustes. On voudrait la réduire à la polémique du halal ou celle du permis de conduire. C’est faux ! Sur France Inter, nous n’avons consacré qu’un seul sujet au halal, au lendemain du meeting de Marine Le Pen, pour recadrer le sujet. Et aucun reportage sur le permis de conduire. » « Patrick Cohen : “Nous n’humilions ni les auditeurs de gauche ni ceux de droite” » (Le Point, 19/04/2012)

« Nous n’humilions ni les auditeurs de gauche ni ceux de droite. Certes, avec Marine Le Pen, c’est plus difficile… » Ibid.

« Il faut que Stéphane Guillon arrête de raconter des histoires. » Ibid.

« On se demande encore ce que vous cherchez. Pourrir la réputation de Dominique Strauss-Kahn, c’est fait. Faire parler de vous, c’est fait aussi et ça continue, la preuve. Mais traîner DSK devant un tribunal français pour cette affaire vieille de dix ans [Tristane Banon] et dont tous les spécialistes pensent qu’elle est sans doute prescrite, que c’est compliqué d’aller en justice, personne n’y croit. Vous cherchez quoi ? » C à vous (France 5, 30 août 2012) (source)

« Je suis un enfant de la Méditerranée. » « Patrick Cohen de France Inter à Arcachon : « Fédérer les talents » (Sud Ouest, 05/08/2012)

Sa nébuleuse

Philippe Val : Lors de sa nomination à la tête de France Inter, l’ancien directeur de Charlie Hebdo a tout fait pour imposer Patrick Cohen dans la grille des programmes de la radio publique. Il semblerait qu’au delà du talent professionnel de Patrick Cohen, des liens idéologiques sous-tendent cette collaboration.

Ils l’ont dit

« Marie Drucker et Patrick Cohen formeront un duo placé sous le signe de la modernité » Alexandre Bompard, le président directeur général d’Europe 1 (AFP, 30/06/2008)

« Vous savez que j’ai eu un choc ce matin. J’ai eu un message sur mon portable. On m’a dit : Patrick Cohen veut t’interviewer. Je me suis dit waouh… dans la matinale de France Inter, c’est mon grand retour ! Et puis j’ai compris que c’était ici [C à vous]». Stéphane Guillon « Stéphane Guillon et Patrick Cohen fâchés » (source)

« Si je vous le raconte, pour une fois, en détail, c’est parce que ma radio préférée du matin (France Inter) a été remarquablement discrète sur ces révélations. En déplacement à Besançon, Patrick Cohen tenait même devant lui Pierre Moscovici, député du Doubs, et directeur de campagne de Hollande, sans lui poser aucune question sur le sujet. [Dominique Strauss-Kahn dans l'affaire du Carlton de Lille] » Daniel Schneidermann (source)

« Encore un pas et on est dans la théorie du complot, vous ne l’avez pas franchi, mais un pas». Bernard-Henri Lévy (France Inter, 21/10/2011)

« Le problème avec Cohen et Legrand, c’est qu’ils se croient intelligents. Le pire, c’est qu’ils le sont. Rien à voir avec un Mermet ou un Paoli. Nous avons affaire au fleuron de la gauche médiatique française. J’ai même la faiblesse de croire en leur honnêteté intellectuelle. Je leur reproche seulement d’officier pour le service public et de faire autant transparaître leurs dilections. » « Quelques réflexions à l’intention des Patrick Cohen, Thomas Legrand et autres représentants de la gauche médiatique préoccupés par la question de la droitisation de l’UMP » (source)

« France Inter, pas la tranche de Patrick Cohen. Le succès de la matinale est choral », souligne l’intéressé. Quel changement! Il y a trois ans, quand il était en duo avec Marie Drucker sur Europe 1, le soir, on disait tout l’inverse dans les couloirs. » « Les bonnes ondes de Patrick Cohen » (Le Parisien, 03/02/2012)

« Il a trouvé sa musique au fil des premières semaines. Sa rigueur peut passer pour de la raideur. Il sert la cause des journalistes. » Philippe Val, ibid.

« Les gens ne savent plus vers qui se tourner et ont développé une méfiance vis-à-vis des médias. Je pense que la matinale de Patrick Cohen est rassurante, de ce point de vue. Cohen est un journaliste qui travaille ses dossiers. On sent qu’il a bossé quand il pose ses questions. Il donne du sérieux à l’antenne. » Philippe Val (source)