Patrick Cohen

Patrick Cohen est né en août 1962. Jouissant d’une réputation de journaliste appliqué dans son travail, il est l’un des chefs d’orchestre de l’information. Se camouflant derrière une neutralité de façade, Patrick Cohen s’est longtemps fait le chantre de la liberté d’expression tant qu’elle demeurait dans les limites du politiquement correct.

Patrick Cohen
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Portrait mis à jour le 13/07/2017

Patrick Cohen,
contre la liberté de penser

« On a le droit de penser ce qu’on veut dans les limites de la loi », sur le plateau de « C à vous » le 12 mars 2013

Patrick Cohen est né en août 1962 à Montreuil. Jouissant d’une réputation de journaliste appliqué dans son travail, il est l’un des chefs d’orchestre de l’information. Se camouflant derrière une neutralité de façade, Patrick Cohen s’est longtemps fait le chantre de la liberté d’expression tant qu’elle demeurait dans les limites du politiquement correct. Jusqu’à ce que le masque tombe face à Frédéric Taddéï

Le 12 mars 2013, celui-ci était en effet invité sur le plateau de « C à vous », animé par Alessandra Sublet, à l’occasion du passage de son émission « Ce soir (ou jamais !) » de France 3 à France 2. L’ambiance se tend très vite et Patrick Cohen attaque bille en tête lorsque Taddéï soutient qu’il invite dans son émission des gens que l’on n’entend pas ailleurs. « Vous invitez des gens qu’on n’entend pas ailleurs et qu’on n’a pas forcément envie d’entendre… », attaque-t-il en nommant ces « gens » quelques secondes plus tard : Tarik Ramadan, Dieudonné, Alain Soral, Marc-Edouard Nabe. Taddéï répond qu’il n’y a pas d’invités qu’il refuse d’inviter par principe : « Je suis sur le service public, c’est pas à moi d’inviter les gens en fonction de mes sympathies ou de mes antipathies ». « Ce n’est pas une question de sympathie, lui rétorque Cohen. On a une responsabilité quand on anime une émission de débat, de ne pas propager des thèses complotistes, de ne pas donner la parole à des cerveaux malades ». Le débat s’envenime. Cohen glisse subrepticement du complotisme au négationnisme, Taddéï lui rétorque que personne n’a jamais tenu de propos hors la loi sur son plateau. Pour tenter de détendre l’atmosphère, Alessandra Sublet apostrophe soudain Cohen : « On a chacun le droit de penser ce qu’on veut, Patrick ! » Réponse spontanée de l’intéressé : « Non ». Puis après réflexion : « On a le droit de penser ce qu’on veut dans les limites de la loi » ! « Toutes les opinions autorisées par la loi sont défendues par la constitution ; tout ce qui n’est pas interdit est autorisé, et ce n’est pas moi, animateur de télévision, qui vais décider de ce qu’on a le droit de dire », affirme enfin Taddéï devant son adversaire de plus en plus hébété. Celui-ci grille enfin sa dernière cartouche en indiquant que certains des invités de Taddéï avaient été « condamnés plusieurs fois ». « Vous voulez que je vous fasse la liste d’un certain nombre de ministres qui ont été condamnés ? Ça ne vous a pas empêché de les inviter dans votre émission de radio le lendemain matin… », répond Taddéï du tac au tac. Cohen est au tapis. Le débat que l’on peut voir ici fait un buzz sur Internet et provoque un début de polémiques, certains journalistes comme Claude Askolovitch, Frédéric Haziza ou Cyril Hanouna donnant raison à Cohen, contre ceux qui sont attachés à la vieille liberté d’expression et de pensée.

Il est le père de trois enfants et est passionné de jazz. Sa femme, Alexandra, est journaliste aussi. Née Cooren, elle a rencontré son mari chez RTL alors qu’il y travaillait de 1994 à 2007 ; elle est aujourd’hui employée par KM productions ; elle est sur Canal+ en 2015 après être passée par Europe 1. C’est la mère de ses deux plus jeunes enfants. Elle a déposé en octobre 2013 une marque au nom curieux, « On n’a pas de pétrole ».

Formation

Patrick Cohen est diplômé de l’École supérieure de journalisme de Lille (59ème promotion), après avoir été recalé à l’entrée du CFJ à Paris et avoir échoué au concours d’entrée de Sciences Po. Pendant sa deuxième année, il animait la matinale de radio Voix du Nord.

Parcours professionnel

1981-1982 : Déclare avoir commencé sur Radio Paris, « une station dont le nom n’était pas formidable mais qui était l’un des espaces de liberté de l’époque, s’était tournée vers des associations, des syndicats, pour leur donner carte blanche.. » (source). Il semblerait que le nom complet de cette station soit « Radio Paris Ile-de-France », radio libre (106.7) stoppée en 1992. Radio locale de libre expression sur Paris et l’Ile de France, elle fut créée par Max Pol Fouchet, Luc Berimond et Jean-Marie Bugat alias Denis Clair en 1981 (source). Elle était autorisée jusqu’en 1992 en partage de fréquence avec Radio Lucrèce.

Dans les années 1980 : stage sur Fréquence Nord. Il travaille ensuite pour RFO-Guyane, Radio France internationale puis France Info.

1994 : il rejoint RTL. Présentateur de journaux et animateur de l’émission « Les auditeurs ont la parole ».

2001 : il rejoint le service politique de RTL pour couvrir l’élection présidentielle française de 2002 et conduire l’entretien dominical « Le Grand Jury »

Août 2005 : il prend les commandes de la matinale RTL Matin de 7 h à 8 h.

Septembre 2006 : Présentateur du journal de 18 heures RTL Soir.

Septembre 2007 : Il rejoint France Inter en tant que rédacteur en chef de la matinale et présentateur du journal de 8 h. Il est parallèlement l’un des polémistes de l’émission de télévision de Pascale Clark, « Un café, l’addition », diffusée le samedi à 13 h 45 sur Canal +.

Août 2008 : il rejoint Europe 1 pour co-animer avec Marie Drucker « Europe 1 Soir » du lundi au vendredi de 18 h à 20 h. Il intervient également dans l’interview dominicale « Le Grand Rendez-vous ». Remplaçant de Marc Olivier Fogiel à la matinale (7 h – 9 h 30) pendant cette saison 2008/2009

Août 2009 : Présente « Europe 1 soir » de 18 h 30 à 19 heures

Septembre 2010 : il revient sur France Inter aux commandes de la tranche 7 h – 9 h.

Août 2011 : En parallèle, il rejoint l’équipe de « C à vous » présentée par Alessandra Sublet sur France 5.

En décembre 2013, Dieudonné réagit aux attaques de Patrick Cohen contre lui, le journaliste l’ayant qualifié de « cerveau malade« . Il lui consacre alors un passage de son one-man-show Le Mur. L’humoriste commente : « Tu vois lui, si le vent tourne, je ne suis pas sûr qu’il ait le temps de faire ses valises. Moi, tu vois, quand je l’entends parler, Patrick Cohen, je me dis, tu vois, les chambres à gaz … Dommage ! ». Radio France dépose aussitôt plainte et ces propos contribuent à l’extrême tension et à la croisade politique engagée contre Dieudonné en 2013-2014.

Le 10 mars 2015, pour montrer sa solidarité envers sa collègue Pascale Clark dont la carte de presse n’est pas renouvelée, Patrick Cohen déchire sa propre carte de presse en direct à l’antenne de France Inter, geste suscitant de nombreuses critiques et moqueries. Ce geste suscite aussi l’ire des travailleurs précaires du service public.

Dans le direct de l’émission C à vous du 13 mai 2015, Yann Moix « vide l’abcès » par rapport à Patrick Cohen : il reproche à Cohen d’avoir cherché à le faire licencier du Figaro où il était chroniqueur littéraire, par désaccord avec une chronique qu’il avait écrite. Moix déclare avoir pris connaissance d’un e-mail, transféré par son rédacteur en chef et signé de Patrick Cohen, où cette demande de licenciement était explicite. Cohen se justifiant à l’antenne en réaffirmant son désaccord avec le contenu de la chronique, Moix réplique que le problème «  n’est pas de dire ce qu’on pense mais de demander par derrière à ce qu’on vire quelqu’un », Cohen finit par admettre qu’il s’est adressé en privé au rédac-chef du Figaro, mais nie avoir demandé son licenciement.

À la rentrée 2015, France 5 refuse son projet d’émission politique.

Parcours militant

1981-1982 : Engagé dans l’action syndicale étudiante (source).

« Étudiant en droit à Tolbiac, Cohen militait à l’UNEF tendance coco. En 1981 il vote Marchais au 1er tour, puis Miterrand au second.  »A l’ESJ il parlait de l’UNEF comme d’un truc révolu, mais il en a gardé une forte culture politique », se souvient son camarade de promo » (Les Inrockuptibles, 30/11/2016).

Publications

Patrick Cohen et Jean-Marc Salmon, 21 avril 2002 : Contre-enquête sur le choc Le Pen, Paris, Denoël, coll. « Impacts », 17 avril 2003, 356 p

Collaborations

Il co-anime avec Anne-Sophie Lapix et Nagui le 11 janvier 2015 une soirée de soutien à Charlie Hebdo intitulée « Je suis Charlie » sur France 2, France Inter, France Culture, France Bleu, TV5 Monde et la RTBF.

En 2016, il joue son propre rôle dans la série Marseille, produite par Netflix.

Ce qu’il gagne

En 2011, Radio France lui a versé en tout 136.893 € d’émoluments. Selon Hanouna il gagne entre 300 et 500 € par chronique.

Il l’a dit

« J’ai fait aussi bien sur RTL que sur Europe des choses qui me paraissaient, à certains moments, assez haut de gamme. Simplement, on écrit pour son lecteur et on fabrique des reportages pour ses auditeurs, c’est la base du métier. Je suis un professionnel, je sais m’adapter à des publics différents. » (source).

« Ça correspond à une demande, et un besoin, des auditeurs. Il ne s’agit pas de libre antenne : on essaye toujours de faire en sorte que les thèmes abordés avec eux aient été traités au cours du journal et, au besoin, on explique ou on recadre. Bref, ce n’est pas le lieu où on déverse ses humeurs ! » « Patrick Cohen, au coeur de l’info du soir » (Nord Éclair, 13/02/2009).

« TF1 et LCI, sur la campagne [de l’élection présidentielle 2007], je les ai trouvés irréprochables. Autant il y a eu d’autres campagnes ou c’était discutable mais pas celle-ci. Sur Europe 1, oui, Elkabbach a dérapé plusieurs fois sur les interviews menées à l’antenne, avec des mots en trop, évidemment. » « Patrick Cohen, France Inter : « La matinale, c’est là où bat le cœur des grandes radios généralistes » (source).

« Certains économistes estiment que l’immigration entraine des recettes nettes d’environ 12 milliards d’euro ». (France inter, 29/05/2012).

« Certes, il y a eu plus de passion en 2007. Avant même que la campagne 2012 soit terminée, les commentaires sont injustes. On voudrait la réduire à la polémique du halal ou celle du permis de conduire. C’est faux ! Sur France Inter, nous n’avons consacré qu’un seul sujet au halal, au lendemain du meeting de Marine Le Pen, pour recadrer le sujet. Et aucun reportage sur le permis de conduire. » « Patrick Cohen : “Nous n’humilions ni les auditeurs de gauche ni ceux de droite” » (Le Point, 19/04/2012).

« Nous n’humilions ni les auditeurs de gauche ni ceux de droite. Certes, avec Marine Le Pen, c’est plus difficile… » ibid.

« Il faut que Stéphane Guillon arrête de raconter des histoires. » ibid.

« On se demande encore ce que vous cherchez. Pourrir la réputation de Dominique Strauss-Kahn, c’est fait. Faire parler de vous, c’est fait aussi et ça continue, la preuve. Mais traîner DSK devant un tribunal français pour cette affaire vieille de dix ans [Tristane Banon] et dont tous les spécialistes pensent qu’elle est sans doute prescrite, que c’est compliqué d’aller en justice, personne n’y croit. Vous cherchez quoi ? » C à vous (France 5, 30 août 2012) (source).

« Je suis un enfant de la Méditerranée. » « Patrick Cohen de France Inter à Arcachon : « Fédérer les talents » (Sud Ouest, 05/08/2012).

« Il y a suffisamment d’intellectuels dans le paysage pour ne pas aller chercher quelqu’un qui a été journaliste mais qui est devenu un acteur politique sans en avoir la légitimité électorale », Patrick Cohen au sujet d’Éric Zemmour, Libération, 21/09/2016 pour expliquer qu’il est possible de ne plus inviter Zemmour dans son émission. Il botte en touche cependant quand Libé lui demande s’il arrêtera de l’inviter « Cette question me gêne car elle présuppose que les téléspectateurs sont des imbéciles, qu’ils sont incapables de faire la part des choses et que diffuser des propos inacceptables revient à les faire rentrer dans la tête des gen».

« Mainstream, conventionnel, attaché à la hiérarchie des informations et à la clarté », Patrick Cohen au sujet de son style journalistique, Les Inrockuptibles, 30/11/2016.

Sa nébuleuse

Philippe Val : Lors de sa nomination à la tête de France Inter, l’ancien directeur de Charlie Hebdo a tout fait pour imposer Patrick Cohen dans la grille des programmes de la radio publique. Il semblerait qu’au delà du talent professionnel de Patrick Cohen, des liens idéologiques sous-tendent cette collaboration. Pascale Clark, pour laquelle il découpe sa carte de presse en direct, en mars 2015. Laurence Bloch, directrice de France Inter. Daniel Cohn-Bendit.

Ils l’ont dit

« Marie Drucker et Patrick Cohen formeront un duo placé sous le signe de la modernité » Alexandre Bompard, le président directeur général d’Europe 1 (AFP, 30/06/2008)

« Vous savez que j’ai eu un choc ce matin. J’ai eu un message sur mon portable. On m’a dit : Patrick Cohen veut t’interviewer. Je me suis dit waouh… dans la matinale de France Inter, c’est mon grand retour ! Et puis j’ai compris que c’était ici [C à vous]». Stéphane Guillon « Stéphane Guillon et Patrick Cohen fâchés » (source).

« Si je vous le raconte, pour une fois, en détail, c’est parce que ma radio préférée du matin (France Inter) a été remarquablement discrète sur ces révélations. En déplacement à Besançon, Patrick Cohen tenait même devant lui Pierre Moscovici, député du Doubs, et directeur de campagne de Hollande, sans lui poser aucune question sur le sujet. [Dominique Strauss-Kahn dans l’affaire du Carlton de Lille] » Daniel Schneidermann (source).

« Encore un pas et on est dans la théorie du complot, vous ne l’avez pas franchi, mais un pas». Bernard-Henri Lévy (France Inter, 21/10/2011).

« Le problème avec Cohen et Legrand, c’est qu’ils se croient intelligents. Le pire, c’est qu’ils le sont. Rien à voir avec un Mermet ou un Paoli. Nous avons affaire au fleuron de la gauche médiatique française. J’ai même la faiblesse de croire en leur honnêteté intellectuelle. Je leur reproche seulement d’officier pour le service public et de faire autant transparaître leurs dilections. » « Quelques réflexions à l’intention des Patrick Cohen, Thomas Legrand et autres représentants de la gauche médiatique préoccupés par la question de la droitisation de l’UMP » (source).

« France Inter, pas la tranche de Patrick Cohen. Le succès de la matinale est choral », souligne l’intéressé. Quel changement! Il y a trois ans, quand il était en duo avec Marie Drucker sur Europe 1, le soir, on disait tout l’inverse dans les couloirs. » « Les bonnes ondes de Patrick Cohen » (Le Parisien, 03/02/2012).

« Il a trouvé sa musique au fil des premières semaines. Sa rigueur peut passer pour de la raideur. Il sert la cause des journalistes. » Philippe Val, ibid.

« Les gens ne savent plus vers qui se tourner et ont développé une méfiance vis-à-vis des médias. Je pense que la matinale de Patrick Cohen est rassurante, de ce point de vue. Cohen est un journaliste qui travaille ses dossiers. On sent qu’il a bossé quand il pose ses questions. Il donne du sérieux à l’antenne. » Philippe Val (source).

« Patrick Cohen, accusé à son arrivée d’avoir été imposé par un Philippe Val lui-même nommé par Sarkozy, s’est vu reprocher une ligne éditoriale qui aurait trop penché à gauche pendant la présidentielle ! Double ironie pour ce-lui qui s’était étonné d’un certain militantisme sous-jacent dans ses premières conférences de rédaction au sein de la radio du service public », TéléObs, 21/11/2012

« Bosseur, rigoureux au point de ne pas supporter l’approximation, méticuleux jusqu’à être le seul à lire l’épais rapport de la Cour des comptes ! », Renaud Dély à son sujet, ibid.

« Pour échapper au service militaire, il se fait passer pour fou et reste claquemuré dans une parka, par 30 degrés, pendant deux semaines », ibid.

« Il existe une liste noire d’invités sur France Inter. Et Cohen cite quatre noms : Tariq Ramadan, Dieudonné, Alain Soral et Marc-Edouard Nabe. Un théologien, un humoriste, un publiciste inclassable, un écrivain : voici la liste des proscrits, des interdits, des bannis, dressée pour la première fois, tranquillement, sur un plateau de télé convivial et sympathique », Daniel Schneidermann, Libération, 17/03/2013.

« Même si la liste Cohen mélange tout (quoi de commun entre les quatre ? Et pourquoi Kassovitz ne figurait-il pas dans la liste initiale ?) chacun en entend bien le point commun : les quatre proscrits, sous une forme ou une autre, ont dit des choses désagréables sur les juifs, Israël, ou le sionisme », ibid.

« En reprochant à Taddéï d’inviter les proscrits, Cohen dit en fait «ce n’est pas parce que je ne les juge pas intéressants, que je leur barre l’accès au micro de France Inter. C’est parce qu’ils ont contrevenu à un dogme». Se priver d’invités intéressants parce qu’on n’est pas d’accord avec eux est, pour un journaliste payé par le contribuable, une faute professionnelle. Et non seulement c’est indéfendable, mais c’est contre-productif. […] Avant, il était possible de décider qui étaient les «cerveaux malades», et de les condamner pour crime de pensée, comme dans 1984. Mais aujourd’hui, pour un animateur en vue, déclarer qu’il n’invitera pas Bidule, c’est hisser Bidule sur le piédestal de victime de la censure », ibid.

« Alors on nous raconte des histoires, on nous dit « oui mais France Inter c’est le service public, c’est différent ». Oui c’est différent parce que non seulement ils sont d’accord avec les autres mais en plus ils sont arrogants, parce qu’ils voudraient qu’on avale le potage sous prétexte qu’ils sont censés être de gauche. Donc ce n’est pas des matinales. C’est le début de la grand’ messe du libéralisme qui commence avec les émissions du matin. Et alors on nous dit « allez une petite cuiller pour tonton Sarkozy, une petite cuiller pour tata Merkel, une petite cuiller… » et on commence à absorber le catéchisme, mais même pas avec des nuances, quelque chose qui rendrait ça supportable. Ce n’est pas tous les mêmes hein. Bon par exemple aller discuter avec Achilli c’est quand même d’un niveau plus élevé que d’aller discuter avec Cohen. C’est moins la propagande quoi », Jean-Luc Mélenchon, 31/10/2014 à la maison des Métallos à Paris.

« Voilà qui en dit long sur la haute estime que l’animateur a de lui-même. Un maître de cérémonie sans contradicteur. Un arbitre des élégances dont la majesté, souvenons-nous-en, l’autorise à établir des listes noires de personnalités  »ininvitables ». », Acrimed, 17/11/2014.

« Ce matin donc, l’animateur de la matinale, Patrick Cohen, a découpé sa carte de presse en direct à l’antenne, en signe de soutien à sa consœur, en espérant au passage que tout le monde avait bien entendu. Un geste fort et courageux, à condition que Patrick Cohen s’en soit bien pris à la carte de 2015, dont la validité débutera le 1er avril. Car si c’est celle de 2014 qui a morflé, il n’aura que trois semaines à tenir sans accès gratuit aux musées », Libération, 10/03/2015.

« C’est fou comme il est possible de faire du bruit avec une simple carte de plastique et une paire de ciseaux. Mardi matin, le journaliste présentateur de la matinale de France Inter Patrick Cohen a découpé sa carte de presse en direct, à l’antenne. » L’Express, 11/03/2015.

« Sur Twitter, beaucoup de twittos ont dénoncé une prise en otage de l’antenne à compte personnel, doublée, pour Patrick Cohen, d’une désagréable mise en scène de l’entre-soi médiatique. Parmi ces protestataires, de nombreux journalistes, y compris du service public », ibid.

« Comme sa consœur, Patrick Cohen entérine le statut d’intermittent du spectacle ou, du moins, omet de protester contre ceux qui l’imposent. Comme sa consœur, Patrick Cohen se soucie soudainement du journalisme précaire… alors que la précarité ne menace vraiment pas la carrière de Pascale Clark. Mais il pense à haute voix à son propre rôle, avec une susceptibilité de propriétaire. Un spectre hante, en effet, tout animateur du 7/9 de France Inter : le spectre de la suffisance et de la morgue de qui se croit au centre du (petit) monde (médiatique) », Acrimed, 12/03/2015.

« P. Cohen découpe sa carte de presse en soutien à P. Clark. Gainsbourg aussi avait brûlé un billet e 500 francs. Les précaires applaudiront », Hubert Huertas, journaliste à Médiapart, Twitter (10/03/2015).

« Patrick Cohen est indigné par la situation de Pascale Clark ? La mienne devrait lui donner des envies de révolution. Et c’est celle de centaines de ses collaborateurs à Radio France. Comme on dit chez nous, je suis « sur le planning ». Ailleurs, on dit « bouche-trou ». Radio France est une société organisée en castes. Tout en bas de l’échelle, il y a le stagiaire – qui n’a pas de prénom– puis le pigiste, le CDD (moi) et enfin le Graal : la titularisation. Patrick Cohen et Pascale Clark, c’est encore un autre monde. Dans la maison, les stars de la matinale sont à peu près aussi accessibles pour les journalistes de la boîte que pour le reste de la France. », Marie précaire, salariée précaire de Radio France, Rue89, 13/03/2015.

« Du haut de sa tour d’ivoire, je ne pense pas que Patrick Cohen se rende compte de ce à quoi ressemblent les vies des journalistes de Radio France », ibid.

« Si l’on compare les déclarations de Patrick Cohen en 2013 et en 2016, on en déduira donc que :
– Patrick Cohen pensait, en 2013, que les téléspectateurs étaient des « imbéciles », « incapables de faire la part des choses ».
– Patrick Cohen a changé : il pense désormais qu’établir une liste de personnes « interdites d’antenne » est un manque de respect pour les téléspectateurs, qui peuvent tout à fait être exposés à des « propos inacceptables » sans nécessairement les prendre pour argent comptant.
– Patrick Cohen va reconnaître qu’il s’était égaré en 2013, et présenter ses excuses à toutes celles et tous ceux à qui il avait alors administré des leçons de déontologie journalistique. À moins que, pris de remords, il ne décide de  »changer de métier  ».
 », Acrimed, 23/09/2016.

« La victoire de Donald Trump, que vous le vouliez ou non, c’est aussi la vôtre car il n’y a aucun doute, à force de “taper” dessus comme tous les confrères bien-pensants de gauche, vous avez fait son bonheur et du même coup le malheur de votre idole Hillary Clinton dont vous avez fait en permanence la campagne.

Désormais, comment voulez-vous être crédibles et même audibles, après une telle gamelle ? Alors pour détourner l’attention, vous dédouaner de vos fautes et erreurs professionnelles répétées, en compagnie de vos invités triés sur le volet pour éreinter le camp républicain, vous accusez maintenant les sondages qui ne vous ont pas permis de prédire cette “surprenante” victoire, selon vous bien sûr », lettre ouverte d’Henri Charpentier à Patrick Cohen, 11/2016.

« Une question primordiale se pose aujourd’hui : fait-on du journalisme d’après les sondages ? […] Vous n’avez rien vu venir car vous avez fait du “journalisme de salon” avec autour de vous, pour pérorer, des intellectuels ou des spécialistes, pratiquement tous inconditionnels partisans de Madame Clinton. L’information à sens unique vous savez très bien faire… mais parfois, “trop c’est trop” et il ne faut pas prendre les auditeurs et téléspectateurs pour des imbéciles car eux, ils sont quotidiennement en phase avec les réalités économiques et sociales de la vie », ibid.

« Vous, à France Inter qu’allez-vous faire ou dire à vos auditeurs après un tel fiasco de la part de la rédaction que vous représentez cher ami ? Rien, puisque vous avez toujours raison et que vous détenez la vérité à longueur d’années. », ibid.

« Notre génération de journalistes professionnels a appris que la base du métier ce sont en priorité “les faits, rien que les faits et toujours les faits”. En réalité vous ne faites plus du tout le même métier puisque, pour vous, les faits sont inconnus. Vous utilisez votre fonction sur l’antenne pour créer les faits à votre image, selon votre pensée, votre opinion : c’est tout simplement honteux mais comme vous êtes tous formatés de la même manière vous n’êtes même plus capables de vous en rendre compte, persuadés que vous êtes tous dans LA vérité, “votre vérité”, celle en laquelle tout le monde doit croire. C’est la pensée unique dont vous êtes incontestablement un brillant exemple et même un représentant parfaitement extraordinaire ! », ibid.

« Il incarne Inter, et c’est la meilleure personne pour la matinale sur la place de Paris et au-delà », Laurence Bloch à son sujet, Les Inrockuptibles, 30/11/2016

« C’est un workaholic », Daniel Cohn-Bendit à son sujet, ibid.

« Il en veut à mort à France Télévisions », après le refus de son émission politique sur France 5, ibid.

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