Natacha Polony

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Natacha Polony,
réac de gauche, anar de droite

« L’idée que les savoirs puissent nous changer de l’intérieur et nous faire évoluer a disparu puisque, désormais, tout est devenu utilitaire. Mais l’idéal de la république, ce n’est pas cela. C’est que la puissance publique doit l’instruction au peuple car c’est par les savoirs que les individus vont s’émanciper, devenir libres et pouvoir jouer leur rôle de citoyen. »

Natacha Polony est née le 15 avril 1975. D’origine polonaise, elle enseigne de 1999 à 2000 dans un lycée d’Epinay-sur-Seine avant d’en démissionner. Elle n’a pas accepté les réformes de Jack Lang transformant « l’enseignement de la littérature en une démarche utilitariste ». Natacha Polony s’engage par la suite au sein de Mouvement des citoyens (MDC) de Jean-Pierre Chevènement, tout en menant en parallèle une carrière de journaliste au magazine Marianne comme spécialiste de l’éducation puis au Figaro. « Réac de gauche et anarchiste de droite », elle a la lourde tâche de remplacer le polémiste Éric Zemmour dans l’émission « On n’est pas couché ».

Mariée en 2007, au journaliste et critique gastronomique, Périco Légasse.

Formation

Après des études au lycée privé Notre-Dame de Bury (Val-d’Oise), puis aux lycées Jules-Ferry et Louis-le-Grand à Paris en classe préparatoire littéraire, elle obtient un DEA de poésie contemporaine et l’agrégation de lettres modernes (1999). Elle enseigne en 1999-2000 au lycée Jacques-Feyder d’Épinay-sur-Seine comme professeur de lettres stagiaire avant de démissionner de l’Éducation nationale. Elle intègre, alors, l’Institut d’études politiques de Paris dont elle sort diplômée en 2002.

Titulaire de la Bourse Cioran 2006, décernée par le Centre national du Livre qui lui a été remise pour publier « L’Homme est l’avenir de la femme »

Prix Louis-Pauwels 2008, essai critique sur le féminisme

Parcours professionnel

Septembre 2002 à juin 2011 : donne des cours au sein du département transversal « Culture et Communication » du Pôle universitaire Léonard-de-Vinci.

Octobre 2002 à juin 2009 : journaliste à l’hebdomadaire Marianne, où elle s’occupe de l’éducation.

Depuis août 2009 : journaliste au Figaro au sein de la rubrique « éducation ».

En septembre 2010, elle devient chroniqueuse dans « L’Hebdo », présenté par Jean-Marc Bramy sur France Ô les samedis à 11 h 20.

Septembre à décembre 2010 : À Europe 1, elle intervient comme chroniqueuse à « Europe 1 Soir », dans l’équipe de Nicolas Demorand, tout en intervenant en 2010 et 2011 à des débats d’actualité dans le « Grand Direct de l’Info ».

En juin 2011, elle est engagée comme chroniqueuse à partir de septembre 2011 aux côtés d’Audrey Pulvar dans l’émission « On n’est pas couché » présentée par Laurent Ruquier sur France 2.

Parcours militant

Elle devient, en juin 2001, secrétaire nationale du Mouvement des citoyens (MDC) aux questions de société, puis membre du bureau du Pôle républicain, chargée du droit des femmes. En juin 2002, elle est candidate aux législatives pour le Pôle républicain de Jean-Pierre Chevènement, dans la 9e circonscription de Paris où elle obtient 2,24 % des suffrages exprimés. Animatrice de « Génération République », le mouvement des jeunes chevènementistes créé en avril 2001.

Publications

  • Nos Enfants gâchés : petit traité sur la fracture générationnelle, JC Lattès, 2005.
  • M(me) le président, si vous osiez… : 15 mesures pour sauver l’école, éditions Mille et une nuits, 2007.
  • L’Homme est l’avenir de la femme, JC Lattès, 2008.
  • Préface à Autopsie du mammouth de Claire Mazeron, éditions JC Gawsewitch, 2010.
  • École : le pire est de plus en plus sûr, éditions Mille et une nuits, 2011.

Collaborations

Avril 2005 : Participante au 100ème congrès du syndicat SNALC-CSEN (Syndicat National des Lycées et Collèges)

2010 : Membre du jury du « Grand Prix de la Fondation pour l’école »

Février 2011 : Participe à une table ronde lors de la convention nationale sur l’Ecole républicaine organisée par Debout la République

Janvier 2012 : Participante aux « Journées de Nantes » sur le thème « Demain la France » organisées par le Nouvel Observateur. Elle débat avec le président de SOS Racisme, Dominique Sopo sur « Immigration : une chance pour la France ? »

Mars 2012 : Participe aux journées de Rennes organisée par le quotidien « Libération » à un débat « Faut-il punir les parents ? » avec Jean-Jacques Hazan et Christophe Paris.

Avril 2012 : Participe au lancement de l’université populaire du goût de Granville et du Cotentin, fondé par son mari Périco Légasse, en compagnie de Jean-François Kahn, Laurent Joffrin et de Jacques Puisais.

Juin 2012 : Participante au « Festival du Livre de Nice 2012 »

2012 : Nominée et présente lors de la cérémonie du prix Trofemina remis par Roland Escaig, éditeur du magazine Tentations.

Ce qu’elle gagne

Je suis payée comme quelqu’un qui n’a pas une grande notoriété médiatique. Donc je touche ce que percevait Éric Naulleau, soit 1.400 euros par émission“. Source : www.ozap.com

Elle l’a dit

« Loin d’être frileuse, notre France sera ouverte au monde et entreprenante. “Quelle ambition pour la France ?” Préserver, protéger et conquérir. Destin d’une nation adulte, revenue des chimères de l’Impérium et guérie de la mélancolie du déclin. Quelle ambition pour nous, jeunes gens ? Que vous n’en ayez jamais fini avec cette nation insupportable. Jamais. » « Quelle ambition pour la France ? » – Tribune de Génération République, Le Figaro, 10/04/2001

« La mort de l’école républicaine et le triomphe du consumérisme s’accompagnent d’un réensauvagement de la société et d’un isolement des individus par la perte de leur mémoire collective. » Ibid.

« L’idée d’un patriotisme économique n’a rien à voir avec le “nationalisme” que dénonce une extrême gauche décidément plus attachée au maintien du communisto-capitalisme à la chinoise qu’à la protection du travailleur français. L’idée d’un patriotisme économique est une idée de bon sens. » « “Acheter français”: même consommer nécessite un apprentissage » - blog Éloge de la transmission, 20/01/2012

« Et de l’identité européenne, comme de l’identité française, il nous faudra bien un jour ouvrir la boîte de Pandore. (…)N’en déplaise aux chantres des « réalités économiques », les peuples ont autant besoin de géographie, d’histoire et de littérature que de croissance et d’écrans plats. Et l’Europe ne se fera pas dans l’ignorance. » « De France et d’Europe » (blog Eloge de la transmission, 02/11/2009)

« Donc l’Islam fait peur. Est-ce étonnant dans un monde où certains, jusque dans les capitales occidentales, tuent en son nom ? Dans un monde où les pays appliquant le droit musulman ne sont pas des modèles d’égalité ni de liberté ? Dans un monde où des activistes de l’Islam politique testent la résistance des sociétés occidentales, poussés et financés par des états aussi démocratiques que l’Iran et l’Arabie Saoudite ? Exiger des populations d’Occident qu’elles comprennent immédiatement la différence entre ces manifestations d’un Islam intégriste et sectaire et la pratique majoritaire des musulmans vivant sur le sol européen serait pour le moins irréaliste. » « Le minaret comme symptôme » – blog Éloge de la transmission, 03/12/2009

« Jeanne d’Arc, comme les diverses figures qui racontaient le passé commun des Français, qu’ils fussent Picards, Lorrains, Auvergnats ou fils d’immigrés Italiens, a disparu dans les limbes, victime de la détestation de l’Etat-Nation et de l’abandon des grands récits. » « Qui connaît encore Jeanne d’Arc? » - blog Éloge de la transmission, 06/01/2012

« L’empire romain s’est effondré de n’avoir plus transmis ses valeurs aux nouveaux arrivants, d’avoir construit des thermes et des colisées dans toutes les villes en croyant que le mode de vie romain suffirait à intégrer les populations qui affluaient aux frontières. Mais qui s’intéresse encore à l’histoire romaine ? » « Les Territoires perdus de la République » – blog Éloge de la transmission, 26/03/2012

« Lorsque j’ai enseigné le français, entre 1999 et 2000, dans un lycée d’Epinay-sur-Seine, j’ai vécu cette année comme un véritable choc culturel. Je me suis retrouvée face à une classe de seconde lambda dont la moitié des élèves était incapable de comprendre un texte en français courant du XXe siècle. Moi qui étais venue à l’enseignement la tête pleine d’idées sur l’école de la République et les chances qu’elle était censée offrir à tous, j’ai eu l’impression d’un terrible gâchis. » « Notre société considère qu’on est soit rebelle, soit fasciste » - Le nouvel économiste

« Voilà une appellation [« écologiste ascendant AOC »] qui me plaît ! Je l’accole aux deux autres [mélange de réac’ de gauche et d’anarchiste de droite.] et m’en fais un étendard. Plus sérieusement, la démarche qui est la mienne quand je défends l’école et la transmission des savoirs, et quand je parle du patrimoine agricole français, est évidemment la même. Je me reconnais comme héritière de tout ce qui constitue une civilisation qui a pu voir naître Rabelais aussi bien que Flaubert. Une civilisation où, finalement, il fait bon vivre pour quiconque, d’où qu’il vienne, accepte simplement de comprendre où il est. D’où ce côté à la fois réac, car je défends des valeurs dont j’estime qu’elles ne sont l’apanage d’aucun camp politique, et anarchiste, dans le sens où ces valeurs ont pour unique objet l’émancipation des individus, le développement de tous les anticorps contre le consumérisme festif ou la bonne conscience larmoyante. » « “A l’école, l’état des lieux est apocalyptique” : interview de Natacha Polony » - Causeur, 19/02/2011

« Mais à travers cette mort de l’école républicaine, c’est bien la France en tant que civilisation qui disparaît, tant il est vrai que, dans ce pays, l’école républicaine est devenue le lieu où se constitue la Nation, où se fonde notre capacité à élaborer un projet collectif et à devenir une entité politique libre. » « Le pire est de plus en plus sûr : Requiem pour l’école publique ? » - La Quinzaine Universitaire n° 1340/12 novembre 2011

« Disons que dans l’état actuel de l’offre politique, c’est mal parti. Il faudrait une forme d’insurrection de l’opinion publique, des professeurs et des parents. Sinon, nous sommes condamnés au sauve qui peut individuel. Sachant que celui qui sauve son enfant d’un destin scolaire calamiteux ne le sauve pas pour autant de vivre dans la société qu’aura produite ce système scolaire. » Ibid.

Sa nébuleuse

Génération République / Mouvement des citoyens : Créée en avril 2001, « Génération République » a été fondée par David Martin-Castelnau, ex-président de la Fondation Marc-Bloch et animée par Natacha PolonyVenues de tous les horizons, les sept familles du Pôle républicain », Le Monde, 7/02/2002).

Périco Légasse : Issu d’une famille de la bourgeoisie basque, Périco Olivier Sébastien Légasse est le fils de Marc Légasse, écrivain et homme politique basque — il fut le fondateur du mouvement autonomiste au Pays basque français après la Seconde Guerre mondiale —, et de Jacqueline Laruncet, fille de Jacques Laruncet, directeur de la maison Molineux, célèbre parfumeur des années 1920, à Paris. Il est aujourd’hui rédacteur en chef de la rubrique « art de vivre » à l’hebdomadaire Marianne.

Ils ont dit

« Au cours d’un échange il y a quelques semaines, vous m’avez confié que vous vous considériez comme un mélange de réac’ de gauche -vous fûtes d’ailleurs candidate aux élections législatives en 2002 sous les couleurs chevènementistes – et d’anarchiste de droite. Mais en vous lisant et en vous écoutant encore très récemment, j’ai remarqué que vous faisiez souvent référence à un auteur, Jacques Ellul, qui se trouve être aussi La référence pour un homme comme José Bové. » « “A l’école, l’état des lieux est apocalyptique” : interview de Natacha Polony » - Causeur, 19/02/2011

« On aura compris que Nos Enfants gâchés est un pamphlet brillant. Natacha Polony, jeune agrégée de Lettres qui a quitté l’Éducation nationale “par claustrophobie”, s’y déclare d’emblée “réactionnaire”, assumant une fonction de “résistance” face au complot qui liquide l’héritage des Lumières, détruit notre École et met la France en péril… En réalité, le propos n’est pas nouveau. Comme jadis les pédagogues de l’Éducation nouvelle, il dénonce l’éternel “joueur de flûte” qui vient faire payer la trahison des adultes en emmenant les enfants en enfer. Autrefois, on stigmatisait les “maîtres qui mutilaient l’intelligence et la créativité”. Aujourd’hui, on accuse les pédagogues soixante-huitards, libéraux-libertaires évidemment, qui ont sacrifié les Humanités sur l’autel d’une illusoire égalité des élèves, les livrant ainsi pieds et poings liés au crétinisme télévisuel. » Philippe Meirieu, « Encore un effort pour être vraiment réactionnaire ! » - Marianne, 05/03/2005

« Mais, malheureusement, si la plupart des anti-libéraux sont prompts à dénoncer les ravages du libéralisme économique, ils écartent soigneusement l’hypothèse selon laquelle leur propre individualisme, leur désir de « refaire leur vie » à leur gré, sans se soucier de la situation dans laquelle ils placent leur progéniture, pourraient aussi être à la source de l’impossibilité de transmettre qu’ils dénoncent par ailleurs. Mais j’ai bien conscience de franchir ici la ligne rouge : moralisme ringard sans doute, pétainisme, même, aux yeux du prestigieux compagnon d’Arielle Dombasle. Pour ma part, j’assume… Allez, Natacha Polony, encore un petit effort pour être vraiment « réactionnaire » ! Ibid.

« Le duo Eric Naulleau et Eric Zemour, s’ils n’exercent plus sur le plateau de Laurent Ruquier, agace toujours 32% des Français, soit un niveau similaire à celui de la première vague l’an dernier. Leurs remplaçantes, Audrey Pulvar et Natacha Polony, n’atteignent pas leur niveau, agaçant 21% des Français, tout en étant en parallèle moins connues que l’ancien duo phare de l’équipe de Laurent Ruquier. » « Les personnalités qui « agacent » les Français » Etude Harris Interactive pour VSD

Photo : “On n’est pas couché” du 02 juin 2012, France 2