Luc Le Vaillant
Laurent Joffrin

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Dernière modification le 25/06/2014

Laurent Joffrin :
socialiste libéral compatible à tous les pouvoirs

« Le professionnalisme de Laurent Joffrin s’adapte aux circonstances », Bakchich, 26 octobre 2007.

Laurent Joffrin, de son vrai nom Laurent (André Marie Paul) Mouchard est né en juin 1952 à Vincennes. Il est le fils de Jean Mouchard, éditeur, propriétaire des Éditions François Beauval, devenu homme d’affaires, puis gestionnaire de fortune, aujourd’hui à la retraite, et de Chantal Michelet, décédée en 1955. Personnalité de la droite nationale, Jean Mouchard fut durant une dizaine d’années l’un des principaux collecteurs de fonds du Front National par le biais de la COTELEC (cotisation électorale). L’engagement de son père auprès de Jean-Marie Le Pen a renforcé les idées politiques de Laurent Joffrin, à l’opposé des siennes : « Entre l’âge de 12 et 18 ans, j’ai passé mon temps à convaincre mon père, à argumenter, à tenter de lui démontrer qu’il avait tort », Le Nouvel Économiste, du 21 au 27 novembre 2003. Sa carrière se caractérise par des allers et retours incessant entre Libération et Le Nouvel Observateur.

Formation

Laurent Joffrin a été élève au Collège Stanislas de Paris, un établissement privé catholique sous contrat d’association avec l’État. Il est diplômé de l’Institut d’Études Politiques de Paris (Science-po) et licencié en sciences économiques. Il est également diplômé du Centre de formation des journalistes de Paris (promo 1977).

Parcours professionnel

Laurent Joffrin : socialiste libéral compatible à tous les pouvoirs

Laurent Joffrin : socialiste libéral compatible à tous les pouvoirs. Crédit photo : DR SuzyQ pour l’Ojim

En 1977, il entre à l’Agence France Presse qu’il quitte très vite pour participer à la création d’un nouveau quotidien, Forum international.

1981 à 1988 : Serge July l’engage à la rédaction de Libération pour « droitiser » le quotidien. À l’origine du service économique avec Pierre Briançon, il incarne l’aile libérale du journal : « On a créé le service économique avec Pierre Briançon. Serge July avait un projet de transformation symbolique du journal, concrétisé par la nouvelle maquette et un point de vue critique de la gauche. Il voulait doubler la gauche sur sa droite. Le service économique était stratégique car on injectait du libéralisme. Je prenais des positions virulentes. Par exemple, je disais : « il faut accepter la hiérarchie des salaires. » Nous étions l’aile moderniste, « tapiste » disaient les méchants… On trouvait que Serge July n’allait pas assez vite, mais c’était utile pour lui d’avoir une droite », Yves Roucaute, Splendeurs et misères des journalistes, Calmann-Lévy, 1994.

Il dirige ensuite le service « Société » avant de devenir éditorialiste et responsable de la page « Rebonds » du journal, avec Serge Daney, Gérard Dupuy et Alexandre Adler.

1988 à 1996 : Il succède à Franz-Olivier Giesbert à la tête de la rédaction du Nouvel Observateur.

1996 à 1999 : Il est directeur de la rédaction de Libération.

1999 à 2006 : Il reprend la direction du Nouvel Observateur.

2006 à 2011 : Il est nommé directeur de la publication de Libération dans le cadre du plan de relance du journal proposé par ses actionnaires, dont Édouard de Rothschild, actionnaire de référence.

Mais en 2011, il reprend la tête du Nouvel Observateur qu’il codirige avec Nathalie Collin. La société des rédacteurs du titre a approuvé sa nomination comme directeur de la rédaction avec 93% de votes favorables. Dans le détail, on compte 121 votes pour, 9 votes contre et 3 votes blancs ou nuls.

Le 12 juin 2014, il revient à Libération où il est nommé directeur de la rédaction.

En parallèle de ses activités dans la presse écrite, il est chroniqueur radio et débat le lundi et le jeudi avec Sylvie Pierre-Brossolette du Point sur France Inter. Il est également producteur de l’émission culturelle « Diagonales ».

Il anime également « Les détectives de l’Histoire » sur France 5, une émission d’enquête sur des faits marquants de l’histoire récente.

En mars 2014, il démissionne de son poste de directeur de la rédaction du Nouvel Observateur, après l’entrée au capital du journal du «trio BNP» (Pierre Bergé, Xavier Niel et Matthieu Pigasse)

En juin 2014, il redevient patron de Libération.

Parcours militant

En mai 1968, il est membre du comité d’action lycéen.

En 1971, il adhère au Parti Socialiste. Membre de la dix-huitième section, il côtoie Jean Peyrelevade, Lionel Jospin et Bertrand Delanoë. Il devient par la suite secrétaire du Mouvement des jeunesses socialistes (contrôlé par les trotskistes), et plus particulièrement l’un de ses courants, le Centre d’études, de recherches et d’éducation socialiste (CERES) animé par Jean-Pierre Chevènement, Alain Gomez, Didier Motchane et Pierre Guidoni. Il siège alors à la direction des MJS dans l’équipe de Jean-Marie Pernot et constitue le club « Socialisme et Université » avec des étudiants du CERES comme Denis Olivennes et ses amis du groupe ES du Panthéon (Patrick Weil, Éric Dupin, etc.). Membre du comité de rédaction de son organe, Le Crayon entre les dents (janvier 1976 – novembre 1978), il publie alors des articles sous le pseudonyme de Laurent André (ses deux prénoms) ou de Paul Helleme (pour L.M.).

Ancien membre du club Phares et BalisesRépublicains de gauche », aujourd’hui dissous), avec Régis Debray, Max Gallo, Paul Thibaud et Emmanuel Todd.

Ancien membre de la Fondation Saint Simon, think tank libéral et atlantiste.

Publications

  • La Gauche en voie de disparition, Seuil, 1984.
  • Coluche, c’est l’histoire d’un mec, avec Serge July et Jacques Lanzmann, Solar, 1986.
  • Un coup de jeune, portrait d’une génération morale, Arléa, 1987.
  • Mai 68, une histoire du mouvement, Seuil, 1988 ; réédition Points Histoire, série « Document », 2008.
  • Cabu en Amérique, avec Jean-Claude Guillebaud, Seuil, 1990.
  • La Régression française, Seuil, 1992.
  • La Gauche retrouvée, Seuil, 1994.
  • Yougoslavie, suicide d’une nation, Mille et Une Nuits, 1995.
  • Kosovo, la guerre du droit, suivi de Yougoslavie, suicide d’une nation, Mille et Une Nuits, 1999.
  • Où est passée l’autorité ?, avec Philippe Tesson, NiL éditions, 2000.
  • Les Batailles de Napoléon, Seuil, 2000.
  • Le Gouvernement invisible, naissance d’une démocratie sans le peuple, Arléa, 2001.
  • La Princesse oubliée, roman, Robert Laffont, 2002.
  • C’était nous, roman, Robert Laffont, 2004.
  • Les Grandes batailles navales, de Salamine à Midway, Seuil, 2005.
  • Histoire de la gauche caviar, Robert Laffont, 2006.
  • La Gauche bécassine, Robert Laffont, 2007.
  • Le Roi est nu, Robert Laffont, 2008.
  • Média-paranoïa, Seuil, 2009.
  • La Grande histoire des codes secrets, Privé, mai 2009.
  • L’Énigme de la rue Saint Nicaise – Les aventures de Donatien Lachance, détective de Napoléon, Robert Laffont, 2010.
  • Les Énigmes Kennedy, Omnibus, 2011.
  • Le Grand Complot, Laffont, 2013

Ce qu’il gagne

En 2003, au Nouvel Observateur, Laurent Joffrin indique gagner 10 000 euros bruts mensuels, Le Nouvel Économiste, du 21 au 27 novembre 2003.

Il l’a dit

« Plus de cent réponses à mon papier 11 septembre. Pas une seule réfutation factuelle. Misère de la pensée conspirationniste », Twitter

« La loi sur la presse établit la liberté d’expression, à de rares exceptions près, dont le racisme. C’est une bonne loi », ibid.

« Ménard veut à toute force libérer la parole raciste. Il est décidément de plus en plus louche », ibid.

« La législation prohibe le racisme et l’incitation au meurtre. La fachosphere est-elle au-dessus des lois ? », ibid.

« Ce n’est pas faire le flic que demander l’application de la loi républicaine. C’est exiger une mesure simple contre le fascisme numérique », ibid.

« Violence xénophobe : peut-on exonérer des sites de haine, tel fdesouche? », ibid.

« Ma cause : c’est le socialisme », « Laurent Joffrin », Le Nouvel Economiste, du 21 au 27 novembre 2003.

« Cette Constitution est un moindre mal. Et il vaut mieux voter pour un moindre mal que pour un mal » (à propos du traité constitutionnel de 2005), France Inter, 12 mars 2005.

« La France est révoltée. Cette révolte est justifiée, légitime. Sur elle il faudra bâtir. Mais Dieu qu’elle est mal ciblée ! Un texte noble [la Constitution européenne de 2005], qui rassemblait un continent autour des mêmes principes, ceux de la liberté et de la justice, a été pris pour bouc émissaire de la crise sociale et brûlé dans les urnes comme un parchemin maléfique », « La France révoltée », Le Nouvel Observateur, 2 juin 2005

« Dans le cas d’Anders Behring Breivik, l’idéologie sommaire et haineuse diffusée par de petits groupes qui dénoncent “l’invasion musulmane”, qui emploient des termes animaliers pour désigner les musulmans, qui se réfèrent aux croisés ou aux templiers pour caractériser la situation d’aujourd’hui et préconisent ainsi, même implicitement, l’action violente, qui se félicitent de voir que des jeunes socialistes ont été tués, qui se situent dans le champ sémantique de la guerre civile, portent une responsabilité directe. Ils doivent être dénoncés comme tels. C’est le cas des sites extrémistes français comme fdesouche, que nous avons ici mis en cause et dont on ne comprend pas qu’ils puissent bénéficier d’une telle impunité », « Polémique – Laurent Joffrin répond à Paul Moreira », Le Nouvel Observateur, 29 juillet 2011

« La défiance du public a en fait une autre origine : cette partie des critiques des médias qui ne cherchent pas à les améliorer, mais, pour des raisons idéologiques complexes, à les discréditer. A l’extrême-gauche parce qu’ils les tiennent pour des agents du grand capital (pour faire court), à l’extrême-droite parce qu’ils les accusent d’être tenus par les partisans de la “pensée unique mondialiste et droit-de-l’hommiste”. Cette propagande, souvent relayée par quelques chroniqueurs aigris, a produit ses effets : une grande partie du public pense désormais être victime d’un complot général visant à travestir systématiquement l’actualité au profit de forces occultes (le pouvoir socialiste en l’occurrence, hier le pouvoir sarkozyste, mais aussi, selon l’orientation de celui qui accuse, le monde de la finance, l’ultralibéralisme, le cosmopolitisme, les juifs, les musulmans, le boboïsme, etc.) Ainsi les accusations les plus folles, protégées par le vide juridique qui préside au fonctionnement de la Toile, peuvent circuler librement, détruisant les réputations, accréditant les visions les plus complotistes de l’Histoire, faisant, en tout état de cause, le jeu des extrêmes et des adversaires de la démocratie », « La Commission Jospin et les dérives du web », Le Nouvel Observateur, 27 aout 2012

« Le pouvoir des trafiquants de drogues s’accroît de manière inquiétante dans notre pays. Il faut agir dès maintenant avant qu’il ne soit trop tard. Ultra-violence, corruption politique ou policière, règlements de compte en série, territoires entiers qui échappent à la légalité républicaine (…) On sait par expérience – aux États-Unis ou en Amérique latine – qu’une fois le pouvoir des trafiquants établi, il est très difficile de s’en affranchir. Raison de plus pour agir dès maintenant en France, avec la plus grande détermination. Non pas en modifiant les lois, qui sont déjà rigoureuses ou en déclenchant on ne sait quelle panique sécuritaire. Mais en réprimant sans faiblesse la corruption et en accroissant rapidement les moyens d’enquêtes et de surveillance de la police, de manière à étouffer dans l’œuf le développement d’un narco-État à la française », « La France, narco-État ? », Le Nouvel Observateur, 14 octobre 2012

« Certes l’immigration est un problème et la gauche a grand tort de le nier trop souvent. Mais en faire la source principale de la crise française, c’est recourir à une outrance propagandiste inadmissible. La crise financière, la crise écologique, la crise industrielle, la crise du commerce extérieur, la crise de l’euro, n’ont rien à voir avec la présence d’immigrés en France. Par cette proclamation brutale, on assigne aux immigrés un rôle de bouc émissaire qui reflète avant tout un préjugé ethnique », « “Le nouveau FN de Marine Le Pen n’existe pas”, Le Nouvel Observateur, 24 juin 2011

« Pour justifier la réduction constante des droits des immigrés en France – et maintenant celle des Français naturalisés, nouvelle discrimination – le gouvernement se fonde sur la méfiance, la peur d’une mythique invasion et la défense obsessionnelle d’une identité nationale qui n’est en rien mise en cause. Il désigne implicitement les étrangers comme une menace, sinon comme des ennemis, alors que la plupart d’entre eux sont des oubliés et des humiliés, qui ne commettent d’autre crime que d’accepter des emplois pénibles pour échapper à la misère de leur pays d’origine. Au vrai, ce nouveau dispositif a surtout une fonction politique, destinée à montrer à la droite de la droite que le sarkozysme, sur ce point-là en tout cas, n’est pas un humanisme. Quitte à faire de l’étranger un bouc émissaire », « Ennemis », Libération, 28 septembre 2010

« La dénonciation par Jean-François Copé d’un “racisme anti-blanc” mérite plus qu’un simple anathème, tel qu’on l’a entendu de la part de certains militants ou commentateurs. Certes le président-candidat de l’UMP a consciemment repris une formule depuis longtemps utilisée par le Front national. Cette tactique doit être décryptée et dûment critiquée. Jean-François Copé se justifie en expliquant qu’il a été lui-même le témoin, dans sa ville de Meaux, de cas d’intolérance ou d’agression verbale envers ces citoyens qu’on appelle couramment “gaulois” au sein de certaines cités. La chose paraît vraisemblable », « “Racisme anti-blanc” : la mauvaise foi de Copé », Le Nouvel Observateur, 27 septembre 2012

« En Tunisie, comme en Egypte, les révolutions arabes sont entrées dans la seconde phase de leur combat. Après avoir triomphé de tyrans corrompus et sanguinaires, les démocrates doivent désormais affronter la réaction obscurantiste des fous d’Allah, répandus dans les rues avec des matraques ou bien déguisés en élus du peuple. Dans ce combat décisif, les militants des droits humains, dont le combat est l’un des plus importants des années qui viennent, méritent le soutien entier et actif, moral et matériel, de toutes les forces progressistes », « Tunisie. Le fascisme vert à l’offensive », Le Nouvel Observateur, 24 aout 2012

« Ainsi, depuis vingt-trois ans, la Tunisie était gouvernée par un trouillard ! Ainsi, le grotesque successeur du grand Bourguiba, flic en chef de l’un des régimes les plus féroces de la région, n’était qu’un pleutre et, quand le peuple insurgé lui a signifié son congé, il est parti la queue basse. Vive la Tunisie libre ! (…) Les leçons de cet événement historique apparaîtront peu à peu. Mais, d’ores et déjà, on voit que le monde arabe n’est pas forcément condamné au sinistre face-à-face entre fanatisme islamiste et dictature corrompue ; que le supposé réalisme de ceux qui soutiennent les tyrans n’est souvent qu’un aveuglement intéressé, que les valeurs de liberté peuvent pénétrer en terre d’islam, que cette démocratie qu’on dit en crise, qu’on juge factice ou faisandée, qu’on déclare réservée aux Occidentaux, suscite encore le sacrifice et qu’il y a toujours, à Tunis comme naguère à Pékin ou à Varsovie, des hommes prêts à mourir pour la liberté », « Le lâche et les glorieux », Libération, 15 janvier 2010

« La France future sera tissée, en même temps que de christianisme ou de laïcisme, de culture musulmane, d’esprit africain ou de tradition ultra-marine. Ces apports sont un enrichissement et non une menace. Se contenter de dénoncer la burka, ce qui peut certes se comprendre, c’est refuser de voir cette réalité nouvelle et à bien des égards positive. La dénonciation du communautarisme – fondée en théorie – finit par couvrir une forme d’allergie à la différence. La France est d’ores et déjà plurielle. On ne saurait le nier, à l’heure de l’Europe et de la mondialisation, qui sont par nature mélange et métissage », « Il y a aussi du rouge dans le drapeau tricolore », Libération, 27 septembre 2009

« La polémique sur ces prières de rue est ainsi rendue à sa juste proportion. La République, on doit bien le constater aujourd’hui, n’était pas menacée par ces rituels en plein air, qui ne sont guère différents, si l’on y réfléchit avec un peu de sérénité, des processions catholiques qui ont lieu régulièrement dans plusieurs villes de France. Aucune « occupation » dans ces prières sur la voie publique. La religion, en France, a pignon sur rue, elle n’est pas obligée de pratiquer la clandestinité, dès lors que les règles de circulation et de bon usage de l’espace commun sont respectées. Les prières de rue ne gênaient pas grand monde », « Prières de rue : la sagesse de l’Islam de France », Le Nouvel Observateur, 18 septembre 2011

« Déferlement de clichés antimusulmans hier soir, dans l’émission de Frédéric Taddéï “Ce soir (ou jamais !)”. Une opération de propagande lepéniste. La télévision française est-elle en voie de lepénisation ? Déjà le titre inspirait la plus grande méfiance : “Marine Le Pen : la montée du sentiment national”, intitulé faussement anodin qui décernait d’emblée au parti lepéniste une prééminence dans la représentation de la nation, et désignait implicitement les autres partis comme des entités moins françaises que lui (…) Sous ces auspices sciemment biaisées, le présentateur avait composé son plateau avec une rare perversité », « « France 3 : Le Pen ou jamais » », Le Nouvel Observateur, 11 mars 2011

« Réprouver l’intégrisme musulman et dénoncer le pouvoir supposé des juifs ce n’est pas la même chose. On est anti-intégriste dans le premier cas, raciste dans le second. On choisit sa religion, on ne choisit pas sa race », texte modifié en ligne par la suite : « (…) attaquer une religion n’est pas attaquer une communauté. Réprouver l’intégrisme musulman et dénoncer le pouvoir supposé des juifs ce n’est pas la même chose. On est anti-intégriste dans le premier cas, raciste dans le second », Libération, 25 juillet 2008

« Moi je ne pense pas que c’était artificiel [Sos Racisme], ça correspondait vraiment à l’état d’esprit de l’époque, donc ce n’était pas artificiel. Ce n’était pas une organisation structurée sur le terrain, militante, mais ça ne suffit pas à condamner un mouvement […] Pouchin était très favorable à SOS et moi ensuite quand je me suis occupé de ces affaires, moi aussi, j’étais très favorable », SOS Racisme, histoire d’une mobilisation “apolitique”, Philippe Juhem (Thèse de science politique soutenue à l’université de Nanterre en décembre 1998 sous la direction du professeur Bernard Lacroix).

« En matière de mœurs, la franc-maçonnerie est toujours plus “avancée” ou plus “progressiste” que la moyenne de la population. Et donc, sur les questions de fin de vie, sur les questions de mariage gay et de vote des étrangers, ils ont une influence indiscutable. Qui, à mon avis, est positive », « Les 4 vérités », France 2, 4 janvier 2013

« Si l’on accepte la dignité des homosexuels, on ne peut leur refuser l’union officielle. Pourquoi devraient-ils, pour entrer à la mairie, prendre la porte de service ? », «Mariage homosexuel : la fin d’une discrimination millénaire », Le Nouvel Observateur, 5 novembre 2012

« Bayrou ? C’est fou. Folie compréhensible, empreinte d’une sagesse de juste milieu. Les partis traditionnels ont trop déçu, les équipes dirigeantes successives trop peu réussi au pouvoir pour qu’elles puissent se présenter devant l’électeur sans gêne. Tentons l’expérience d’un gouvernement des meilleurs, emmené par un Béarnais cousin de d’Artagnan. Portons-le, surtout, au second tour pour garantir la défaite de l’anxiogène Sarkozy », «Voter = décider », Libération, 20 avril 2007

« C’est à la suite d’une erreur de fonctionnement interne qu’une publicité de la Fondation Jérôme Lejeune [un message anti-avortement] est passée en avant-dernière page de TéléObs. Le « Nouvel Observateur » publie régulièrement des annonces portant sur des causes d’ordre général. Mais il veille à ce qu’elles soient conformes à ses valeurs. Ce n’est pas le cas cette fois-ci : nous demandons à nos lecteurs de nous excuser pour cet impair. Nous veillerons à ce que ce type d’incident ne se reproduise pas », « Une publicité anti-IVG dans l’Obs : erratum », Le Nouvel Observateur, 10 décembre 2012

« Les seuls pays à s’intéresser à l’affaire sont la Russie, qui soutient et arme le boucher Assad, et les pays du Golfe, qui soutiennent et arment les plus extrémistes de ses opposants. Grâce à la sage non-intervention occidentale, deux ennemis déclarés des démocraties accroissent leur influence dans la région en jetant de l’huile sur le feu. Mais on se consolera : la sage non-intervention des démocraties, si elle laisse Assad libre de massacrer son peuple, a bloqué l’insupportable offensive de BHL. N’est-ce pas l’essentiel ? », «Syrie : lutter contre Assad ou contre BHL ? », Le Nouvel Observateur, 24 octobre 2012

« Depuis longtemps, le « Nouvel Observateur » s’est prononcé en faveur du mariage homosexuel (…) L’instauration du « mariage pour tous » est fondée sur le principe d’égalité. Elle consiste à étendre aux homosexuels une liberté aujourd’hui réservée aux hétérosexuels. Elle repose sur l’idée qu’il faut abolir les discriminations qui pèsent depuis des temps immémoriaux sur les homosexuels, discriminations injustes et injustifiables. Ces discriminations ont été annulées les unes après les autres au fur et à mesure du progrès de la société, selon les principes en vigueur dans notre république fondée sur les droits de l’Homme. Le « mariage pour tous » est une étape supplémentaire dans cette marche vers l’émancipation (…) Si les enfants ainsi élevés tournaient la plupart du temps très mal, cela se saurait. Rien de tel en l’occurrence. S’il existe des différences, elles ne sont ni spectaculaires, ni évidentes », « Mariage pour tous : réponse aux manifestants », Le Nouvel Observateur, 18 novembre 2012

« Le crime de Bachar al-Assad change tout. Cette fois, l’intervention occidentale n’est pas une hypothèse, une tentation hasardeuse ou un impératif moral plus ou moins justifié. C’est une évidence. Saddam Hussein mis à part, aucun pays n’a fait usage de l’arme chimique au combat depuis près d’un siècle. […] Avec ses alliés, le président Obama avait solennellement déclaré que l’emploi des gaz était la ligne rouge à ne pas franchir. Que vaudrait sa parole – et celle des démocraties en général – s’il restait inerte alors que les preuves de la monstruosité s’accumulent ? Et comment pourrait-on faire pression sur l’Iran dans le domaine nucléaire si on laissait impuni l’usage par Damas d’une arme interdite ? » Le Nouvel Observateur, 27 Août 2013

Collaborations

Animateur de tables rondes lors du salon du Livre de la fédération de Paris de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) : « Des tables rondes viennent ponctuer l’après-midi ; elles sont souvent animées par des journalistes de premier plan, tels que Laurent Joffrin ou Éric Fottorino. Les débats portent sur des sujets concernant la lutte contre le racisme et les discriminations », Le droit de vivre, n°630.

En janvier 2013, il est invité à la convention nationale du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) pour débattre du phénomène Mohammed Merah : est-il un fanatique isolé ou le symptôme d’une menace plus grande ? Et plus largement : la République a-t-elle perdu le contrôle de nouveaux territoires ? Avec Alexandre Adler, le professeur Iannis Roder et l’écrivain Jacques Tamero.

En 2010, il est invité au dîner organisé par « Inventer à Gauche », le club de réflexion présidé par le député-maire de Grenoble (PS), Michel Destot ; au colloque « La démocratie et ses nouveaux défis » organisé par le service culturel de l’ambassade de France en Israël se déroulant à Tel Aviv à un débat sur le thème « Comment réanimer la politique ? » ; à la table ronde organisée par la Revue civique sur le thème : « La fracture civique en question. Comment mieux associer les citoyens à la vie publique ? » ; présente et anime enfin la troisième lecture de textes tirés de l’ouvrage « Histoires du peuple juif » en présence de Marek Halter au Centre Rachi d’Art et de Culture.

En 2009, il anime une table ronde : «L’État et les médias », lors de la 18ème Journée du Livre politique « Lire la politique ».

En 2008, il est invité à la « conférence annuelle des Entrepreneurs » sur le thème « La France sait-elle aimer ses entrepreneurs ? » en compagnie de Nicolas Beytout, président du Groupe DI-Les Echos, Laurence Parisot, présidente du Medef et Grégoire Sentilhes, président-fondateur de la société d’investissement Nextstage (et président depuis 2011 du G20 Young Entrepreneur Alliance).

En 2004, il participe au Forum de Davos.

En 2003, il planche sur « Le progressisme aujourd’hui » devant la loge Demain du Grand Orient de France.

En 2001, il est modérateur de la conférence organisée par l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS) sur le thème « savoir et exportation de modèles culturels ».

Sa nébuleuse

Laurent Joffrin a été un des dix « Young leader » français de la French American Foundation en 1994. Créée en 1976 à l’occasion du bicentenaire des États-Unis, « la French-American Foundation France a pour but d’améliorer les relations entre la France et les États-Unis. Sa mission générale, en collaboration avec sa Fondation sœur à New York, est de promouvoir le dialogue et de renforcer les liens entre les deux pays ». Décrié par ses opposants comme un programme de formation des élites françaises à l’idéologie atlantiste et pro-américaine, le Young leader Programme « a été créé en 1981 et sélectionne chaque année pour leurs réalisations et leur leadership, 10 Français et 10 Américains âgés de 30 à 40 ans, appelés à jouer un rôle important dans leur pays et dans les relations franco-américaines. Les candidats retenus participent à deux séminaires de cinq jours chacun sur deux années consécutives – alternativement en France et aux États-Unis – afin d’échanger sur des thèmes majeurs communs aux deux pays et d’approfondir leur compréhension mutuelle. »

Il a également été membre du Club Le Siècle jusqu’en 2011. Fondé en 1944, le Siècle réunit, depuis plus de 60 ans, la quasi-totalité du pouvoir politique, économique, financier ou médiatique français. Soit environ 600 personnes qui concentrent entre leurs mains l’essentiel du pouvoir. Tout gouvernement, qu’il soit de droite ou de gauche, a du tiers à la moitié de ses membres qui y appartient (Emmanuel Ratier, Au cœur du pouvoir). D’autres journalistes participent à ces dîners mensuels comme David Pujadas (France 2), Michel Field (Europe 1), Arlette Chabot (Public Sénat), Alain-Gérard Slama (Le Figaro, France Culture), Claude Imbert (Le Point), Franz-Olivier Giesbert (Le Point, France 2), Emmanuel Chain, etc.

Il est actuellement, membre du conseil d’administration du think tank proche du Parti Socialiste : « En Temps Réel »

Il dirige enfin, avec Denis Olivennes et Patrick Weill, le club de réflexion politique Danton. Voici la présentation qu’en fait le journaliste Philippe Cohen : « Lors d’une réunion mensuelle, nous étions une quarantaine de hauts fonctionnaires, de journalistes, d’économistes et de chercheurs à échanger avec un homme politique ou un responsable économique. »

Ils ont dit

« Il est à noter qu’à peine 15 jours après la publication de l’édito de Joffrin visant Fdesouche.com, ont commencé les ennuis de Pierre Sautarel avec la Justice et ses convocations incessantes par la Police Judiciaire… » « Politis Vs Laurent Joffrin », Fdesouche.com

« Reste un mystère. Quelle mouche a piqué Le Nouvel Obs pour s’en prendre ainsi à ses icônes ? La Pravda de la gauche caviar ne nous avait pas habitués à de telles audaces. Laurent Joffrin serait donc encore un journaliste à la recherche de scoops, fût-ce au détriment de ses amis ? On se met à rêver. On en oublierait presque les éditos à sens unique, la mauvaise foi, le mépris affiché, l’arrogance de caste. Mais, soudain, on se souvient des propos peu amènes de Matthieu Pigasse envers Le Nouvel Obs : un journal de vieillards « somnolents, complaisants et connivents », Robert Ménard dans « Scoop ou règlement de comptes ? »

« Élevé par un père éditeur et proche de l’extrême droite, il s’est rebellé contre cet héritage en militant aux jeunesses socialistes, avant d’entrer à “Libé” en pleine euphorie mitterrandienne, puis de s’affirmer au ”Nouvel Observateur”. Celui qui s’est choisi pour pseudonyme le nom d’une station de métro cultive avec soin sa réputation de bretteur, accusant Sarkozy d’imposer à la France une “monarchie élective” et traitant le chien de garde élyséen Frédéric Lefèbvre de “roquet stipendié”. Mais le barbu à la physionomie impénétrable, qui vient de publier une “Grande Histoire des codes secrets”, est aussi homme de réseaux, au point d’en animer un, le club Danton. Une plasticité utile pour discuter avec les milliardaires qui, à l’instar d’Édouard de Rothschild et de Pierre Bergé, assurent les fins de mois de son journal. Le slogan choisi pour relancer le quotidien, “L’info est un combat”, va en tout cas comme un gant à l’admirateur de la geste napoléonienne, capable de raconter Waterloo dans tous ses détails », Les Echos n° 20503, 7 septembre 2009.

« On a compris, le professionnalisme de Laurent Joffrin s’adapte aux circonstances. Ancien militant des Jeunesses socialistes, il a découvert la modernité. Il n’a cessé de multiplier les allers et retours entre le quotidien fondé par Sartre et Le Nouvel Obs avant d’être placé à la tête du premier par Édouard de Rotschild, militant de gauche bien connu qui passait ses vacances avec un certain Nicolas Sarkozy il n’y pas si longtemps. Les mauvaises langues assurent que Joffrin est allé à plusieurs reprises diriger l’hebdo de Perdriel pour gagner un peu d’argent. C’est mesquin. D’abord, Laurent le Magnifique ne cherche que la vérité journalistique. Ensuite, avec Rotschild, il n’aura plus de problème de fin de mois », « Laurent le magnifique », Bakchich, 26 octobre 2007.

« Pourquoi Laurent Joffrin ne fait-il pas un sujet dans Libération sur ces soirées [dîners du club le Siècle], si elles sont si anodines ? N’importe quel bon journaliste s’empresserait de faire un papier », Pierre Carles

« Monsieur Laurent Joffrin, En publiant dans l’édition du mercredi 23 juin 2010 de Libération un encart publicitaire d’une page, votre quotidien commet une erreur. Cette page est constituée d’une pétition qui, en des termes outrageants et violents, soutient la déprogrammation et le boycott d’une œuvre cinématographique israélienne. Cette pétition est signée par des cinéastes israéliens, très engagés politiquement pour la cause palestinienne. Nous trouvons également dans la même page, un texte du réseau de cinémas Utopia, qui, rappelons-le, n’a pas hésité à pratiquer cette déprogrammation pour des motifs discriminatoires (…) Pour quelle raison Libération se démarque-t-il de l’avis unanime des uns et des autres, en publiant cette publicité, alors que, tout le monde considère que le comble du crétinimisme est de censurer un cinéma israélien qui s’est imposé depuis quelques années comme… l’une des forces de l’opposition en Israël ? Or, la publication de cette publicité relève de la faute. Faut-il rappeler à Libération que le boycott qui est encouragé par Utopia et consœurs est une discrimination visée aux articles 225-1 et 225-2 du code pénal ? », Lettre de Richard Prasquier à Laurent Joffrin, Président du directoire de Libération

« Avec cette idée, enfin, de front républicain à l’envers, avec cette façon étrange qu’ont des éditorialistes d’habitude mieux inspirés – je pense à mon ami Laurent Joffrin – de céder à leur chantage en proposant que les autres partis parrainent, promeuvent, on dira bientôt sponsorisent, l’entrée en lice de la candidate FN, on fait un pas de plus sur la voie d’une banalisation qui est le vrai but de ces gens depuis trente ans », Bernard-Henri Lévy « Ne pas être dupe du bluff des « 500 signatures »»

« Dans son éditorial de la semaine, Laurent Joffrin, directeur du Nouvel Observateur et renomméditocrate barbichu, écrit que l’intervention occidentale en Syrie doit être «une évidence».
Car, explique-t-il, très sûr de lui: « L’Irak mis à part, aucun pays n’a fait usage de l’arme chimique au combat depuis près d’un siècle. »
Traduction: depuis que ces foutus Chleuhs ont balancé des obus au chlore sur nos tranchées circa 1915, plus personne, fors Saddam H., ne s’était abaissé à ce terrifiant niveau de barbarie.
C’est totalement faux: dans la vraie vie, comme on sait, les États-Unis ont par exemple fait, il y a moins d’un demi-siècle, un usage immodéré de cette arme. L’Oncle Sam, dans sa grande bonté, a déversé sur l’indigénat vietnamien des dizaines de milliers de mètres cubes de défoliants – confectionnés par Monsanto. Et quarante ans plus tard: ces atrocités continuent de faire des victimes.
[…] Laurent Joffrin a décidément des trous dans la mémoire. […] nombre de ses éditoriaux des cinq dernières années, où il manque des fois de mots assez durs pour fustiger la sauvagerie du libéralisme, montrent par exemple qu’il n’a gardé aucun souvenir précis des deux longues décennies durant lesquelles il a été, au sein de l’éditocratie, entre 1984 et 2005, l’un des plus zélés propagandistes des marchés. […] Laurent Joffrin se rappelle fort bien, au contraire, qu’il n’a pas du tout exigé en 2009, après la révélation que l’armée israélienne avait balancé du phosphore blanc sur les Gazaouites, exigé que ce «crime» soit promptement châtié dans une «inévitable intervention» (et qu’il n’a bien sûr jamais proclamé qu’il fallait d’«évidence» donner un sévère «avertissement» aux  «barbares» de Washington)… …Et qu’il sait que ses appels à une guerre syrienne, mesurées sous l’aune de ses retenues passées, pourraient presque apparaître comme l’esquisse d’un commencement de tartuferie. » Sébastien Fontenelle, Bakchich, 29 Août 2013

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