Delphine Ernotte contre les mâles blancs
Jonathan Bouchet-Petersen : symbole de l’entre-soi gauchiste
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Jonathan Bouchet-Petersen :
symbole de l’entre-soi gauchiste

Les réseaux strauss-kahniens ou de Ségolène Royal, la Fondation Jean Jaurès, l’agence de communication Havas Worldwide de Stéphane Fouks, la Netscouade, Mediapart, le journaliste Nicolas Demorand, les présidents de la République François Hollande ou François Mitterrand, le quotidien Libération et son patron Patrick Drahi… L’entourage professionnel et familial de Jonathan Bouchet-Petersen est marqué par ses liens avec le Parti socialiste et ses dirigeants. Il n’est donc pas étonnant de le voir coopté par cette drôle de nébuleuse libérale-libertaire pour s’occuper des pages France dans le quotidien Libération et chapeauter sa rubrique anti-Front national « L’œil sur le Front » qui vient d’être lancée.

« Et comme la voix de la raison ne peut pas être la seule réponse face au déferlement populiste, la diabolisation des thèses et surtout des desseins du FN reste ô combien nécessaire », « Diabolisation », liberation.fr, 5 février 2016.

« En cédant à la tentation du référendum si près de la prochaine présidentielle, a fortiori sur un sujet aussi sensible dans son camp et dans une période aussi troublée, François Hollande ferait un bien mauvais usage de la démocratie directe », «  Pas de référendum sur la déchéance ! », liberation.fr, 25 décembre 2015.

« Deux autres motifs de contestation s’ajoutent à ces griefs. La rumeur d’embauche de Jonathan Bouchet-Petersen, proche de Nicolas Demorand, est perçue comme une provocation par la rédaction. Il a d’abord été évoqué qu’il signe un CDI, avant que le remue-ménage ne force la direction à l’orienter sur un CDD, probablement de longue durée de 9 ou 18 mois. Mais au sein du journal, les journalistes ne sont pas dupes. « Il sera bien sûr embauché au bout du compte », dit l’un d’eux. », « Nicolas Demorand largement désavoué par les journalistes de Libération », Ouest-France, 30 novembre 2011.

« Reste qu’entre le risque de se faire accuser de communautarisme électoral et le contexte de poussée du FN, à une époque où les amalgames sont légion, la diversité n’a pas le vent en poupe. Cela pourrait durer, au moins jusqu’à ce que les électeurs de la diversité votent en masse », « En France, l’immigration est rarement sortie des urnes », liberation.fr, 5 mai 2016.

Pour comprendre la réussite journalistique de Jonathan Bouchet-Petersen, chef adjoint du service France au quotidien Libération, il faut mettre en lumière son entourage, notamment familial, puisqu’il a baigné dès son plus jeune âge dans le milieu politique d’extrême gauche.

Avec sa sœur jumelle Rebecca, ils sont les enfants de militants troskystes, Sophie Bouchet-Petersen (voir § Nébuleuse) et de Denis Bouchet, formés dans les organisations successives d’Alain Krivine (Ligue Communiste devenue après sa dissolution la Ligue Communiste Révolutionnaire, et enfin le Nouveau Parti Anticapitaliste d’Olivier Besancenot). Drôle de destin que celui de la mère de Jonathan Bouchet-Petersen, issue d’une famille catholique de droite et qui a basculé dans l’activisme révolutionnaire à l’extrême-gauche à la fin des années 1960 avant se recaser pendant plus de vingt ans comme plume officieuse de François Mitterrand et de Ségolène Royal.

A-t-il bénéficié d’un coup de piston professionnel de maman afin de se faire un nom dans le monde du journalisme ? En tout cas, avec un tel pedigree il serait bête de se priver pour un média d’un garçon issu du sérail politique, connaissant les us et coutumes de ce petit milieu, ayant tissé très tôt des liens quasi-familiaux avec divers politiques et le plus important, d’avoir un nom qui peut ouvrir un bon nombre de portes dans les hautes sphères de l’État grâce aux réseaux socialistes. Il n’est donc pas étonnant donc de voir grandir Jonathan Bouchet-Petersen dans l’ombre d’un journaliste comme Nicolas Demorand rencontré à France Inter, avant de le suivre à Europe 1 et enfin au quotidien Libération (2011).

Et alors que son mentor quittait le navire de l’ancien quotidien maoïste en 2014 pour rejoindre France Inter, Jonathan Bouchet-Petersen prenait du galon à Libération, devenant chef-adjoint du service France (politique-société, macro-social) et en s’occupant en partenariat avec la Fondation Jean Jaurès et « l’agence de communication et de transformation numériques », La Netsoucade (voir § Nébuleuse) d’une nouvelle rubrique anti-Front national, « L’œil sur le Front ». Un drôle de hasard voulant que les intérêts financiers de son journal (voir § Nébuleuse, Parti socialiste – Stéphane Fouks – Patrick Drahi – Bernard Mourad : Un drôle de ménage à trois) et de ses dirigeants soient liés avec un parti qu’il connaît bien, ceux du Parti socialiste.

Des liens quasi-familiaux avec l’entourage du Parti socialiste

Plusieurs exemples illustrent les liens quasi-familiaux de Jonathan Bouchet-Petersen avec le Parti socialiste. En 2013, il a interviewé trois fois le spécialiste de la communication politique Denis Pingaud. Ce dernier n’est pas un inconnu pour le journaliste de Libération car cet ancien militant troskyste et directeur du journal du parti d’Alain Krivine, Rouge, vivait en communauté avec sa compagne et les parents Bouchet-Petersen dans une maison de Vincennes dans les années 1970. « Les enfants naissent. Des jumeaux, Jonathan et Rebecca, pour les Bouchet-Petersen. » Son parcours ressemblera beaucoup à celui de Sophie Bouchet-Petersen, car Denis Pingaud, d’abord journaliste au Matin de Paris, s’occupe de la communication de Laurent Fabius, avant de côtoyer José Bové ou Cécile Duflot. « Le Parti socialiste n’ayant, depuis le temps, plus de secret pour lui, il lui arrive, comme d’autres, de rendre visite le soir à François Hollande. Son carnet d’adresses ne laisse pas insensibles les chef d’entreprises qui composent l’essentiel de sa clientèle. Quant au monde des médias, «il ne représente qu’à peine 10% des revenus de Balises», dit-il. »

En 2016, il lance « L’œil sur le front », un observatoire anti-Front national avec la collaboration de l’agence La Netsoucade (voir § Nébuleuse). Le fondateur de cet agence, Benoît Thieulin, a participé aux côtés de Sophie Bouchet-Petersen, maman de Jonathan, a la campagne de Ségolène Royal en 2007. Un an plus tard, en 2008, il participe « à la création de Mediapart, avec Edwy Plenel ». Et qui est la meilleure amie de la sociologue Nicole Lapierre (l’épouse d’Edwy Plénel, futur directeur de la rédaction du Monde puis de Mediapart) ? Sophie Bouchet-Petersen, maman de Jonathan…

Des liens quasi-familiaux avec la direction de Libération

Laurent Joffrin, journaliste depuis 1981 (avec des allers-retours) à Libération et directeur de la rédaction de ce quotidien depuis 2014, n’est pas un inconnu de la famille Bouchet-Petersen. La mère de Jonathan, Sophie Bouchet-Petersen (voir § Nébuleuse), a été membre de son club de réflexion « Danton » au début des années 2000 : « Quatre ou cinq fois par an, se retrouvent donc chez lui une trentaine d’intellectuels, journalistes, patrons de gauche et conseillers politiques, d’Agnès Touraine au démographe Emmanuel Todd, de l’économiste alter Bernard Maris à Sophie Bouchet-Petersen, conseillère de Ségolène Royal. »

Heureux hasard, en décembre 2005 et avril 2006, alors que Sophie Bouchet-Petersen était conseillère en communication de Ségolène Royal, Le Nouvel Observateur dirigé alors par Laurent Joffrin faisait sa couverture « Et si c’était elle… », la première du genre sur une éventuelle candidature de Ségolène Royal à la présidentielle de 2007 : « Nous avons eu des discussions pour savoir si nous faisions campagne pour elle [Ségolène Royal], reconnaît Laurent Joffrin. Si on est réaliste, c’est vrai que ça la sert. Mais c’est un tel phénomène politique que notre intérêt n’est pas seulement les ventes, mais aussi l’image : c’est à L’Obs de détecter ce qui est nouveau à gauche. Et si ça lui rend service, tant mieux pour elle. »

Formation

2003 – 2005 : Master spécialité presse écrite au Centre de Formation des Journalistes (CFJ). Président du Bureau des élèves (promo 2005).

1999 – 2003 : Maîtrise de sciences économiques et sociales à l’université Panthéon Sorbonne (Paris I)

Lycée Carnot (145 boulevard Malesherbes 75017 Paris)

Parcours professionnel

Depuis avril 2015

Chef adjoint du service France (politique-société, macro-social) à Libération. Il annonce un partenariat avec la Fondation Jean Jaurès et l’agence La Netscouade pour lancer « L’œil sur le Front » en octobre 2016 : « Libération a donc décidé, en partenariat avec la Fondation Jean-Jaurès et l’agence La Netscouade, de faire du traitement du FN un axe majeur de son suivi de la campagne présidentielle, actant la place centrale du parti d’extrême droite et la rupture de nombreuses digues morales et idéologiques dans la droite « classique ». (…) Avec l’ambition d’en faire la plateforme de référence. Un site mêlant formats journalistiques, travaux universitaires, archives, data, alertes citoyennes et tribunes de grandes voix. Pour montrer, analyser, repérer, révéler ou comparer, mais aussi pour dénoncer, désintoxiquer. Non pas un traitement de faveur ou de défaveur, mais l’affirmation d’une priorité éditoriale. »

Depuis 2014

« Les Informés » (20h-21h), un mardi sur deux sur France Info : « “Les Informés de franceinfo” est une émission de débats diffusée sur franceinfo du dimanche au vendredi, de 20 heures à 21 heures, présentée par le journaliste de franceinfo Jean-Mathieu Pernin. (…) Durant une heure, cette émission aborde quatre débats d’actualité différents, sur lesquels quatre invités développent leurs points de vue. Il offre ainsi un moment d’approfondissement de l’actualité, en l’éclairant des regards croisés, parfois divergents, des invités. »

Le QG présidentielle 2017 sur RMC Info

Août et septembre 2014

Articles pour grazia.fr, site du magazine féminin français spécialisé dans la mode, la beauté et les peoples.

2013 – 2015

Chef du service politique à Libération.

2011 – 2013

Rédacteur au service politique de Libération (web et papier).

2010 – 2011

Coordinateur éditorial d’Europe 1 Soir (18h/20h).

2008 – 2010

Coordinateur éditorial de la tranche matinale (7h/9h) à France Inter. Il s’occupait notamment de censurer les textes de Stéphane Guillon (l’humoriste « attend de passer à l’antenne. Un des assistants de la matinale, Jonathan Bouchet-Petersen, relit son texte « simplement pour vérifier que ça n’est ni insultant ni diffamatoire »»).

2005  2008

Rédacteur – économie, médias, nouvelles technologies au Le Journal du Dimanche.

Libération : Les renvois d’ascenseur avec Nicolas Demorand

L’arrivée de Jonathan Bouchet-Petersen à l’ancien quotidien maoïste, Libération, en 2011 a suscité une vive polémique au sein de la rédaction. Dans une lettre de la société civile des personnels de libération (SCPL) à Nicolas Demorand, alors membre de la codirection, en juin 2011, la SCPL indique qu’elle « ne peut admettre l’arbitrage consistant à refuser l’embauche à quelqu’un [Alexandre Hervaud] qui a été formé par Libération et a acquis un statut de spécialiste reconnu de son domaine, et l’embauche de quelqu’un [Jonathan Bouchet-Petersen] qui est identifié comme un de tes proches. » En cause, le fait que Jonathan Bouchet-Petersen a été son ex-collaborateur pendant plusieurs années à France Inter (la tranche matinale 6h30-10h00 jusqu’en juillet 2010) et Europe 1

Un article dithyrambique dans le JDD sur Nicolas Demorand signé par Jonathan Bouchet-Petersen

Un renvoi d’ascenseur qui marche dans les deux sens car c’est Jonathan Bouchet-Petersen qui a signé un article plus que flatteur : « Demorand : à la télé comme à la radio » sur Nicolas Demorand dans le Journal du Dimanche (JDD) en mai 2008 : « Virevoltant d’une idée à une autre, développée chaque fois avec l’aisance d’un normalien agrégé de lettres, Nicolas Demorand a la jubilation intellectuelle communicative (…) Il serait toutefois dommage de s’arrêter à ce look bien de son âge. Ce serait passer à côté d’un journaliste brillant se définissant comme “rond mais carré”. Un bosseur qui n’en oublie pas d’être sympathique. »

Nicolas Demorand n’y voit aucun mal : « Quand il a rédigé le portrait dans le JDD, on ne travaillait pas ensemble, je ne l’avais jamais rencontré. Par la suite, il s’est retrouvé au chômage et je l’ai embauché. C’est aujourd’hui l’un de mes plus proches collaborateurs. Il est titulaire d’une carte de presse et il m’a accompagné pour le 18-20 d’Europe 1. »

Parcours militant

Non renseigné

Ce qu’il gagne

Non renseigné

Publications

Non renseigné

Il l’a dit

Front national

« Et comme la voix de la raison ne peut pas être la seule réponse face au déferlement populiste, la diabolisation des thèses et surtout des desseins du FN reste ô combien nécessaire », « Diabolisation », Libération, 5 février 2016.

« Les offensives lancées contre le FN, à quelques jours du scrutin, par les journaux du groupe belge Rossel dans la région Nord-Pas-de-Calais – Picardie (La Voix du Nord, le Courrier picard, Nord-Éclair) comme par l’hebdo chrétien Croix du Nord et, moins surprenant, par le président du Medef, Pierre Gattaz, sont légitimes », « Face à Le Pen, la presse régionale monte au front », liberation.fr, 2 décembre 2015.

« Comme si le vote était nécessairement un vote d’adhésion. Ce n’est pas toujours le cas. On peut voter « faute de mieux » ou même « contre » un candidat. Quand la gauche appelle à voter UMP pour faire barrage au FN, elle n’a pas besoin de rappeler que le PS, ce n’est pas la même chose que l’UMP. Elle ajoute juste un codicille important : ce qui nous différencie que l’UMP est beaucoup moins important de ce qui nous sépare du FN. Puisque l’un est un parti républicain, pas l’autre », « La méthode Coué de l’UMP pour justifier son ni-ni », liberation.fr, 2 février 2015.

« À partir de quel contingent de députés frontistes Mariani juge-t-il qu’il faut se mettre à combattre l’élection d’un parlementaire FN ? », Ibid.

« Une tentative de normalisation qui ne doit pas faire oublier que le parti de Marine Le Pen est tout sauf républicain », « Front national : label et la bête », liberation.fr, 12 octobre 2013.

«  Pour la France, pays des droits de l’homme, le symbole d’un FN en tête fait tache. Il est même ravageur au plan international et ne manquera pas de susciter les railleries sur le fameux « modèle français » », « Des élections entre Europe et haine », liberation.fr, 26 mai 2014.

Faire voter l’électeur de gauche pour la Droite en cas de risque de victoire du FN

« Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Paca, Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine : comme en 2002, les électeurs de gauche se retrouvent sommés de voter contre leurs convictions pour faire barrage au FN. Petit manuel à l’usage des indécis. Revue des arguments qui peuvent les convaincre de voter, exceptionnellement, pour la droite. Parce que ce n’est pas adhérer à leurs programmes de droite que de soutenir, comme un moindre mal, l’élection de Christian Estrosi en Paca, de Xavier Bertrand en Nord-Pas-de-Calais-Picardie ou a fortiori de Philippe Richert en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine. C’est prendre acte qu’il y a une différence de taille entre des adversaires politiques et des ennemis de la République comme Marion Maréchal-Le Pen, Marine Le Pen et Florian Philippot. Une collectivité présidée par la droite, dans les faits, c’est différent de ce que réalise l’extrême droite dans les villes qu’elle administre : baisse de subventions aux associations de quartier, attaques contre la culture, baisse des prestations sociales, etc.
Parce qu’il faut tout faire pour éviter d’offrir au parti frontiste des tribunes telles que des présidences de région. Il serait hasardeux de miser sur leur échec patent d’ici au premier tour de la présidentielle.
Parce qu’il en va plus largement de l’image de la France, alors que les trois régions concernées pèsent pour un quart de la population française et comptent de grandes villes comme Marseille, Lille ou Strasbourg.(…) Parce que le retrait est la seule solution républicaine. », liberation.fr, 8 décembre 2015.

Jean-Marie Le Pen

« Ce, alors que depuis plusieurs décennies, son père [Jean-Marie Le Pen] a fait preuve avec la même constance d’une réelle maîtrise sémantique et d’un appétit pour les dérapages racistes, islamophobes, mais surtout antisémites. » « Le Pen, l’antisémitisme et la théorie du gendre », liberation.fr, 9 juin 2014.

Référendum

« En cédant à la tentation du référendum si près de la prochaine présidentielle, a fortiori sur un sujet aussi sensible dans son camp et dans une période aussi troublée, François Hollande ferait un bien mauvais usage de la démocratie directe », « Pas de référendum sur la déchéance ! », liberation.fr, 25 décembre 2015.

« En ce qui concerne l’extension de la déchéance de nationalité, même Manuel Valls a reconnu que sa seule vocation était symbolique. Demander aux Français de valider l’idée que certains citoyens nés Français le seraient moins que d’autres au seul motif qu’ils sont binationaux, cela reviendrait à faire un référendum pour graver dans la Constitution la notion de « Français de souche ». Ce serait là une déchéance morale et politique pour la gauche au pouvoir. » Ibid.

« Mais la présidente du parti d’extrême droite [Front national] est surtout le principal réceptacle électoral de cette haine déversée en ligne. Et elle [Marine Le Pen] le sait très bien », «  France rance », liberation.fr, 21 septembre 2016.

Musulmans/Islam

« Un peu partout en Europe et singulièrement en France, l’époque est aux égoïsmes nationaux et à la stigmatisation des musulmans », « Diabolisation », liberation.fr, 5 février 2016.

Divers

« Aux États-Unis, on imagine bien le général Piquemal voter Trump pour son rapport fascisant à la politique et sa haine revendiquée des immigrés. Une haine qu’il n’est pas glorieux, à Calais comme ailleurs, d’habiller des atours de la nostalgie ou d’un « patriotisme » alors dévoyé en ultra-nationalisme tendance ratonnade », « Christian Piquemal, général de rance », liberation.fr, 7 février 2016

« Cela paraît bête à écrire, mais Finkielkraut, dont les idées ne sont évidemment pas celles des participants de Nuit debout, avait pleinement le droit de se pointer sans bristol à République, en simple spectateur. Les acteurs du mouvement avaient, eux, tout autant le droit de lui signifier individuellement leur hostilité à sa présence. (…) Mais quelques heures après le passage d’un Varoufákis forcément mieux accueilli, qu’espérait donc Finkielkraut, libre de ses allées et venues mais suffisamment lucide pour anticiper les réactions que sa présence à Nuit debout ne pouvait que susciter ? », « Finkielkraut à République, tête à clash », liberation.fr, 17 avril 2016.

« Cathos intégristes, nazillon exilé, illuminés traditionalistes en tous genres, c’est une France rance qui s’exprime sur ces canaux. Chaque chapelle ou presque dispose de son média en ligne, tandis que certains sites jouent les plateformes communes pour une clientèle protéiforme mais surtout croissante. Une radicalité qui dépasse le cadre du débat républicain et dont Éric Zemmour est aujourd’hui la tête de gondole la mieux exposée dans les « vieux » médias de masse », « France rance », liberation.fr, 21 septembre 2016.

« Homophobe, islamophobe et sexiste, le polémiste prêche avec succès ses thèses sur la déliquescence de la nation. Comme une autre face d’un lepénisme rampant et décomplexé. (…) Avec son Suicide français (Albin Michel), il a tenu ses promesses de contre-révolutionnaire nationaliste du petit écran. (…) Cette tactique de la provoc télévisuelle est devenue la marque de fabrique d’Eric Zemmour, ce troll identitaire selon lequel la France n’en finit plus de s’enfoncer dans la décadence, sous la double tyrannie de l’Europe et des minorités. Une méthode très efficace, dont il use jusqu’à la caricature. Avec un succès qui, sur le fond comme sur la forme, est un symptôme de l’époque. En rupture de stock, son livre se vend à 5 000 exemplaires par jour. Lui qui se dit victime de la bien-pensance de gauche, n’a jamais eu autant de visibilité, en tête de gondole la plus rance du paysage médiatique », « Zemmour, une dérive française », liberation.fr, 11 octobre 2014.

« La France des blouses grises en somme, celle de son enfance de juif d’origine pied-noir élevé en banlieue parisienne, pur produit de la méritocratie française. Ainsi confond-il [Éric Zemmour], en hyperindividualiste starisé d’une époque dont il dénonce pourtant l’égoïsme, son propre destin avec celui de la nation française », Ibid.

« Faut-il en rire ? Le phénomène [Éric Zemmour] mérite d’être pris au sérieux tant ses propos xénophobes et souvent sexistes font le lit, aux heures de très grande écoute, des idéologies les plus extrêmes. Quand ses dérapages, nombreux, le conduisent au-delà des frontières de la loi (il a déjà été condamné), la plupart de ses soutiens en appellent d’abord à une conception sans limites de la liberté d’expression », Ibid.

« Ni intellectuel ni historien, [Éric Zemmour] part de faits, certes avérés, qu’il malaxe de son intelligence orientée et qu’il transforme pour asseoir ses fantasmes de restauration. Et s’imposer, même s’il s’en défend, comme le lessiveur en chef des idées du FN dans l’espace public », Ibid.

« Reste qu’entre le risque de se faire accuser de communautarisme électoral et le contexte de poussée du FN, à une époque où les amalgames sont légion, la diversité n’a pas le vent en poupe. Cela pourrait durer, au moins jusqu’à ce que les électeurs de la diversité votent en masse », « En France, l’immigration est rarement sortie des urnes », liberation.fr, 5 mai 2016.

Sa nébuleuse

Sophie Bouchet-Petersen

Née en 1949 à Marseille et selon la lettre d’informations Faits et Documents (n°233) dans une famille de la haute bourgeoisie catholique de droite. Son père, mi-pied-noir mi-danois est chef d’une grande entreprise ; sa mère est italo-provençale. La famille est favorable à l’Algérie française et à l’OAS. À l’inverse, Wikipédia indique que sa famille était « gaulliste ». Le Monde est plus mitigé : « Il faut assembler le puzzle. Et quel puzzle ! Au départ, une petite fille passionnée de latin et de grec, bien née dans une famille catholique et gaulliste. Le père, mi-pied noir, mi-danois, est chef de grande entreprise ; la mère, italo-provençale, autorise Sartre et Camus alors que le reste de la famille subit l’influence de l’OAS. »

En 1966, elle s’inscrit à la faculté de Nanterre et plonge très rapidement dans le gauchisme le plus extrême. Après avoir rencontré le mouvement lambertiste dont le dirigeant nanterrois était alors Charles Berg (elle déclara pourtant n’avoir pas flirté avec les lambertistes : « C’est la secte la plus archaïque, celle qui a toujours refusé la nouveauté et s’est trompée sur tout : au moment de la guerre du Vietnam, ils prétendaient que les Américains allaient écraser les Vietnamiens et, pendant Mai 68, ils disaient de fuir les barricades, car les manifestants allaient être écrasés par les policiers », « Sophie Bouchet-Petersen : la boîte à idées de Ségolène », Le Point, 30 novembre 2006), alias le futur cinéaste Jacques Kirsner (au sein de l’Organisation communiste internationaliste), elle milite pour la Jeunesse communiste d’Alain Krivine. Dans cette organisation, ancêtre de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR) et de l’actuel Nouveau Parti Anticapitaliste, elle adopte le pseudonyme de Sarah et entre en tant que claviste à Rouge (la publication de la LCR). En 1967, elle entre au comité central de l’organisation pour ne le quitter qu’onze ans plus tard en 1978. Malgré son activisme politique, Sophie Bouchet-Petersen réussira à décrocher une licence de philosophie.

Durant cette période, Sophie Bouchet-Petersen s’engage à fond dans les émeutes de Mai 1968. Sa meilleure amie sera la future sociologue Nicole Lapierre (la future épouse d’Edwy Plenel, futur directeur de la rédaction du Monde puis de Mediapart, après avoir été rédacteur en chef de Barricades).

Elle épouse Dominique Bouchet, le maquettiste du journal Rouge, « alors que sa génération envoie promener le rituel bourgeois. “C’était la seule façon de l’imposer à ma famille”, justifie-t-elle. » (« Sophie Bouchet-Petersen, du trotskisme à Ségolène Royal », Le Monde, 10 mai 2006. Le couple, aujourd’hui séparé, aura des jumeaux (le futur journaliste Jonathan Bouchet-Petersen et Rebecca) et vivra alors en communauté avec le journaliste de Rouge, Denis Pingaud (ancien directeur de la stratégie chez Euro-RSCG et conseiller de Laurent Fabius, désormais président général de Balises, une entreprise spécialisée dans le conseil en stratégies d’opinion et de communication) et sa compagne à Vincennes.

Membre de la cellule Taupe rouge de Boulogne-Billancourt, elle passera cinq ans à y vendre le journal trotskyste.

En parallèle à ses activités, elle s’investit dans le mouvement féministe. Sophie Bouchet-Petersen figure dans le commando du Mouvement de libération des femmes qui envahit L’Express en 1974 afin de protester contre la publication dans ses colonnes d’Histoire d’O. Elle barbouille ainsi de rouge à lèvres le bureau de Jean-Jacques Servan-Schreiber, un fouet à la main ! Son dernier fait d’arme avant de quitter le monde du trotskisme en 1978 et de se présenter cette même année aux élections législatives dans le VIIème arrondissement de Paris pour la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR).

Assistante au Fonds de la recherche, à la direction générale de la recherche scientifique et technique (1976-1981), Sophie Bouchet-Petersen intègre l’équipe présidentielle de François Mitterrand comme conseillère technique et elle est placée après son élection en 1981 à la présidence de la République comme chargée de mission au ministère de l’Industrie. En 1983, elle est recrutée par le très controversé Alain Boublil (condamné dans l’affaire Pechiney), alors conseiller technique au secrétariat général de la Présidence, comme chargée de mission pour les entreprises en difficulté (1983-1988). De 1981 à 1993, elle œuvre comme « nègre » auprès de François Mitterrand, figurant dans la petite équipe des plumes de l’ombre.

Ce n’est qu’en 1988 qu’elle sera officiellement nommée conseiller au Secrétariat général de la présidence de la République, auprès de Bernard Pêcheur, conseiller social du président de la République. En janvier 1990, elle est nommée, sur intervention directe de François Mitterrand, maître des requêtes au Conseil d’Etat au tour extérieur.

Elle finit par adhérer au Parti socialiste (PS) en 1993 et se fait placer la même année en disponibilité (jusqu’en 1997) afin de se lancer dans un nouveau projet militant, l’association Droit de cité, chargée d’animer des « réseaux de quartier » dans les banlieues difficiles. (Dans un article paru dans le quotidien Le Monde, le 5 décembre 1996, « Le rap décape, la France dérape », elle prend fait et cause pour le groupe NTM : « La violence du rap ? Celle de la vie, d’abord. Plus que quelques dérapages racoleurs, c’est ce qui dérange. Ces chroniques ne sont pas suaves. La réalité non plus. » Avant d’écrire que « l’intégration, pour le dire vite, ça marche. Sur le plan culturel, du moins. Des résultats scolaires (identiques à niveau social équivalent) au nombre des unions et des amitiés mixtes, des sports et des groupes de rap qui les mêlent aux profils des jeunes leaders qui font bouger les cités. Adhésion à la France et participation sur un pied d’égalité à la culture populaire et juvénile. » Ce sera un coûteux fiasco qui aboutira au départ de la plupart de ses responsables, dont Sophie Bouchet-Petersen, qui lanceront alors un autre projet, toujours soutenu en sous-main par le Parti socialiste, le mouvement « Stop la violence » qui sera également un échec. De son côté, elle lancera également un projet quasi mort-né l’UniverCité Christian-Bachmann pour lutter contre les discriminations. Sophie Bouchet-Petersen en profite pour participer à la « rencontre intercontinentale pour l’humanité et contre le néolibéralisme » organisé dans le Chiapas par l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) du sous-commandant Marcos et réaliser un documentaire « Ya basta ! Chiapas, été 1996 » en collaboration avec Patty Villers.

Par le biais du réseau socialiste, on la retrouve ensuite (mars à août 1998) comme chargée de mission auprès du président de l’Etablissement public du Parc et de la Grande halle de la Villette, Bernard Latarjet, avant qu’elle ne retourne au Conseil d’Etat. De mars 1999 à mars 2000, elle figure au cabinet de Ségolène Royal comme conseiller technique pour les dossiers concernant la lecture, le langage, et les zones d’éducation prioritaire. En mai 2000, elle devient conseiller de Ségolène Royal, devenue ministre délégué à la Famille, à l’Enfance et aux personnes handicapées. Selon Le Point (« Sophie Bouchet-Petersen : la boîte à idées de Ségolène », Le Point, 30 novembre 2006), « dans ce ministère, Ségolène Royal (…) entourée de Sophie Bouchet-Petersen et de quelques experts, parmi lesquels la sociologue Irène Théry, elle va revisiter l’approche de la gauche autour de l’axe sécurité et liberté. Entre adultes consentants, il faut continuer à libéraliser et intégrer la mutation des familles (recomposées, homoparentales). En revanche, sur l’axe vertical, les rapports parents-enfants, professeurs-élèves, il faut consolider l’autorité légitime. Cette nouvelle vision de la politique de la famille n’est pas facile à faire passer à gauche. »

Puis, de novembre 2001 à mai 2002, elle sera conseiller aux affaires réservées auprès de Christian Paul, secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer. Elle en profite pour participer au sommet altermondialiste de Porto Alegre, en retenant l’idée de démocratie participative, une idée reprise par la suite par Ségolène Royal. Elle devient alors conseiller technique en charge de la décentralisation au cabinet de Jean-Paul Huchon, la décentralisation et les initiatives nouvelles de démocratie participative. Sophie Bouchet-Petersen rejoint l’année suivante Ségolène Royal comme conseillère spéciale de la présidente du Conseil régional de Poitou-Charente, puis entre dans son équipe de campagne comme son principal bras droit. Elle participe au lancement de son site Internet Désirs d’avenir, fournissant par ailleurs une bonne partie de ses argumentaires, en piochant dans les discours de Jean Jaurès, Léon Blum ou François Mitterrand. Sophie Bouchet-Petersen retrouve ensuite Ségolène Royal en tant que conseiller spécial au conseil régional Poitou-Charentes.

Le 4 avril 2014, elle est nommée chargée de mission pour les relations avec les chercheurs, le mouvement associatif et la démocratie participative et citoyenne auprès de Ségolène Royal en sa qualité de ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie. Dans un décret de novembre 2015, du Président de la République, « il est mis fin à la mise à disposition du ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie de Mme Sophie Bouchet-Petersen, conseillère d’État, à compter du 1er mars 2016 » et l’ancienne plume de Ségolène Royal « est admise à faire valoir ses droits à la retraite. »

En septembre 2016, elle fait partie de la centaine de convives entourant Ségolène Royal lors de son anniversaire, « d’anciens soutiens et de nouveaux proches étaient là », dans les salons et le jardin du ministère de l’Écologie.

« La conseillère spéciale de Ségolène, Sophie Bouchet-Petersen, avait toujours l’expression “démo-part” à la bouche. Lorsque, plus tard, j’ai travaillé avec mon agence sur le journal en ligne, j’ai intitulé naturellement mon dossier “Media-Part” explique Benoît Thieulin. » « Mediapart: d’ombre et de lumière », L’Express, 23 octobre 2013.

Gilles Finchelstein

Né le 28 juin 1963 à Paris, proche du Parti socialiste en tant que plume de Pierre Mauroy, premier secrétaire du Parti socialiste à la fin des années 1980 et fondateur de la Fondation Jean Jaurès. Il sera ensuite la plume de Lionel Jospin pendant les campagnes présidentielles de 1995 et de 2002, mais aussi celle de Dominique Strauss-Kahn lorsqu’il devint ministre de l’Économie en 1997 jusqu’à sa chute en 2011 et finalement une des plumes du président de la République François Hollande (« Le président [François Hollande], à l’évidence, compte de plus en plus sur lui », « Gilles Finchelstein, un petit tour en « Hollandie » », Le Monde, 8 septembre 2016.

Gilles Finchelstein est membre depuis 2008 du club Le Siècle et il a été invité de la Fabian Society, le principal think tank mondialo-travailliste en 1999. Chargé d’imposer le libéralisme et le mondialisme à l’intérieur du Parti socialiste, il développe les thèses de la « Troisième voie » (libéralisme et mondialisme économique, socialisme en matière sociale et culturelle). Il est depuis 2000 directeur général de la Fondation Jean Jaurès et devient en 2002 directeur des études de Havas Worldwide (anciennement Euro RSCG Worldwide). Cette consanguinité entre le monde de la communication et celui de la politique, en l’occurrence le Parti socialiste, n’a rien d’un hasard. Les agences de communication successives depuis la mutation de RSCG, en Euro RSCG et désormais en Havas Worldwide, ont été les promoteurs publicitaires des personnalités du Parti socialiste comme François Mitterrand, Michel Rocard, Dominique Strauss-Kahn, Lionel Jospin ou Manuel Valls grâce au savoir-faire et à l’entregent de Jacques Séguéla et de Stéphane Fouks. L’ouvrage Les gourous de la com: Trente ans de manipulations politiques et économiques, d’Aurore Gorius et Michaël Moreau (La Découverte, 2012) décrit le système Euro RSCG : « d’une sphère à l’autre, du public au privé, l’influence reste la pièce maîtresse du dispositif d’Euro RSCG. Séguéla a posé les fondations, puis Fouks a bâti des réseaux politiques sophistiqués. Selon certaines sources, le conseil politique en lui-même ne représenterait que 3% du chiffre d’affaires, mais rapporterait de nombreux contrats. Beaucoup moins encore selon Stéphane Fouks, qui parle de un pour mille dans le business de l’agence, et seulement 3% du temps de travail. Pourquoi cette disparité de chiffres ? La vérité se situe entre les deux. Car en politique, si les services d’Euro RSCG sont souvent officiellement gratuits, ils cachent néanmoins la signature de missions rémunérées en bonne et due forme. (…) Tous les collaborateurs d’Euro RSCG sont encouragés à conseiller des politiques. Officiellement, parce que c’est une excellente école de formation. Officieusement parce que cela permet de cultiver les réseaux nécessaires pour faire prospérer l’agence. »

Autre particularité, l’agence va « jusqu’à recruter et s’implanter physiquement dans tous les lieux de pouvoir. Ainsi Gilles Finchelstein, un des consultants les plus proches du couple DSK-Anne Sinclair, a ainsi été cueilli à sa sortie du cabinet de Pierre Moscovici, en 2002. » Comme il le résume aux auteurs de l’ouvrage, son travail consiste pour ses clients à « l’écriture de tribunes, réécriture d’interviews, choix des éléments de langage ou bien du conseil : faut-il parler ou pas ? Que dire, où et quand ? » Il est dès lors très difficile de penser qu’il n’y a pas chez Gilles Finchelstein mélange des genres entre la Fondation Jean Jaurès (proche du Parti socialiste) dont les études orientées sont reprises par l’ensemble des médias et son emploi de communicant spécialisé…. dans la politique et les sondages et dont les principaux clients sont des personnalités du Parti socialiste !

Fondation Jean Jaurès

Fondée en 1992, la Fondation Jean Jaurès se veut un « think tank, un acteur de terrain et un centre d’histoire au service de tous ceux qui défendent le progrès et la démocratie dans le monde ». Véritable boîte à idée du Parti socialiste, elle en a été longuement dirigée par l’un de ses caciques, l’ancien Premier ministre Pierre Mauroy (1992 à 2013) et depuis 2013 par l’ancien ministre socialiste Henri Nallet. Par ailleurs, Gilles Finchelstein en est le directeur général depuis 2000. Reconnue d’utilité publique dès sa fondation, la Fondation Jean Jaurès bénéficie des subventions publiques et d’aides privées, notamment de Véolia, Matmut, Caisse de dépôts, Edf, Orange, etc. Depuis sa création, la Fondation Jean Jaurès prône une lutte sans réserve vis-à-vis du Front national, notamment par l’étude sociologique de son électorat, l’analyse de ses discours mais également la diffusion auprès des journalistes et décideurs politique du prêt-à-penser officiel qui peut se résumer ainsi : « asséner que le vote FN est immoral, raciste et xénophobe ne convaincra pas les électeurs tentés par le frontisme. C’est en montrant que le FN n’a pas changé, qu’il reste un parti antirépublicain et en envisageant une réponse plurielle qu’on laissera le Front national à sa place : en dehors de la République. » C’est dans cette optique que la Fondation Jean Jaurès a lancé en mars 2014, l’Observatoire des radicalités politiques (ORAP) présidé par Jean-Yves Camus. Conçu afin de « rationaliser l’analyse des dynamiques radicales qui travaillent les sociétés européennes et mettent à mal le paradigme de l’humanisme égalitaire » (lien : https://jean-jaures.org/observatoires/observatoire-des-radicalites-politiques), l’Observatoire des radicalités politiques servira de cheville ouvrière à l’observatoire du Front national de Libération, « L’œil sur le Front ». Ce sont les dizaines de chercheurs (Cécile Alduy, Joseph Beauregard, Gaël Brustier, Sylvain Crépon, Xavier Crettiez, Alexandre Dézé, Romain Ducoulombier, Delphine Espagno, Joël Gombin, Nicolas Lebourg, Rudy Reichstadt ,Dominique Sistach) de l’Observatoire des radicalité politiques, qui trustent les plateaux de télévision et qui fourniront les enquêtes à l’hallali médiatique à l’encontre du Front national menée par le quotidien Libération en vue des élections présidentielles. Proches du PS, ils s’en défendent néanmoins : « L’Orap est hébergé par la Fondation Jean Jaurès, organisme de gauche. Mais les membres déclinent toute orientation partisane. “Nous avons accepté à condition d’avoir une totale indépendance et de pouvoir agir en toute liberté, précise Sylvain Crépon. Nous ne sommes pas un groupe de lutte politique mais bien des chercheurs qui ont pour objectif d’approfondir les connaissances.” »

Parti socialiste – Stéphane Fouks – Patrick Drahi – Bernard Mourad : Un drôle de ménage à trois.

Stéphane Fouks, vice-président du Groupe Havas et coprésident exécutif Havas Worldwide, a été présenté au milliardaire franco-israélien et futur patron du quotidien Libération, Patrick Drahi par Bernard Mourad, banquier chez Morgan Stanley en octobre 2013. Au sein d’Havas, Stéphane Fouks a confié le « dossier Drahi » à Arthur Dreyfuss, l’un de ses jeunes disciples. À cette époque, Patrick Drahi est en pleine négociation économique pour le rachat de SFR et il a rapidement compris que cette opération « prendrait une tournure politique », l’homme d’affaires consentant « à faire ce qu’il n’avait jamais fait jusque-là : embaucher un cabinet de communication. Son choix s’est porté sur Havas Worldwide, société de conseil de Stéphane Fouks, l’ancien spin doctor de Jérôme Cahuzac et de Dominique Strauss-Kahn. Peu après, Patrick Drahi entrouvrait sa porte à une poignée de journalistes triés sur le volet » qui concoctèrent par la suite des sujets sur-mesure. Les articles qui suivirent « décrivaient les managers d’Altice, basés à Genève, comme une petite équipe de jeunes et brillants esprits venant au travail en jean, sans secrétaire, réservant eux-mêmes leurs vols sur easyJet. (…) Le bureau de Patrick Drahi se résumerait à son iPhone 6S. Le seul luxe des lieux est une machine Nespresso et un minifoot « que personne n’a le temps d’utiliser », racontait par exemple le Financial Times. » ( « DETTE L’homme qui valait moins 48 milliards », hebdo.ch, 24 décembre 2015). Une réalité totalement artificielle car les journalistes, aux ordres de Stéphane Fouks semble-t-il, ont totalement oublié de mentionner les somptueuses villas de Patrick Drahi et de sa garde rapprochée….

Les liens entre les différentes strates du Parti socialiste et la galaxie de Patrick Drahi sont multiples. Bernard Mourad est devenu conseiller spécial d’Emmanuel Macron en octobre 2016. Il a démissionné pour cela du groupe Altice de Patrick Drahi qu’il avait rejoint en février 2015 en tant que patron de la branche média du groupe…

Ancien de la French American Fondation (promo 2001), Stéphane Fouks (voir § Nébuleuse Gilles Finchelstein) a des liens quasi-consanguins avec le Parti socialiste et notamment avec le Premier ministre Manuel Valls.

Quant à Patrick Drahi, « selon plusieurs sources concordantes, le sauvetage du quotidien de gauche Libération par le PDG de Numéricable, Patrick Drahi, aurait été vivement encouragé par l’Elysée » et donc par le président de la République et ancien premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande. « L’État aurait mis dans la balance une issue positive au rachat de SFR par l’homme d’affaires franco-israélien. » Le magazine Marianne (« Des médias sous influence » 22 au 28 avril 2016) confirme cette information, selon un initié de la transaction, « Drahi est éloigné de la vie politique française, mais quand Hollande lui a demandé de racheter Libération, il l’a fait. C’est lui permettait de faire la paix avec le pouvoir, et de montrer qu’il est un bon citoyen, alors que son modèle fondé sur la défiscalisation est critiqué. »

L’agence La Netscouade

Cette « agence de communication et de transformation numériques » a été fondée en 2007 par Benoit Thieulin, qui fut également le président du Conseil National du Numérique de janvier 2013 à janvier 2016. Elle a rachetée en septembre 2016 par ESN Openau, le fondateur de La Netscouade, Benoit Thieulin, étant nommé directeur de l’innovation, et rejoignant le comité exécutif d’Open. Comme Sophie Bouchet-Petersen, il a été membre de l’équipe de campagne de Ségolène Royan en 2007, en dirigeant sa campagne internet et en mettant notamment en place le site Désirs d’avenir. Avant « de participer à une mission d’étude aux États-Unis en 2009 avec le think tank proche du PS Terra Nova, avec pour objectif d’étudier les innovations de la campagne présidentielle d’Obama » et au lancement de Mediapart : « La conseillère spéciale de Ségolène, Sophie Bouchet-Petersen, avait toujours l’expression “démo-part” à la bouche. Lorsque, plus tard, j’ai travaillé avec mon agence sur le journal en ligne, j’ai intitulé naturellement mon dossier “Media-Part” explique Benoît Thieulin. » (« Mediapart: d’ombre et de lumière », L’Express, 23 octobre 2013.

Nicolas Demorand

Ils ont dit

Société civile des personnels de Libération (SCPL) : « Enfin, nous avons appris l’arrivée prochaine, pour un CDD de longue durée, de Jonathan Bouchet-Petersen, ancien collaborateur de Nicolas Demorand sur France Inter. Alors qu’il avait assuré venir seul lors de la présentation de son projet, cette politique d’embauche fait douter de sa parole. D’autant que plusieurs pigistes permanents, à plein temps sur certains postes, sollicitent souvent la direction sur leurs perspectives professionnelles et se voient rétorquer une impossibilité économique. Deux poids, deux mesures? Nous souhaiterions que la direction s’appuie davantage sur les talents de l’équipe pour faire évoluer le quotidien, objectif que nous partageons. Pour ces raisons, et avant que ce climat ne devienne dommageable au fonctionnement de Libération, nous votons la défiance. » Source : asset.rue89.com/files/Liberation.pdf

Cédric Mathiot, de la Société civile des personnels de Libération (SCPL) : « Nicolas Demorand s’appuie beaucoup sur lui[ Sylvain Bourmeau]. Plus que sur l’équipe en place. On aimerait qu’il vienne plus vers nous. L’arrivée d’un deuxième proche [Jonathan Bouchet-Petersen] ne nous rassure pas », «A Libération, la motion contre Demorand approuvée à 78% », rue89.nouvelobs.com, 30/06/2011. (lien : http://rue89.nouvelobs.com/2011/06/30/a-liberation-la-motion-contre-demorand-approuvee-a-78-211485)

« Nicolas Demorand a transmis la candidature de Jonathan Bouchet-Petersen, qui aurait ensuite suivi le parcours d’embauche classique : CV, lettre de motivation, plusieurs entretiens. Ludovic Blecher, éditeur en chef de Liberation.fr, a assuré, mercredi en assemblée générale, avoir vu « deux ou trois » candidats », Ibid.

« Quatre mois après son arrivée à la tête de Libé, Nicolas Demorand suscite la colère de journalistes de la rédaction. En cause, la décision de ne pas embaucher Alexandre Hervaud, journaliste à Ecrans.fr, spécialiste des réseaux sociaux et autres geekeries, et dont le contrat en CDD arrive à expiration, alors même que Demorand souhaite embaucher Jonathan Bouchet-Petersen, son ex-collaborateur à France inter et Europe 1 », « Grondements anti-Demorand à Libé », arretsurimages.net, 29 juin 2011.

« Deux autres motifs de contestation s’ajoutent à ces griefs. La rumeur d’embauche de Jonathan Bouchet-Petersen, proche de Nicolas Demorand, est perçue comme une provocation par la rédaction. Il a d’abord été évoqué qu’il signe un CDI, avant que le remue-ménage ne force la direction à l’orienter sur un CDD, probablement de longue durée de 9 ou 18 mois. Mais au sein du journal, les journalistes ne sont pas dupes. « Il sera bien sûr embauché au bout du compte », dit l’un d’eux », « Nicolas Demorand largement désavoué par les journalistes de Libération », Ouest-France, 30 novembre 2011.

Crédit photo : Les Rencontres RSLN via Flickr (cc)

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