Jean-Pierre Pernaut

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Dernière modification le 18/02/2015

Jean-Pierre Pernaut,
au service des régions

« Les cultures régionales sont des richesses infinies que le monde nous envie »

Il est le journaliste le plus détesté de la bobocratie médiatique parisienne (Les Inrocks, Libération, etc…) mais son « Journal de 13 heures » est le plus suivi du PAF (près de 7 millions de personnes quotidiennement). Populaire, héraut de la France des régions, fier de ses racines, Jean-Pierre Pernaut est né à Amiens en avril 1950 et a grandi à proximité, à Quevauvillers. Son père était industriel [ou ingénieur, suivant les entretiens] et sa mère pharmacienne (« Jean-Pierre Pernaut », Presse océan, 29/09/2013), son « grand-père fut conseiller municipal » (« Il vient d’Amiens », L’Express, 01/06/2006) de la capitale de Picardie. Son frère aîné est médecin à Amiens (« Je suis fier d’être resté le journaliste provincial d’Amiens », Le Courrier picard, 19/02/2012). Remarié depuis 2007 avec la comédienne Nathalie Marquay, ancienne Miss France (1987). Il a eu 4 enfants de deux mariages différents.

Il a été 3 fois champion de France de hockey sur gazon.

Formation

Diplômé de l’École supérieure de journalisme de Lille en 1975, il fait son premier stage en journalisme dans le quotidien régional Le Courrier picard.

Parcours professionnel

1972 : il entre à l’ORTF en tant que reporter et présentateur.

1975 : il devient responsable et présentateur du 23h de TF1.

De 1978 à 1980 : il co-présente le journal de 13h avec Yves Mourousi.

Février 1988 à aujourd’hui : présentateur du Journal de 13h. Selon les journalistes Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts, auteurs du livre La bonne soupe. Comment le 13 heures de TF1 contamine l’info : « Quand Bouygues prend les manettes de TF1 en 1987, il s’attaque à deux programmes : Droit de réponse de Michel Polac, qui incarnait la télé de 1981 et qu’il a dégommé au premier prétexte et le 13 heures de Mourousi. Le 20 heures, déjà à l’époque, était institutionnel, le 13 heures était beaucoup plus personnel, construit autour de Mourousi et de son carnet d’adresse, tourné vers la culture au sens large, bref “les paillettes” comme le dit dans La bonne soupe Pierre Wiehn, une des têtes pensantes du 13 heures de Pernaut. Toucher au 13 heures c’était symbolique, Mourousi était une vraie star, c’est quand même le type qui a posé ses fesses sur le bureau de Mitterrand ! Mourousi, c’était aussi une équipe très soudée, et qui s’était élevée, au même titre que la rédaction de TF1, contre la privatisation. Mettre le 13 heures de TF1 au pas, c’était aussi mettre la rédaction au pas. Mourousi semblait indéboulonnable, s’attaquer à son 13 heures, pour l’équipe Bouygues c’était dire : nous l’intouchable, on peut y toucher ; nous les journalistes, la rédaction, on peut y toucher, il n’y a plus de tabou. À la place, l’équipe Bouygues a mis l’anti-Mourousi : Jean-Pierre Pernaut. C’est-à-dire un journaliste anti-star qui devait servir de passe-plat entre les reportages qui devaient être plus nombreux et tournés vers les “vrais gens”. En destituant Mourousi, TF1 a fait passer un message à l’intérieur et à l’extérieur de la chaîne : Le choix de Pernaut est à la fois idéologique – “c’est pas les journalistes qui font la loi sur TF1” – et industriel. » (premiere.fr)

Juillet 1991 à juin 2010 : présentateur de l’émission « Combien ça coûte » sur TF1

Janvier 1992 : A la suite de l’entretien truqué du président cubain Fidel Castro par le présentateur du « 20 heures » de TF1, Patrick Poivre d’Arvor, Pernaut signe une pétition lancée par la direction de la chaîne contre « une formidable campagne de dénigrement contre certains journalistes éminents de la chaîne. Cette campagne relayée par certains organes de presse écrite a notamment pris pour cible le présentateur du journal de 20 heures, Patrick Poivre d’Arvor, qui est par la nature de sa fonction l’une des figures emblématiques de TF1. Toute attaque contre lui atteint donc l’ensemble de l’équipe. Les responsables soussignés assurent Patrick Poivre d’Arvor de leur soutien total et de leur solidarité active, ils continueront à ses côtés d’assurer dans un climat d’amitié leur mission d’information au service des téléspectateurs. Ils expriment leur réprobation à l’égard de procès d’intentions politiques, de méthodes nauséabondes et de comportement douteux utilisés à son encontre. Désormais les signataires ne laisseront rien passer sans réagir avec la plus grande vivacité dans l’intérêt même de notre profession », « La polémique sur l’entretien truqué avec Fidel Castro, TF 1 prend la défense de Patrick Poivre d’Arvor », Le Monde, 28/01/1992

Directeur adjoint de l’Information et Administrateur du groupe TF1. Il siège au conseil d’administration de TF1 en tant que représentant CFTC des cadres et des journalistes.

Cinq fois récompensé par un Sept d’or pour sa présentation du Journal de 13h. Il a également reçu en 1999, le prix Roland Dorgelès qui honore les professionnels de l’audiovisuel qui respectent le mieux la langue française.

Autres émissions :

« Aimer vivre en France » série d’émissions de reportage sur les régions.

« 2006 : les images qui ont marqué les Français » co-présenté avec Carole Rousseau.

« Les 60 images qui ont marqué les Français » co-présenté avec Carole Rousseau.

« Le Monde à l’envers » d’abord co-présenté avec Églantine Éméyé puis avec Émilie Mazoyer.

« Paroles de Français » : interview du Président de la République Nicolas Sarkozy par des Français de tous âges et de toutes conditions, sur TF1. Première émission le 25 janvier 2010, Nicolas Sarkozy interviewé par 11 Français ; deuxième émission le 10 février 2011, interviewé par 9 Français.

« En direct de L’Élysée : face à la crise » le 27 octobre 2011, il interviewe, avec Yves Calvi, le président de la République Nicolas Sarkozy sur TF1 et France 2

Parcours militant

Selon Les Échos, ce « fils d’ingénieur fut un moment tenté par la politique, au point d’avoir figuré sur une liste municipale dans sa ville natale [Amiens] l’année [1983] où son invité de ce soir [Nicolas Sarkozy] se faisait élire maire de Neuilly. »

Administrateur, représentant du personnel de TF1 depuis le 23 février 1988. Il appartient à la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC).

Ce qu’il gagne

En 2006, Jean-Pierre Pernaut et sa femme Nathalie Marquay ont gagné 526 000 euros, lors de 50 procès intentés contre la presse « people », Les médiacrates, enquête sur une profession au-dessus de tout soupçon de Jean Nouailhac.

Publications

  • L’almanach des régions 2015, éditions Michel Lafon, 2014
  • L’almanach des régions 2014, éditions Michel Lafon, 2013
  • L’almanach des régions 2013, éditions Michel Lafon, 2012
  • L’almanach des régions 2012, éditions Michel Lafon, 2011
  • L’almanach des régions, éditions Michel Lafon, 2010
  • Combien ça coûte, éditions Albin Michel, 2009
  • La France en fêtes, éditions Michel Lafon, 2008
  • La France des saveurs, éditions Michel Lafon, 2007
  • Au cœur de nos régions, éditions Michel Lafon, 2006
  • Pour tout vous dire…, éditions Michel Lafon, 2006
  • Les Magnifiques Métiers de l’artisanat, tome 2, éditions Michel Lafon, 2005
  • Les Magnifiques Métiers de l’artisanat, tome 1, éditions Michel Lafon, 2004
  • Le meilleur des perles des assurances, éditions Michel Lafon, 2000
  • L’Argent par les fenêtres, TF1 Éditions, 1998
  • Attention arnaques, TF1 Éditions, 1996
  • Les 100 plus beaux produits de France, TF1 Éditions, 1995
  • Les 100 meilleurs fromages de France, TF1 Éditions, 1995

Vidéos

  • Les jeux traditionnels de nos régions, TF1 Éditions, 1994
  • Langues, dialectes et patois des pays de France, TF1 Éditions, 1994

Collaborations

Depuis 2012 : Coauteur de la pièce de théâtre Piège à Matignon avec Nathalie Marquay-Pernaut et Jean-Claude Islert. Ce vaudeville, joué depuis février 2012, raconte de manière humoristique l’impact des rumeurs propagées par internet sur la vie privée et publique d’un homme politique.

2006 : Participe au XVIIIème trophée Andros avec son fils Olivier, pilote confirmé. À cette occasion « l’office du tourisme du coin, subventionné à hauteur de 450 000 euros annuels par Estrosi [alors Ministre délégué à l’Aménagement du territoire] et son conseil général, en a débloqué 150 000 pour sponsoriser la bagnole de Pernaut et fils. Et 50 000 de plus pour diverses promos autour de ce partenariat », « Jean-Pierre Pernaut combien ça coûte à Estrosi », Le Canard Enchaîné, 06/12/2006. Pour le conseiller général du Parti Socialiste des Alpes-Maritimes, Marc Concas, « il est apparu que les 753 600 € attribués à AURON et ISOLA 2000 couvraient en réalité les 200 000 € dépensés pour les loisirs de la famille PERNAUT. (…) À 4 mois d’une échéance électorale majeure, j’étais particulièrement choqué de constater le curieux sens de la déontologie de ce journaliste, qui participe à des rallyes aux frais du Conseil Général des Alpes-Maritimes, présidé par un membre du gouvernement, et bras droit du candidat de l’UMP à l’élection présidentielle. Le comportement de Jean-Pierre Pernaut est d’autant plus condamnable qu’il anime une émission télévisée dénommée « COMBIEN ÇA COUTE » durant laquelle il ne cesse de dénoncer les dépenses inconsidérées et la mauvaise utilisation des deniers publics… Il semble ainsi le plus mal placé pour donner des leçons. » (source)

Il l’a dit

«Va te faire foutre.» Pernaut répondant (message supprimé depuis) à un tweet d’internaute ironisant sur le traitement médiatique des attentats de Charlie Hebdo, 8 janvier 2015.

« Il ne fait pas bon être hostile au mariage homosexuel. Un opposant qui manifestait lors du passage de François Hollande sur M6, dimanche soir, a été condamné à deux mois de prison ferme. C’est une première en France. Et Frigide Barjot, vous savez leader de ce mouvement, est expulsée du logement de la ville de Paris qu’elle louait depuis une trentaine d’années. Tiens donc ! », Journal de 13 heures, TF1, 20/06/2013

« Le 13 heures est le journal des Français, qui s’adresse en priorité aux Français et qui donne de l’information en priorité française. Vous voulez des nouvelles sur le Venezuela ? Regardez la chaîne vénézuelienne. Sur le Soudan ? Regardez les chaînes africaines. Le journal de 13 heures de TF1, c’est le journal des Français », « Jean-Pierre Pernaut, la voix populiste», Télérama, 09/12/1998

« J’ai l’état d’esprit d’un provincial, c’est pour cette raison qu’on m’a proposé de présenter le 13 heures. C’est un journal complètement différent du 20 heures, je peux me permettre de sortir de l’institutionnel », « Taxé de populisme, Jean-Pierre Pernaut répond aux critiques » videos.lexpress.fr, 20/03/2013

« Les cultures régionales sont des richesses infinies que le monde nous envie », « On est au plus près des préoccupations des gens », Directsoir, 28/05/2009

« Dire que TF1 est à la botte du gouvernement, c’est insulter les journalistes de la chaîne. Ça a tendance à m’énerver. Ce sont des gens nostalgiques d’un lointain passé où le pouvoir – qu’ils espèrent acquérir – maîtrisait totalement la télévision. Ce passé est mort, qu’ils se le mettent dans la tête ! La télé aujourd’hui est libre et indépendante ! Quand on parle de sujets sérieux avec ces hommes politiques, on les entend peu. Ils préfèrent insulter des confrères… », « Jean-Pierre Pernaut : “Je ne suis pas le porte-parole du gouvernement”, nicematin.com, 23/11/2010

« Il faut savoir à qui l’on s’adresse. Nous, nous visons les habitants des petites villes et des villages. Pour cette raison, nous éloignons le journal de l’institutionnel. Quand un gouvernement annonce une augmentation du minimum vieillesse, nous n’allons pas interviewer le ministre, mais les personnes âgées. Notre ambition : la proximité », « Le 13 h selon Jean-Pierre Pernaut », Pèlerin Magazine, n° 6355, 16/09/2004.

« Le 13 Heures est bien dans l’air du temps. A Paris on ne se rend pas compte de l’attachement des gens aux cultures régionales que l’on assimile à du folklore alors que c’est profond. Ça fait vingt ans que j’en parle », « Pernaut : « Je suis dans l’air du temps », Le Parisien, 30/05/2008

« On voit leur joie immense hier soir et celle de leurs supporters (…) Et sachez que les Italiens, par souci de solidarité avec leurs compatriotes, ont décidé de ne pas toucher et de ne pas demander leur prime de match ! Il y a heureusement des pays où les joueurs ont de l’éducation et du savoir-vivre. (…) Nos joueurs [équipe de France de football] à nous sont partis en vacances, ils doivent être fatigués, c’est vrai. Et nous toute la semaine, on va parler des métiers de l’été, ça leur donnera des idées s’ils veulent changer de métier… marchands de glaces ou loueurs de matelas par exemple », « Le journal de 13 heures », TF1, 25/06/2012

« Est-ce à une administration (CSA) de dire à des journalistes ce qu’ils ont le « droit » ou pas de diffuser ou de publier », « Affaire Merah: Jean-Pierre Pernaut très en colère contre le CSA », jeanmarcmorandini.com, 11/07/2012

« Une immigration, vous le savez, liée à une délinquance qui s’est beaucoup développée ces dernières années », « Le journal de 13 heures », TF1, 27/08/2010

« Quand on pense que l´essence est en France, à cause des taxes, la plus chère de toute l´Europe, c´est inadmissible ! L´automobiliste est vraiment la vache à lait de tous les gouvernements successifs, de droite comme de gauche. Je ne supporte pas que les gendarmes se cachent ni qu´on dissimule les radars. Le travail de prévention est très mal fait et les limitations de vitesse ne sont pas adaptées », « Jean-Pierre Pernaut : “Trop chère, l´essence !” », Le Parisien, 13/05/1998.

« Je sais que le journal de 13 heures est regardé par un grand nombre de personnes âgées et par une clientèle rurale, précise-t-il. Je n’emploie donc jamais le mot province, mais celui de région. Et Paris n’est qu’une région de France. Proscrit, également, le terme de France profonde », « L’art de la séduction », Le Monde, 19/07/1990.

« Pernaut le revendiquait, lundi, pendant son journal : il promeut “une information proche de la vie quotidienne”, une sorte de télé-miroir s’adressant à des gens nés quelque part. Avec eux, il pense que “tout homme qui ne se retourne pas sur ses racines est un homme perdu” », « Fidèle au poste. Dix ans de Pernaut et de « pays réel » », La Croix, 18/02/1998.

Sa nébuleuse

Bouygues/TF1 : Fils cadet de Francis Bouygues et depuis 1989 le PDG du groupe Bouygues (BTP, énergie, immobilier, routes, média et télécommunications), propriétaire du groupe TF1 après sa privatisation en 1987. Il est le témoin du second mariage de Nicolas Sarkozy, ainsi que le parrain de son fils Louis. Il a été invité à la réunion du Fouquet’s du 6 mai 2007, le soir de l’élection de Nicolas Sarkozy.

Nicolas Sarkozy : « Durant les mois qui ont précédé l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy a bénéficié de relais nombreux dans les médias. La télévision lui était acquise depuis longtemps grâce à des fidèles serviteurs comme Patrick Poivre d’Arvor, Jean-Pierre Pernaut, Claire Chazal et François Bachy sur TF1 (chaîne de son ami Martin Bouygues) et comme Arlette Chabot et Mickael Darmon sur France-2 », « Ces derviches qui se font appeler journalistes », bakchich.info, 14/05/2007. En octobre 2011, Jean-Pierre Pernaut et Yves Calvi ont interviewé Nicolas Sarkozy, alors président de la République pour évoquer la crise financière. Dans un tweet, le journaliste Jean-Jacques Bourdin avait dénoncé : « il choisit les journalistes, son ami Lagardère produit. A quel prix ? Inimaginable ailleurs ». En janvier 2010, Jean-Pierre Pernaut l’avait interrogé dans le cadre de l’émission « Paroles de Français » sur TF1. C’est dans le journal de 13 heures que Carla Bruni-Sarkozy annonce quasi-officiellement sa grossesse, « le 16 mai, (…) est invitée au journal télévisé de 13 heures, sur TF1. Le présentateur, Jean-Pierre Pernault [sic], continue d’alimenter le feuilleton en lui lançant un mystérieux « je sais que vous détestez qu’on parle de votre vie privée, mais j’ai envie simplement de vous féliciter ». « Je vous félicite aussi », répond-elle », « Carla Bruni, une grossesse discrètement médiatisée », lemonde.fr, 19/10/2011

Ils ont dit

Le journaliste Pierre Carles : « Je crois que la facilité aurait été de s’attaquer à Jean-Pierre Pernaut, clairement identifié comme un suppôt du pouvoir, avec ses prises de position primaires contre les grévistes », Plaquette de présentation du film « Fin de concession » de Pierre Carles.

Bruno Roger-Petit : « Faut-il imputer le temps de parole des journalistes de droite au compte de Sarkozy ? Convenons que la question posée en titre est un brin provocante. Mais elle se pose après la lecture d’une liste parue dans “Libération”. C’est une longue liste : Jean-Pierre Elkabbach (Europe 1), Étienne Mougeotte (LCI, RTL), Éric Revel (LCI, RTL), Éric Brunet (RMC, BFMTV), Catherine Nay (Europe 1), Yvan Rioufol (RTL, i>Télé), Yves Thréard (i>Télé), Guillaume Roquette (LCI, France Inter, France 2), Robert Ménard (Sud Radio, i>Télé) et Jean-Pierre Pernaut (TF1) », « Quand un élu UMP attaque Audrey Pulvar, un élu PS s’en prend aux journalistes de droite », leplus.nouvelobs.com, 30/03/2012

Bruce Toussaint : « TF1 aurait mieux fait de garder PPDA et de virer ce type, parce que son travail, c’est 90% de non-journalisme. Le 13 Heures est devenu une sorte de reflet de la France assoupie, idéal pour commencer la sieste. Que Pernaut soit de droite, conservateur et réac’, ça ne me pose pas de problème. Le souci, c’est qu’il exprime ses opinions dans le JT. Il ferait mieux de nous expliquer pourquoi sa femme a les dents aussi blanches », Technikart, septembre 2008

Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts : « À la base, ce journal [13 heures] était inspiré de ceux de New York One, la chaîne locale new-yorkaise, mais appliqué aux régions françaises : des reportages et peu de présentation. Même s’il ne reçoit que très peu d’invités, le fait que le 13 heures de Pernaut soit anti élite, anti administration, est un formidable moyen (au sens quantitatif, pas qualitatif) de faire passer n’importe quelle campagne (hausse du carburant, sécurité routière, insécurité) au sens où il est supposé porter la vraie parole du peuple. Même si c’est totalement faux, puisque la soi-disant parole du peuple passe par des micro-trottoirs auxquels on peut faire dire n’importe quoi. (…) Très folklo, le treize heures incarne bizarrement une tendance très moderne du traitement de l’info. Oui. Le journal de Pernaut est un paradoxe. C’est un précurseur en matière d’info puisqu’avant LCI, il avait impulsé le tout en images. C’est-à-dire tout le monde tout de suite, mais à sa dimension : toutes les régions tout de suite. Le JT de Pernaut est arrivé à la conjonction de deux révolutions : une révolution technologique qui a permis de sortir les caméras de Paris, alors que la grande innovation du 13 heures de Mourousi avait été de sortir les caméras du studio. Deuxième révolution : la chute des idéologies avec notamment la chute du mur de Berlin en 1989, et le repli sur des valeurs conservatrices. Pernaut est l’enfant monstrueux de ces deux révolutions qui, contrairement aux apparences, ne sont pas opposées », « La bonne soupe : comment le 13 heures de TF1 contamine l’info », tele.premiere.fr, 18/09/2007

Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts : « C’est certain, le présentateur du 13 heures de la Une est une valeur sûre, aux manettes de son journal depuis février 1988, au lendemain de la privatisation de TF1. Pas moderniste en diable certes, avec son JT en sabots crottés révérant les belles régions, les métiers oubliés et la maouche ardéchoise cuisinée comme grand-maman », « L’Elysée commande un Pernaut », Liberation.fr, 25/01/2010

Bruno Masure : « C’est la honte de la profession. Il est tout sauf un journaliste. Je donne parfois des conférences et j’explique que pour faire un vrai JT, il suffit de faire exactement l’inverse de Pernaut et ça sera à peu près correct. Il ne traite absolument pas l’info », « Bruno Masure : “Pernaut est la honte de la profession” », 7sur7.be, 21/10/2011

Michel Houellebecq : « Le 13 heures de Pernaut est un lieu où l’on parle des petits bonheurs de la vie, où l’on montre le monde tel qu’il devrait être, où l’on évoque des joies et des plaisirs du passé, comme si tout ce qui était moderne était dangereux. En réalité, le JT de Pernaut n’est pas un journal d’informations, mais plutôt un magazine sur la France », « Jean-Pierre Pernaut, vingt-trois ans d’une certaine idée de l’info », rue89.com, 17/07/2011

« Entre un reportage sur les dangers de la traversée de Saint-Denis-sur-Sarthon par la N12 et le portrait d’un fabricant béarnais de cloches à brebis, le diplômé de l’École de journalisme de Lille, qui débuta sur Picardie Actualités en couvrant une catastrophe ferroviaire, s’est taillé une réputation de héraut de la France profonde qui lui vaut d’être taxé de poujadisme rétrograde par les beaux esprits parisiens », « Jean-Pierre Pernaut », Les Échos n° 20600, 25/01/2010

« Des informations qui auraient fait les gros titres du 20 heures juste avant l’élection disparurent totalement des écrans. Par exemple, en 2002, à la veille du premier tour de la présidentielle, TF1 et France 2 firent leurs choux gras de l’histoire d’un septuagénaire roué de coups, selon les termes du présentateur Jean-Pierre Pernaut, par “deux voyous qui tentaient de lui dérober de l’argent”. La victime apparut devant les caméras le visage tuméfié et la voix tremblante. L’effet s’avéra saisissant. Quelques mois plus tard, ce drame se répéta lorsqu’un retraité vulnérable fut tabassé à mort par des jeunes à la dérive. L’histoire ne fit même pas une brève ; ni France 2, ni TF1 ne l’évoquèrent ! Autres temps, autres mœurs. Cela ne veut pas dire, toutefois, que TF1 ou France 2 aient activement cherché, en 2002, à manipuler le vote des électeurs ou à modifier le cours du débat démocratique. Il est probable, comme le suggèrent Hélène Risser ou Laurent Joffrin, que ces deux chaînes se soient juste emparées, par intérêt commercial, d’un thème sécuritaire forcément porteur car situé au centre du débat politique. Une fois Lionel Jospin éliminé du jeu, ce thème cessa d’être un enjeu de campagne et donc, un sujet pertinent pour la télévision », Michel Desmurget, TV lobotomie la vérité scientifique sur les effets de la télévision.

« TF1 envoie son présentateur vedette recruter dans les lycées. Mais, à Orléans, les profs l’ont renvoyé à la niche. Début novembre, la fondation TF1 sollicite le lycée Jean-Zay à Orléans pour y organiser une « journée de proximité ». Refus. Quelques jours plus tard, elle récidive avec le lycée Franklin, le priant d’accorder l’hospitalité à son directeur du savon à barbe, Jean-Pierre Pernaut. Afin de “créer du lien avec le public” et de promouvoir les bonnes œuvres de Bouygues, soucieux de “mieux intégrer socialement des jeunes issus de zones sensibles” (…) Mais les enseignants se cabrent. Ils font savoir à Pernaut que ses « accointances avec l’actuel gouvernement qui supprime des postes dans l’Éducation nationale », ne le qualifient guère “pour parler de l’intégration des jeunes vivant dans les zones sensibles” », « Pernaut tombe sur un os », Les nouveaux chiens de garde, journal de présentation du film.

« Évidemment, le pire fait frémir. Comment des journalistes ont-ils pu inventer un personnage susceptible de témoigner dans leur reportage ? Comment ont-ils pu, en toute connaissance de cause, aller chercher ce personnage parmi les émetteurs de l’information ? Comment ont-ils assumé de lui écrire un texte ou accepté de gober celui qu’il proposait ? Comment ont-ils osé diffuser leur combine sur la chaîne de télévision française la plus regardée ? Tout cela s’est pourtant produit et est passé, le 23 juin 2011, dans le JT de 13 heures de TF1 : la fausse mère de famille qui exprimait son désarroi à propos d’absentéisme scolaire était l’attachée de presse du président du Conseil général des Alpes Maritimes. A cette hauteur, il ne s’agit plus de manque de conscience, c’est de l’inconséquence totale. Quatre jours plus tard après la diffusion de ce sujet bidonné, Jean-Pierre Pernaut a été chargé de s’excuser à l’antenne, au nom de la maison », Le tien du mien. Regards sur les conflits d’intérêts dans l’information, Bertrand Verfaillie.

« Il paraît qu’à TF1, ils sont nombreux à loucher sur les audiences de Jean-Pierre Pernaut. Ils envient sa main basse sur l’Audimat au journal de 13 heures, sa tenue de route, mâchoires serrées, comptoir ouvert. Chacun aimerait, comme lui, être le gourou des glaiseux. En regardant les courbes, beaucoup rêvent de sa Marianne trouillarde et formatée, ne l’appelez plus jamais France, et qui, les mains dans l’eau de vaisselle, demande à Millon sur un air de Sardou: “Miroir, dis-moi que je suis la plus rustique ! Que j’ai pas changé ! Bien d’chez moi, et que ma peau millénaire reste blanche !” Depuis quelque temps déjà, le journal de 20 heures de la chaîne, qu’il soit de Poivre, Chazal ou Narcy, a lui-même tendance à se “pernautiser”: on s’y crotte volontiers les yeux dans des sillons provinciaux que n’abreuve aucun sang impur », « Après coup. Pernautisation », Libération, 30/10/1998.

« Jean-Pierre Pernaut est le seul présentateur en France à ne pas utiliser de “téléprompteur” il consulte de temps en temps ses notes et ne fixe ainsi pas en permanence la caméra …il improvise beaucoup ses lancements », (lien)

Crédit photo : capture d’écran vidéo Lab’TV via Youtube

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