Jean-Baptiste Malet

Jean-Baptiste Malet

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Jean-Baptiste Malet :
petit journaliste deviendra grand…

« Je revendique d'être un journaliste engagé »

C’est encore un tout jeune journaliste, qui écrit (pour le moment ?) dans des journaux ou magazines à diffusion limitée. Mais ce jeune homme pressé a déjà trouvé sa spécialité : la lutte contre l’extrême droite. À 26 ans, il est déjà l’auteur de nombreux articles, d’un livre et d’un film sur le sujet. Il est également l’auteur d’un pamphlet remarqué contre l’entreprise Amazon. On n’a pas fini d’entendre parler de Jean-Baptiste Malet.

Formation

Né en 16 avril 1987, à Toulon, Jean-Baptiste Malet explique son engagement par la victoire du Front National aux élections municipales de 1995. Il avait alors huit ans… Au début des années 2000, il est élève à l’école militaire d’Aix-en-Provence. Il fait ensuite des études de lettres modernes. Pour les payer, il fait des « petits boulots », aussi bien comme surveillant, que dans un Mac Donald, ou dans une maison de retraite. Il ne manque jamais une occasion de mettre ces expériences en avant, notamment pour justifier son point de vue sur Amazon.

Parcours professionnel

En 2007, il commence par réaliser des enquêtes pour Le Ravi, mensuel satirique de la région PACA. Il pige également pour Charlie Hebdo, Regards, ou encore Rue 89. Il travaille aujourd’hui pour Golias magazine et sa version hebdomadaire Golias hebdo, la référence des catholiques progressistes.

À l’instar de Renaud Dély, ses sujets de prédilection sont le Front National, « les liaisons dangereuses » entre le FN et l’UMP, les « nostalgériques », rapatriés et anciens de l’Algérie Française, les réseaux catholiques « ultra-conservateurs », les identitaires, etc…

En 2011, il publie aux éditions Golias, Derrière les lignes du Front. Pendant un an, Jean-Baptiste Malet « a pratiqué, par l’immersion et l’enquête, un journalisme aux multiples figures », selon la présentation de l’ouvrage. La critique est assez élogieuse et vaut à son auteur une certaine célébrité, notamment pour avoir révélé qu’un important importateur de viande halal était élu du Front National au conseil régional Nord-Pas-de-Calais ! (Quand le coq gaulois est halal).

Mains brunes sur la ville, documentaire qui veut « proposer une analyse accessible au plus grand nombre et révéler le véritable visage de l'extrême droite contemporaine »

Mains brunes sur la ville, documentaire qui veut « proposer une analyse accessible au plus grand nombre et révéler le véritable visage de l’extrême droite contemporaine »

En 2012, il sort, en collaboration avec Richard Mallet, Mains brunes sur la ville, documentaire qui veut « proposer une analyse accessible au plus grand nombre et révéler le véritable visage de l’extrême droite contemporaine ». Le film, tourné au printemps 2011, s’intéresse à Jacques et Marie-Claude Bompard, anciens du Front National, maires d’Orange et de Bollène, dans le Vaucluse. Le film est disponible sur Youtube.

Pour le tournage de ce film, Jean-Baptiste Malet avoue avoir « eu recours à divers stratagèmes pour recueillir leurs propos : journaliste reporter d’images inconnu de leurs services, caméra cachée ».

Localement, la diffusion de ce film, qualifié de « brûlot », (La Provence, 27 mai 2012), en pleine campagne électorale, fait, bien évidemment débat, notamment dans la presse locale. La Provence estime que « sa force est de montrer le fossé entre la forme et le fond, entre la communication lissée d’une part et, d’autre part, les coupes sombres au long cours, notamment pour ce qui relève du monde social, associatif, et de toute ce qui figure hors de la vitrine officielle des deux municipalités ». Toutefois, le journal regrette « des lacunes ». « Si le documentaire a le mérite d’exister, il aurait gagné en force en tendant un peu moins le micro aux opposants historiques de Jacques Bompard et en approfondissant plus encore l’enquête, images à l’appui, révélations aux forceps ». La Provence, 30 mai 2012

Pour les mairies de Bollène et d’Orange, la cause est entendue. Il s’agit d’« un film qui peut parfaitement prétendre à la victoire aux Gérard du cinéma, catégorie film de propagande du temps de l’URSS » (Vaucluse matin, 25 mars 2012).

La critique est partagée sur le film, même si, dans l’ensemble, le sujet est salué. Ainsi, Thomas Sotinel, dans Le Monde, du 20 mars 2012 : « on dira que ce n’est qu’une question de titre, fait pour attirer le chaland antifasciste, mais ce raccourci qui se transforme en impasse analytique résume bien la faiblesse constitutive de ce documentaire militant ». Même son de cloche chez Matthieu Bareyre, du site Critikat, qui, après avoir loué l’objet du documentaire, estime qu’« il n’y a pas en ce film l’ombre d’un outillage visuel et/ou conceptuel susceptible de nous permettre une compréhension véritable de l’actualité de l’extrême-droite ». Pour Virgile Dumez, du site de critique À voir à lire, « Mains brunes sur la ville risque tout au plus de rejoindre cette longue cohorte de documentaires politiques qui emportent l’adhésion de ceux qui sont déjà convaincus avant d’entrer dans la salle ».

Cela semble effectivement le cas, puisque malgré la diffusion du film pendant la campagne des élections législatives, par Fabienne Haloui, candidate du Front de Gauche, Jacques Bompard est élu député.

En 2013, il publie En Amazonie, une enquête qui a pour objectif de « découvrir le visage de la multinationale au-delà de son moteur de recherche et de ses pages de catalogues ». Pour cela, Jean-Baptiste Malet, cachant sa profession de journaliste, se fait embaucher comme intérimaire dans les entrepôts de Montélimar. « Selon Malet, Amazon transforme ses recrues en « robots hébétés ».

La critique est élogieuse. Libération estime que ce livre « décrit un univers incroyable aux accents totalitaires » ; L’Humanité écrit que le livre « casse le mythe d’une économie numérique désincarnée ».

Seule fausse note, Var Matin, qui ironise sur un auteur qui « découvre le monde du travail ». De même, le quotidien pose une question : « Grands absents de cette enquête, les représentants syndicaux du site. « On ne doit pas parler aux journalistes à Amazon », martèle l’auteur. Ont-ils été simplement échaudés d’avoir eux aussi été trompés par leur interlocuteur » ? Jean-Baptiste Malet l’avoue dans un entretien à La Croix : « quand les syndicats ont su que j’étais journaliste, ils n’ont plus voulu me parler ».

Enfin, Jean-Baptiste Malet dénonce l’utilisation d’argent public pour aider Amazon à installer ses entrepôts : « Amazon fait des bénéfices considérables mais paie très peu d’impôts en France, grâce à un montage fiscal passant par le Luxembourg. Alors, quand on voit un ministre les accueillir à bras ouverts, des collectivités locales subventionner l’implantation des entrepôts, on ne peut que se demander si l’argent public doit aller à une entreprise qui agit ainsi »…

Parcours militant

En 2009, à 22 ans, Jean-Baptiste Malet est candidat, pour Europe Écologie Les Verts, à l’élection cantonale partielle de Solliès-Pont, dans le Var. Il réalise le score de 15,71%. À cette occasion, il reçoit le soutien de Noël Mamère, lui même ancien journaliste (Var matin, 23 août 2013).

Ce qu’il gagne

Non renseigné

Publications

  • Derrière les lignes du Front. Immersions et reportages en terre d’extrême droite, Editions Golias, septembre 2011.
  • Mains brunes sur la ville, avec Bernard Richard, La Mare Production, mars 2012.
  • En Amazonie, Fayard, 2013.

Il l’a dit

« Je ne suis pas hostile au fait qu’on interroge le FN, qu’on débatte avec lui. Moi-même je l’ai fait, mais pas n’importe comment, je ne me suis pas contenté de tendre le micro. En revanche, je supporte mal les gens qui me félicitent en disant : « C’est super-dangereux, l’infiltration ! » Je n’ai jamais vu personne féliciter un grutier en lui disant : « Bravo d’être monté si haut, c’est dangereux. » J’ai juste fait mon métier. Que les confrères fassent le leur », L’Humanité, 12 janvier 2012.

« Je revendique d’être un journaliste engagé. Si je n’ai plus de carte nulle part, je fais mon travail avec conviction », La Marseillaise, 11 avril 2012

« À mon sens, le seul qui, au plan national, bouge vraiment les lignes, est Jean-Luc Mélenchon. Il passe véritablement à l’offensive contre le capitalisme. Je crois sincèrement au bien-fondé de sa candidature », La Marseillaise, 11 avril 2012.

« Un journaliste est un contre-pouvoir », Var Matin, 11 mai 2013.

« Quand on est un travailleur intellectuel, et qu’on voit les ouvriers contents de manger du chocolat offert par l’entreprise, si on garde un préjugé de classe, on peut penser que ces gens acceptent parce qu’ils ne sont pas diplômés, qu’ils manquent de sens critique. En réalité, en repensant à George Orwell, qui découvre la même réalité dans le Quai de Wigan, j’ai compris que ces gens, s’ils étaient contents de cette convivialité artificielle, c’est que c’est tout ce qu’on leur a laissé. On leur a pris leur énergie, leur enthousiasme, et on leur rend un peu de bonheur conditionné », L’Humanité, 2 mai 2013, à propos de En Amazonie.

Collaborations

Au printemps 2012, Jean-Baptiste Malet participe à de nombreuses projections de son film mains brunes sur la ville, organisées aussi bien par le Front de Gauche, que par la Ligue des Droits de l’Homme.

En septembre 2012, Jean-Baptiste Malet participe, à un débat sur l’extrême droite, à la Fête de l’Humanité, avec Alexis Corbière, du Parti de Gauche, et Alain Hayot, du Parti communiste.

En avril 2013, il anime un atelier Combattre le vote extrême-droite chez les jeunes, au 83ème congrès de l’UNEF.

Il participe également à de nombreuses réunions publiques pour présenter ses livres et son film.

Sa nébuleuse

Christian Terras (Golias), Bernard Richard.

Ils ont dit

« On se demande si J.-B. Malet n’est pas comme fasciné par son objet d’étude. Son immersion auprès des identitaires niçois, des maréchalistes en goguette ou des militants FN d’Hénin-Beaumont montre une faculté, chez l’auteur, de compréhension des comportements de ces hommes et de ces femmes », « Saint-Just », Cuverville (site satirique toulonnais)

« Jean-Baptiste Malet n’est ni un militant, ni un gauchiste, c’est un journaliste qui adopte un parti pris et qui l’assume », Fabienne Haloui, Secrétaire départemental de Vaucluse, du Parti communiste La Provence, 30 mai 2012.

« Les organisateurs avaient cité un nom devant la presse, symbolisant un visible renouveau des troupes progressistes locales ainsi qu’un élan à saluer au chapitre de l’esprit d’initiative. Le nom en question est celui de Jean-Baptiste Malet », La Marseillaise, 11 avril 2012.

Crédit photo : David Latour via jean-baptiste-malet.fr

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