François Lenglet

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Dernière modification le 27/05/2014

François Lenglet, journaliste, expert et… apôtre du libéralisme

« Ma bible, ce sont les chiffres de l’OCDE »

Né en novembre 1961 à Antony, dans les Hauts de Seine, d’une mère professeure de français et latin et d’un père directeur d’une petite entreprise dans l’industrie chimique, tous deux venus du nord de la France, François Lenglet est un journaliste économique français officiant actuellement au sein du service France de France 2. Il est marié depuis 1989 avec Sabine Argenti, conseil en communication, avec laquelle il a eu quatre enfants. Il est un spécialiste de la statistique macro-économique. Même s’il se situe résolument dans le camp des libéraux, François Lenglet se défend cependant de tout dogmatisme, ne jurant que sur les chiffres de l’OCDE qu’il considère comme la référence ultime en économie. Il s’est même lancé depuis 2012 dans une critique raisonnée de la mondialisation, s’est même fait l’avocat de la « démondialisation », thèse macro-économique initiée par le penseur philippin Walden Bello et reprise en 2012 par Arnaud Montebourg lors de la campagne des présidentielles, et se prononce désormais en faveur d’un retour au protectionnisme. François Lenglet incarne à lui-même la montée d’un journalisme expert s’appuyant exclusivement sur les chiffres.

Formation

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, François Lenglet, qui n’a pas de diplôme en économie, est de formation littéraire. Scolarisé au collège Saint Aspais de Melun puis au lycée de Montgeron, il obtiendra par la suite une double maîtrise en lettres modernes et en philosophie à l’université Paris IV Sorbonne. L’intéressé raconte même que son sujet de mémoire à la Sorbonne portait sur Blaise Pascal, ce qui ne l’empêche pas d’être considéré comme une référence en économie.

Parcours professionnel

Après avoir passé son enfance en Ile-de-France, François Lenglet débute sa carrière comme journaliste à l’Agence de presse A Jour où il travaille de 1983 à 1985. Par la suite, il devient rédacteur en chef de Minitel Magazine, organe de presse dédié à l’actualité du minitel. En 1986, il part s’installer à Shanghai, en Chine, où il exerce les activités de professeur de littérature française à l’université de Shanghai jusqu’en 1987 puis de correspondant en Asie pour la presse française, notamment L’Express, de 1987 à 1989. Depuis cette époque, il parle couramment le chinois. C’est aussi de cette période que date sa passion pour l’économie. En effet, l’Asie étant alors en plein décollage économique, il fut donc amené à couvrir les sujets économiques pour le compte des journaux qui l’employaient. De retour à Paris, il est recruté comme journaliste chargé de l’international au magazine Science et vie économie où il travaille de 1989 à 1991. C’est cette dernière année qu’il entre au journal L’Expansion où il va gravir rapidement les échelons, devenant chef du service économie en 1994 puis rédacteur en chef en 1997 et enfin directeur-adjoint de la rédaction en 1998. En 2000, il devient directeur de la rédaction du mensuel Enjeux-Les Echos. En 2007, il publie son premier ouvrage, La crise des années 30 est devant nous (Perrin), dans lequel il porte un regard catastrophiste sur l’avenir économique de l’Occident. En 2008, il claque la porte du mensuel après un désaccord avec Nicolas Beytout et rejoint le quotidien économique La Tribune dont il est rédacteur en chef puis directeur de la rédaction de 2010 à 2011. En 2010, il publie un deuxième ouvrage, La guerre des empires. Chine contre États-Unis (Fayard), tout aussi pessimiste. En 2011, il devient directeur de la rédaction de BFM Business et éditorialiste économique sur la chaîne d’information en continu BFM TV. Dans le même temps, il officie également comme éditorialiste sur la radio RMC. Il faut dire que ces trois canaux (BFM Business, BFM TV et RMC) appartiennent à un seul et même groupe, NextRadioTV, créé en 2000 par Alain Weill, ancien directeur général de NRJ Group. La même année, il défend sur BFM Business la sortie de l’Euro, pilier du programme de Marine Le Pen, ce qui l’amène à être adulé par l’extrême droite, bien malgré lui. Par la suite, en 2012, il plaidera également en faveur de la sortie de la Grèce de la zone Euro et critiquera les politiques d’austérité. Le 29 janvier 2012, il est invité à l’Élysée en compagnie de trois autres journalistes (Claire Chazal, Laurent Delahousse et Jean Marc Sylvestre) pour interviewer le président de la république Nicolas Sarkozy concernant son programme économique alors que ce dernier est candidat à sa réélection. Le même mois, il interpelle dans l’émission politique de France 2 « Des paroles et des actes » le leader du Front de Gauche Jean Luc Mélenchon sur son programme en le confrontant à des graphiques et à des chiffres censés contredire ses thèses économiques. A cette occasion, il est accusé par le journal de gauche Fakir d’utiliser des chiffres mensongers. Le 26 janvier 2012, il reçoit dans la même émission, François Hollande, alors candidat à la présidence. En mai 2012, il devient éditorialiste occasionnel dans l’hebdomadaire Le Point. En juin 2012, il quitte ses fonctions au sein de BFM Business et de BFMTV pour devenir rédacteur en chef du service France au sein de la rédaction de France 2. En septembre 2012, il publie un nouveau livre, Qui va payer la crise ? (Fayard) dans lequel il fait notamment le constat d’un choc générationnel entre jeunes et vieux du fait de la crise. L’année suivante, en septembre 2013, il publie un nouvel ouvrage, La fin de la mondialisation, dans lequel il fait le constat de l’échec du libre-échange globalisé et prône le retour à un protectionnisme raisonné. En octobre 2013, un article du Monde diplomatique, reproduit sur le site web d’analyse des médias Acrimed, vise nommément François Lenglet, considéré comme un imposteur, maniant les chiffres de manière partisane. Par ailleurs, depuis septembre 2013, il anime une chronique économique quotidienne à 8h15 sur RTL. Récemment, il s’est positionné en faveur de l’assouplissement de la législation sur le travail dominical.

Parcours militant

Non renseigné

Ce qu’il gagne

Non renseigné

Sa nébuleuse

François Lenglet est membre du Cercle des économistes, think tank réunissant une trentaine d’économistes et fondé en 1992 à l’initiative de Jean Hervé Lorenzi, qui est par ailleurs conseiller du directoire de la Compagnie financière Edmond de Rothschild depuis 2000, et membre depuis 2011 du conseil d’orientation de la Fondation Ecologie d’avenir, conseil présidé par Claude Allègre. Ce dernier a aussi été membre du Conseil d’analyse économique de 1997 à 2012. Le cercle des économistes compte dans ses rangs des personnalités aussi diverses que Dominique Roux, économiste, chef d’entreprise et père de Valérie Pécresse, Patrick Artus, directeur des études et de la recherche de Natixis ou Christian de Boissieu, économiste, membre de la commission pour la libération de la croissance française, dite « commission Attali ». François Lenglet intervient la plupart du temps en tant que journaliste modérateur lors des débats organisés par le cercle des économistes. Par ailleurs, l’épouse de François Lenglet, Sabine Argenti, est directrice associée de l’agence de communication TBWA Corporate, 3ème groupe de communication en France après Publicis et Havas. depuis 2009. Avant de rejoindre TBWA, elle a occupé divers postes dans la communication, a été également pigiste pour la presse féminine et a même travaillé comme directrice de la communication du syndicat CFDT en 2005.

Publications

  • La crise des années 30 est devant nous, Perrin, 2007
  • La guerre des empires : Chine contre Etats Unis, Fayard (collection « Documents »), 2010
  • Qui va payer la crise ?, Fayard (collection « Documents »), 2012
  • La fin de la mondialisation, Editions Fayard (collection « Documents »), 2013

Il l’a dit

« On nous dit que c’est impossible de sortir de l’Euro, c’est évidemment des bêtises, c’est des problèmes techniques, rappelons qu’il n’y a pas si longtemps, il y a des pays comme la Tchécoslovaquie qui se sont séparés, chacun des pays a préparé une nouvelle monnaie, l’histoire monétaire est jonchée d’unions monétaires qui se font et qui se défont et s’est probablement voir dans les années qui viennent ! », BFM Business, 1er novembre 2011.

« Je dirais que je pratique une forme un peu primitive de Data Journalism. Depuis que les données sont accessibles sur Internet, ça change la vie. Ma bible, ce sont les chiffres de l’OCDE que je peux avoir en ligne au lieu d’aller fouiller dans des volumes poussiéreux au château de la Muette! Le chiffre, c’est une question implicite. Mais bien sûr, le Data Journalism m’intéresse et j’ai pour ambition de faire un grand site d’Open Data économique avec BFM Business. C’est un projet en cours et j’ai d’ailleurs recruté quelqu’un pour le mener », 20 minutes.fr, 31 janvier 2012

« Si on rétablit, notamment vis à vis de la Chine, un certain nombre de protections, notre industrie pourrait redevenir compétitive. On peut imaginer que l’Industrie cesse de détruire des emplois et même qu’elle en crée », Atlantico.fr, 7 octobre 2013

« Si on rétablit, notamment vis à vis de la Chine, un certain nombre de protections, notre industrie pourrait redevenir compétitive. On peut imaginer que l’Industrie cesse de détruire des emplois et même qu’elle en crée », Atlantico.fr, 7 octobre 2013

« Sur ce sujet, il y a un décalage croissant entre la société française et ceux qui la représentent, les syndicats et les politiques. Du côté des Français, tant chez les salariés que chez les consommateurs, on souhaite plus de souplesse dans les horaires de travail des magasins, pourvu que cette souplesse soit encadrée et rémunérée. La société a changé. Et l’essor du commerce en ligne, qui évidemment ne connaît pas d’horaire, a sans doute fait bouger les mentalités. Et puis à l’inverse, dans les syndicats et les partis politiques, on s’accroche au symbole, au totem et au tabou. Et on ne veut rien changer, sinon avec des lois tellement complexes qu’elles en deviennent inapplicables », France 2, 29 septembre 2013, à propos du débat sur le travail dominical.

« Ces inégalités ont été décuplées par l’ouverture des frontières, en particulier la mondialisation financière. Pour les réduire, comme semblent le souhaiter aujourd’hui les citoyens, il faudra réhabiliter les frontières.» La Fin de la Mondialisation, 2013.

Ils l’ont dit

« En réalité, ce choix d’introduire dans le panel des interviewers un journaliste spécialisé est une illustration supplémentaire de l’importance prise par l’économie et la finance dans la politique. Du coup, les princes du métier découvrent effarés que l’économie peut être abordée sous un angle plus technique que politique. Car Lenglet est un technicien. Il a piloté le magazine Enjeux-Les Échos, avant de diriger La Tribune pour finalement prendre la tête de BFM Business. Il appartient donc à l’univers de la presse spécialisée située légèrement en dessous, dans l’aristocratie médiatique, des figures des quotidiens et hebdomadaires dits généralistes (Le Figaro, Le Monde, Libé, L’Obs, Le Point, L’Express, Marianne, etc.) et des pointures de la radio et de la télévision », Aliocha, Marianne.net, 1er février 2012

« Si deux et deux font toujours quatre, il existe en effet plusieurs façons de manier l’arithmétique. La première relève d’une démarche scientifique : on avance une hypothèse, on rassemble des données, et on parvient soit à la validation de l’hypothèse, soit à une indétermination — auquel cas la réflexion doit être affinée. L’autre méthode consiste à partir d’une idée préconçue, et à organiser les données de façon à en suggérer la confirmation par les « faits ». Ce type d’acrobatie statistique a désormais un expert : François Lenglet, directeur du service « France » de France 2. Sous ses airs de Monsieur Loyal, l’ancien professeur de littérature, passé par plusieurs rédactions de médias économiques (L’Expansion, La Tribune, Les Echos, BFM) avant de devenir le chroniqueur-vedette de l’émission « Des paroles et des actes », sur France 2, durant la campagne présidentielle de 2012, incarne la capacité du pouvoir à se régénérer en donnant l’illusion du changement », Jean Gadrey et Mathias Reymond, Le Monde diplomatique, Mars 2013.

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