Fabrice Le Quintrec

Portrait - Fabrice Le Quintrec
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Fabrice Le Quintrec :
la liberté au fond d’un placard

Formation

Fabrice Le Quintrec est né en avril 1951 à Meaux où il a passé son enfance et son adolescence. Après son baccalauréat, il a obtenu une bourse de l’« American Field Service » pour un séjour d’une année en immersion dans l’Amérique profonde des « sixties ». Il obtient à Concord-Californie un diplôme de fin d’études secondaires (Mount Diablo high school).

De retour à Paris, il étudie en hypokhâgne au lycée Henri IV avant de bifurquer vers Sciences Po (diplôme IEP Paris – Service public-1973). Il obtient ensuite une licence ès-lettres et une maîtrise d’histoire (mémoire sur la campagne présidentielle de Robert Kennedy).

Fabrice Le Quintrec a été auditeur de la 43ème session nationale de l’IHEDN.

Parcours professionnel

En 1980, Fabrice Le Quintrec est recruté par Radio France et affecté tout d’abord aux journaux de France Culture, France Musique. De 1987 à 1991, il travaille au service étranger de France Inter et couvre pour cette chaîne, ainsi que pour France Info de grands événements de l’actualité internationale.

Parallèlement à Radio France, dans les années 1988/1993, Fabrice Le Quintrec travaille en tant que pigiste dans la partie magazine précédent la messe télévisée du dimanche matin ; il présente aussi les informations sur TV5.

À partir de 1991 et jusqu’en 1998, Fabrice Le Quintrec effectue principalement un travail de « desk » à France Inter, en qualité de présentateur de journaux et de revues de presse, activité qu’il pratique sans œillères ni autocensure. Sa propension à ne pas respecter l’omerta sur les publications d’extrême droite et à les inclure parfois dans ses revues matinales lui vaut l’hostilité croissante de ses « confrères », alors même que, symétriquement, il cite très largement la presse d’extrême gauche, ce qui ne pose aucun problème. Il est mis au placard en août 1998 et n’en sortira qu’en janvier 2008, dix longues années d’oisiveté forcée assorties d’un exil lointain : Fabrice Le Quintrec, au début des années 2000 a été directeur de l’Institut franco-japonais à Yokohama, puis attaché culturel à Tokyo.

De retour à l’antenne en 2008, après avoir fait condamner Radio France à deux reprises (par les prud’hommes en 1999 et par le tribunal de grande instance en 2006), Fabrice Le Quintrec, promu à la fonction de rédacteur en chef adjoint de rédaction nationale, retrouve une revue de presse. Chaque samedi et chaque dimanche, il présente « le Kiosque International » à 13h05 sur France Bleu.

Fabrice Le Quintrec signe occasionnellement des articles sur les journaux en ligne Atlantico et Boulevard Voltaire.

Outre son travail de journaliste, Fabrice Le Quintrec est conférencier au Cours de civilisation française de la Sorbonne.

Parcours judiciaire

Le 30 mars 1999, condamnation de Radio France par le Conseil des prud’hommes de Paris pour non-fourniture de travail à Fabrice Le Quintrec au cours de la période août 1998 – mars 1999.

Dépêche AFP du 16 avril 1999 rendant compte de plusieurs procès au pénal, visant notamment Jean-François Kahn et Yves de Chaisemartin : La 17ème chambre du tribunal correctionnel de Paris a condamné vendredi les directeurs de Marianne et de France-Soir pour diffamation envers le journaliste Fabrice Le Quintrec, qui avait été sanctionné par la rédaction de France Inter en août 1998 pour avoir cité le quotidien Présent dans une revue de presse. Le tribunal reproche à ces journaux la publication d’ « une rumeur particulièrement détestable, qui ne demandait qu’à prospérer dans un milieu parfois accueillant au conformisme intellectuel ambiant ». La rumeur en question, sur le fondement de laquelle le journaliste s’était vu retirer la revue de presse, accusait M. Le Quintrec d’avoir des opinions proches du Front National, ce qui ne convenait pas à son entourage professionnel. Le tribunal a jugé que la rumeur était infondée, Présent n’ayant été cité qu’ « une seule fois » dans les revues de presse de M. Le Quintrec, en une « seule phrase qui ne comportait ni approbation, ni manifestation d’une opinion quelconque de la part du journaliste » et « s’insérait dans une énumération de très nombreux organes de presse, comme il est de règle pour cet exercice, certains titres étant répétés à plusieurs reprises ».

Le 14 mars 2006, condamnation de Radio France par le tribunal de grande instance de Paris pour avoir remis Fabrice Le Quintrec au placard à l’issue de sa mission Quai d’Orsay au Japon ; extraits des attendus du jugement : « Radio France ( … ) avait la possibilité de respecter et son accord et la convention collective (…) L’ensemble de ces éléments établit le caractère fautif du comportement de Radio France à l’égard de Monsieur Le Quintrec (…) Il est incontestable que la mauvaise volonté et la mauvaise foi manifestées par (Radio France) dans l’exécution de ses obligations crée un préjudice moral certain (à Monsieur Le Quintrec), aggravé au fur et à mesure des mois et des années qui passent, résultant notamment de l’absence d’exercice effectif de son métier, dont il résulte une mise à l’écart professionnelle de fait »…

Ce qu’il gagne

5 000 euros par mois

Il l’a dit

« Ce n’est pas parce qu’on n’est pas trotskyste, soixante-huitard ou qu’on n’adhère pas à une ligue antifasciste, qu’on est forcément lepeniste ; mes opinions politiques ne regardent que moi », France-Soir, 18 août 1997

« L’interprétation restrictive du pluralisme est un exercice aléatoire et périlleux. Le fait d’édulcorer la diversité et la complexité des positions en présence, de s’autocensurer ou de tenir un langage convenu ne contribue ni à l’information pleine et entière du public ni à l’accomplissement de la mission du journaliste. J’avais et je conserve pour ligne de conduite de trouver dans toute la presse, sans exclusive, la matière première de mes revues de presse », Droit de réponse dans L’Événement du Jeudi – 10/16 septembre 1998

« Même s’il doit vous en déplaire, je continuerai contre les mauvais vents de soutenir que mon devoir de journaliste honnête, courageux (oh, que oui !) et pluraliste me faisait obligation, quand je présentais des revues de presse, de citer, par exemple, Présent ou Minute, quand je citais Charlie Hebdo ou l’Humanité. Qu’un hebdomadaire comme le vôtre qui, si je l’ai bien compris, a tenté de se construire sur le refus de la pensée unique et l’antiterrorisme intellectuel ait du mal à le comprendre ne peut qu’attrister ceux qui, comme moi, avaient cru à la sincérité et à l’avenir de sa démarche », Droit de réponse dans Marianne – 21/27 septembre 1998

Ils ont dit

« Auditeurs attentifs de France Inter, nous n’avons pas manqué de noter la grande diversité des titres cités dans la revue de presse de Fabrice Le Quintrec. Nous maintenons cependant notre crainte : les journaux d’extrême droite utilisent un langage codé pour déjouer les lois contre le racisme et le révisionnisme. Ne pas rappeler leur nature, c’est leur permettre de distiller impunément leur venin », Globe Hebdo, 8-14 septembre 1993

« Une chose est certaine, Fabrice Le Quintrec est le seul journaliste de Radio France à avoir complaisamment cité dans sa revue de presse des journaux tels que Minute, National Hebdo ou Présent », Un responsable du Syndicat National des Journalistes (alors majoritaire à Radio France) témoignant de manière anonyme dans France-Soir le 19 août 1997

« M. Le Quintrec, autant que je sache, n’a pas porté atteinte au caractère pluraliste que doit avoir France Inter. Il a effectivement cité un organe d’extrême droite dans une revue de presse. Mais ce faisant, il n’a fait qu’entériner l’existence d’une extrême droite dans ce pays. Les sympathisants d’extrême droite paient leur redevance comme tous les autres et ont le droit d’exiger de nous que nous soyons inattaquables sur la manière dont nous rendons compte des événements », Gilbert Denoyan, août 1997

(Question : que pensez-vous de Fabrice Le Quintrec, que vous avez connu à France Inter ?) « Rien » Ivan Levaï, L’événement du Jeudi – 4/10 septembre 1997

« Sur l’antenne il n’y a jamais de dérapages. Sauf M. Le Quintrec. Mais il faut être cohérent. Moi ça me fait gerber le Front National. Tous les soirs j’en mets une louche sur le FN. Mais il faut être respectueux du service public. J’ai quelques personnes dans la rédaction qui trouvent Le Pen fréquentable et l’immense majorité à qui ça pue au nez dont moi », Jean-Luc Hees, directeur de la rédaction de France-Inter, Témoignage chrétien, 12 septembre 1997

« Restera sur lui (Le Quintrec) comme un sceau d’infamie : sympathisant notoire du Front National… Condamné à vie. Parce qu’il exprimait une vision différente d’une revue de presse. Pauvre société médiatique, bien parisienne celle-là, qui exécute une réputation, bafoue un honneur, démolit une existence professionnelle en quelques secondes… », Édouard Boeglin – Humanisme, revue du Grand Orient de France, mars 1998

« Citer Présent ne me viendrait pas à l’esprit car c’est un journal d’opinion qui ne représente pas celle du grand public et, donc, de nos auditeurs », Patrick Cohen, alors journaliste à RTL– Déclaration à L’Événement du Jeudi en date du 13/19 août 1998.

« Est-il permis d’imaginer quelle aurait été la réaction des amoureux de la liberté professionnelle si, d’aventure et dans des circonstances analogues, hautement improbables, un journaliste avait été censuré pour avoir seulement cité Rouge, l’Humanité ou Charlie Hebdo ? », William Goldnadel, Le Figaro – 7 septembre 1998.

« Fort heureusement, il y a encore des juges en France. Seront-ils sanctionnés ? » Emmanuel Le Roy Ladurie le 5 mai 1999, après la condamnation de Radio France par le Conseil des prud’hommes, et les condamnations pour diffamation des directeurs de Marianne et de France Soir par la 17ème chambre du tribunal correctionnel de Paris.

« Les revues de presse (de Fabrice Le Quintrec) étaient pluralistes, équilibrées, sans parti pris, ni prosélytisme. Elles étaient diversement appréciées, mais, en la matière, personne ne fait jamais l’unanimité. En tout cas, elles ne m’ont jamais choqué et elles n’ont jamais enfreint, bien au contraire, les règles de la déontologie professionnelle et de la morale républicaine. (…) J’estime que Fabrice Le Quintrec a sa place à France Inter et qu’il est même fondé à réclamer le poste de présentateur de la revue de presse dont il a été scandaleusement évincé il y a quelques années, sans fondement légitime », 17 février 2005 – Jacques Ricau, secrétaire général de la CFDT Radio Télé.

Documentation

« Le Quintrec, itinéraire d’un mouton noir » par Elise Nebout – Revue Médias numéro 28.
Droit de réponse de Fabrice Le Quintrec publié par le journal L’Humanité le 7 mai 1999.
Akadem – la désinformation active et passive – Association France-Israêl, mars 2010.

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