Étienne Mougeotte

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Dernière modification le 21/01/2015

Étienne Mougeotte :
sarkozyste indécrochable !

Étienne Mougeotte a été nommé en décembre dernier directeur général de Radio classique et directeur de l’antenne. Agé de 72 ans, l’ancien directeur des rédactions du groupe Figaro et ancien vice-PDG de TF1 prend la tête de la première radio de musique classique en France, qui affiche une fortes progression d’audience depuis 5 ans, et compte aujourd’hui 1,19 million d’auditeurs, soit 2,3 % de part d’audience.

Famille et études

Étienne Mougeotte est né à La Rochefoucauld, en Charente, le 1er mars 1940. Il est diplômé de l’Institut d’Études politiques de Paris et de l’Institut Français de Presse (IFP).

Carrière professionnelle

Étienne Mougeotte a commencé sa carrière en 1965, en tant que reporter à France Inter. Il y sera notamment correspondant à Beyrouth de 1966 à 1967. Il devient ensuite chef d’édition à Europe 1, puis grand reporter et rédacteur en chef adjoint du journal « Information Première » de la 1ère chaîne de l’ORTF. En 1972 il rejoint RTL, mais revient à Europe 1 dès 1973, où il est nommé rédacteur en chef puis directeur de l’information. En mars 1981, à 41 ans, la carrière d’Étienne Mougeotte prend de l’envergure lorsqu’il rejoint le groupe Hachette : il devient directeur de l’information du Journal du Dimanche et, en parallèle, l’adjoint de Jean-Luc Lagardère, PDG du groupe Matra Hachette, pour l’ensemble des activités Médias, et directeur du département Audiovisuel d’Hachette. Au sein du même groupe, il quitte Le JDD pour prendre la direction de l’hebdomadaire Télé 7 jours (1984 à 1987). De 1982 à 1987, il préside le Syndicat national de la Vidéocommunication. En 1987, malgré un cancer de la gorge qui lui laisse quelques séquelles (et une voix particulièrement reconnaissable), sa carrière prend un nouveau tournant : il quitte le groupe Lagardère pour Bouygues en entrant à TF1, dont il prend rapidement la vice-présidence et la direction de l’antenne. Là, il fonde la chaîne d’information continue LCI, qu’il présente au 20h de Claire Chazal sur TF1 le 24 juin 1994, et dont il prend la présidence.

En avril 2007, il annonce qu’il s’apprête à quitter TF1 pour devenir consultant en communication. Ce qui ne l’empêche pas de prendre la direction du Figaro Magazine en août 2007, tout en conservant le rôle de conseiller auprès du nouveau directeur général du groupe TF1, Nonce Paolini, client de sa toute nouvelle société : M Conseil en communication. En novembre 2007, il devient directeur de l’ensemble des rédactions du groupe Le Figaro, puis rejoint l’équipe du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro et quitte définitivement TF1. En parallèle, depuis 2006, il est vice-président et membre du Conseil de surveillance de la chaîne France 24.

Après cinq années (le temps d’un mandat…) passées à la tête du Figaro dont il aura fait le grand relais de la politique sarkozyste, Étienne Mougeotte est remercié en juillet 2012, peu après la défaite du candidat Sarkozy. Le propriétaire du groupe, Serge Dassault, le remplace par Alexis Brézet. Battu mais pas défait, Étienne Mougeotte n’est pas décidé à prendre sa retraite et rejoint Radio classique en décembre 2012, en tant que directeur général et directeur d’antenne.

Peu après la défaite de Nicolas Sarkozy, en juin 2012, et peu avant son départ du Figaro, Étienne Mougeotte a créé Epe Conseil, et sa maison-mère Epe Holding. Deux sociétés destinées à créer et investir « particulièrement dans les domaines de l’audiovisuel et de la communication », comme le rapporte Rue 89 à l’époque.

Sa nébuleuse

Étienne Mougeotte a été « professeur associé » à l’école de journalisme fondée à Sciences-Po Paris ; mais sur le site de l’école, seuls Nicolas Beytout et Jean-François Fogel apparaissent aujourd’hui sous ce titre.

Il l’a dit

« Si vous n’êtes pas contents, vous n’avez qu’à aller travailler à Libération ! » Étienne Mougeotte le 9 février 2012, alors directeur de la rédaction du Figaro, en réponse aux journalistes du Figaro qui demandaient plus de neutralité dans les articles

« La ligne éditoriale plaît aux lecteurs comme elle est, ça fonctionne. Je ne vois pas pourquoi j’en changerai. Oui, l’information est rapportée dans la grande tradition du Figaro. Nous sommes un journal de droite et nous l’exprimons d’ailleurs de manière claire. Les lecteurs le savent, les journalistes aussi. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil ! » Étienne Mougeotte au JDD le 10 février 2012, au sujet de la demande de la SDJ (Société Des Journalistes) du Figaro « de veiller à ce que les articles mais aussi les titres et les manchettes rendent compte de manière complète et pluraliste de l’actualité (…) sans occulter tel ou tel sujet au motif qu’il pourrait embarrasser l’actuelle majorité ».

« C’est une abomination. Je me suis battu toute ma vie contre le racisme et la xénophobie, j’ai œuvré pour la diversité à TF1, et Le Figaro est d’une clarté absolue. Je ne supporte pas qu’on plaisante là-dessus. » Étienne Mougeotte, en décembre 2009, après avoir vu sa marionnette passer aux « Guignols de l’Info » avec une fausse Une de son journal dans les mains annonçant : le titre « Musulmans, Noël approche, pensez à rentrer chez vous » parodié de la manchette d’origine « Sarkozy rappelle aux Musulmans leurs droits et leurs devoirs ».

« (François Bayrou) a dit que M. Lagardère, M. Bouygues, M. Dassault étaient proches de Nicolas Sarkozy… Mais, enfin, c’est une affirmation qui n’a pas de fondement et que, personnellement, moi, je dénie tout à fait ! » Étienne Mougeotte, alors vice-président de TF1, interrogé par Jean-Marc Morandini sur Europe 1 le 17 janvier 2007 (donc peu avant l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, NDLR).

« L’affaire des enregistrements [de Patrick Buisson sur Nicolas Sarkozy, NDLR] est sérieuse. Mais en ce qui concerne ma modeste personne, honnêtement, que le responsable d’un média ait des contacts avec l’exécutif ou l’opposition, c’est normal, tellement banal. J’en ai vu d’autres… » L’Obs, 23 octobre 2014.

« LCI doit retrouver une viabilité économique. Cette histoire est une très grande leçon. Quand on est en position dominante, on s’imagine le rester toujours. Or tout ce qui peut arriver à un leader, c’est de perdre son leadership ! La preuve avec LCI qui a longtemps été la référence. La grave erreur a été de refuser plusieurs fois de faire passer LCI en clair. En 2005 et en 2012. A titre personnel, je croyais en la TNT gratuite. Ma faiblesse a été de ne pas avoir réussi à faire prévaloir mon point de vue. J’ai ma part de responsabilité, bien sûr, parce que je n’ai pas été capable de convaincre, notamment Patrick Le Lay. Mais voilà. Une fois qu’on est battu sur un arbitrage, on applique la ligne. Aujourd’hui, je suis triste, forcément, parce que j’aime LCI. » L’Obs, 23 octobre 2014

Crédit photo : nicogenin via Flickr (cc)

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