Portrait - Emmanuel Chain

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Emmanuel Chain,
l’info business

Emmanuel Chain est né en août 1962 à Neuilly-sur-Seine. Fils d’un neurologue, François Chain, et d’une psychothérapeute, Marie-Claire Cornély, il a été marié avec une psychiatre, Catherine Joubert, avant de se rapprocher, un temps, de Mazarine Pingeot, la fille adultérine de François Mitterrand ou de Flavie Flament. Emmanuel Chain a évoqué dans un entretien le sort de ses grands-parents maternels, des juifs d’Europe Centrale, déportés durant la seconde guerre mondiale.

Formation

Passé par le collège Stanislas et le lycée Henri IV, il fut le condisciple de François-Henri Pinault à HEC (promotion 1985).

Parcours professionnel

Emmanuel Chain

Emmanuel Chain, croqué par SuzyQ pour l’Ojim

Il fait ses classes à la division marketing du BSN en 1985 avant d’être chef de groupe du même département, à Turin (Italie), pour Danone.

Juillet 1987 : Il entre comme stagiaire à France Inter grâce au soutien de l’un de ses anciens professeurs, Guillaume Durand.

Septembre 1987 à 1988 : Il rejoint M6 où il anime « M6 Finances », un clip financier quotidien sponsorisé par le Crédit Lyonnais.

1988 à 2003 : Présentateur du magazine « Capital » sur M6. L’émission recevra le 7 d’Or du meilleur magazine télévisuel en 1996 et Emmanuel Chain celui du meilleur animateur de magazine de société en 1997, celui de la meilleure réalisation en 1998 et de la meilleure émission d’information de débat et de société en 1999. Grâce à son succès d’audience, Emmanuel Chain est nommé directeur de l’information sur M6.

1996 à septembre 1999 : Il préside « C. Productions », filiale de M6.

1997 à septembre 1999 : Il est directeur de l’information et des magazines d’information de M6.

1997 : Emmanuel Chain est l’un des trois journalistes, avec Michel Field et Alexandre Adler, choisis par l’Elysée pour interroger Jacques Chirac.

1999 : Il crée, avec Thierry Robert (rencontré au lycée Henri IV), la société de production Éléphant & Cie (allusion au film d’Yves Robert), avec laquelle il produit des émissions pour Téva et France 2. Elle produira entre autres, « Plus vite que la musique », « Produits Stars », « Mister Biz », pour M6, « Sexe pour TF6 », « 7 à 8 » pour TF1, « A notre santé » pour France 3, etc. Elle compte plusieurs vedettes comme animateurs de ses émissions : Peggy Olmi, Patrick Bruel, Harry Roselmack et Béatrice Schönberg. En décembre 2004, il intègre sa société au sein de Sparks, un réseau international de sociétés de productions indépendantes qui mettent en commun leurs concepts et leurs réalisations.

2000 : Il crée le magazine « Sept à Huit » diffusé sur TF1.

2003 à 2004 : Il rejoint Canal+, pour animer l’émission d’actualité « Merci pour l’info » sur la tranche 19 – 20 heures. Peu convaincant, il est remplacé l’année d’après par Michel Denisot.

2004 : Il revient à M6 pour animer en seconde partie de soirée « Soyons directs ». L’émission sera arrêtée au bout de deux mois.

2005 : il est l’un des 4 animateurs de l’émission « Référendum : en direct avec le président ».

2005 à 2010 : Il se consacre exclusivement à son métier de producteur au sein du Groupe Éléphant.

2010 : Il revient à l’antenne sur TF1 pour produire et présenter le magazine de société et d’information « Haute Définition ».

2012 : Par l’intercession de Catherine Nayl, directrice de l’information, Emmanuel Chain participe à la réflexion sur l’évolution du JT de 20H de TF1.

Juillet 2012 : Éléphant & Cie produit en exclusivité mondiale un document sur l’athlète Usain Bolt, diffusé vingt-quatre heures avant l’ouverture des J.O. sur France 2 et, en même temps, sur la BBC, la NHK (chaîne japonaise) et en Chine.

Parcours militant

Ce qu’il gagne

Pour chaque émission « Haute définition » diffusé sur TF1, Emmanuel Chain a perçu 10 000 euros.

Il l’a dit

« TF1, c’est un média et on veut tuer le messager, c’est pas de la faute de TF1 s’il y a de la drogue en banlieue, c’est pas de la faute de TF1 s’il y a de l’exclusion. J’ai le sentiment que nous avons fait les choses en responsabilité », « Entre balance et pyromane, TF1 plaide non coupable », Libération, 2 avril 2010

« Ce document a une valeur informative et nous avons décidé de ne pas diffuser les propos qui auraient pu heurter les victimes. On apprend notamment comment Merah s’est formé, on prend la mesure de sa détermination. L’enregistrement que nous avons dure plus de quatre heures, et nous avons décidé de ne diffuser que les extraits qui avaient valeur d’information, en les contextualisant. Nous avons pensé en permanence à l’émotion que pourrait susciter cette diffusion et décidé de ne pas diffuser les propos qui auraient pu heurter leur sensibilité », « Enregistrements Merah – Emmanuel Chain : “Nous avons agi en responsabilité” », RTL, 9 septembre 2012

« Éléphant investit donc tous les secteurs “à la manière des américains”, soit “l’entertainment au sens large” et en restant indépendant. “Je crois beaucoup à l’entreprenariat. C’est une chance inouïe de pouvoir créer et développer son entreprise. Pour moi c’est un véritable acte de liberté” », Satellimag, 19 septembre 2011

« Il n’est pas question d’aller demander une interview à un patron dans ce cadre-là [dîner du Club Le Siècle]», « La bande à Pierre Carles allume les journalistes du club Le Siècle », Rue89, 16 novembre 2010

Collaborations

Décembre 2011 : Participe à la table ronde « Les expertes existent-elles ?» durant le colloque «L’image des femmes dans les médias» organisé à l’Assemblée nationale.

Décembre 2011 : Participe à un débat organisé par le MEDEF Paris sur le thème « Entreprendre dans l’Audiovisuel »

2006 : Participe au séminaire organisé par le think tank « En Temps réel » sur le thème « presse d’aujourd’hui, presse de demain : l’information et ses modèles économiques » en partenariat avec la République des Idées, et animé par Gilles de Margerie et Thierry Pech, autour de David Kessler, Pierre Bellanger, Jean-Louis Missika, Bruno Pattino, Antoine de Tarlé, Frédéric Filloux, Louis Dreyfus, Bernard Spitz et Philippe Villin.

Sa nébuleuse

French American Foundation : Young leader français (1999). Créée en 1976 à l’occasion du bicentenaire des Etats-Unis, « la French-American Foundation France a pour but d’améliorer les relations entre la France et les Etats-Unis. Sa mission générale, en collaboration avec sa Fondation sœur à New York, est de promouvoir le dialogue et de renforcer les liens entre les deux pays. » Décrié par ses opposants comme un programme de formation des élites françaises à l’idéologie atlantiste et pro-américaine, le Young leader Programme « a été créé en 1981 et sélectionne chaque année pour leurs réalisations et leur leadership, 10 Français et 10 Américains âgés de 30 à 40 ans, appelés à jouer un rôle important dans leur pays et dans les relations franco-américaines. Les candidats retenus participent à deux séminaires de cinq jours chacun sur deux années consécutives – alternativement en France et aux États-Unis – afin d’échanger sur des thèmes majeurs communs aux deux pays et d’approfondir leur compréhension mutuelle. »

Club Le Siècle : Ce club a été fondé en 1944 et réunit, depuis plus de 60 ans, la quasi-totalité du pouvoir politique, économique, financier ou médiatique français. Soit environ 600 personnes qui concentrent entre leurs mains l’essentiel du pouvoir. Tout gouvernement, qu’il soit de droite ou de gauche, a du tiers à la moitié de ses membres qui y appartient. (Au cœur du pouvoir, Emmanuel Ratier). D’autres journalistes participent à ces dîners mensuels comme David Pujadas (France 2), Michel Field (Europe 1), Arlette Chabot (Public Sénat), Laurent Joffrin (Libération), Alain-Gérard Slama (Le Figaro, France Culture), Claude Imbert (Le Point), Franz-Olivier Giesbert (Le Point, France 2)

Club Galilée : Membre de ce « think tank » professionnel né en janvier 2006, créé par Philippe Chazal et Olivier Zegna-Rata et rassemblant « plus de 600 professionnels des médias, actifs et opérationnels, appartenant à tous les métiers (auteurs, producteurs, diffuseurs, agrégateurs, organisations professionnelles, institutions publiques…) tous les secteurs (cinéma, télévision, presse, radio, internet…) et toutes les générations ». Ce Club a « pour ambition la recherche, la mise au point, le développement et l’affirmation d’une pensée nouvelle et approfondie sur les médias. »

Administrateur indépendant de la société Soft Computing avec François-Henri Pinault (fils de François Pinault, il est actuellement PDG du groupe PPR, gérant de Financière Pinault et Président du conseil d’administration d’Artémis). Le Président de cette société est Éric Fischmeister et le directeur Général, Gilles Venturi.

Thierry Bizot : Diplômé en 1984 de l’ESSEC, Thierry Bizot entre chez L’Oréal en mai 1986. Chef de produit, chef de groupe puis directeur marketing, Thierry Bizot quitte l’Oréal en 1995 alors qu’il est directeur général de l’Oréal Parfumerie en Belgique. Il entre en 1995 chez M6 en tant que directeur de l’unité Musique et Divertissement (il lance « Flashback », « Graines de stars », « Fan de », « Hit Machine », « Plus vite que la musique »). En 1999 Thierry Bizot est directeur de la musique et des magazines, il lance la chaîne M6MUSIC. Thierry Bizot s’est fait connaître du grand public grâce à son roman « Catholique anonyme », adapté au cinéma sous le titre « Qui a envie d’être aimé ? », expliquant son retour à la foi catholique à l’âge de 46 ans.

Ils ont dit

« L’animateur-producteur de Haute définition, la nouvelle émission d’investigation de Tf1 se justifiait ainsi sur l’un des reportages diffusé le 29 mars. Le matin précédant la diffusion, les protagonistes du documentaire, des dealers de la ville de Tremblay-en-France (93), étaient arrêtés par la police. En fait, comme l’a révélé Le Monde, la police avait pu visionner le fameux reportage cinq jours avant sa diffusion. De quoi mettre la touche finale à un bon coup de filet. Rien à voir, donc, comme le dit Chain, avec la fonction d’auxiliaire de police », Bakchich hebdo n°19.

« Merci aux nouvelles règles du journalisme, elles vont alléger nos impôts. Grâce à elles, Brice Hortefeux va pouvoir dégraisser sa jolie police. Deux entrepreneurs de télévision, Emmanuel Chain, de la boîte de production Éléphant et compagnie, et Hervé Chabalier, patron de Capa, ont lancé leurs brigades de rapporteurs (ne pas confondre avec des journalistes) sur la trace de dealers (de banlieue, bien sûr) et de pédophiles (pas curés, bien sûr). La traque aux trafiquants a été diffusée dans Haute Définition sur TF1, celle aux bourreaux d’enfants dans Les Infiltrés, sur France 2. À noter que nos petits rapporteurs n’ont pas procédé eux-mêmes aux arrestations. Se contentant de balancer leur dossier à la police, ce qui est trop dommage. (…) Après avoir “travaillé des semaines à la préparation” de son piège à dealers, une certaine Myriam Alma, de la troupe des Éléphants, a donc filmé des trafiquants. Ou supposés tels. Puis Chain a réuni des flics dans un studio pour recueillir leurs réactions. Étonnez-vous que, quelques jours plus tard, la police ait déclenché une rafle au Tremblay-en-France, là même où l’Alma aimait à mater », Ibid.

« Lundi soir, TF1 diffuse Haute Définition, un tout nouveau magazine produit et présenté par Emmanuel Chain. Acmé : le reportage, au titre ronflant, “Mon voisin est un dealer” part à la rencontre de trafiquants de drogues de Tremblay exerçant leur petit commerce sans que, visiblement, la police bouge une oreille. Sauf que, quelques heures avant la diffusion, la police judiciaire de Seine-Saint-Denis a démantelé le réseau, saisissant près d’un million d’euros, de la drogue (héroïne, cocaïne et cannabis) et un pistolet. Et voilà TF1 accusée d’avoir joué les indics en balançant les dealers à la police. Et voilà, sitôt les bus caillassés, et incendiés pour l’un d’eux, la première chaîne accusée d’avoir allumé le feu. Emmanuel Chain déclare à Libération n’avoir “renseigné personne”. Sauf, bien sûr, Jean-Jacques Herlem, directeur adjoint de la police judiciaire de Paris, invité à réagir au reportage dans une interview enregistrée cinq jours avant la diffusion de l’émission. “Je crois que cette situation ne peut plus durer”, dit-il en plateau à Chain après les images tournées à Tremblay. Et Chain de l’apostropher : “Parce qu’on l’a montrée à la télévision, c’est ça ?” (…) De source policière, on reconnaît simplement avoir “précipité” le coup de filet conclusif d’une “enquête de plusieurs mois” qui aurait pu “tourner court à cause de ce reportage” », « Entre balance et pyromane, TF1 plaide non coupable », Libération, 2 avril 2010.

« La police est venue chez Éléphant et Cie, la société de production d’Emmanuel Chain et Thierry Bizot, qui produit notamment l’émission 7 à 8. Elle recherchait les bandes des enregistrements des négociations entre Mohamed Merah et le Raid lors du siège de son appartement à Toulouse. Les policiers sont repartis les mains vides. Selon Emmanuel Chain, il ne s’agissait pas d’une perquisition mais d’une réquisition. Contacté par Le Point.fr, le journaliste ne semblait pas inquiet outre mesure de cette intervention de l’IGPN : “Nous avons pris toutes les précautions pour protéger nos sources.” », « Merah : descente de police chez Emmanuel Chain », Le Point, 9 juillet 2012

« “Ils ont déposé leur merde et ils sont partis.” Le député et maire communiste de Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis), François Asensi, ne décolère pas et va porter plainte contre TF1. En cause, le reportage “Mon voisin est un dealer”, diffusé le 29 mars, qui “porte préjudice à la commune” et “stigmatise ses habitants”. Consacré au trafic de drogue dans la cité du Grand Ensemble de Tremblay, le premier numéro du magazine de TF1, Haute Définition, présenté et produit par Emmanuel Chain, embarquait sa caméra dans le quotidien des dealers et des habitants. Le matin de la diffusion, près d’un million d’euros et de la drogue avaient été saisis dans la cité. Les jours suivants, un bus avait été incendié et d’autres caillassés dans la ville. Tous les projecteurs se braquent sur Tremblay, d’aucuns vont jusqu’à évoquer un “état de siège”. En un rien de temps, la commune, réputée plutôt tranquille malgré une paupérisation réelle, devient “Tremblay-en-Bronx” », « Tremblay met le bronx à TF1 », Libération, 23 avril 2010

« Dans la deuxième édition de l‘émission d’enquête qu’il produit et anime, Emmanuel Chain a présenté, ému, un reportage sur les Yawalapiti, une tribu d’indiens du Brésil, assurant aux téléspectateurs qu’ils n’avaient jamais eu de contacts avec l’homme blanc. Las ! Comme l’a relevé Frédéric Bonnaud sur Europe 1, il s’agit d’un gros mensonge. Non seulement les membres de la tribu connaissent Michael Jackson et marchent en tongs, mais ils se sont également déjà rendus en Europe en 2007, avant de réaliser eux-mêmes un documentaire sur leur culture. Sur le site du Post, Emmanuel Chain déclarait avoir pleuré à la diffusion du reportage. De honte ? », Bakchich Hebdo N°25

Crédit photo : capture d’écran vidéo puremediasbyozap via Youtube (DR)

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